- il y a 7 semaines
Alors qu'il participait à une séance de dédicaces de son livre "Ce que veulent les Français" à Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, Jordan Bardella a été victime d'une "agression", a fait savoir ce samedi 29 novembre l'entourage du président du Rassemblement national à BFMTV.
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00:00Alexis Quevelier, rejoignez-nous sur ce plateau puisqu'on en sait plus sur l'agression dont a été victime Jordan Bardella en début d'après-midi.
00:09Oui, c'était en milieu d'après-midi vers 15h45 selon l'entourage du président du Rassemblement National qui nous a donné l'information.
00:20Selon les mots de cet entourage, Jordan Bardella a été victime d'une agression lors d'une séance de dédicaces.
00:26C'était donc à Moissac, dans le Tarn-et-Garonne.
00:31Un homme s'est jeté sur le président du Rassemblement National et lui a écrasé un œuf sur la tête.
00:40Jordan Bardella a dû être exfiltré pendant une vingtaine de minutes de cette séance de dédicaces.
00:45Mais selon son entourage, toujours, il va bien.
00:49Il a pu reprendre le cours de cette séance de dédicaces à l'issue de cette exfiltration.
00:55Selon les premiers éléments de l'enquête, c'est un homme de 74 ans qui est soupçonné.
01:03Il a été interpellé, placé en garde à vue à la brigade de gendarmerie de Moissac.
01:09L'entourage de Jordan Bardella fait le lien avec la présence ce samedi après-midi
01:15à proximité du lieu de la séance de dédicaces de manifestants.
01:19Une cinquantaine, nous avons eu tout à l'heure des images de ce cortège.
01:24C'était une correspondante de BFM TV, Laura Dubois, qui a été sur place
01:27et qui a tourné les images que vous voyez à l'instant à l'antenne.
01:32C'est quelque chose qui est assez courant sur des déplacements de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen.
01:36Des manifestants qui viennent protester contre la venue de personnalités du Rassemblement National
01:41dans des événements publics.
01:43Cette présence avait d'ailleurs plutôt été minimisée en début d'après-midi
01:47par l'entourage de Jordan Bardella.
01:49Ils font donc maintenant le lien entre cette agression, cet incident et cette présence.
01:54Mais les enquêteurs, eux, ne vont pas du tout aussi loin.
01:57Pour l'instant, on est évidemment au tout début de l'enquête.
02:00Deux plaintes ont été déposées.
02:02« Enquête pour violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique ».
02:06Merci Alexis.
02:07Nous a rejoint Pascal Perrineau, politologue, professeur des universités à Sciences Po.
02:11Merci d'être avec nous dans un instant.
02:13Je vais vous donner la parole pour avoir votre avis,
02:15votre regard d'observateur politique sur cette campagne qui est déjà presque en marche.
02:20Mais on va tout de suite aller à Marseille où nous attend Franck Alizio.
02:23Franck Alizio, député Rassemblement National des Bouches-du-Rhône,
02:26candidat au municipal de Marseille, j'ai envie de dire,
02:29qui pourrait peut-être l'emporter selon les derniers sondages.
02:33Je mets un mot sur cette agression Franck Alizio dont Jordan Bardella vient d'être victime.
02:38Est-ce que vous aussi, vous faites le lien avec ce rassemblement ?
02:42Est-ce que vous pointez directement ce soir la gauche et l'extrême-gauche ?
02:44Oui, je pense, comme l'entourage de Jordan, qu'il y a probablement un lien avec cette manifestation,
02:56que nous sommes victimes, comme tous les Français, d'une certaine violence, d'un certain ensauvagement de notre société.
03:04Et surtout, je pense que l'extrême-gauche perd son sang-froid.
03:08Elle perd son sang-froid parce qu'elle sent qu'elle est en train de perdre la bataille.
03:12Et j'ai envie de lui dire, mais ça a bien se passé, ça a bien se passé pour la France qui travaille,
03:16pour la France qui respecte les règles.
03:18En revanche, pour ceux qui foutent le bordel, pour ceux qui pourrissent la vie des Français,
03:24pour eux, la fête sera finie.
