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  • il y a 2 jours
Ce jeudi 27 novembre, Frédéric Rozier, co-responsable de la gestion de portefeuille chez Mirabaud, s'est penché sur le rebond du secteur de la santé en Bourse, le lancement du rallye de fin d'année sur les marchés, et l'offre de rachat de Puma par Anta Sports Products, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:0015h41, Frédéric Rosier nous rejoint. Bonjour Frédéric.
00:04Bonjour Tio.
00:06Oui, private joke. Frédéric, co-responsable de la gestion de portefeuille de Mirabeau,
00:12on est ravis de vous retrouver. Vous allez rendre votre verdict face au marché.
00:15Cet instant qu'on va vivre ce moment, ce verdict, est-ce que vous l'assumez ?
00:20Je l'assume.
00:21On vous écoute.
00:22J'estime et j'assume que 2025, c'est une année où on pouvait se souhaiter la bonne santé.
00:302025, c'était l'année où on pouvait souhaiter une bonne santé en bourse.
00:35C'est ça votre message. Qu'est-ce qui ne va pas Frédéric ?
00:37Tout va bien, justement. C'est ça qui est étonnant.
00:40C'est qu'on avait commencé avec la nomination notamment d'un personnage un peu sulfureux aux Etats-Unis
00:48à la tête du ministère de la Santé, avec un énorme coup de pression sur le secteur,
00:53donc santé, healthcare aux Etats-Unis, pour plein de raisons.
00:57Alors, c'était un anti-vax, une grosse pression sur les tarifs également.
01:03Et que, depuis deux mois, alors vous savez, il y a eu le passage, l'épisode notamment de la signature d'accord
01:08à la Maison-Blanche, le fameux épisode où il s'est passé quelques événements durant cette signature d'accord.
01:14Le secteur de la santé a fait plus 18%.
01:18Le secteur S&P, healthcare, donc de la santé, a fait plus 18% sur les deux derniers mois
01:23contre un indice américain qui a progressé seulement de 2%.
01:27C'est assez impressionnant. Alors, pourquoi ?
01:30Parce que je pense globalement que les investisseurs sont plus à la recherche d'une croissance visible quelque part.
01:36Un matelas de sécurité, un peu de dividendes.
01:39Et la remise en cause qu'on a eue récemment, notamment sur l'AI,
01:44profite à ces secteurs dans un cadre de réallocation globale.
01:49Et vous, vous dites quoi ?
01:49Que maintenant, le secteur de la santé, maintenant qu'il a rebondi depuis deux mois, est à son prix ?
01:53Que les grands labos, eux, sont à son prix, peut-être pas le reste ?
01:55Comment est-ce qu'il faut aborder, imaginer la suite ?
01:57Alors, ce chiffre-là, il faut le nuancer tout de même,
02:00parce qu'il a été un petit peu en trompe-l'œil,
02:03car on a eu un phénomène, et je trouve que c'est passé sous les radars,
02:06et Lilili, quand même, passe la barre des 1000 milliards de dollars.
02:11Alors, on en fait des pataquaises, c'est de la techno qui franchit les 1000 milliards.
02:17Ah non, on en a bien bien parlé, franchement.
02:20Voilà, mais je trouve que...
02:21On se demandait qui n'écoutait pas BFM Bourse, c'est donc vous qui n'avez pas suivi BFM Bourse.
02:24Je ne le regarde qu'en replay, j'ai dû rater un replay.
02:27Mais c'est vrai que, pour une fois, on a un secteur qui...
02:32Une entreprise hors tech qui progresse et qui franchit cette zone des 1000 milliards.
02:37On a eu dans le sillage des belles publications,
02:40donc on a eu Merck aussi, qui a progressé de manière assez significative,
02:44Illumina, notamment dans le séquençage ADN,
02:47et plein d'acteurs, Edward Life Science, dans l'équipement.
02:51Donc, beaucoup, beaucoup d'entreprises qui, en plus,
02:53généralement, c'était aux alentours du 30 octobre,
02:55on publiait des chiffres qui, en termes de chiffre d'affaires,
02:57étaient à peu près 10% au-dessus des attentes en moyenne,
03:00et sur les bénéfices, c'est quasiment 20% au-dessus.
03:03Donc, c'est au-delà même de ce qu'on a eu sur Nvidia,
03:05si vous voulez, en termes de surprise.
03:06Je ne parle pas en termes de montant, mais en termes de surprise.
03:08Donc, il y a un phénomène de rattrapage qui est tout naturel
03:10sur le secteur aux États-Unis, parce que ce n'est pas la même sauce en Europe.
