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Avec Nadège Blasig, pâtissière, patronne de l'établissement "Les fines bouches" à Mirande

Tous les jours, retrouvez la chronique "Ne lâchons rien" dans #LaFranceDansTousSesEtats, en partenariat avec CCI France

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##NE_LACHONS_RIEN-2025-10-21##

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News
Transcription
00:00La France dans tous ses états, ne lâchons rien.
00:04En partenariat avec les chambres de commerce et d'industrie, les réussites du quotidien.
00:09Et nous sommes avec Nadege Blasig, pâtissière patronne de l'établissement Les Fines Bouches à Mirande.
00:14Bonjour Nadege.
00:15Bonjour Nadege Blasig.
00:16Bonjour à vous.
00:17Alors pâtissière, alors déjà rien que le mot Mirande, moi ça me fait vibrer,
00:21parce qu'à Mirande, il n'y a pas que de la pâtisserie, il y a des confits, il y a des sois gras,
00:25c'est une capitale gastronomique, Mirande, puis en plus la ville est très belle.
00:28Et votre établissement s'appelle Les Fines Bouches.
00:31Qu'est-ce que...
00:32Et la rubrique s'appelle On ne lâche rien, et j'entends à votre voix que vous ne lâchez jamais rien.
00:37Surtout quand il s'agit de faire, de compter votre artisanat.
00:41Qu'est-ce que vous faites de bon aux Fines Bouches ?
00:43Voilà, écoutez, on fait des pâtisseries artisanales, donc on que je dis je,
00:46parce que je suis seule à produire mes pâtisseries.
00:49Bien sûr.
00:50Voilà, donc on essaye de travailler avec du local 100%, mais c'est pas toujours évident.
00:55Et voilà, donc ça fait deux ans que j'ai créé mon entreprise.
01:00Voilà.
01:01Alors donnez-moi le nom de la grande spécialité locale, je la connais par cœur, mais ça commence pas.
01:06On a la croustade, qui est l'anématique de Mirande.
01:10Bien sûr.
01:11Donc ça malheureusement, je ne me produis pas, parce que j'ai des confrères qui font merveilleusement bien le travail.
01:16Eh bien, vous avez raison, voilà.
01:18Et est-ce que le pastis, le gâteau vient jusqu'à chez vous ?
01:21Ou c'est un petit peu plus loin, le pastis landais ?
01:24Alors le pastis landais, c'est principalement dans les Landes.
01:28Après nous, on a le pastis gascon à base d'armagnac et de pommes.
01:31C'est à celui-là que je faisais allusion.
01:33Voilà.
01:33Donc ça, oui, il en existe bien dans notre région, on peut en retrouver un peu partout.
01:39Bon, eh bien écoutez, au fin de bouche à Mirande, Nadège Blasic se bat, ne lâche rien, pour perpétuer la tradition artisanale de la pâtisserie gasconne.
01:48Nadège, j'ai une petite question pour vous.
01:50Vous m'aviez confié par téléphone que vous rencontriez quelques difficultés.
01:53Est-ce que vous souhaitez en parler ?
01:55Oui, bien sûr.
01:56Écoutez, là, à l'heure actuelle, j'ai un local qui ne me permet pas de produire suffisamment.
02:01Je suis un peu à l'étroit.
02:02Donc j'ai pris la décision de m'agrandir, de trouver un autre local.
02:06Donc ça y est, j'ai trouvé.
02:07Malheureusement, c'est très compliqué parce que pour se faire suivre auprès des banques, il faut un certain apport.
02:14Et ça, malheureusement, je n'ai pas.
02:16Donc c'est vrai qu'on cherche des dispositifs pour être aidé.
02:20Mais bon, c'est du travail.
02:22Et pour l'instant, aucune banque ne vous a accordé cette aide ?
02:24Non.
02:25Là, pour l'instant, j'en ai fait trois.
02:27Il y a eu deux refus catégoriques et une en attente.
