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  • il y a 5 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Revenons maintenant au scandale autour de Chine.
00:02Il est visé par une enquête pour la vente des poupées sexuelles et des fugies d'enfants, ça vous le savez.
00:07Le géant de l'e-commerce, le géant chinois, dit qu'il allait collaborer à la justice, qu'on peut lui faire confiance.
00:12Sauf que ce scandale intervient à la veille de l'ouverture de magasins Chine,
00:16dans un lieu prestigieux parisien, proximité de l'hôtel de ville, d'où le nom de BHV, bazar de l'hôtel de ville.
00:22Guillaume Lepers, bonsoir. Vous êtes député apparenté droite républicaine du Lot-et-Garonne.
00:27Vous voulez réguler Chine. Vous ne voulez pas l'interdire ? Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas interdire directement Chine en France.
00:33Interdire, ce serait très compliqué. Mais par contre, ça fait plusieurs mois et plusieurs semaines que je me bats justement pour stopper cette concurrence totalement déloyale.
00:40On est avec quelque chose qui est totalement contradictoire.
00:43On a des entreprises aujourd'hui et des magasins physiques en France avec des droits de douane,
00:48avec tout ce qui concerne le coût d'un magasin, des salariés, etc.
00:52Et de l'autre côté, on arrive avec Chine, mais c'est également Tému.
00:56Et puis, il y en a des nouveaux qui arrivent avec une concurrence totalement déloyale.
01:00En quoi c'est déloyale ? Pour qu'on comprenne bien, Chine, demain, va ouvrir son premier magasin physique à Paris, au BHV.
01:07Ça, c'est légal.
01:08Ça, c'est l'événement de cette semaine.
01:09Oui, mais je veux dire, ça, c'est légal.
01:11Ça, c'est légal.
01:12Après, on est libre ou pas d'aller acheter quelque chose là-bas, mais c'est légal.
01:17C'est légal.
01:18Moi, je reviens sur ce commerce déloyale qui fait qu'aujourd'hui, on livre dans des foyers français des produits qui sont non conformes.
01:2569% des produits contrôlés ne sont pas conformes.
01:28Ça veut dire qu'on envoie...
01:29Et pourquoi on les laisse alors ?
01:30Ce n'est pas que de l'habillement.
01:31Vous imaginez, demain, c'est des jouets.
01:32Et des chargeurs.
01:33C'est des produits technologiques.
01:34On a entendu sur les chargeurs.
01:35Pourquoi ça, on laisse ces produits arriver en France ?
01:38Ça fait plusieurs semaines, voire, ça fait presque un an, je crois, que c'était ma première question au gouvernement sans débat,
01:44pour dire qu'on ne peut pas continuer à laisser faire cette concurrence déloyale
01:48et surtout apporter dans les foyers français des produits dangereux et avec des normes environnementales qui ne sont pas...
01:54Je repose ma question toute simple.
01:55Je pense que les Français se la posent.
01:56Pourquoi on n'interdit pas tout simplement Chine et puis on passe à autre chose ?
01:59Ce n'est pas si simple d'interdire un géant asiatique sur Internet.
02:05Parce que c'est un géant chinois, c'est pour ça ?
02:07Non, pas spécialement.
02:09C'est très compliqué aujourd'hui de dire on stoppe.
02:11Là, il y a peut-être une possibilité parce qu'ils ont dépassé les bornes avec les produits scandaleux qui ont été commercialisés.
02:17Après, ce n'est pas si simple.
02:17Mais par contre, moi, ce que je demande juste, c'est de jouer égal-égal.
02:20On ne peut pas se permettre.
02:21Et moi, le pire, c'est de voir depuis des mois, dans la différence générale, tomber les enseignes une par une.
02:27Moi, ça me fait mal parce que vous savez, moi, j'étais maire d'une petite ville, d'une magnifique petite ville dans le Sud-Ouest qui s'appelle le Villeneuve-sur-Lôme.
02:31Et comme dans toutes les villes, on voit disparaître enseigne par enseigne parce qu'aujourd'hui, les enseignes tombent une par une.
02:37Et on laisse faire parce qu'aujourd'hui, une enseigne ne peut pas contrer ses produits.
02:40Encore une fois, à bas coût, sans un contrôle.
02:43Et on le voit.
02:44Et aujourd'hui, si...
02:45Alors, c'est quoi la solution ?
02:46Mais ça, vous faites un constat que tout le monde fait.
02:48Enfin, que tout le monde fait.
02:49Je suis content, aujourd'hui...
02:51Oui, mais vous êtes un responsable politique.