03:25Pour la clientèle de l'extrême-gauche, pour les protéger de l'extrême-gauche,
03:29Monsieur, je précise quand même qu'à l'heure où on se parle, il y a une enquête en cours
03:34et que rien ne dit que ce soit la gauche ou l'extrême-gauche française.
03:39Pourquoi vous les ciblez directement ?
03:44Parce que 9 fois sur 10, ce sont eux qui nous attaquent.
03:46La dernière fois que j'ai été attaqué à Marseille, c'était par l'extrême-gauche, Madame.
03:50Donc je fais un lien parce que statistiquement, ce lien se réalise 9 fois sur 10, se vérifie 9 fois sur 10.
03:57– Est-ce que vous avez l'impression que cette campagne va être...
04:00Parce qu'on peut parler de campagne maintenant et pour les municipales qui sont dans 4 mois
04:04et pour 2027, on a l'impression que c'est déjà en marche.
04:06Est-ce que vous avez l'impression qu'il va y avoir des affrontements plus électriques, si je puis dire, sur le terrain ?
04:14– Nous avons des Français qui souffrent. Nous avons des Français qui veulent le changement.
04:19Nous avons des Français à qui, depuis des mois et des mois, on refuse de rendre la parole,
04:24notamment à travers une dissolution et dans des élections législatives anticipées.
04:28Donc par définition, ils vont se saisir de cette campagne municipale pour dire les choses.
04:34Ce sera une campagne de vérité. Ce sera une campagne de clarification.
04:37Ce sera une campagne qui va préparer, qui va annoncer la présidentielle.
04:43À partir de là, pour ma part, à Marseille, je vois bien que le vrai changement, le seul changement,
04:49le changement à Marseille, il s'appelle l'ordre. Le changement, c'est l'ordre.
04:54Et cet ordre, il est attendu des Marseillais. Et Marseille en ordre, c'est mon slogan
04:59et ce sera ma priorité absolue. Voilà. À partir de là, oui, ces élections municipales seront très politiques,
05:05très suivies, peut-être tendues, mais ça s'appelle un rendez-vous démocratique.
05:10Et je pense qu'il sera tranché par les Français et, pour ma part, par les Marseillais de manière claire.
05:16– Une question de Patrick Vignel, qui est aujourd'hui conseiller politique de Gabriel Attal.
05:20– Monsieur le député, je ne vous comprends pas. En ce moment, quand même, que ce soit Jordan de Bardella
05:24et vous à Marseille, vous avez d'excellents sondages. Et vous confondez tout.
05:29Moi, je suis un homme de gauche, je condamne ce qui est arrivé à Jordan de Bardella,
05:33mais je pourrais le condamner pour Jean-Luc Mélenchon, pour l'ensemble des femmes et des hommes
05:38qui font de la politique. La violence ne doit pas s'insérer dans notre société.
05:42Après, si vous voulez, je viendrai vous voir à Marseille, on parlera d'autres sujets,
05:46mais là, le vrai débat, c'est aucune violence contre personne,
05:51que ce soit l'extrême droite, l'extrême gauche ou le bloc central.
05:55C'est ce qu'on aimerait entendre, nous, de votre part.
05:58– Mais allez le dire, je suis désolé, à vos amis d'extrême gauche,
06:05puisque aux dernières législatives, vous vous êtes retrouvés avec eux au second tour.
06:09Vous avez fait élire des députés d'extrême gauche via LFI.
06:13Donc dites-leur à eux, parce que nous n'avons pas vu des sympathisants
06:16ni des adhérents du Rassemblement national s'attaquer d'aucune sorte,
06:20je dis bien d'aucune sorte, à un autre parti politique, à un autre rassemblement politique,
06:24qu'il soit d'extrême gauche, qu'il soit de gauche ou qu'il soit macroniste, vous voyez ?
06:29Donc la violence, elle est d'un côté de l'échiquier politique.
06:32Ce côté de l'échiquier politique, c'est l'extrême gauche, voilà.
06:35C'est l'islamo-gauchisme. C'est là qu'il y a des violences.
06:39C'est là qu'il y a des agressions.
06:41– Alors là, le raccourci, il faut le faire.
06:44M. Elisio, je ne peux pas quand même vous laisser dire ça, effectivement.