02:30Pourquoi des refus ?
02:31Voilà.
02:32Parce qu'ils demandent un apport beaucoup trop important pour ce projet.
02:36Nadege, aujourd'hui, la difficulté dans l'artisanat, c'est de trouver du personnel.
02:43Vous avez des gens qui viennent, vous trouvez des jeunes, vous avez des apprentis qui viennent travailler avec vous.
02:47Apprentis, pour l'instant, je n'ai pas.
02:49Là, je me suis permise d'embaucher un salarié en 30 heures.
02:52Mais c'est très compliqué.
02:54Les charges sont très importantes.
02:56Là, actuellement, je ne me paye plus.
03:00À ce point.
03:01À ce point.
03:02Vous ne vous rétribuez plus.
03:04Non, non, non.
03:05Là, les charges, mon salarié me coûte, malheureusement.
03:08Mais c'est un choix aussi.
03:10Mais oui, les charges sont beaucoup trop importantes.
03:12Vous êtes un commerce de proximité en ville, je suppose ?
03:15Oui, tout à fait.
03:16Avec une clientèle de quartier ?
03:17Une clientèle fidèle, je pense, qui est là régulièrement.
03:20Et pourtant...
03:21Qui me suit depuis le début, oui.
03:22Et votre chiffre d'affaires n'est pas suffisant pour que vous puissiez vous verser un salaire ?
03:26Alors, moi, j'ai pris contact avec ma comptable.
03:30Le chiffre d'affaires en augmentation, la clientèle en augmentation.
03:33Mais par contre, on ressent que le panier moyen a bien diminué.
03:36Là, on est sur une perte de 2-3 euros par panier moyen.
03:40Là, vous faites allusion au pouvoir d'achat.
03:42Ce sont vos clients qui ont un pouvoir d'achat un peu restreint.
03:44Et ça, vous le ressentez dans votre chiffre d'affaires mensuel.
03:47C'est le lot de beaucoup d'artisans, vous le savez bien.
03:50Beaucoup de commerçants.
03:51Bien sûr, on est tous dans le même panier.
03:54J'ai envie de dire qu'on ressent le malaise financier dans tout domaine de l'artisanat.
03:59Et vous, vous comprimez les prix.
04:00Je suis sûr que vous n'avez pas de Rolex à vous acheter à la fin du mois.
04:04Bien sûr.
04:05Ah non, ce n'est pas mon but.
04:07Je n'attends pas de m'acheter une Rolex.
04:09Mais au moins de pouvoir vivre correctement et de profiter un peu de notre vie quand même.
04:14Parce qu'on fait quand même des semaines à 60 heures où on est au travail.
04:18Donc, c'est sûr qu'au bout d'un moment, on aimerait bien quand même se payer.
04:22Vous, les 35 heures, c'est en deux fois, si je comprends bien.
04:25Oui, voilà, c'est ça.
04:26Oui, exactement.
04:27Après, je me lève le matin avec plaisir.
04:30J'aime ce que je fais.
04:31La France qui se lève de bonheur, qui ne gagne pas beaucoup d'argent et qui continue à ne rien lâcher pour que l'on puisse continuer à se régaler aux fines bouches à Mirand.
04:40Vous êtes méritante et vous n'êtes pas la seule.
04:42Mais nous savons que dans ce pays, il y a des femmes et des hommes qui ont votre trempe et qui se battent pour préserver leur patrimoine.
04:48Que ce soit des agriculteurs qu'on a invités tout à l'heure, que ce soit des artisans.
04:50Vous voyez, on aimerait bien que les pouvoirs publics, la classe politique, se soucient d'abord de ces citoyennes et de ces citoyens-là,
04:56avant de se soucier d'autres personnes qui sont beaucoup moins dans le besoin.
05:01Nadège, merci beaucoup.
05:02Merci à vous.
05:04Vous restez sur Sud Radio parce que nous allons recevoir Thibaut de Montbrial avec un tableau un peu apocalyptique.
05:09Est-ce qu'on va pouvoir éviter la guerre civile ?
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