02:53Il faut des solutions.
02:53C'est quoi la solution ?
02:54Non, mais la solution...
02:55Alors, moi, j'ai une PPRE qui est dans les tuyaux depuis maintenant plusieurs mois.
02:59D'ailleurs, j'invite tous les députés à la signer.
03:02Proposition de résolution européenne.
03:03Parce que je pense qu'on a quelque chose à faire au niveau européen.
03:05On ne pourra pas tout régler au niveau français.
03:07Il y a la taxe sur les colliers, enfin, par article, qui est dans les tuyaux.
03:11Et j'espère qu'elle va y arriver.
03:12Et ensuite, c'est renforcer les contrôles.
03:14On ne peut pas demander à des entreprises françaises d'avoir un contrôle de la marchandise,
03:18de l'approvisionnement, etc.
03:20Et ensuite, c'est supprimer aussi ces droits de douane.
03:21Pourquoi 150 euros ?
03:23Mettons des droits de douane dès le premier euro sur le solde français.
03:25Vous avez insisté sur les conditions environnementales.
03:27C'est vraiment un scandale, François Picrel, les conditions environnementales de Chine, alors ?
03:31Alors, pour revenir sur ce que disait monsieur, on n'arrive pas à contrôler.
03:33Parce qu'il y a 12 millions de colis chaque jour qui arrivent entre Chine, Temu et AliExpress.
03:40Donc, oui, il n'y a pas de douanie suffisamment pour contrôler.
03:44C'est un scandale sanitaire.
03:45Parce que, comme le disait monsieur, une bonne partie de ce qui a été contrôlé par, notamment, UFC,
03:50que choisir, n'est pas conforme aux normes européennes.
03:53Et, par exemple, certains produits contiennent des produits, des phtalates, différents polluants,
03:58qui dépassent les seuils autorisés en Europe.
04:01Et puis, il y a une question plus environnementale, climatique, cette fois.
04:07C'est le bilan carbone de ce que produit Chine.
04:10D'abord, c'est près de 50 avions qui, chaque jour, décollent, juste pour cette société,
04:16pour livrer rapidement les clients français.
04:18Et puis, le deuxième, décollent de Chine, pour aller vers l'Europe.
04:23Et puis, le deuxième aspect, c'est que, par exemple, 75% des vêtements qui sont vendus chez Chine
04:30sont faits en polyester.
04:31Polyester, c'est du pétrole.
04:33Le polyester, c'est ce qui se dégrade le plus rapidement.
04:35Ce sont des produits qui vont très vite partir à la poubelle
04:38et qui n'ont pas de deuxième vie.
04:39Qui ne supportent pas plus de 30 lavages, disait le porte-parole de Lavas.
04:44C'est une moyenne, mais c'est beaucoup moins.
04:48Et vous allez voir, tous les revendeurs, les recycleries, donc Emmaüs, les relais, vêtements,
04:53là où vous déposez vos vêtements quand vous n'en voulez plus,
04:57eh bien, ils n'arrivent plus à absorber le flux chaque jour
05:01pour pouvoir juste trier ces vêtements qui deviennent des déchets très rapidement.
05:06On a 11 kilos qui vont à la poubelle par habitant, par français, chaque année.
05:11C'est la double paix.
05:11Mais alors, la question est de savoir, c'est pourquoi ça fonctionne, pourquoi ça marche.
05:14Parce que quand on écoute ce tableau, on se dit, il ne faut vraiment pas acheter ces produits
05:17et pourtant, ça cartonne.
05:19Pourquoi Frédéric Bianchi, bonsoir ?
05:20Toute la question est là.
05:21C'est pourquoi, malgré toutes les émissions qu'on fait, tous les scandales dont on parle,
05:25les Français se précipitent plus que jamais sur ce type de commerce-là.
05:28Juste un chiffre qui m'a sidéré.
05:30L'année dernière, il y a 775 millions de colis de moins de 150 euros
05:35qui sont rentrés sur le territoire français.
05:37775 millions, ça fait beaucoup, ça n'est pas beaucoup.
05:39Ça fait 90 000 chaque heure du jour et de la nuit.
05:42C'est bien qu'il y ait des gens qui achètent derrière.
05:44C'est bien qu'il y ait une demande pour ces produits-là.
05:46Alors, on entend souvent dire, parce que ce n'est pas cher, c'est vrai,
05:48en Chine, aujourd'hui, c'est à peu près 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
05:51Un des plus gros vendeurs de textiles en France.
05:54Il y a une demande pour ces produits-là.
