00:0013h-14h, Europe 1 Info.
00:03Merci de nous rejoindre sur Europe 1. Vous écoutez Clélie Mathias avec vous aujourd'hui, Clélie, Sébastien Ligné, Jacques Serret.
00:08Et votre invité en studio, Paul Christophe, député du Nord, président du groupe Horizon et Indépendant à l'Assemblée Nationale.
00:14Bonjour Monsieur le député.
00:15Bonjour.
00:16Édouard Philippe, le maire du Havre, était l'invité d'RTL ce matin.
00:20Il demande à Emmanuel Macron d'organiser une présidentielle anticipée après l'adoption du budget. On l'écoute.
00:25Je ne suis pas du tout sur la ligne des insoumis qui explique qu'il faut une destitution du président de la République.
00:32Je ne suis pas pour sa démission immédiate, brutale. Elle aurait un impact terrible.
00:37Elle interdirait une élection présidentielle qui se passe dans de bonnes conditions.
00:40Mais je crois qu'il doit prendre une initiative.
00:42Et il me semble qu'il s'honorerait s'il proposait un nom de Premier ministre, il nommait un Premier ministre,
00:49pour fonction d'exécuter les affaires courantes et de construire un budget, de faire adopter ce budget.
00:54Et qu'à l'issue, dès lors que ce budget est adopté, dès lors que la France est dotée d'un budget,
00:59et c'est indispensable, il annonce qu'il organise une élection présidentielle anticipée,
01:04c'est-à-dire qu'il part immédiatement après que le budget a été adopté.
01:08Alors, on rappelle quand même qu'Édouard Philippe a été le Premier ministre d'Emmanuel Macron.
01:13Pourquoi, expliquez-nous, pourquoi est-ce qu'une présidentielle anticipée
01:17permettrait de sortir de façon ordonnée et digne de cette crise politique, pour reprendre les termes d'Édouard Philippe ?
01:23Déjà, je pense que pour s'en convaincre, il suffit de faire comme on le fait,
01:27aller à la rencontre des concitoyens, des Françaises et des Français, la semaine, le week-end,
01:32et de mesurer à combien, aujourd'hui, est présent un degré d'incompréhension et d'insatisfaction
01:37chez nos concitoyens par rapport à la situation politique actuelle.
01:40Je pense que ça part déjà de là.
01:42Et combien ils attendent de nous de prendre nos responsabilités et d'apporter des solutions.
01:46On revient qu'aujourd'hui, la problématique remonte jusqu'au plus haut lieu de l'État
01:52et qu'il y a lieu, finalement, de renouer, finalement, un accord avec nos concitoyens.
01:59Et c'est ce à quoi sert, finalement, une présidentielle.
02:01Ça permet de porter un projet, de le partager et d'être élu sur les valeurs de ce projet.
02:07Et ensuite, vous pouvez les décliner sous réserve que vous ayez une majorité à l'Assemblée nationale.
02:12Et je pense que c'est faire les choses dans l'ordre que d'appeler un temps donné,
02:16de proposer un budget pour notre pays,
02:19puis d'appeler à une présidentielle sur un temps raisonnable,
02:21de façon à ce que chacun puisse porter un projet, être élu sur ce projet.
02:25Et ensuite, le cas échéant, appeler une dissolution pour avoir une majorité pour décliner ce projet.
02:28C'est faire les choses dans l'ordre, tout simplement.
02:31Dans l'ordre, rappelez-moi quand même, vous faites partie du socle commun.
02:35Donc là, si on appelle à une présidentielle anticipée contre Emmanuel Macron,
02:38le socle commun, est-ce qu'il existe encore ?
02:40Mais c'est là où on n'a pas la même appréciation.
02:43Ce n'est pas contre Emmanuel Macron.
02:45Aujourd'hui, c'est pour le pays.
02:47Aujourd'hui, on voit quand même que la situation est plus tenable.
02:50Et quand l'espèce, il nous faut apporter les éléments de précision,
02:53à la fois sur le projet en lui-même, ce qu'on appelle le quoi,
02:57j'entends beaucoup parler de ça ces derniers temps,
02:59sur quoi sommes-nous d'accord, que pouvons-nous proposer.
03:01Et chez Horizon, nous travaillons à un projet de société.
03:04Ce n'est pas un projet qui serait un catalogue de mesures,
03:06plus populistes les unes que les autres.
03:07C'est un projet de société qui s'articule pour faire en sorte
03:10que nos enfants et nos petits-enfants puissent prospérer
03:11à l'échelle de 30 à 40 ans.
03:13Ce n'est pas neutre, ce n'est pas le même travail.
03:15Et c'est pour ça que ça demande un peu d'un élément de clarification et du temps.
03:18Oui, effectivement, ça demande des éléments de clarification.
03:20Je pense qu'on est tous d'accord.
03:22Sébastien Ligné qui faisait des grands gestes.
03:23Je ne suis pas certain qu'Emmanuel Macron considère que la décision d'Edouard Philippe,
03:28ou en tout cas sa prise de parole, ne soit pas dirigée contre Emmanuel Macron,
03:32mais pour la France, honnêtement.