03:14– Oui, je regardais justement Sanofi, là, pendant que vous parliez,
03:16même si c'était très intéressant, mais pendant ce temps,
03:18je regardais aussi Sanofi, moins 8% depuis le début de l'année encore.
03:21Sanofi, c'est-à-dire que le secteur de la santé américain rebondit fortement,
03:24et là, Elili, comme symbole de tout ça, c'est dingue,
03:26plus 43% en dollars depuis le début de l'année.
03:28Là où Novo Nordisk est à moins 43%,
03:30et Sanofi encore à moins 8% depuis le 1er janvier.
03:32– Oui, Sanofi, Novo, effectivement.
03:34Alors, c'est un peu moins vrai sur les pharmaceutiques suisses, notamment.
03:40AstraZeneca, c'est un peu meilleur, mais c'est vrai que c'est assez disparate,
03:43au gré aussi des accords qui ont été signés, tarifaires, aux États-Unis.
03:48Et on voit, il y a quelques décisions un peu surprenantes
03:51qui ont plutôt défavorisé les entreprises européennes,
03:55notamment dans les accords signés avec les Américains.
03:56– Pour la suite, vous miseriez sur une poursuite du rallye haussier
03:59du secteur de la santé, et si oui, quelle valeur ?
04:01– Je pense que ce n'est pas fini.
04:03Globalement, ce n'est pas fini.
04:05Il y a beaucoup d'entreprises qui sont en retard.
04:07Je regarde énormément plutôt ce qu'on appelle les équipementiers.
04:13Donc, je parlais tout à l'heure d'Edward Life Science,
04:15on a des Beckton Dickinson également.
04:17Donc là, on est dans le, pas forcément de la Big Pharma,
04:20mais tout ce qui est équipement médical.
04:22Pfizer n'a pas fait grand-chose également.
04:24Donc, je pense que si le mouvement doit s'installer,
04:26il doit s'installer de manière aussi un peu plus large.
04:31Et je pense aussi que le secteur pharma européen
04:33va bénéficier quand même de cet environnement plus favorable.
04:36et on devrait avoir un réveil.
04:39Et même sur des secteurs et des thématiques un peu dures comme Novo aujourd'hui,
04:43je la regarde d'un côté un peu plus bienveillant,
04:45en me disant que sur ces niveaux de valo,
04:46on est très, très sous-valorisé.
04:48On est value pour le coup,
04:50même avec les décisions, les nouvelles un peu moins favorables,
04:53notamment sur l'Alzheimer qu'on a eue cette semaine.
04:55Alors là, vous livrez effectivement sur l'Alzheimer,
04:57il y a eu une déception pour Novo-Landie.
04:58Oui, mais honnêtement, le potentiel de hausse que pouvait apporter cette nouvelle
05:03ne justifiait pas une baisse de 10%.
05:05Et vous l'avez vu, on a totalement gommé cette sanction boursière quasiment en 2 juin.
05:09Vous évitez, enfin sciemment ou pas, d'évoquer les biotech.
05:12Il se trouve que les biotech, cette année, vont un peu mieux.
05:14Les biotech françaises, d'ailleurs, en tête de proue des performances européennes.
05:17Il y a un vrai truc qui se passe sur les biotech ?
05:18Oui, il y a clairement un phénomène de rattrapage.
05:22Il y a un bon nombre de biotech qui sont à 50-100% de hausse.
05:25C'est un secteur, honnêtement, que je maîtrise moins
05:27et qui est beaucoup plus douloureux à gérer, difficile à gérer.
05:32Parce que c'est qui tout double, ça passe sous sa case.
05:33C'est vrai.
05:34Chacune d'entre elles.
05:35Il y a par exemple des acteurs qui sont assez intéressants,
05:38qui sont spécialisés notamment dans la gestion des royalties pharma,
05:41royalties pharma par exemple,
05:43qui vont acheter la partie de royalties de ces sociétés-là,
05:46qui sont en difficulté.
05:47Et donc, qui vont avoir un partage des revenus à venir.
05:50Donc ça, c'est peut-être aussi une manière de jouer ce secteur
05:52avec un peu moins de risques.
05:55Secteur de la santé, donc, 2025 était l'année pour souhaiter une bonne santé en bourse.
05:59C'est pour ça que vous êtes arrivé en...
06:00Surtout, je ne l'aurais pas dit il y a deux mois.
06:02C'est votre message du jour au marché.
06:05Effectivement, il est nouveau.