05:55On verra d'ailleurs demain, lors de l'ouverture du magasin,
05:58s'il y a des files d'attente, s'il y a des queues,
06:00s'il y a un engouement populaire autour de cette marque.
06:03Aujourd'hui, en ligne, cet engouement, il y est.
06:05Ce sont des produits pas chers.
06:07Et le paradoxe, c'est qu'au plus on crée au scandale,
06:09au plus on crée des polémiques qui sont justifiées, attention.
06:12Plus les gens se précipitent sur Chine.
06:14Plus les gens se précipitent sur Chine, sur Temu, sur les autres.
06:16Quand on parle des 700 millions de produits.
06:17Donc, c'est lié plus au pouvoir d'achat des Français.
06:19C'est lié au pouvoir d'achat, c'est lié au désir d'achat.
06:22Parce que ce n'est pas non plus les restos du cœur du vêtement en Chine.
06:26C'est aussi des gens qui surconsomment, qui font des hauls sur les réseaux sociaux.
06:31On montre, regardez ce que j'ai acheté sur Chine ou autre.
06:34Et ce n'est pas qu'un délire d'achat.
06:36Qui met combien de nouvelles références tous les jours ?
06:387000.
06:39C'est des dizaines de milliers chaque jour.
06:417000 chaque jour.
06:427000 chaque jour.
06:43Donc, on crée le désir avec de la nouveauté.
06:44Pour donner une idée, ce qu'on appelle la fast fashion,
06:47qui paraît déjà maintenant un peu old school, les H&M, etc.
06:49C'est 150 à 200 par jour.
06:51Chine, c'est 7000.
06:52Donc, il y a une demande pour ces produits-là.
06:54Alors, Chine, à la différence des autres, c'est qu'ils produisent à la demande.
06:57En tout cas, ils produisent un peu plus à la demande que les autres.
07:01Mais la demande est là.
07:03Et alors, la seule solution serait peut-être d'interdire.
07:04Mais interdire du commerce, il y a une liberté du commerce en France.
07:07Non, mais il y a la taxe carbone aux frontières, par exemple.
07:08La taxe carbone aux frontières qui est en négociation au niveau européen,
07:12qui, au-delà d'un certain niveau de pollution, donc un certain niveau de carbone,
07:15eh bien, on paye pour rentrer sur le sol européen.
07:18Cette taxe, elle ne concerne pour l'instant pas les produits Chine.
07:21Est-ce qu'elle pourrait le devenir ?
07:22– Mais aux Etats-Unis, ils ont augmenté les droits d'ouan sur Chine.
07:26– Ça a marché ?
07:26– Et Chine a quasiment disparu aux Etats-Unis.
07:29– Chine a bien baissé et s'est rabattu, d'ailleurs, sur l'Europe.
07:32Une bonne partie des produits destinés aux Etats-Unis
07:35sont arrivés par la porte des robes européennes.
07:38– Monsieur, faites du Trump.
07:39Bah oui, mais…
07:40– Je ne suis pas encore président de la République.
07:41– Mais pourquoi on n'impose pas des droits d'ouan spectaculaires ?
07:43– Mais je suis faveur, moi j'avais même fait une proposition un peu plus massive que les 2 euros.
07:48J'avais été un peu plus loin, j'ai été jusqu'à 25 pour provoquer aussi.
07:51Parce qu'à un moment donné, il faut tout ce que ça…
07:52Je reviens aussi sur les déchets, parce que pour les collectivités territoriales,
07:55c'est une double peine.
07:57Ça veut dire que non seulement ils voient leur centre-ville et leur zone disparaître tout doucement,
08:01et en plus, ils se retrouvent avec une charge énorme,
08:03une charge pour les collectivités qui doivent s'occuper du retraitement des déchets.
08:06Donc à un moment donné, en plus, pour les collectivités, c'est double peine.
08:09Et je pense que cette somme aujourd'hui, que les collectivités payent pour l'ordonnement,
08:12il faut aussi que ces personnes y participent, notamment avec des taxes à l'entrée.
08:17– Monsieur le député, vous dites que je ne suis pas président de la République,
08:18mais en fait, ça ne changerait pas grand-chose que vous soyez président de la République.
08:21Ce qu'il faudrait que vous soyez, c'est Madame von der Leyen, c'est la Commission européenne.
08:24– Vous avez raison.
08:24– C'est-à-dire qu'on ne peut rien faire sur le sol français, c'est forcément le continent européen.
08:28– Je ne dis pas qu'on peut.