03:33Parce qu'on parle quand même, il faut bien que les auditeurs comprennent,
03:36un ancien Premier ministre qui appelle son président de la République à démissionner,
03:42c'est du jamais vu.
03:43C'est une claque monumentale.
03:45C'est une claque qu'on fait pas seulement à sa personne,
03:48mais aussi à la fonction et au socle commun.
03:51Parce que je suis désolé, il faut parler de ce socle commun.
03:53Qu'est-ce qu'il y a aujourd'hui de commun entre vous ?
03:56C'est-à-dire qu'on entend Sébastien Lecornu qui n'est pas d'accord avec Gabriel Attal,
03:59qui n'est pas d'accord avec Édouard Philippe.
04:01Quand on vous écoute...
04:03Gabriel Attal qui lui-même dit qu'il ne comprenait plus le président de la République.
04:06Le chef de la majorité à l'Assemblée ne comprend plus son président de la République
04:11et vous avez son ancien Premier ministre qui lui appelle à partir.
04:14Honnêtement, ça donne l'image générale d'un groupe qui reste ensemble
04:18uniquement pour essayer de s'accrocher au pouvoir
04:20parce que vous avez tous compris qu'en cas de dissolution,
04:22vous risquez d'être les grands perdants de l'histoire.
04:24Et donc, il y a une question de l'ordre démocratique.
04:28C'est-à-dire, qu'est-ce qu'on fait concrètement ?
04:30Et moi, j'ai une question simple pour vous.
04:32Il y a une hypothèse qui est en train un petit peu de prendre dans le pays.
04:35C'est cette idée qu'Emmanuel Macron pourrait esquiver une dissolution
04:38en nommant un Premier ministre de gauche.
04:40Moi, personnellement, je n'y crois pas.
04:41Mais cette hypothèse repose sur le fait que, non seulement,
04:45tous les écologistes, tous les communistes, tous les socialistes
04:48et l'ensemble du socle commun valident ce projet d'un Premier ministre de gauche.
04:52Moi, j'ai une question simple pour vous.
04:53Est-ce que Horizon et Édouard Philippe accepteraient un Premier ministre de gauche ?
04:58Le premier élément de réponse que je voudrais vous apporter,
05:00c'est qu'en démocratie, on n'est pas obligé d'être d'accord sur tout.
05:04C'est d'ailleurs le fondement d'une démocratie en règle générale.
05:07Au socle commun, je ne vous apprends rien,
05:10il nous arrive de ne pas être d'accord sur tout.
05:12Par contre, et vous l'avez certainement observé, vous aussi,
05:15parce que vous êtes le fin observateur de la question politique,
05:17chez Horizon, on n'a jamais posé de ligne rouge.
05:20On a cette capacité et cette volonté à travailler dans l'intérêt général
05:23plutôt que dans l'intérêt partisan, dans l'intérêt politique.
05:25Et je pense que ça, c'est une marque de fabrique qu'on ne peut pas nous enlever.
05:29Sur l'autre question, je vous rappelle exactement quel est le poids de chacun.
05:34Je veux dire, la gauche pèse 20% de notre hémicycle,
05:36et si j'y intègre le Sénat, on est bien loin de cette idée.
05:40Ce qui est important au moment où on se parle,
05:43c'est sur quoi pouvons-nous être d'accord avant de penser à qui veut incarner.
05:46Si on continue à jouer le rôle de l'incarnation,
05:49moi je vous l'ai dit tout de suite,
05:50la femme ou l'homme providentiel n'existe pas au moment où on se parle.
05:53Et ce qui est important pour nous, c'est sur quoi pouvons-nous être d'accord
05:56qu'ici, le vote du budget, pour faire en sorte que l'on enjambe la séquence de la fin de l'année.
06:01Mais Sébastien Lecornu a commencé sa courte mission, on va dire,
06:07comme ça, en disant, il y a celle d'il y a 27 jours,
06:10en disant je vais faire le quoi avant le qui,
06:12parce que Michel Barnier et François Bayrou ont fait le qui avant le quoi.
06:15Donc, visiblement, ça n'a pas marché non plus.
06:18Non, visiblement, il n'y est pas arrivé.
06:19Ah d'accord, c'est différent.
06:20J'observe qu'il a un peu plus de temps.
06:24Moi, je reste optimiste.
06:25Donc, je pense que voilà, si chacun prend bien la mesure de la situation,
06:28et je pense que tous les commentaires que j'entends aujourd'hui,
06:31Minklin a pensé que beaucoup ont pris la mesure de la situation
06:33et qu'on va aller vers quelque chose de positif.
06:36Maintenant, je l'espère, je vous parle,
06:39et il est légitime aussi de se procher en disant,
06:41et si on n'y arrive pas, qu'est-ce que l'on fait ?
06:43C'est ce dont tu as voulu témoigner d'Orphiip ce matin.
06:45Et justement, il y a eu ce matin un petit déjeuner du socle commun, donc.
06:49Qu'est-ce qui s'est dit ?
06:50C'était un rendez-vous qui concernait les chefs de parti,
06:53à laquelle moi je n'étais pas associé.
