00:00La grande interview sur CNews et Europe 1, mon invité est un maire, un élu au langage direct et sans fioriture qui parle à la majorité des français.
00:10Bonjour et bienvenue Robert Ménard.
00:12Bonjour, merci de me recevoir.
00:13Merci d'être avec nous, vous êtes le maire d'hiver droite de Béziers tout d'abord.
00:16Évidemment c'est un immense soulagement.
00:19Après la libération de l'écrivain franco-algérien Boalem Sansal de l'otage, Boalem Sansal qui était détenu dans les geôles algériennes,
00:25est-ce que ce matin, d'abord pensons au soulagement, mais est-ce que vous dites ce matin Robert Ménard,
00:30donc à l'Allemagne, donc à l'Allemagne, mais aussi merci à la France et malgré tout chokran à l'Algérie ?
00:38D'abord je veux vous dire mon émotion, parce que je le connais, parce qu'on s'est battu pour lui,
00:44parce que je suis né en Algérie, parce que j'ai mille raisons de l'aimer, parce que j'aime ses livres, j'aime sa personnalité,
00:51j'aime ce qu'il est, j'aime sa modestie, et en même temps son caractère, j'aime son audace, j'aime son courage,
00:58c'est quand même un type dont tu te dis j'aimerais avoir un tout petit peu, je ne sais pas, représenter ça par rapport à ce qu'il est.
01:07Puis je pense à sa femme, je pense à nos amis communs qui se sont battus pour lui,
01:12je pense au banderolle qu'on a à Béziers, qu'on enlève ce matin, où il y avait écrit sur la médiathèque Libérez Boalem Sansal,
01:18je pense à samedi où on va donner une des salles, un des espaces de la médiathèque avec son nom,
01:24à côté d'une statue de Voltaire, parce que je trouvais que Voltaire et lui ça allait bien ensemble,
01:28voilà je pense d'abord à tout ça, je pense à tout ça, c'est la première chose.
01:33Ensuite, vous savez, je ne pense pas qu'il y ait, là il y a des polémiques autour de qu'est-ce qu'il fallait faire,
01:42comment on a obtenu sa libération.
01:43Je résume directement cette polémique, c'est là où la France a échoué, l'Allemagne a réussi, point d'interrogation.
01:49Je ne suis pas d'accord avec ça, d'abord je pense qu'il fallait pendant, parce que ça a été mon boulot pendant des années,
01:57de m'occuper de ça, il n'y a pas de contradiction entre d'une part la mobilisation, vous à l'antenne,
02:03les gens dans la rue, tout le monde qui en parle, les gens qui gueulent et tout ça,
02:07il faut ça et la diplomatie, ce n'est pas un ou l'autre, ça n'a jamais été pour un notaire ou ça.
02:13Moi j'avais été 25 ans, j'ai fait ça, tu t'appuies sur les deux, à la fois des diplomates qui ne parlent pas
02:18ou qui ne viennent pas expliquer ce qu'ils font chez vous, et en même temps les gens qui gueulent,
02:23et il faut les deux, ça c'est la première chose.
02:26La deuxième chose, c'est que je suis content que l'Allemagne ait joué ce rôle-là, merci à eux,
02:32mais enfin, putain, quelle humiliation pour la France !
02:36Enfin, je ne suis quand même pas naïf, naïf, au point d'oublier à quel point ils font ça pour faire chier Paris,
02:46c'est aussi, pardon de cette grosse vulgarité que je retire immédiatement, pour emmerder Paris,
02:51pour leur dire, on ne vous donne pas satisfaction, on préfère faire plaisir aux Allemands.
02:55Donc vous y voyez malheureusement une humiliation pour notre pays ?
02:58Enfin, vous y voyez quoi ? Bien sûr que c'est une humiliation pour votre pays,
03:02et en plus, alors ils font, c'est un truc à trois membres,
03:05un, tu humilies le pays, deux, tu tapes sur Retailleau,
03:08qui avait le courage de dire un certain nombre de choses.
03:11Je pouffe de rire !
03:12Alors, quand Emmanuel Macron dit merci au président Théboune
03:18et qu'il est disponible pour de prochaines discussions,
03:21est-ce que c'est le langage qu'il faut tenir ?
03:23Attendez, le problème de M. Macron, c'est qu'il dit une chose et le contraire,
03:28sans aucun état d'âme sur cette histoire-là.
03:30Je ne vous rappelle plus, c'était au début du mois d'août, vous vous rappelez ?
03:33Il avait écrit, c'était Bayrou, qui était Premier ministre,
03:35il avait dit, oui, il faut être plus dur, il faut être un peu plus ferme et tout.
03:40La riposte graduée, oui.
03:41Voilà, et maintenant, le même, il t'explique,
03:44et son Premier ministre actuel qui t'explique,
03:46au fond, regardez, parce qu'il tape sur Retailleau là-dessus,
03:49regardez, nous, on a adopté une manière plus soft de faire les choses,
03:52et on a obtenu satisfaction.
03:55Mais c'est ce foutre du monde !
03:57Vous voulez dire que pour des raisons politiciennes,
03:59pour viser un ancien ministre de l'Intérieur,
04:02on loue, et Sébastien Lecornu a loué la méthode de la discrétion,
04:06de la prudence.
04:06Mais bien sûr, ça n'a pas d'autre objectif qu'un coup de pied de l'âne
04:09à celui qui est plus ministre de l'Intérieur,
04:12c'est une saloperie de plus.
04:14Ils ne peuvent pas dire, ils ne peuvent pas dire simplement,
04:17chacun fait son boulot, encore une fois, chacun fait son boulot,
04:19chacun fait son boulot,
04:20et le résultat de tout ça, c'est la libération.
04:23Et sans satisfaire, non !
04:25Ils veulent bien, ils sont contents,
04:27je ne crois pas qu'ils ne soient pas contents, je ne dis pas ça,
04:29ils sont contents, comme nous tous, de cette libération.
04:31Mais si en même temps,
04:33on pouvait faire une petite politique politicienne de merde,
04:36comme ils sont capables de faire...
04:37Alors, je vous sens énervé, je vous sens énervé ce matin.
04:39Mais bien sûr, ça ne vous énerve pas, vous,
04:40alors qu'on est tous les deux tellement contents pour Boilem sans ça.
04:44C'est inévident, c'est beaucoup de ceux qui nous regardaient.
04:46Alors, on ne fait pas de la politique à 4 balles.
04:48On ne fait pas de la politique à 4 balles.
04:49Passons également à notre confrère Christophe Glez, évidemment.
04:51Oui, Christophe Glez, il ne faut pas l'oublier.
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