08:29– Par exemple, les droits de douane à la Trump, ce que vous voulez dire,
08:32– Ça, c'est au niveau européen. Par contre, la régulation, voire l'interdiction,
08:37pur et simple, Chine, c'est une grande plateforme, c'est régulé par un règlement
08:40qui s'appelle le DSA, le même que Facebook, etc., qui est au niveau européen.
08:45Pourquoi vous dites que les Américains le font et pas nous ?
08:47Parce que le jour où la Commission européenne interdit Chine,
08:50le jour où l'Union européenne interdit Chine, va falloir ensuite aller vendre,
08:54aller faire face aux mesures de rétorsion de la Chine.
08:57Monsieur Trump, c'est vrai qu'il ne vend pas forcément de champagne et de produits de luxe en Chine.
09:02Et donc, c'est exactement le même débat que pour les interdictions de TikTok, etc.,
09:06c'est qu'en face, il y a des mesures de rétorsion.
09:08Donc, quoi qu'il arrive, ça se fera.
09:10Si on parle d'une interdiction, je ne parle pas de l'ensemble des mesures,
09:12ça ne peut se faire qu'au niveau européen,
09:14mais ça veut dire aussi faire face à des mesures de rétorsion de la Chine.
09:17Et c'est là où on passe, en fait, du numérique aussi à la géopolitique assez rapidement,
09:22notamment sur d'autres géants.
09:23– C'est pour ça que je disais, c'est parce que c'est un géant chinois
09:25et que forcément, on n'a pas envie non plus de se fâcher complètement avec la Chine.
09:29– C'est comme pour TikTok.
09:30– Là où moi, je suis entièrement d'accord avec vous,
09:32c'est pour ça que je le répète,
09:33moi, j'ai déposé une proposition de résolution européenne
09:35parce que je sais que c'est au niveau européen que ça va se régler.
09:38Le problème, c'est qu'encore une fois, on est dans le timing.
09:41Vous voyez, on a des timings à la française, à l'européenne.
09:43Aujourd'hui, on doit réagir vite, chaque minute de la Chine.
09:45– Ce n'est pas nouveau, le problème Chine.
09:47– C'est exponentiel en termes de chiffres.
09:48Je ne sais pas si on s'imagine.
09:49triplé depuis le 20 ans.
09:50On continue en permanence et on n'a plus le temps d'attendre.
09:53Je sais que les mesures qu'on va prendre en France
09:54ne sont peut-être pas les plus efficaces,
09:56mais aujourd'hui, il faut quand même qu'on soit sévère là-dessus
09:59et qu'on montre aussi à Chine et à Tému
10:01que nous, on a pris en main les choses
10:03et on n'attend pas des résolutions européennes qui arriveront.
10:06– Oui, mais vous voyez, M. Lescure, le ministre de l'économie,
10:08nous dit, s'il recommence,
10:09alors là, je vais sanctionner.
10:11– Sincèrement, ça doit faire rire les dirigeants de Chine.
10:14– Moi, quand j'ai entendu le « si » recommence,
10:16je peux vous dire que pour Mapa, et c'est à titre personnel,
10:19moi, j'aurais enlevé le « si » recommence.
10:20– Ah oui.
10:21– Vu le scandale aujourd'hui sur la marchandise…
10:24– Pour vous, c'est un carton rouge tout de suite pour Chine, quoi.
10:26– Oui, alors, clairement.
10:27– Alors, juste une chose, parce que le canard enchaîné raconte
10:30qu'il y a une alerte auprès de la DGCCRF,
10:35qui est la direction générale de la répression des fraudes.
10:38Voilà, vous voyez, c'est une consommatrice
10:40qui leur avait envoyé un mail,
10:42mais que Bercy, visiblement, a refusé de s'en mêler.
10:45C'est ce que nous dit le canard enchaîné.
10:47Et donc, cette lanceuse d'alerte, cette femme,
10:49cette consommatrice, est à ce moment-là retournée
10:51vers le magazine 60 millions de consommateurs.
10:53Et justement, nous avons un représentant
10:55de 60 millions de consommateurs avec nous,
10:57c'est Adrien Sainte-Isidoreau,
10:59qui reste journaliste équipement et loisirs.
11:02Bonsoir, M. Sainte-Isidoreau.
11:04Vous confirmez cette version, effectivement ?
11:08– Oui, absolument.
11:08Le canard a pris la tâche avec la rédaction
11:11qui nous a posé un certain nombre de questions
11:12et ça a été l'opportunité pour nous
11:15de rétablir la chronologie des faits.
