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Musique ! Mercredi POPUP ! L’épopée de la house music en bande dessinée: rencontre avec David Blot, co-auteur du Chant de la machine animée par Alex Masson, critique de cinéma.

Disco, House, Techno… Bande dessinée incontournable sur la culture musicale majeure de la fin du XXe siècle, Le Chant de la machine parcourt 50 ans d’histoire de la musique électronique
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Musique
Transcription
00:00C'est un petit résumé de ce dont on va parler, qui est une des planches du champ de la machine,
00:17qui est... ça a été vendu comme un livre sur l'histoire de la musique électronique,
00:28sur l'histoire de la house musique, sauf que c'est beaucoup plus complexe que ça.
00:32Et comme c'est un livre qui remonte quelque part le temps pour aller aux sources de la house,
00:38moi j'aimerais bien qu'on remonte à l'origine du projet, pour commencer.
00:42Qu'est-ce qui a donné envie de faire ce projet, qui était donc il y a 25 ans,
00:47à une époque où il y avait quand même... c'était quelque chose, un domaine qui était très très peu abordé, documenté.
00:53Qu'est-ce qui a amené l'idée, l'envie de faire ça ?
00:56Est-ce que c'était un côté d'historien ou un côté de journaliste ?
01:00D'abord non, c'était d'être amateur de bande dessinée, et Mathias et moi,
01:05enfin Mathias pas plus, mais le fait qu'il dessinait, qu'on se connaissait depuis longtemps,
01:09il y avait envie de faire de la bande dessinée ensemble.
01:12Et ce sujet était... effectivement... déjà même la musique était assez peu traitée.
01:18Et puis même la BD, quand elle est sortie, on n'était pas encore dans la BD plus moderne,
01:23de ce que peut faire l'association, des choses comme ça, donc c'était un objet déjà différent quand elle est sortie.
01:29Et sur la musique, sur cette musique, le fait qu'il n'y avait justement rien,
01:33nous intéressait quoi, de documenter un peu ce qu'il y avait.
01:37Avec quelque chose en plus, qui est aussi un album sur une musique qui, à cette époque-là,
01:44n'était pas donc documenté, mais aussi une forme de bande dessinée qui n'existait pas encore tout à fait,
01:48qui était la bande dessinée documentaire.
01:50Aujourd'hui, c'est très courant, je veux dire que la réédition de cet album aujourd'hui,
01:53il paraît presque dans un cadre normal où il y a énormément d'essais et de BD documentaires.
01:57Oui, il devait y avoir 1% des BD comme ça, et aujourd'hui, il y en a 20%, enfin je suis sur des chiffres au hasard.
02:03Ce qui fait qu'à l'époque, comment ça s'organise ?
02:06Comment est-ce qu'on convainc un éditeur d'aller sur ce sujet-là et sur cette forme-là ?
02:12Alors, c'est Mathias qui a été allé voir pas mal d'éditeurs.
02:15En fait, je n'ai plus l'idée si elle venait de moi ou de Mathias,
02:18mais Mathias avait commencé à bosser dessus seul à un moment, en faisant des planches,
02:23notamment pour des flyers, pour les soirées de Cheers à la coupole.
02:27Donc, si on parle d'Éden, c'est lié à ça, quoi.
02:29Donc, il avait fait un deux-test comme ça.
02:31Et je pense qu'il est allé voir certains éditeurs,
02:33et les éditions Delcourt, c'était les seuls à l'avoir reçu un peu à l'ancienne,
02:37c'est-à-dire recevoir vraiment le dessinateur avec ses planches,
02:40le regarder, ce qui se faisait avant.
02:42Ce qui ne se fait plus du tout, et en plus, c'était déjà il y a 25 ans,
02:44donc ça se faisait déjà à peine.
02:46Et Delcourt, il sort énormément de trucs,
02:48donc ils peuvent faire des petits tirages, des gros tirages.
02:51Et je crois que le boss, il a été un peu déçu,
02:54mais ce qui a fait que les éditions Delcourt sont devenues assez grosses,
02:59c'est une BD sur Renault qu'il avait faite au début des années 80,
03:02et qui avait dû vendre 100 000 exemplaires, un truc comme ça.