06:06Et on souhaite, on espère qu'il puisse durer aussi en 2026.
06:08Et qu'en 2026, en bourse, on aura tous une bonne santé,
06:11un bon secteur de la santé, des belles performances.
06:14Est-ce que le rallye de fin d'année est ouvert ?
06:15Est-ce que vous déclarez aujourd'hui ouvert sur les indices européens et américains
06:19le rallye de fin d'année ?
06:20On est sur une quatrième hausse d'affilée aujourd'hui en Europe.
06:23Et Wall Street, hier aussi, a signé une quatrième hausse d'affilée.
06:24Un rallye n'arrive pas le 31 décembre, c'est généralement un peu plus tôt.
06:28Donc, s'il y a un phénomène de rallye, je dirais que c'est dans les dix jours qui viennent.
06:33Voilà, ça devrait être joué dans les dix jours qui viennent.
06:35Mais est-ce qu'on sera beaucoup plus haut avec cette rotation sectorielle qui se met en place ?
06:40Voilà, quelques interrogations sur la valorisation de l'AI.
06:43On ne sera pas forcément beaucoup plus haut.
06:45Mais il y a peut-être encore un petit potentiel, allez, 2-3% peut-être, grand maximum sur les marchés.
06:51Ce qui est déjà pas mal, mais pas forcément beaucoup plus.
06:54Mais quand vous voyez le nombre d'interrogations qu'on avait il y a encore une semaine,
06:57où on se demandait si les marchés étaient voués à craquer,
07:00si on était en bulle et que désormais un cycle baissier était en train de s'enclencher,
07:03on en était là il y a une semaine.
07:04Et on a déjà largement effacé toutes ces pertes.
07:06Le S&P n'est plus qu'à 1% de son plus haut historique.
07:08Vous vous dites quoi ?
07:09Que le cycle aussi est amené à durer ou qu'on est malgré tout quand même au bout de ce cycle aussi ?
07:13Merci la Fed quand même.
07:14Merci la Fed.
07:15Parce que si on n'avait pas eu ce volte-face finalement dans les anticipations de baisse des taux,
07:21je pense que le mouvement aurait été peut-être d'un peu plus grande ampleur.
07:24Donc là on a un scénario où il y a peu de temps on était sûr qu'il allait y avoir des baisses de taux.
07:29On a un scénario où on est revenu en arrière.
07:32Et de nouveau maintenant, beaucoup anticipent une baisse de taux en décembre.
07:36Donc ça, ça aide quand même, cette interrogation-là aide quand même le marché à limiter la casse
07:42et à pouvoir se poser et à se stabiliser sur ces niveaux-là.
07:45Et en plus, il y a de vrais espoirs sur les ventes de fin d'année.
07:47Bien qu'on parle d'une économie en cas, il semble que les ventes de fin d'année nous amènent peut-être
07:51vers un nouveau record de consommation.
07:53On devrait, d'après le consensus, franchir les 1 000 milliards de dollars de dépenses aux États-Unis.
07:56C'est l'association des détaillants qui a donné ce chiffre de 1 000 milliards
08:01avec 190 millions de consommateurs aux États-Unis sur 4 jours.
08:07Avec bien sûr le Black Friday, mais il y a le Cyber Monday qui suit.
08:10En vérité, c'est très difficile cette histoire de Black Friday
08:12parce que lorsque vous suivez par exemple des acteurs comme Amazon,
08:15ça fait quasiment un mois et demi qu'ils sont en solde et que les soldes se diluent.
08:19En vérité, maintenant on parle de Black November.
08:20C'est-à-dire que ça dure tellement longtemps que les phénomènes de Black Friday et Cyber Monday,
08:26il faut le minimiser parce qu'il est sur la grande période.
08:28Alors attention, peut-être que le panier sera peut-être revu un petit peu à la baisse
08:31et les interrogations qu'on a aujourd'hui, c'est qu'au regard de l'inflation,
08:35en tout cas supportée par les détaillants,
08:38au regard notamment de l'inflation des inputs, des intrants,
08:42on risque d'avoir effectivement des ventes correctes,
08:45un chiffre d'affaires qui va exploser à la hausse,
08:47mais en termes de marge, je pense qu'on va se serrer un petit peu la ceinture
08:50pour les vendeurs pour absorber cette hausse de prix.
08:53Mais on pourrait imaginer qu'on batte un record de vente de fin d'année
08:55juste grâce aux 10% les plus riches ?
08:57On entend beaucoup que la consommation est tenue par 10% des Américains désormais.