11:18En fait, on a été contactés par cette fameuse lanceuse d'alerte,
11:21cette lanceuse d'alerte,
11:24cette lectrice dans l'après-midi du jeudi 30,
11:27et effectivement,
11:28qui, en naviguant dans les onglets
11:30beauté et bien-être sexuel,
11:34est tombée nez à nez
11:35avec ces fameuses poupées.
11:39Donc nous, on est tout de suite allés vérifier sur le site,
11:41et on a trouvé cinq poupées
11:43qui, effectivement, correspondaient à la définition
11:46d'une poupée sexuelle d'enfant,
11:48c'est-à-dire sans aucune caractéristique de femme.
11:52Et donc, dans la foulée,
11:54on a bien sûr,
11:55au regard de la gravité des faits,
11:57transmis ces informations
11:59à la répression des fraudes,
12:00la DGCCRF,
12:01pour leur demander un certain nombre d'informations,
12:04et la DGCCRF
12:06nous a assuré qu'elle reviendrait vers nous
12:09dans les meilleurs délais.
12:11Sauf qu'en fait,
12:12on a été mis devant le fait accompli
12:14d'un communiqué qui a été diffusé
12:17par la répression des fraudes,
12:18samedi à 20h30,
12:20si mes souvenirs sont exacts,
12:21à peu près dans ces eaux-là,
12:24ce qui a un petit peu
12:25dynamité
12:26ce projet qu'on avait en commun,
12:30en quelque sorte.
12:31Mais ça veut dire quand même
12:32que cette lanceuse d'alerte
12:33s'est fait boulir.
12:35Excusez-moi de parler comme ça,
12:36mais on ne l'a pas prise au sérieux
12:39à Bercy au début.
12:42En fait, ce qu'elle nous dit,
12:44cette lanceuse d'alerte,
12:46c'est qu'elle a reçu,
12:48en fait,
12:48elle dit avoir fait un signalement
12:50sur SignalConsor,
12:51qui est une plateforme
12:52qui est notamment pilotée
12:54par la répression des fraudes.
12:56Et en fait, effectivement,
12:57on lui a dit
12:58qu'il s'agissait d'un site étranger
13:00et qu'il fallait signaler ce site
13:02sur une autre plateforme,
13:04laquelle, on ne sait pas,
13:05mais en tout état de cause,
13:07et c'est ce que j'entendais
13:08au jour de la conversation.
13:10C'est une réponse personnalisée
13:11ou c'est des réponses automatiques
13:12qui viennent dans ces cas-là ?
13:14Est-ce que ça,
13:14vous avez un détail ?
13:15Sur ce point-là,
13:17on n'a pas plus de détails.
13:19C'est ce que dit cette écriture.
13:20Mais c'est-à-dire que
13:21si 60 millions de consommateurs
13:23ne s'en mêlent pas,
13:25cette lanceuse d'alerte,
13:26ce qu'elle a vu sur le site,
13:27tout le monde s'en fiche
13:28à la répression des fraudes.
13:30Parce qu'on nous dit
13:30que c'est compliqué
13:31de contrôler les 12 millions de colis,
13:33mais enfin là,
13:34il y a une lanceuse d'alerte
13:34qui fait le boulot finalement
13:35des douaniers
13:36et qui dit
13:37« Attendez, il y a un problème. »
13:38Et là, finalement,
13:39on lui dit « Circuler,
13:40il n'y a rien à voir. »
13:42C'est résumé,
13:44mais effectivement,
13:45c'est ce qu'on pourrait affarner.
13:49Et nous, notre travail,
13:50c'est qu'il y a un intérêt
13:51de ces plateformes,
13:52de signalement.
13:54Un petit peu.
13:55En tout cas,
13:55je pense que là,
13:56on peut parler d'un raté
13:57en ce qui concerne
13:58le traitement de cette demande
13:59qui aurait dû être traité
14:00puisque,
14:01comme vous l'avez rappelé
14:02précédemment,
14:02Cheline,
14:03c'est un site étranger.
14:04En fait,
14:04c'est une immense plateforme
14:06qui brasse des millions
14:08et des millions
14:09de visiteurs uniques.
14:11Et donc,
14:11elle est évidemment connue
14:12des services de l'État
14:13et au titre du DSA,
14:15le règlement européen
14:16qui encadre ces plateformes
14:18et est davantage contrôlée
14:20que la plupart des sites
14:21aujourd'hui.
14:22– Alors justement,
14:23M. Sanizidore,
14:24parce qu'on a un député.