03:05Donc, je crois que c'est ce qu'il avait en tête.
03:07On a été très, très, très loin du compte, quoi.
03:09Et donc, je ne sais pas trop comment lui...
03:13Alors, je ne me rappelle pas si on lui a vendu,
03:15à partir du moment où il était partant là-dessus.
03:18Mais ce qui nous a surpris, pour revenir là-dessus,
03:20c'est qu'effectivement, au départ, on pensait raconter plutôt la house,
03:24et très rapidement, en fouillant un peu,
03:27on a vu qu'il fallait raconter la disco,
03:29et qu'il fallait raconter même avant la disco,
03:31qu'il fallait raconter le loft, et des choses comme ça,
03:33que je ne connaissais pas du tout, quoi.
03:35Il y avait peu de...
03:38Ce que je redis dans la préface-là,
03:40c'est qu'Internet n'existe à peine, quoi.
03:43Et donc, c'est juste des articles de presse,
03:46ou des gens qu'on a pu interviewer, mais pas beaucoup,
03:48ou des gens qui nous ont donné des choses, quoi, des livres.
03:52C'est là où je veux venir derrière,
03:53c'est qu'à l'époque, c'est-à-dire que c'est une masse d'informations,
03:57cet album qui est gigantesque, mais avec le recul,
04:00vous devez aujourd'hui, mais à l'époque,
04:02il y a assez peu de choses qui existent,
04:04en tout cas pas en France,
04:05il y a assez peu de livres qui existent sur cette chose-là,
04:08et surtout, donc, il n'y a pas Internet, effectivement.
04:10Comment est-ce qu'on se documente ?
04:11Comment est-ce qu'on va à la recherche des informations à ce moment-là ?
04:15Toute la presse est anglo-saxonne,
04:17elle est même beaucoup anglaise,
04:19c'est des journaux, tu avais des papiers dans Heidi,
04:22ou dans The Face, qui racontaient un petit peu l'origine des mouvements,
04:25il y avait deux, trois livres américains,
04:29c'est ça, c'est le peu de sources,
04:31après, c'est des choses qu'on accumule,
04:32mais en fait, c'est comment on faisait avant Internet,
04:34est-ce que tu t'en rappelles ?
04:35Donc déjà, tout nous paraît bizarre d'imaginer
04:38qu'on arrivait à faire des émissions de radio
04:39ou des trucs sans Internet,
04:41donc c'était de la doc,
04:42des choses qu'on amassait.
04:44Ce qui est dingue, c'est qu'il y a plein d'erreurs,
04:46d'ailleurs, je précise qu'il y a plein d'erreurs
04:48dans le champ de la machine,
04:49parce qu'à l'époque, on ne pouvait même pas vérifier,
04:52enfin déjà, tu étais content de quelque chose
04:53si tu arrivais à avoir une information.
04:57Quelque chose de particulier aussi,
04:58qui est la narration de cet album.
05:00C'est-à-dire qu'il y a à la fois un fil conducteur,
05:02en même temps, c'est une pelote,
05:03on l'a vu sur le dessin d'avant,
05:05énorme, qu'il fallait dérouler.
05:07Comment ça s'organise ?
05:08Comment on sait dans quel axe il faut aller ?
05:12Hormis le côté chronologique,
05:13ça on y reviendra après,
05:14mais comment est-ce qu'on fait pour avoir cette narration
05:16qui est à la fois par moment avec des planches
05:18qui sont presque cassées le quatrième mur
05:20avec un narrateur qui s'adresse au personnage,
05:22et après des pages avec beaucoup de textes,
05:24et après des choses qui ne sont pas tout à fait chapitrées,
05:27mais en même temps le sont.
05:28L'écriture, ça s'est fait comment ?
05:30Vraiment, c'était très improvisé.
05:32Il faut bien voir qu'on avait entre 25 et 30 ans,
05:38et que ce n'était pas réfléchi véritablement.
05:41Je pense que par contre,
05:42on était grands fans de bandes dessinées,
05:44de l'idée aussi de pouvoir casser des formats
05:46en bande dessinée.