06:47On est passé de la gauche à l'extrême gauche.
06:49À tout d'un coup, l'islamo-gauchisme pour, effectivement, une violence physique d'une personne qui a agressé avec un neuf.
06:56– L'extrême gauche est l'islamo-gauchiste.
06:58– Alors ça, c'est encore un raccourci que je vais vous laisser. La question de Victoria Roux.
07:01– Oui, bonsoir, monsieur. J'aimerais savoir, compte tenu de la violence physique que vous dénoncez
07:07et de la situation, on suit ça au jour le jour à Marseille, qui se dégrade grandement,
07:11est-ce que vous, comme les autres candidats à la municipale de Marseille,
07:16considérez qu'il faille instaurer, comment dire, de la protection policière pour les politiques ?
07:19Est-ce que vous sentez un vrai climat de dangerosité vis-à-vis des politiques au sens large ?
07:24Pas seulement votre cas, mais le cas de tous les candidats à la municipale de Marseille.
07:27– Alors c'est une bonne question que l'on nous pose régulièrement, vous avez raison,
07:33depuis l'assassinat d'intimidation de Mehdi Kessassi, qui était le frère d'un responsable politique.
07:43J'ai envie de vous dire, ce n'est pas à nous, responsables politiques, de juger de notre propre sécurité.
07:48Je fais confiance au service du ministère de l'Intérieur pour évaluer cette menace sur nous,
07:53candidats à la mairie de Marseille ou ailleurs, et à partir de là, en tirer les conséquences.
07:58Je fais confiance au ministère de l'Intérieur, au préfet, pour évaluer cette menace.
08:03– Franck Alizio, vous restez avec nous une petite minute.
08:07Alexis, je crois que quand même la sécurité de Jordan Bardella avait été renforcée.
08:12– Oui, sur ce point très précis qui vient d'être évoqué, en effet,
08:15et ce sont des informations de sources de gendarmerie obtenues par le service police-justice de BFMTV,
08:22un dispositif de gendarmerie plus particulier, plus adapté,
08:27avait bien été disposé aujourd'hui à Moissac en sécurisation de Jordan Bardella,
08:33puisqu'il y a eu, cette semaine, cet incident que nous avons aussi commenté.
08:38Jordan Bardella avait été enfariné en marge d'un déplacement à Vesoul.
08:43Et donc, nous avons l'information que ce précédent incident avait servi d'alerte,
08:50d'une certaine façon, pour les forces de l'ordre,
08:52qui avaient choisi tout de même d'être davantage vigilantes ce jour.
08:56– Nous sommes en ligne avec Frédéric Auréal, ancien haut fonctionnaire de police au ministère de l'Intérieur.
09:03Bonsoir, monsieur. D'après les informations de notre service politique,
09:06effectivement, Jordan Bardella était protégé.
09:09Comment est-ce qu'on sécurise un homme politique en campagne ?
09:13Effectivement, sa dédicace aurait dû être annulée, sachant qu'il y avait un rassemblement à l'extérieur ?
09:18– Bonsoir, madame. Je suis l'ancien chef du service de la protection
09:24et, effectivement, eu à connaître les campagnes électorales.
09:27Sur le sujet qui nous occupe aujourd'hui, je me garderais bien d'avoir une opinion.
09:31Vous l'avez d'ailleurs souligné, il y a une personne qui a été interpellée.
09:34Il y a eu un dispositif périphérique mis en place par la gendarmerie,
09:38et c'est le cas lorsqu'on est en zone police par les policiers,
09:41qui est en fait un dispositif de prévention de troubles à l'ordre public.
09:45Et puis après, il y a ce qui relève de la protection rapprochée.
09:48En ce qui concerne la protection rapprochée,
09:51ce sont des dispositifs opérationnels décidés par le ministre en personne
09:55et qui se déclinent de manière opérationnelle
09:57sous l'autorité du directeur général de la police nationale.
10:01Et en fonction de la menace qui pèse, laquelle menace fait l'objet d'une évaluation
10:06par les services de renseignement, direction générale de la sécurité intérieure,
10:10renseignement territorial, est plus ou moins renforcé.