14:25Vous avez, vous les députés,
14:26demandé à la direction de Chine
14:27de venir sous 15 jours.
14:28Là, il y a quand même
14:29une question qui se pose
14:30sur la compétence
14:31de la DGCCRF
14:32que l'on alerte.
14:32Peut-être que ce serait intéressant
14:33pour vous, les députés,
14:34de les écouter au sens du DGCCRF.
14:35de faire venir
14:36à la direction générale des fraudes.
14:37Est-ce que vous avez été alerté ?
14:38– Je crois que c'est prévu
14:40de la faire intervenir
14:40notamment en commission
14:42pour poser des questions.
14:43Comment on s'y attaque ?
14:44Parce qu'on a des réponses
14:44à ça.
14:44– Mais surtout,
14:45est-ce qu'effectivement,
14:46ils ont été alertés ?
14:46Ils ont négligé l'alerte ?
14:47– Pour connaître.
14:48Moi, je la prends en direct
14:49avec vous.
14:50Je n'avais pas entendu
14:50parler de canard enchaîné.
14:53Mais si c'est le cas,
14:54effectivement,
14:54il faut qu'ils viennent
14:55s'en expliquer.
14:56Parce que ce n'est pas normal.
14:57– Dans le cas d'une autre affaire,
14:59un signalement à DGCCRF
15:00sur une affaire de fausse fourrure
15:02qui, en fait,
15:02était de la vraie fourrure
15:03aux Galeries Lafayette,
15:05eh bien là,
15:05le signalement avait fonctionné.
15:06Les Galeries Lafayette
15:07ont présenté leurs excuses
15:10suite à un signalement
15:11sur la DGCCRF.
15:11Il devait y avoir un raté
15:13quelque part,
15:13en effet,
15:13dans cette histoire.
15:14– Est-ce que,
15:15pardon,
15:15mais de manière un peu cynique,
15:16est-ce que ce n'est pas
15:16en train de faire
15:17une pub monstrueuse
15:18pour Chine, tout ça ?
15:19En parlant des tarifs,
15:21en parlant de leur référence.
15:22– Ça va donner aux gens
15:22l'envie d'aller au BGCCRF.
15:24– Et on voit défiler
15:25le catalogue
15:25de tout ce que l'on peut trouver
15:26aussi sur le site.
15:28– Je pense que,
15:29clairement,
15:30demain matin,
15:30il y aura du monde au BHV
15:31et il y aura du monde…
15:32– Peut-être même
15:33au-delà du monde.
15:34– Au-delà,
15:34c'est à 13h.
15:35– Il y aura aussi
15:36des manifestations.
15:37– La question,
15:38c'est ce qui va se passer
15:39dans six mois,
15:40dans un an,
15:40quand tout ça sera retombé.
15:42Parce que Chine,
15:43en fait,
15:43les vêtements de Chine
15:44sont assez dépendants
15:45de la plateforme.
15:46En fait,
15:47les vêtements de Chine
15:48comme ça dans un magasin,
15:49ça ne va pas forcément
15:50parler aux gens.
15:50Ce qui est intéressant,
15:51et en fait,
15:51il faut vraiment comprendre
15:52le fonctionnement
15:53de la plateforme Chine.
15:54Quand vous ouvrez la plateforme,
15:55il y a beaucoup de gens
15:56qui te regardent,
15:56qui l'utilisent au quotidien,
15:58ça ressemble quand même
15:59à un casino.
16:01En fait,
16:01ce n'est pas une plateforme
16:02de vente de vêtements.
16:04C'est-à-dire qu'en permanence,
16:05votre cerveau est happé
16:06par des promotions
16:07qui s'affichent.
16:09Attention,
16:09vous avez gagné
16:10un coupon de 200 euros
16:11ou alors vous appuyez,
16:13c'est la roue de la fortune
16:14et vous pouvez gagner un coupon.
16:15Mais ce coupon,
16:16il faut l'utiliser
16:16dans les 15 minutes
16:17sinon il disparaît
16:18et après vous jouez
16:19un petit jeu
16:19pour avoir encore
16:20une petite réduction.
16:21Cette méthode va être utilisée
16:22par le BHV
16:22parce qu'il y aura
16:23des réductions
16:24très intéressantes
16:25des deux mois.
16:25Ce que je veux dire,
16:26c'est que Chine,
16:26c'est d'abord une façon
16:28de vendre
16:29en plus des vêtements
16:30et donc les vêtements Chine,
16:32seul,
16:32il n'est pas évident.