05:47Et donc, à un moment,
05:49je ne pense même pas que ça a été conscient,
05:50à un moment,
05:51l'idée que les chapitres soient tous différents
05:53et traités de manière différente,
05:54avec des personnages imaginaires,
05:56d'autres qui étaient au contraire des vrais personnages,
05:58comme tu as dit, des passages.
06:00Il y a des pages que je n'ai pas faites,
06:01où Mathias est seul.
06:03Si on faisait le chronologique,
06:05par exemple,
06:05le chapitre sur le disco,
06:06le premier qui a été fait,
06:07et après je suis revenu dans l'histoire,
06:09et je lui ai dit,
06:09donc là tu as des pages plus écrites,
06:11par exemple.
06:11Mais ce n'est pas moi qui dis à Mathias,
06:12parce que des fois les gens me disent,
06:14est-ce que c'est moi ?
06:14Non, je ne sais rien,
06:15je ne sais pas qui c'est,
06:16je n'ai pas demandé à Mathias.
06:18D'ailleurs, même cette page,
06:19elle est complètement écrite par Mathias,
06:21autant que je sois honnête.
06:22Ça, c'est une page qu'il a fait seule,
06:24il me semble.
06:25Tu vois,
06:25mais on se voyait vraiment beaucoup,
06:28on était même voisins à une période,
06:30donc on travaillait vraiment,
06:32tu vois,
06:32les choses étaient à peine dites,
06:35qu'elles pouvaient être exécutées et faites.
06:38Mais il y avait l'idée,
06:40quand même,
06:40de prendre plein d'influence de bande dessinée,
06:42et de traiter,
06:44d'essayer d'avoir des manières différentes
06:48de ce que peut être la bande dessinée,
06:50un peu réunie,
06:50et ce que Mathias aussi graphiquement
06:52a énormément fait,
06:53parce que ça passe de Robert Crumb
06:55à la ligne claire,
06:56en passant par des styles vraiment différents.
06:58Ça, c'est d'ailleurs assez curieux,
06:59parce que là, maintenant,
07:00c'est une réédition des deux volumes
07:02qui sont concentrés en un seul,
07:04mais on voit bien
07:04qu'il y a deux parties bien différentes,
07:08graphiquement.
07:10On passe de ça à ça,
07:11je crois que c'est une des planches du premier,
07:12ça, c'est très Crumb.
07:14L'influence, c'est vraiment...
07:16Crumb, c'est important,
07:17parce que c'est un des rares
07:18qui avait parlé de BD,
07:19pardon, de musique en bande dessinée.
07:21Et donc, il avait fait des...
07:22On n'était pas des méga spécialistes de Crumb,
07:24mais Mathias était vraiment impressionné
07:26graphiquement par Crumb,
07:27et il avait quelques récits sur la musique
07:29qui étaient très importants chez Crumb.
07:30Donc, ça fait partie
07:31des rares influences directes.
07:33Ça, il y avait une BD de Serge Auclair
07:35sur l'histoire du rock aussi,
07:36il y en avait vraiment très peu,
07:37quand même.
07:38Mais tout ça nous a servi d'influence.
07:40Pardon, je t'ai coupé.
07:41Non, non, il n'y a pas de souci.
07:42Mais sachant qu'on passe aussi
07:44à des planches qui sont un peu différentes
07:46dans le second volume,
07:47mais qui, là, en fait,
07:48est la seconde partie,
07:49qui sont peut-être plus...
07:50Ça, voilà, à partir de là,
07:51tu es dans le second volume.
07:52On est sur quelque chose
07:53qui est très différent graphiquement.
07:55Qu'est-ce qui a amené
07:55cette différence de graphique
07:57entre le premier volume
07:58et le second ?
07:59C'est la première BD de Mathias
08:01et c'est la deuxième BD de Mathias.
08:02Tu prends la plupart des dessinateurs,
08:05le truc, c'est qu'on ne se reconnaîtra pas
08:06la suite de ce qu'ils auraient pu faire,
08:08mais si tu prends tout,
08:09même les grands dessinateurs,
08:11les plus grands,
08:11tu vois vraiment une différence
08:12que le...