10:14Ce dispositif, effectivement, je ne connais pas le dispositif
10:17qui est mis en place pour M. Bardella, mais on est sur un dispositif
10:20assez classique hors campagne, parce que je tiens aussi à rappeler,
10:24on le voit sur les images, que M. Bardella a une protection
10:28qui d'ailleurs a été celle de M. Jean-Marie Le Pen, puis de Marine Le Pen,
10:32et un des gardes du corps, d'ailleurs, qui est très expérimenté,
10:35est toujours à ses côtés, mais ça relève de la protection privée.
10:38Et ça se passe en plein accord, d'ailleurs, avec les services de l'État,
10:41parce que vous avez un fonctionnaire du service de la protection,
10:43d'un officier de sécurité qui est présent, et je veux probablement,
10:47il est possible de le renforcer, selon la menace qui pèse,
10:51selon la nature des déplacements.
10:53Ce qui est inquiétant, dans cette situation, M. Bardella a déjà été enfariné,
10:58il y a fort peu de temps, il y a ça.
10:59Alors, au-delà de sa personne et des idées qu'il représente,
11:02je ne vais pas me permettre de poser le moindre jugement là-dessus,
11:05c'est pas mon sujet.
11:06D'un point de vue technique...
11:06Allez-y, d'un point de vue technique.
11:09Allez-y, d'un point de vue technique.
11:11Oui, oui, c'est ce que je vais faire.
11:13Ça préfigure quand même d'une campagne qui risque de se durcir,
11:16à l'image d'une violence que l'on connaît dans notre société,
11:20et qui va amener certainement à revoir le format des différents dispositifs
11:24qui seront mis à la fois dans la pré-campagne dans laquelle on est maintenant,
11:28et encore plus dans la campagne que nous allons vivre au moment des présidentielles.
11:32Monsieur Oréal, restez avec nous, je vais faire réagir le plateau
11:38et nos invités à justement ce que vous venez de dire,
11:41et je vous reprends dans un instant.
11:43Pascal Perrineau, merci d'être avec nous,
11:44observateur de la Ve République.
11:46Comment est-ce que vous réagissez à cette agression,
11:48cette nouvelle agression de Jordan Bardella,
11:51alors qu'il pèse à 40% dans les sondages ?
11:53Est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui,
11:54un homme qui fait campagne pour le Rassemblement National
11:57s'expose à de telles agressions ?
12:01Tout homme ou femme faisant campagne peut être l'objet d'agressions,
12:06peut-être l'objet d'un enfarinage,
12:08d'un œuf écrasé sur le sommet de son crâne.
12:12Tant que ça reste dans ses limites, j'allais dire,
12:15c'est assez coutumier.
12:16Donc ça, pour vous, c'est un classique de la politique ?
12:19C'est assez coutumier, oui, mais bien sûr, bien sûr, c'est un classique.
12:21Ce n'est pas le premier homme politique qui fait l'objet
12:24de ce type d'attitude tout à fait condamnable.
12:26Mais on verra qui est cet individu de 74 ans qui l'a agressé.
12:32Il ne faut pas aller trop vite en besogne.
12:33Mais ce que ça veut dire politiquement,
12:35c'est que d'abord, bien sûr, on est entré en campagne,
12:38que les partis, en particulier le Rassemblement National,
12:42mais ce n'est pas le seul,
12:44et les filles aussi, cherchent à nationaliser
12:47ces élections municipales.
12:49On le voit dans les réactions de tous les intervenants
12:52du Rassemblement National.
12:54Mais c'est la même chose du côté de la France Insoumise,
12:57parce que ce sont des partis qui sont mal implantés localement.
13:00Le Rassemblement National n'a que peu de mairies.
13:02La mairie la plus importante, c'est celle de M. Alliot à Perpignan.
13:07Et les filles ont également extrêmement peu de mairies.
13:09Et les partis qui sont présents véritablement aux municipales,
13:13c'est essentiellement les Républicains
13:15ou des divers droites qui sont dans la mouvance des Républicains,
13:20et de l'autre côté, des socialistes, avec leurs associés.
13:22C'est eux qui sont les partis sortants,
13:26c'est eux qui sont à, j'allais dire, essentiellement à la manœuvre.