16:34D'ailleurs,
16:34ils ne seront peut-être
16:34pas au même prix
16:35parce qu'il y a quand même
16:36d'autres frais
16:36qui sont annexes.
16:37Je suis curieux de savoir
16:38s'il y aura un écart de prix
16:40entre un vêtement
16:40qui sera au BHV
16:41et la même version
16:42sur le site
16:43qui arrivera directement de Chine
16:44qui ne paiera pas
16:45de droits de douane,
16:46qui ne paiera probablement
16:47pas de TVA non plus
16:48parce qu'en général,
16:49la TVA n'est jamais payée
16:50sur ces colis-là.
16:52Donc voilà,
16:52il faut vraiment faire
16:53la différence
16:53entre l'écosystème Chine
16:54et la TVA.
16:55Moi, la question que je veux,
16:56je suis d'accord avec
16:57Olivier Truchot,
17:00je me rappelle de Uber
17:02il y a 10 ans.
17:03Il s'appelait
17:03le scandale Uber.
17:04Aujourd'hui,
17:05c'est le numéro 1
17:05du transport à la personne
17:06en France.
17:07Il s'est scandale Amazon.
17:08Aujourd'hui,
17:09c'est le numéro 1
17:09du commerce en France.
17:10À l'époque,
17:10on a appelé à boycotter Amazon.
17:12On a appelé à boycotter Amazon.
17:13On a appelé à boycotter Uber.
17:14Et aujourd'hui,
17:15finalement,
17:15toutes ces entreprises
17:16sont rentrées dans les mœurs
17:16et les Français
17:17les consomment,
17:18les utilisent au quotidien.
17:20Ça fera pas.
17:20Non, mais voilà,
17:22le débat est posé
17:22et justement posé.
17:23Mais est-ce que demain,
17:25dans 6 mois,
17:251 an, 2 ans,
17:26on dira
17:26la Chine,
17:27c'est rentré dans les mœurs
17:28et on sera passé à autre chose ?
17:29Moi, je ne suis pas d'accord avec vous.
17:30On ne parle quand même pas
17:31de la même chose.
17:32On parle de produits
17:33qui sont non consents.
17:35Il n'y a rien à récupérer.
17:36Et Amazon,
17:36pardon,
17:37il y avait des responsables politiques
17:39qui demandaient
17:40l'interdiction d'Amazon en France.
17:41On parle de choses différentes.
17:42Les hangars.
17:43On parle de 69%
17:45de produits
17:45qui sont non conformes
17:47ou dangereux.
17:48Moi, j'ai eu des responsabilités
17:49à l'époque dans l'import.
17:51Je peux vous dire
17:51que je n'aurais pas dormi de la nuit
17:52de m'imaginer
17:53qu'à un moment donné,
17:54on ne contrôle pas
17:55qu'à jouer avec un objet
17:58qui peut se déplacer.
18:00Et là,
18:00moi, je pense que
18:01on n'est pas du tout
18:02dans la même chose.
18:03Là, c'est un problème
18:03qui est beaucoup plus grave.
18:04Et ensuite,
18:05vous parliez
18:05de tout ce qui est surconsommation
18:07avec un effet marketing
18:08très fort.
18:09Ça, par contre,
18:10c'est facile à contrôler.
18:11C'est facile à contrôler.
18:12Ils ont d'ailleurs été condamnés
18:13pour ça.
18:14Ils ont 40 millions.
18:15Mais là,
18:15il faut continuer
18:16à les harceler.
18:17Parce qu'aujourd'hui,
18:18c'est des pratiques
18:18qui ne sont pas les...
18:19Vous faites ça
18:19dans un magasin physique.
18:21En France,
18:22où vous êtes contrôlé
18:22régulièrement
18:23sur les baisses de prix,
18:23etc.,
18:24vous finissez
18:24avec une amende de suite
18:25avec les douanes
18:25dans les magasins.
18:26Mais là,
18:27c'est très facile.
18:27c'est un écran.
18:29Surveiller les variations
18:30de prix,
18:30surveiller les promotions
18:32mensongères,
18:33il ne va pas me dire
18:33que c'est compliqué.
18:34Mais quand on a 7000 par jour,
18:35c'est difficile.
18:36C'est vrai.
18:36On a des images
18:37qui viennent en direct
18:38du Bézu,
18:38parce qu'il y a un rassemblement
18:39de contestation
18:40d'opposition à Chine.
18:42Vous voyez,
18:42les gens sont en train
18:43d'arriver devant
18:44le bazar de l'hôtel de ville
18:46qui doit accueillir
18:47à partir de demain
18:47la première boutique,
18:49on met des guillemets,
18:51en physique de Chine.