08:13Tu prends, pour simplifier,
08:14tu prends Tintin chez les soviets
08:16et les bijoux de la Castafior,
08:19ce n'est pas le même dessin.
08:22Et donc, il s'est ouvert
08:23à d'autres influences
08:24et à d'autres choses.
08:25Je pense que Crum était un peu...
08:27Comme tu l'as vraiment énormément
08:28en bande dessinée,
08:29c'est-à-dire une figure
08:30qui, la plupart des auteurs de BD,
08:33plus que dans d'autres arts,
08:34d'ailleurs, ont souvent
08:35un ou deux artistes
08:36qui sont vraiment très, très influents.
08:38Ils arrivent à s'en détacher
08:40assez rapidement.
08:41On va illustrer cette rencontre
08:43par des extraits de films
08:43qui ne sont pas forcément
08:45liés directement à l'album.
08:47Je ne t'ai pas demandé,
08:47tu m'as dit qu'il y avait
08:48trois extraits hier.
08:49Je me suis dit,
08:49je vais garder le suspense.
08:50Honnêtement,
08:51ça va être facile à reconnaître
08:52avec juste un petit détail
08:54d'importance.
08:55Les extraits, vous allez voir,
08:56sont parlés,
08:57mais ne sont pas sous-titrés
08:58parce qu'on n'a pas réussi
08:59à trouver des sous-titres
09:00intégrés au fichier.
09:01Mais vous allez reconnaître
09:02quand même assez rapidement
09:03ce que c'est
09:03pour ceux qui connaissent
09:04un peu ce domaine-là
09:05avec donc un premier extrait.
09:07C'est comme un double helix.
09:10C'est deux waves
09:11qui intertwine.
09:12Donc, une wave
09:13va comme ça,
09:14la deuxième va comme ça.
09:16Donc, vous avez deux
09:17waves qui font ça.
09:19OK ?
09:20Alors, au départ,
09:48c'était un autre extrait.
09:49on va y arriver quand même.
09:51Je pense que c'est pour les gens
09:52qui n'ont pas vu le film.
09:53Celui-là, il n'est plus compliqué.
09:55Qui est un extrait
09:55de 24 Party People ?
09:57C'est un film génial.
09:58Qui racontait la création
10:00de la Sienda.
10:01Normalement,
10:01ça va aller plus tard
10:02dans le débat,
10:04mais ce n'est pas très grave
10:05parce que ça pose deux questions.
10:07C'est un,
10:07cette idée que c'est
10:08au-delà de la musique,
10:10c'est un film sur
10:10l'environnement de la musique
10:12et notamment les lieux
10:13où on faisait la musique
10:14parce qu'il est beaucoup
10:15question du loft,
10:16il est beaucoup question
10:16du studio 54,
10:17de la chambre à la machine,
10:19de la de la Sienda.
10:21Il y a cette idée
10:21d'aller au-delà même
10:23de la musique
10:24et en même temps,
10:25comme là,
10:25on vient de le voir
10:26dans cet extrait
10:26où ça parle beaucoup
10:27ou ça cite beaucoup de noms,
10:28cette idée de comment
10:29est-ce qu'on fluidifie tout ça
10:31parce qu'encore une fois,
10:31il y a énormément
10:32d'informations
10:33et de noms là-dedans.
10:34Comment est-ce qu'on gère ça ?
10:35Comment est-ce qu'on fait
10:36un truc qui ne vire pas
10:37à l'encyclopédie
10:38ou à la nomenclature,
10:40mais qui raconte
10:40au-delà de la musique
10:41le côté presque sociologique,
10:44le côté contre-culturel
10:45de la musique ?
10:47C'est ça
10:47que je trouve
10:48le plus intéressant,
10:49peut-être en tout cas,
10:51surtout si tu veux,
10:52parce que là,
10:52il n'y a pas de la musique
10:53quand tu es en bande dessinée.
10:54Dans cet extrait-là,
10:54il s'est fait exprès,
10:55oui.
