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  • il y a 2 mois
Bruno Retailleau, ancien ministre de l’Intérieur et président du parti de droite Les Républicains, était l’invité d’“En Campagne” face à Apolline de Malherbe. Il est revenu sur son expérience de ministre de l'Intérieur.

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Transcription
00:00Non, ces limites-là, elles n'étaient pas les miennes.
00:04Elles étaient les limites qu'on m'imposait à l'extérieur.
00:06Vous savez, j'ai passé plus de 12 mois à Beauvau, dans un ministère de l'Intérieur
00:10qui est le ministère des crises, des urgences, qui est très très exigeant.
00:15Je me suis donné à fond.
00:16Mais j'ai bien vu que j'avais plein de limites.
00:21On m'imposait beaucoup d'obstacles.
00:23Des obstacles politiques, j'ai pas toujours été sur la même ligne que le président de la République.
00:27Des obstacles aussi législatifs, puisqu'il n'y avait pas de majorité à l'Assemblée nationale.
00:33Des obstacles juridiques, souvenez-vous.
00:35Le Conseil constitutionnel, qui a biffé d'un trait de plume,
00:41un texte qui me tenait à cœur, qu'on avait pris après la jeune Philippine,
00:44qui avait été violée et qui avait été assassinée par un Marocain.
00:47Sur l'allongement de la durée de rétention des OQTF dangereux.
00:52Ça m'avait beaucoup choqué, parce que 14 pays européens vont bien au-delà de 110 jours.
00:59Ils vont jusqu'à 18 mois.
01:01C'est ce que la directive européenne permet, 18 mois.
01:04Nous, on était assez timide.
01:05On disait, pour les plus dangereux, on veut les retenir 210 jours,
01:09pour avoir plus de chances de les expédier dans leur pays d'origine,
01:12ou en tout cas, pour essayer de protéger les citoyens.
01:16Donc, j'ai eu, vous voyez, et j'ai souvent utilisé le mot de morsure,
01:21chaque jour, je me retrouvais confronté à une hyper-violence,
01:24mais j'étais aussi confronté à toutes ces limites politiques, juridiques, législatives.
01:29Mais j'ai toujours voulu aller de l'avant.
01:32Pourquoi à un moment, vous n'aviez plus la force ?
01:35Ah, j'avais la force ?
01:36Mais vous dites, c'est au-dessus de mes forces.
01:38C'est pas ça.
01:39C'est que j'ai constaté qu'un moment, notamment il y a un mois,
01:45j'ai constaté d'abord que le président de la République
01:47voulait reprendre les rênes de Matignon.
01:50J'avais été ministre de l'Intérieur de Michel Barnier,
01:54qui était un opposant du président de la République,
01:58de François Béroux, qui m'a laissé faire,
02:01qui n'était pas un opposant, mais un allié, disons,
02:03incommode du président de la République, assez indépendant.
02:05Moi, je voulais qu'il y ait l'article 20 qui soit appliqué de la Constitution.
02:10Le président préside, le gouvernement gouverne.
02:13Moi, je n'étais pas rentré dans un gouvernement d'Emmanuel Macron,
02:16mais un gouvernement de Michel Barnier ou un gouvernement de François Béroux.
02:21Et j'ai bien vu que je n'aurais pas les moyens.
02:23J'ai bien vu que tout ça allait pencher à gauche.
02:25Écoutez, si j'avais été ministre...
02:27Est-ce que ce que je perçois dans ce mot de « au-dessus de mes forces »,
02:31est-ce qu'il y a eu un moment de découragement ?
02:34Non, je vais vous dire.
02:35Au-dessus de mes forces, c'est au-dessus...
02:38Ou plutôt en-dessous de mes convictions.
02:40On peut me critiquer.
02:42J'ai des convictions, je ne les ai jamais cachées.
02:45On peut les discuter.
02:47Mais on ne peut pas dire que je me renie et je renonce facilement.
02:53Mais je pense que la politique, pour moi,
02:56ça a toujours été avoir une ligne de conviction.
02:58Ce n'est pas aussi très la question.
03:00Je n'ai pas vu que messieurs...
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