00:00Vous l'avez dit de manière fracassante, en effet, en estimant à plusieurs reprises qu'il fallait des ultimatums en quelque sorte,
00:09qu'il fallait mettre l'Algérie au pied du mur.
00:13Votre successeur, Laurent Nunez, choisit une voie différente.
00:17Il dit qu'au contraire, il faut reprendre langue, relancer le dialogue.
00:20Et il vient d'ailleurs d'être invité par le gouvernement algérien à se rendre sur place.
00:25Est-ce que sa méthode, qui est une méthode davantage de dialogue, n'est pas finalement plus efficace ?
00:31Il va pouvoir aller leur dire, il va pouvoir aller les voir.
00:34Je vais vous dire qu'il n'y avait aucun risque pour que M. Tebboune m'invite en Algérie.
00:38Choses sont claires. Mais regardez, la crise...
00:42Si vous avez invité, vous n'auriez pas été ?
00:44Non, il ne m'aurait jamais invité.
00:46Simplement, ce que je veux vous dire, c'est que la main tendue, ça fait des années qu'on l'attend à l'Algérie.
00:52Mais avec quel résultat ? Je veux simplement vous dire que la crise, elle m'a précédé.
00:59Moi, je rentre à Beauvau le 23 septembre 2024.
01:03Mais entre 2022 et 2024, il y a eu plusieurs crises.
01:07Je me souviens que les Algériens avaient refusé, souvenez-vous, l'espace aérien pour que nos avions
01:13qui allaient lutter contre les terroristes djihadistes au Sahel, ils avaient refusé le survol de leur espace pour nos aéronefs.
01:20Ensuite, ils blacklistent nos entreprises pour la commande publique.
01:24Ils sont en train d'éradiquer le français.
01:26Ce que vous voulez dire, c'est que le refus du dialogue, ça n'est pas la France qui l'a amorcé.
01:31Mais bien sûr que non. Ils nous utilisent.
01:33Et nous, on est faibles.
01:35On est faibles.
01:37Alors, la crise, elle a culminé à un moment donné.
01:39Ça a été lorsque le président de la République française, Emmanuel Macron,
01:42et je pense à juste titre, a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental,
01:48qui est la grande affaire entre les deux pays, le Maroc et puis l'Algérie.
01:52Et la France a pris position pour le Maroc, à juste titre.
01:55Et alors là, évidemment, ça a explosé.
01:57Et à ce titre, la coopération de la sécurité, notamment contre le terrorisme, s'est brutalement interrompue.
02:04Je n'étais pas ministre.
02:05Mais ce que je veux dire, c'est que depuis qu'Emmanuel Macron est à la présidence de la République,
02:10il n'a cessé de tendre la main, excepté le Maroc et le Sahara.
02:15Mais il a cessé de tendre la main.
02:17Pour quels résultats ?
02:18Vous redoutez donc que cette visite de votre successeur en Algérie ne porte aucun fruit ?
02:23Il y a un principe que nos compatriotes, les Français vont comprendre.
02:27Nous, on a un accord qui est totalement suranné, totalement déséquilibré,
02:31les accords de 68 qui encouragent non pas une immigration de travail,
02:35mais une immigration de peuplement, une immigration familiale.
02:39Des privilèges exorbitants donnés aux ressortissants algériens,
02:42par exemple, par rapport aux Tunisiens, ou par rapport à d'autres Maghrébins,
02:46par exemple, comme les Marocains.
02:48Nous, petits doigts sur la couture du pantalon, bon élève, on applique l'accord.
02:54Il y a d'autres accords.
02:55L'accord de 94, par exemple.
02:57Cet accord-là dit, quand il y a un ressortissant algérien,
03:02avec des papiers documentés,
03:04eh bien, l'Algérie doit le reprendre,
03:08parce qu'il le reconnaît comme un ressortissant algérien.
03:11Ils ne le font pas.
03:12Ça a été le cas de Mulhouse.
03:14L'attentat terroriste à Mulhouse, il y a quelques mois,
03:18c'est cet Algérien qui n'aurait jamais dû se trouver sur le sol français.
03:22Il était sous le coup d'une OQTF.
03:23Et voilà, OQTF.
03:24Il avait été présenté 14 fois aux autorités algériennes,
03:27qu'il avait refusé.
03:28Donc, il y a un moment donné, moi, je veux bien qu'on aille faire des risettes à M. Thiboune
03:32ou qu'on aille prendre le thé en Algérie.
03:36Mais pour quel résultat ?
03:40Tant qu'il n'y a pas le principe de réciprocité,
03:43alors il faut la fermeté.
03:44C'est parti.
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