10:56Dans la BD non plus.
10:56Dans la BD aussi,
10:57donc c'est effectivement
10:58un petit peu...
10:59Écoute,
11:00c'était tellement inconnu,
11:01c'était tellement...
11:01Puis vraiment,
11:02en plus,
11:02il y avait une image
11:03de la techno
11:03qui était une musique
11:04de blanc,
11:05donc nous,
11:05je trouvais que c'était
11:06important aussi
11:07de dire non,
11:07attendez,
11:08les racines,
11:08c'est des racines
11:09noires américaines,
11:10latino,
11:11très gays,
11:12et tout ça
11:13était un peu gommé
11:14quand les rêves
11:15se mettaient à cartonner
11:16en France
11:17où c'était très techno,
11:18très trans
11:18et d'autres styles musicaux.
11:20Après,
11:21le reste,
11:21je pense que c'est un peu
11:22comme quand tu écris un texte,
11:24à un moment,
11:24tu te dis,
11:24il faut que je place des noms
11:25pour que les gens se repèrent
11:27et puis ça donne envie
11:28d'aller chercher
11:28et moi,
11:29en même temps,
11:29il ne faut pas trop en mettre
11:30parce que sinon,
11:31c'est dans tout ce que je peux faire
11:32et j'imagine toi aussi
11:33dans nos métiers,
11:35c'est toujours des questions
11:36qu'on se pose.
11:37Donc,
11:39là,
11:39on partait vraiment
11:40d'une musique
11:40qui était peu connue
11:41des gens
11:42mais de nous aussi
11:43parce que vraiment,
11:45il y a des choses
11:45à cette nuit à peu.
11:47J'avais interviewé
11:47Didier Lestrade
11:48et s'il ne m'avait pas filé
11:49les épreuves
11:50du livre de Mel Chéren,
11:51moi,
11:51toute l'histoire du loft
11:52de David Mancuso,
11:53ça s'est vraiment joué
11:54à peu de choses.
11:55Avec quelque chose
11:56qui est aussi intéressant
11:57dans l'extrait
11:58qu'on vient de voir
11:58et...
11:59Je peux dire un truc
12:00après sur l'histoire
12:00une anecdote par contre
12:02mais non, non.
12:03Non,
12:03c'est cette idée
12:04de la part
12:06du voyage,
12:07du mouvement perpétuel
12:09dans ce mouvement musical
12:11mais aussi
12:11dans la bande dessinée
12:12parce qu'on part
12:13donc du côté américain,
12:15on part du disco
12:15pour arriver dedans
12:16mais ce que dit l'album
12:17et ce que disait
12:18ce film-là aussi
12:18c'est qu'en fait
12:19cette musique-là
12:20c'est des allers-retours
12:21perpétuels
12:22entre l'Amérique
12:23et l'Europe
12:24et de dire que
12:25l'Amérique était peut-être
12:26à la source
12:27mais dans quelque chose
12:27de plus organique
12:28et que finalement
12:29si on parle de machine,
12:30la machine,
12:31c'est les Européens
12:32qui l'ont amenée.