13:31Et quelque part, il y a un conflit entre des forces nationales
13:36qui veulent absolument s'implanter aux municipales
13:39dans la perspective de la présidentielle.
13:41D'ailleurs, on écoutait le candidat du Rassemblement National à Marseille,
13:45c'était explicite dans son discours.
13:47Et puis, des partis qui se disent les municipales doivent rester des municipales
13:51où les électeurs vont juger essentiellement le bilan des équipes sortantes
13:57et des maires sortants qui, très souvent, sont de droite modérée
14:01ou de gauche relativement modérée.
14:04Sachant qu'il y a une force qui, là aussi, n'est pas extrêmement présente
14:09ou qui est présente indirectement, c'est Renaissance.
14:12Parce que Renaissance est un parti relativement récent
14:15qui a eu beaucoup de mal à s'implanter localement
14:19et qui, d'ailleurs, dans beaucoup de grandes villes,
14:21ne sera pas présent directement.
14:23Voilà, il sera présent indirectement.
14:26Donc, on a entre ces forces, j'allais dire, relativement aux extrêmes,
14:31cette force relativement nouvelle qu'est Renaissance
14:34et les partis plus traditionnels ou les formations plus traditionnelles,
14:38certainement une attitude différente par rapport aux municipales.
14:41En tout cas, Pascal Quérino, ils ont tous un point commun.
14:45Effectivement, c'est l'ennemi du rassemblement national.
14:47Regardez ce tract qu'a fait diffuser, effectivement, le parti Renaissance.
14:52Je crois que ce week-end, il y avait un grand week-end de tractage-collage.
14:55Patrick Vignal, vous travaillez un peu pour Renaissance
14:57puisque vous conseillez Gabriel Attal.
15:01Ça, effectivement, ça cible directement le rassemblement national.
15:04Il n'y a pas d'ennemi en politique, il y a des adversaires, madame.
15:06Et moi, ce qui me gêne, c'est que quand vous avez des partis politiques,
15:11il n'y a pas que l'Assemblée nationale,
15:13qui expliquent qu'il faut arrêter de taxer les Français
15:16et qui partent d'électricité,
15:18qui expliquent que c'est un scandale que c'est Emmanuel Macron
15:20qui va augmenter l'essence
15:22et qui augmente et qui vote 34 milliards.
15:26Mais madame, le problème, on en a déjà parlé.
15:272027 est là, on ne se met pas à dos les chefs d'entreprise,
15:31les retraités, les jeunes, les femmes seules.
15:34Donc, on y va, c'est banquets ouverts pour tout le monde.
15:37Ça se réglera en 2027.
15:39On est en ligne avec le maire de Béziers, Robert Ménard,
15:43depuis l'héros Robert Ménard, maire d'hiver droite de Béziers.
15:48Déjà, simplement, une réaction sur l'agression
15:50dont vient d'être victime Jordan Bardella.
15:52Je suis sidéré de la violence que prend le débat politique.
16:01Évidemment, d'abord, je voulais lui dire toute ma sympathie.
16:04C'est juste des pratiques inadmissibles.
16:06Mais quand les propos deviennent tellement outranciers,
16:10un certain nombre de gens sur votre plateau le disaient,
16:13quand on a l'impression de vivre une guerre civile au niveau des mots,
16:17il ne faut pas s'étonner après que ça se transforme
16:20par des gestes, des attitudes, des comportements qu'il faut condamner.
16:25Donc, évidemment, M. Bardella a toute ma sympathie.
16:28Vous savez, les divergences politiques, c'est une chose.
16:30Moi, M. Bardella, ce n'est pas mon ennemi,
16:33pas plus d'ailleurs que qui que ce soit parmi les hommes politiques.
16:36On est des adversaires, on peut discuter,
16:39on peut avoir de vraies convictions différentes,
16:41mais d'abord, on se respecte.
16:43Et là, c'est des choses qui sont inacceptables.
16:45Vous appelez la classe politique, toute la classe politique,
16:49y compris la gauche et l'extrême gauche,
16:51qui sont aujourd'hui ciblées par le Rassemblement national,
16:53à se déclarer, à déclarer leur sollicitude auprès de M. Bardella ?