18:52Et puis,
18:52je posais la question
18:53de savoir
18:53à la DGCCRF,
18:55la Direction Générale
18:56de la Répression
18:56et des Fraudes,
18:57qui avait reçu
18:58le mail
18:58de cette lanceuse d'alerte.
19:00En fait,
19:01c'est une réponse automatique.
19:02C'est ce que dit
19:03aujourd'hui Gaëtan Mélin,
19:05qui est à la tête
19:05de notre service
19:06Économie et Consommation.
19:08Elle a reçu
19:08un message automatique
19:09généré par
19:10l'intelligence artificielle
19:12par la DGCCRF,
19:13lui indiquant
19:13que ce n'était pas
19:14le bon service
19:14qu'elle devait adresser
19:15sa requête.
19:16Un autre service
19:17était à ce moment-là
19:18qu'elle a dû dire
19:18basta,
19:19moi,
19:19je m'adresse directement
19:20à 500 millions de consommateurs
19:21qui, derrière,
19:22a fait le travail
19:22de signalement.
19:23On voit quand même
19:24que ça bouscule.
19:24Le commerce,
19:25on a appris
19:25qu'il y a 7 galeries
19:26Lafayette en région
19:27qui vont changer de nom
19:28parce que la maison mère
19:30leur a interdit
19:31d'utiliser,
19:32de vendre Chine,
19:33en fait.
19:33Oui,
19:34mais est-ce que
19:35le combat n'est pas perdu
19:36d'avance ?
19:37Non.
19:38Moi,
19:38je pense que
19:39si on ne se bat pas
19:40maintenant,
19:41vous imaginez,
19:41moi,
19:42des fois,
19:42on me parle à court terme,
19:44on me disait
19:44oui,
19:44vous imaginez,
19:44c'est bon pour le pouvoir d'achat,
19:46mais c'est totalement démago.
19:47On est en train
19:48de détruire
19:49des entreprises,
19:50des emplois de demain
19:51et moi,
19:51je dis non,
19:52le combat,
19:52il faut se battre
19:53jusqu'au bout
19:54parce qu'on est vraiment,
19:55encore une fois,
19:55dans une concurrence
19:56sur des produits
19:57qui ne sont pas conformes
19:58et donc moi,
19:59je pense qu'il faut se battre.
20:00Moi,
20:00j'apprécie la décision
20:01courageuse
20:02des galeries Lafayette
20:03parce qu'il ne faut pas
20:04mettre le loup
20:05dans la bergerie.
20:06Aujourd'hui,
20:06si on commence
20:07à accepter ça,
20:08effectivement,
20:09on risque de normaliser
20:10quelque chose
20:10qui est totalement
20:11scandaleux
20:11parce qu'on a l'impression
20:12de parler...
20:12Et c'est peut-être déjà normal,
20:13c'est ça que je veux dire,
20:14monsieur le député,
20:14peut-être que pour beaucoup
20:15de Français,
20:16c'est normal d'aller faire
20:17des courses chez Tému,
20:18chez Chine,
20:19on se réveille un peu tard
20:20en disant,
20:20c'est terrible,
20:21mais je pense que les gens
20:22ont pris des habitudes
20:23de consommation,
20:24vous voyez ?
20:24Moi,
20:24j'ai des ados.
20:25Il y a cette dualité
20:26permanente chez les ados.
20:27Moi,
20:27j'essaie d'expliquer au maximum,
20:28mais je pense que les députés...
20:29Alors,
20:29chez vous,
20:29vous arrivez à interdire
20:30Chine ?
20:30On a un rôle d'explication.
20:32Mais est-ce que vous arrivez
20:33à interdire à vos enfants
20:34de aller sur Chine ?
20:34C'est très compliqué
20:35parce qu'il y a une dualité
20:36entre ces gamins
20:37qui veulent sauver la planète,
20:38qui nous font souvent
20:39des commentaires d'ailleurs,
20:40il faut plus vert,
20:41voilà,
20:42avec des bons discours.
20:42Mais si Chine payait
20:43ses externalités négatives,
20:45c'est-à-dire qu'on a fait
20:45le coût pour les déchets,
20:46le coût pour la planète,
20:47entre guillemets,
20:47et le coût pour les déchets.
20:49Merci à tous
20:52pour cette discussion,
20:53pour ce débat
20:53que l'on reprendra
20:54dans la deuxième partie
20:55de l'émission
20:55en regardant
20:56où on en est
20:57dans le rassemblement.
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