12:33C'est un peu ça
12:34sur la disco,
12:35c'est un peu ça
12:35parce que des fois
12:37on dit la disco
12:37même dans le dictionnaire
12:39musical de Mishka Assaïa
12:40s'ils mettent disco
12:41genre évidemment européen
12:42ce que je trouve dingue
12:44parce que c'est pas du tout
12:45européen à la base
12:45c'est vraiment américain
12:46mais ce que les Européens
12:48ont amené
12:48c'est plus la machine
12:49effectivement
12:50donc Giorgio Moroder
12:51ou Serod
12:51on va dire Moroder
12:52comme figure plus intéressante
12:54quand même
12:55mais eux ont amené
12:56le côté synthétique
12:58plus fort que les Américains
12:59mais toute la tradition
13:00d'Anne, C'est Club
13:01elle venait vraiment
13:02des Américains
13:03et avec justement
13:05des passages
13:05dans, alors peut-être plus
13:07dans la seconde partie
13:07que la première
13:08sur effectivement
13:08l'influence ressort européenne
13:09je pense à un passage
13:10sur Crade Vert par exemple
13:11mais aussi un passage
13:13sur Jacques Morali
13:14qui donc, vous devez le savoir
13:17mais qui était en fait
13:17le producteur historique
13:18des Village People
13:19et qui était français
13:20et c'est très étonnant
13:21ce côté justement
13:22là encore
13:23d'élargir le champ
13:25autour
13:25je trouve que c'est
13:26les histoires
13:26les plus excitantes
13:27et puis alors effectivement
13:28il y avait un truc
13:28aussi particulier
13:29dans la house
13:29même dans les débuts
13:30de la French Touch
13:31c'était que
13:32tous ces groupes
13:34étaient importants
13:35parce qu'il y avait
13:35une internationale
13:36qui la soutenait
13:37dans différentes villes
13:38c'est-à-dire
13:39prendre la French Touch
13:40les ventes en France
13:41c'était assez nul
13:42ce qui était important
13:43c'est que ça marchait
13:44aux Etats-Unis
13:45ça marchait en Angleterre
13:46puis finalement
13:46ça marchait dans le monde entier
13:47et finalement
13:48les ventes cumulées
13:49de Daft Punk
13:49dans le monde entier
13:50éclataient les ventes
13:51de Johnny Hallyday
13:52quand nous
13:52on faisait des soirées
13:53respect aux Etats-Unis
13:54on n'avait pas besoin
13:55d'un avion
13:55pour aller mener
13:56les gens français
13:57à Las Vegas
13:58c'est ce que faisait Johnny
13:58au même temps que nous
13:59on faisait les soirées respect
14:00donc il y avait
14:02une espèce d'international
14:03comme ça
14:03qui se faisait
14:04avec des gens
14:05qui avaient les mêmes goûts
14:06et les mêmes repères
14:07et je peux bien
14:09juste raconter
14:09un truc marrant
14:10sur le film
14:11c'était 24 Hours Party People
14:13qui est un film
14:13vraiment génial
14:14sur Manchester
14:15de...
14:16comment il s'appelle déjà ?
14:17Michael Winterbottom
14:18avec Steve Coogan
14:19qui est très connu
14:20comme comique en Angleterre
14:22maintenant
14:22il a un peu
14:22une carrière hollywoodienne
14:23qui joue Tony Wilson
14:24qui était le patron
14:25de l'Hacienda
14:26de Factory
14:26et on avait vu le film
14:28avec Mathias
14:29en avant-première
14:29en France
14:31parce que Tony Wilson
14:32n'avait pas le générique
14:33encore
14:33il voulait que Aire
14:34fasse une cover
14:36de Love Will to Russell
14:37par The Joy Division
14:38donc on a vu
14:39ce film avec Tony Wilson
14:41il y avait Mathias
14:42moi, Tony Wilson
14:42et Jean-Benoît
14:43et Nicolas de Aire
14:45qui n'ont pas aimé le film
14:46mais qui n'ont pas voulu faire
14:46qui trouvaient que le film
14:48désacralisait trop
14:49alors que moi
14:50je trouve que c'était génial
14:51c'était vraiment
14:52le film
14:53qui était bien à l'image
14:54de Manchester
14:55et de New Order
14:55autant par exemple
14:57Control
14:57va être un film
14:58je trouve très pesant
14:58et très lourd
14:59sur Ian Curtis
15:00très romantique
15:01alors que là
15:02c'est vraiment un film
15:03assez...