16:58C'est la moindre des choses.
17:02Moi, il arriverait, Dieu sait que je ne suis pas de gauche,
17:04il arriverait à quelqu'un de gauche la même chose.
17:07Je serais parmi les premiers à m'en indigner.
17:10Ça ne se discute même pas.
17:12Mais il me semble qu'aujourd'hui, on confond tout,
17:15on confond le débat d'idées, les divergences,
17:18et encore une fois, des affrontements qui sont d'une autre nature.
17:22Je n'imagine pas ne pas condamner demain,
17:25si M. Mélenchon était victime d'une agression,
17:28de ne pas condamner son agresseur et l'agression,
17:31et je le lui dirai.
17:32Ça me semble béabat,
17:34sauf que le béabat de la démocratie,
17:36c'est-à-dire faire ça,
17:37ça nous semble maintenant inacceptable.
17:40Regardez le mal que les gens, à un autre niveau,
17:43que la classe politique, alors là, dans son ensemble,
17:46à reconnaître, par exemple,
17:48que quelqu'un qui n'est pas de votre bord a raison.
17:50Mais enfin, vous pouvez dire que quelqu'un
17:52qui n'est pas du même côté de l'échiquier politique
17:55a raison néanmoins.
17:57Vous pouvez dire que vous vous êtes trompé,
17:59vous pouvez reconnaître à l'autre la vérité.
18:03C'est ce qui devrait nous faire fonctionner.
18:05Mais là, aujourd'hui, on n'est plus dans ce monde-là.
18:10Monsieur le maire, cher Robert, je me rappelle que tu avais été agressé, toi,
18:13plus violemment, et j'ai souvenir, je t'avais appelé,
18:16et j'avoue que quand j'avais expliqué mon appel,
18:21il y en a qui m'avaient dit,
18:22mais comment tu oses appeler Robert Ménard ?
18:24Et ça s'appelle la solidarité.
18:26Et ça, je sais que tu es quelqu'un de solidaire.
18:30C'est le minimum.
18:32Moi, je me souviens avoir été...
18:33On m'a littéralement cassé la figure dans une réunion
18:37où je devais aller voir des maires dans la région de Bordeaux.
18:40J'attends encore les signes de solidarité de tous les chiquiers
18:44de gauche et du centre, à ton exception près.
18:46Tu as raison de le dire.
18:47Mais moi, en même temps, je vis sans ça.
18:50Mais je m'en désole.
18:52La vie politique, elle n'est pas encore une fois une guerre de tranchées.
18:56La vie politique, elle est normalement un lieu.
18:59Encore une fois, on a la chance de vivre dans une démocratie
19:01où on peut débattre sans être d'accord sur tout.
19:04Mais qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
19:05Si les gens, on préfère se casser la figure que de parler,
19:08sont incapables de discuter de quoi que ce soit sans s'insulter,
19:13je pourrais n'y faire.
19:14On pourrait n'y faire, mais c'est désolant.
19:15Et je crois que les Français en ont juste ras-le-bol de ça.
19:19Mais je crois que ce que vous nous montrez,
19:20surtout que vous ou M. Alizio ce soir,
19:23c'est que la campagne est définitivement lancée
19:24et que vous êtes aussi lancée dans une forme d'emphase.
19:26Tout le monde a condamné ici sur le plateau
19:28l'agression physique et les attaques individuelles.
19:30Mais quand même, on vous entend parler de guerre civile,
19:31de guerre de tranchées.
19:32Juste avant, on a entendu parler de menaces islamo-gauchistes.
19:35Alors, il faut quand même rappeler à ce stade
19:36qu'on a très peu d'éléments sur l'agresseur,
19:38qu'il faut attendre de les avoir.
19:40Mais on voit bien aussi votre volonté de faire une campagne sur la peur
19:43et sur la peur de cette pseudo-violence, etc.
19:45Il faut quand même que vous soyez à la hauteur de vos fonctions politiques.
19:49Et je trouve que vous êtes en train de basculer dans une emphase
19:51qui montre que vous voulez vous servir de cette attaque contre Bardella
19:55pour faire campagne.
19:56Ça ne convient pas.
