00:00Écoutez, je pense qu'on se trompe en France. Je pense que le pouvoir se trompe avec l'Algérie, avec
00:06le régime algérien, parce que je sépare les deux choses.
00:10Qu'est-ce que je veux dire ? Si on a réussi, je crois que Boilem sans salle, demain matin,
00:14vous l'interrogerez à 8h10 sur la matinale, absolument.
00:19Boilem a été libéré, pourquoi ? Parce qu'on a fait du bruit. Christophe Gleiz, personne ne m'en avait
00:23parlé. Ça fait deux ans qu'il a été arrêté. Il est toujours derrière les barreaux.
00:26Ça veut dire quoi, personne ne m'en a parlé ? Ça veut dire que j'ai appris, par des
00:30journaux, qu'on avait un compatriote qui était retenu en Algérie.
00:34C'est-à-dire que le ministère de l'Intérieur, personne n'est venu vous voir en disant, monsieur le
00:37ministre, nous avons un problème avec...
00:38Parce que je pense que le pari qui avait été fait, c'est surtout de ne pas en parler. Et
00:42que la diplomatie douce, complaisante, bienveillante, allait pouvoir régler le problème.
00:48Soumise ?
00:49Quelque part. Ce que je vais vous dire, ce que je souhaite, moi, c'est qu'il y ait une
00:53vraie doctrine d'État en matière diplomatique avec l'Algérie.
00:57Je pense que le président de la République s'est trompé en pensant que la relation entre nos deux pays
01:04pouvait simplement être une relation psychologique, personnelle, amicale avec le président Tebboune.
01:09Je pense que c'est faux pour deux raisons. D'abord, le président Tebboune, ce n'est pas lui qui
01:14détient le pouvoir ultime. Il y a un cercle plus large.
01:18Le chef d'État-major, Jean Gria, les services secrets, quelques oligarques. Donc, première raison de l'erreur.
01:26Deuxième raison, c'est que le régime algérien a un besoin vital de la France comme un bouc émissaire. Pourquoi
01:35?
01:35Parce que sur le plan international, l'Algérie est désormais très isolée, parce que l'économie est en panne, parce
01:42qu'il y a eu un mouvement, le Hirak, et parce que la jeunesse est contestataire, etc.
01:48Et donc, ils ont besoin d'un récit où on désigne un ennemi, un adversaire. Et donc, chaque concession que
01:55l'on fait, on la paye au quadruple.
01:57Chaque concession est perçue par le régime algérien comme une faiblesse et une faiblesse qui va appeler d'autres concessions.
02:04Et donc, on n'en sort jamais. Je pense, moi, qu'il faudra refonder une doctrine d'État sur une
02:10base, d'ailleurs, de respect mutuel.
02:12Moi, je ne veux pas me fâcher avec l'Algérie. Je veux simplement que la France, ma patrie, et pour
02:17les Français qui sont fiers de ce qu'ils sont, soient respectés.
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