15:03là les deux badins
15:04que vous voyez
15:05c'est les Happy Mondays
15:05qui sont en train de dire
15:06que les Happy Mondays
15:07se sont fait connaître
15:08en mettant de la mort au rat
15:09pour tuer des pigeons
15:11parce qu'il ne savait pas
15:12quoi faire
15:12dans une après-midi
15:13à Manchester
15:13et donc on avait vu
15:14le film avec Tony Wilson
15:15et qui m'avait juste dit
15:17ça pour une heure
15:17il dit
15:17j'adore ce film
15:18sauf quand il montre
15:19que je suis un mauvais père
15:20parce que je n'étais pas
15:20un mauvais père
15:21c'était une petite anecdote
15:23cette idée de voir
15:25elle est importante
15:25dans la mesure
15:26où il y a clairement
15:26aussi une rupture
15:27entre les deux parties
15:29du champ de la machine
15:30alors il y a deux ans
15:32aussi deux ou trois ans
15:34de différence
15:35on a fait le volume 1
15:37qui s'arrête
15:38justement avec New Order
15:39d'ailleurs
15:39et après
15:41on a arrêté
15:42il y a le magazine Magic
15:44qui était un magazine de rock
15:46à l'époque
15:47qui nous a demandé
15:47d'aller à Manchester
15:48rencontrer New Order
15:49et ça nous a redonné
15:50envie de refaire le deuxième
15:52et là on a fait le deuxième
15:53donc il y avait quand même
15:54aussi des évolutions
15:54graphiques normales
15:57d'un dessinateur
15:58qui aurait évolué
15:59tu vois c'est pas si conscient
16:00mais au-delà de ça
16:02il y a ce côté
16:03d'une première partie
16:04qui est sur quelque chose
16:05que l'un et l'autre
16:05vous n'avez pas connu
16:06parce que si vous étiez
16:07trop jeune
16:08ça c'est des choses
16:08auxquelles vous n'aviez pas accès
16:10sauf à la musique
16:11qu'il pouvait avoir en France
16:12alors que la seconde partie
16:13elle a un côté
16:14plus dans le vécu
16:15parce que pendant
16:16la seconde partie
16:17vous êtes presque
16:18partie prenante
16:19il y a ce côté intéressant
16:20d'être à la fois
16:20à l'extérieur
16:22de quelque chose
16:22sur une première partie
16:23et à l'intérieur
16:24dans la seconde partie
16:25qu'est-ce que ça a changé ça
16:27dans l'écriture
16:28de cette seconde partie
16:29mais y compris
16:30même jusqu'à l'influence
16:31graphique
16:32en fait
16:33ce qui est un peu drôle
16:34c'est que la deuxième partie
16:35c'est un peu ce qu'on a
16:36plus vendu à Delcourt
16:37c'est-à-dire
16:38c'est l'histoire des rêves
16:39ça démarre dans la deuxième partie
16:41et nous on ne s'attendait pas
16:42à écrire autant de pages
16:43qui étaient précurseuses
16:46de ce qui allait suivre
16:47et après à un moment
16:48ça c'était pas conscient
16:50mais quand je pense
16:51qu'on s'est attaqué aux deux
16:52c'est devenu conscient
16:53je me suis dit
16:53tiens c'est marrant
16:54parce que
16:55moi je ne suis jamais allé
16:56à l'Hacienda
16:56je ne suis jamais allé
16:57au Parc d'Eyes Garage
16:57je ne suis jamais allé
16:58au loft
16:58David Mankuso
16:59le Parc d'Eyes Garage
17:01ferme en 87
17:02la Sienda en 80
17:03enfin tout ça
17:03c'est des endroits
17:03où je ne suis jamais allé
17:04mais effectivement
17:05à partir du deuxième chapitre
17:07où on parle des rêves
17:07là c'est que des choses
17:08que j'ai faites
17:09ou auxquelles j'ai participé
17:11de près ou de loin
17:11et donc
17:12oui
17:13et c'est assez marrant
17:15c'est que dans le deuxième
17:16très vite
17:17je me disais
17:17mais j'ai pas envie
17:18d'inventer des personnages
17:19ça me saoulait
17:20d'aller faire
17:21la vie de tel ou tel DJ
17:23donc il me semble
17:24dans le volume 2
17:25quasiment tout est inventé
17:26en fait
17:27alors que le volume 1
17:28est plus historique
17:29même s'il y a des erreurs
17:31et on va passer
17:32à un second extrait
17:33qui aurait dû être le premier
17:34mais ça c'est pas très grave
17:35là aussi
17:36vous allez reconnaître
17:37son souci assez rapidement
17:47et poissons
17:48ça c'est pas très grave
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