19:57Ce n'était pas le moment, en tout cas.
19:59Madame, il ne s'agit pas de faire ça.
20:03Écoutez, là, je suis à la mairie de Béziers
20:06où on vient d'inaugurer la crèche de Noël
20:09où il y avait des gens de toute sensibilité,
20:12des catholiques, des protestants, des musulmans, des juifs
20:16qui, ensemble, se seront retrouvés autour d'une crèche.
20:19C'est ce que j'essaie de vous expliquer.
20:21Arrêtez d'avoir des lectures toujours politiques des choses.
20:24Je ne sais pas.
20:25Là, je ne vois pas qui vous êtes
20:27puisque je suis face à une caméra
20:28et je n'ai pas d'image du plateau.
20:31J'essaie juste de vous...
20:32Pardon ?
20:33Vous avez besoin de voir qui je suis ?
20:35Pardon ?
20:36Je ne vous entends pas.
20:38Je ne sais pas qui vous êtes.
20:39C'est très difficile de parler avec quelqu'un.
20:40Je suis l'escalade, oui, journaliste.
20:42Enchanté, M. Ménard.
20:43Moi, je vous connais très bien.
20:45Alors, M. Ménard...
20:46Mais voilà, mais moi, je ne vous vois pas.
20:49Oui ?
20:49M. Ménard, restez avec nous.
20:52On va reprendre un instant, effectivement,
20:55puisqu'on va aborder cette crèche de Noël.
20:57Je crois qu'il y a eu une grosse manifestation quand même.
20:58Vous dites que tout s'est bien passé,
20:59mais je crois qu'il y a eu une grosse manifestation.
21:01Mais un mot de M. Pascal Perrineau.
21:04Vous pensez que cette campagne,
21:07elle va s'annoncer un peu difficile, en tout cas.
21:10On a l'impression déjà que c'est demain,
21:12la campagne présidentielle.
21:14Or, effectivement, c'est dans longtemps.
21:16Mais on a un peu enjambé, quand même,
21:18le gouvernement le cornu, presque.
21:20Oui, mais il y a beaucoup de passion dans la perspective
21:22de l'élection présidentielle,
21:25parce que tout le monde espère que ça sera l'occasion
21:29d'une grande redistribution,
21:31après le chaos que nous sommes en train de traverser.
21:35Je n'en suis pas si sûr que cela.
21:38Mais avant, il y a tout de même les municipales.
21:41Et croyez-moi, pour les Français,
21:43les municipales, c'est très important.
21:45Parce que quand vous regardez toutes les enquêtes
21:47que nous faisons en particulier au Cevipof,
21:49à Sciences Po,
21:50la figure du maire et l'institution du conseil municipal,
21:55ça fait l'objet de la confiance
21:57d'environ deux tiers des Français,
21:59dans un paysage politique totalement dévasté,
22:02où les Français n'ont confiance,
22:04ni dans le président, ni dans le gouvernement,
22:06ni dans les députés, ni dans les députés européens,
22:08dans personne.
22:10La seule figure qui échappe, c'est le maire.
22:13Et donc je crois que les Français vont se mobiliser,
22:16pas simplement dans les grandes villes,
22:18d'ailleurs ils se mobiliseront davantage certainement
22:20dans les petites communes et dans les communes moyennes.
22:23Et pour eux, c'est important.
22:25Et je ne crois pas qu'ils céderont
22:27à la tentative de politiser à l'extrême
22:30les élections municipales.
22:32Parce que vous savez, les Français,
22:33il y a une espèce d'usure par rapport à la politique nationale,
22:37de grandes fatigues par rapport aux postures différentes.
22:41Et là, ils vont juger sur des enjeux,
22:44sur des enjeux municipaux,
22:46comment le développement économique dans la commune,
22:48la sécurité dans la commune,
22:50les équipements dans la commune.
22:52Voilà, ils vont répondre à ces questions-là.
22:54Et néanmoins, Pascal Perrineau,
22:56on n'a jamais vu autant de clivages
22:58et de fractures en France,
23:00entre effectivement l'extrême droite,
23:01l'extrême gauche, ceux qu'on appelle
23:03les woke et ceux qui sont conservateurs.
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