00:00Et mon oeil sur l'actualité ce matin, SOS, retard à l'allumage et il suffit de parcourir, je ne vais pas vous mentir, la presse dominicale ce matin pour comprendre presque en creux comment l'État tente, je dis bien tente de gérer la crise agricole et surtout ce qu'elle révèle, c'est-à-dire une réaction un peu tardive, fragmentée, parfois déconnectée du vécu réel des éleveurs.
00:18Dans Sud-Ouest par exemple, la ministre de l'Agriculture joue la carte de la proximité et on y reviendra plus en longueur, notamment dans la revue de presse de Thomas Ranou après le journal de 9h, Annie Gennevard, la ministre donc s'y veut rassurante.
00:30A l'heure où je vous parle, dit-elle, il n'y a plus aucun foyer actif de la DNC sur le territoire français, si elle prend la parole, c'est parce qu'il lui semble indispensable de témoigner de la solidarité et de la compassion, car perdre ses bêtes, dit-elle, c'est évidemment un arrachement, une douleur pour l'éleveur, pour sa famille et pour sa communauté.
00:46Le ministre, au passage, annonce un accompagnement psychologique renforcé, elle va mobiliser le maximum de services et elle assure que la compte de l'indemnisation sera fait avant le 31 décembre 2025, une compensation pour la perte d'exploitation et précise même que le projet de loi de finances 2026 prévoit au passage la défiscalisation de toutes ces indemnités.
01:07On a envie de dire encore heureux. Sur le papier, tout est là. Dans le Parisien, on comprend mieux les rouages du pouvoir, parce que le Premier ministre est décrit comme attentif, prudent, laissant la ministre en première ligne, tout en gardant le dossier sous surveillance.
01:19On apprend que Sébastien Lecornu échange régulièrement avec des agriculteurs, des jeunes AVE avec eux lors de ses déplacements.
01:25Et on apprend surtout que le Président de la République aurait été sommé de rester à distance, trop inflammable et trop risqué.
01:31Et on le comprend. Puis, viennent les voies du terrain. Et là, le décor change. En Haute-Savoie, André Elveur, par exemple, nous raconte ce matin dans Le Parisien que l'épisode est passé pour lui de l'abattage de son troupeau.
01:42Ça a été comme une guerre, explique-t-il. On se levait la boule au ventre, on a fait le nécessaire pour endiguer l'épidémie, protéger le reste du cheptel local et français.
01:51Pierre-Jean Duchesne, 28 ans, lui, est honnête également dans Le Parisien. Il ne comprenait pas l'abattage systématique.
01:57Il le dit, c'était un non-sens pour moi d'abattre un troupeau de 90 vaches en bonne santé pour un seul animal malade.
02:03Mais il a fini par s'y résoudre. Aujourd'hui, par exemple, dans les Deux-Savoies, 0,5% du cheptel a été abattu cet été.
02:091700 têtes sur 3500 animaux. C'est donc une vaste campagne de vaccination qui, désormais, est en train de suivre.
02:16Les chiffres sont froids. Les souvenirs, eux, ne le sont pas.
02:19Parce que dans le journal du dimanche, par exemple, on rencontre Lisa et Fabien.
02:22Aucun des deux n'était issu du monde agricole et pourtant, ils avaient un rêve, racheter une ferme.
02:26Hélas, s'endettaient à vie pour le faire et bâtir quelque chose.
02:29Mais 71 bovins composaient leurs premiers troupeaux.
02:32Ils pensaient l'accompagner sur plusieurs générations.
02:35Malheureusement, c'est l'abattage qui a gagné des lorvaches, nanas, pétras, poses, plumes, dévies,
02:41des animaux auxquels ils s'étaient attachés, toutes désormais achevées par des injections létales.
02:45Aujourd'hui, peuvent-ils recommencer ?
02:47Pas encore, figurez-vous, parce que la loi l'interdit.
02:4945 jours après le dernier cas détecté dans la zone, interdiction de recomposer le troupeau.
02:54Et donc, le délai repart à zéro à chaque nouveau foyer aux alentours.
02:58Dans l'article du GDD, ils le disent, on est jeunes et on va continuer, disent-ils.
03:02Forcément, eux, les agriculteurs, nos éleveurs, ils n'ont pas le choix que de continuer.
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