09:00Ça pourrait se confirmer là ?
09:01Alors comme sur cette période-là, on a à peu près 40% de la consommation
09:06qui est basée sur des cartes de crédit.
09:09Alors la carte de crédit, vous savez, c'est crédit à quasiment à 20 ou 30% de taux d'intérêt.
09:14C'est pas impossible que les Américains continuent,
09:18et d'ailleurs dans les sondages et les interrogations qui ont été faites
09:21notamment par l'association des détaillants,
09:24a priori ils vont quand même continuer à consommer
09:26quitte à utiliser ces cartes de crédit.
09:28Ce sont en gros 40% des cartes de débit, 40% sur des cartes de crédit.
09:33Donc c'est possible qu'on touche au crédit.
09:35Antoine ?
09:36Un petit coup d'œil sur les opérations du jour.
09:38Dans le secteur de l'équipement sportif, il y a Puma
09:40qui grimpe une hausse à deux chiffres, 13-15%,
09:45avec un groupe qu'on ne connaissait pas forcément bien en Europe,
09:50qui est le prédateur, c'est Anta, qui est un groupe chinois,
09:53mais qui est présent dans nos détaillants de matériel sportif
09:58à travers deux marques, Fila et Salomon.
10:01Les baskets de Salomon, parce que les skis c'est une autre société.
10:03Les Chinois s'y mettent aussi sur...
10:08Ils ne sont pas si méchants que ça finalement, les Chinois.
10:10Ils viennent même aider nos entreprises en difficulté.
10:12Je l'ai dit, je dirais que c'est un juste retour des choses.
10:14Ils fabriquent déjà là-bas, pourquoi pas directement posséder
10:17des belles marques européennes ?
10:18C'est quand même Puma, c'est une marque emblématique.
10:20Honnêtement, c'est Rudolf Dassler,
10:21donc son frère Adidas, vous savez Adidas Lair.
10:24Donc c'est la marque qui a inventé le sponsoring.
10:28C'est les premiers à avoir sponsorisé Justice Owens
10:31pendant les JO de Berlin et Pelé dans les années 70.
10:35Donc c'est une marque emblématique du sport
10:38et tout ce qu'on connaît aujourd'hui dans cet écosystème sportif,
10:42aujourd'hui, on le doit à Puma.
10:44C'est vrai que c'est une petite société, honnêtement,
10:47en capitalisation boursière, je crois que c'est 3 milliards.
10:49Adidas fait 10 fois plus.
10:51Mais c'est vrai que c'est un marqueur quand même important
10:53au moment où on est en train de se poser la question de Shine,
10:55Temu et compagnie en Europe.
10:58Les Chinois peuvent aussi de temps en temps venir
11:00à la rescousse des entreprises européennes.
11:01Et on va rester dans cet univers, Antoine.
11:03Il y a une introduction en bourse à Tokyo
11:04que vous suivez particulièrement en ce moment ?
11:06Oui, human-made.
11:07Human-made, preuve que le sport lifestyle
11:12a peut-être son avenir du côté asiatique et japonais.
11:15Le patron de Human-Made, il s'appelle Nigo.
11:18C'était un ancien styliste de chez LVMH.
11:21Il a longtemps été designer pour Kenzo.
11:25C'est un très bon copain de Pharrell Williams
11:27qui a d'ailleurs investi dans cette introduction en bourse.
11:31Lui, on ne le présente plus.
11:32Et Nigo, il a lancé plusieurs marques à grand succès.
11:35Il y a eu Bape, qui est une marque de basket assez haut de gamme,
11:39assez mode.
11:41Billionnaire Boys Club.
11:43Et puis, encore une fois, il a été très proche du directoire d'LVMH.
11:47Et donc, il lance sa propre marque qui s'appelle Human-Made.
11:49et très belle entrée en bourse à Tokyo.
11:51Un 187 millions de dollars de valorisation
11:53et 13% de hausse à la culture ce matin.
11:58Nigo qui a fait 55 millions sur cette opération
12:00et Pharrell Williams, un petit peu plus loin, 25 millions.
12:04Nigo, c'est dur quand même comme nom de s'appeler Nigo.
12:06En tout cas, la bonne décision du cœur n'est pas totalement finie visiblement.
12:09Non, non, ça se passe bien.
12:11Merci Latrine Team, merci à tous les deux.
12:12Et Antoine, bien sûr, qui nous accompagne en fil rouge jusqu'à 18h.
12:16Merci à Frédéric d'être passé pour Mirabeau, Frédéric Rosier.
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