06:55Et ça n'a pas fuité ?
06:56Vous ne savez pas à peu près ce qui s'est dit ?
06:58Quelques informations ?
06:59Tout le monde est au travail, et ça, ça me rassure.
07:02Justement, en vue d'accrocher quelque chose de positif d'ici mercredi soir.
07:05Je m'accroche à ça, en tout cas, parce que c'est à la France que je pense.
07:08D'accord, on ne vous a pas dit ce qui avait été dit, donc.
07:11Vous ne nous le direz pas, en tout cas.
07:12Non.
07:12Justement, permettez-moi, je m'interroge un peu sur la cohérence de tout ça,
07:17parce qu'Edouard Philippe, que l'on vient d'entendre,
07:19s'est rendu, après cette interview, justement, à Matignon,
07:23pour discuter avec Sébastien Lecornu,
07:25de la suite, essayer de trouver des points d'accord.
07:27Mais comment peut-on, d'un côté, souhaiter appeler à la démission du chef de l'État,
07:31et dans le même temps, continuer de travailler à un socle,
07:37du moins une possibilité de poursuivre ?
07:38S'il y avait une véritable logique dans tout ça, est-ce que ce ne serait pas de dire,
07:42bon, on appelle à la démission, et on refuse catégoriquement cette démarche en cours ?
07:49Pourquoi ça ne va pas dans ce sens-là ?
07:51Écoutez, parce que si on nous fait la démonstration qu'il y a une solution,
07:54qu'il y a une voie de passage, on sera proactif, il faut faire en sorte qu'elle prospère.
07:58Mais là, justement, Édouard Philippe, lorsqu'il dit, il n'y a pas de solution, il faut la démission,
08:05c'est que déjà, vous partez du constat qu'il n'y a pas de solution.
08:08Donc, pourquoi vous perdez votre temps, on est encore à Matignon ?
08:10Parce que nous sommes des gens de débat, de dialogue,
08:13même si on ne porte pas forcément la même solution,
08:15il est important qu'on apporte une forme de contradiction
08:18pour pouvoir, eh bien, faire aboutir quelque chose.
08:21On doit se garder comme une lueur d'espoir au moment où on se parle.
08:24Honnêtement, j'ai l'impression que vous-même, vous n'y croyez pas vraiment.
08:29Vous avez raison de garder la face et de rester positif,
08:32mais qui se dit aujourd'hui que Sébastien Lecornu et le socle commun
08:37va réussir en 48 heures, ce qu'ils n'ont pas réussi en plus de 25 jours ?
08:40Personne ne peut le croire.
08:42Donc, en effet, c'est là où je rejoins Jacques Serret.
08:44Pourquoi pas, Édouard Philippe lance une proposition, une sortie de crise.
08:48On a le droit de la valider ou non, mais dans ce cas-là, il faut s'y tenir jusqu'au bout
08:51et dire cette porte de sortie de crise qu'on propose,
08:53elle nous semble être la seule qui puisse nous permettre de passer à autre chose
08:57et d'enjamber cette crise institutionnelle.
08:59Mais dans ce cas-là, il faut aller jusqu'au bout
09:00et dire, allons-y tout de suite à cette démission du président de la République.
09:04Parce que cette idée de dire, on va d'abord se mettre sur un budget
09:07comme si c'était l'option la plus facile et l'étape la plus facile de votre projet,
09:11pardon, tout ce qu'on vit depuis un an nous montre
09:13que le plus difficile dans ce pays, c'est de se mettre d'accord sur un budget.
09:16Donc, avant de parler de la démission du président de la République
09:18et le mettre à la condition qu'on passe un budget,
09:21peut-être qu'il faudrait vous poser la question de savoir
09:23est-ce qu'un budget peut être encore posé
09:25et être passé dans cette assemblée-là ?
09:28Peut-être que c'est ça le problème principal,
09:29c'est que vous ne pouvez pas passer un budget.
09:32Et ensuite, on en tire les conséquences qu'on doit en tirer.
09:34Alors forcément, je ne vais pas être en accord avec vous,
09:36mais c'est aussi ça le jeu.
09:37Puisque vous n'avez pas échappé que nous avons réussi à passer un budget
09:40dans une configuration à peu près semblable la dernière fois.
09:43Certes, le gouvernement de Michel Barnier, j'en sais quelque chose, a été censuré.
09:47Mais certes, nous avons pu faire adopter un budget au début de l'année.
09:50Donc, je pense que la question budgétaire a raison d'être posée.
09:53Et c'est en ce sens-là que nous participons aux discussions comme ce matin
09:56pour faire en sorte que nous ayons un budget
09:58pour pouvoir enjamber la fin de l'exercice
10:00et engager l'exercice comptable suivant.
10:03Il ne faut pas prendre les choses dans l'ordre.
10:04Effectivement, c'est d'abord un budget pour pouvoir travailler.
10:06Puis ensuite, nous pouvons passer à la question présidentielle et l'action législative.
10:09Mais quel budget ? On parle de budget depuis tout à l'heure.
10:11Quel budget ? Je suis désolé, mais de quel budget on parle ?
10:13Ça fait depuis la rentrée qu'on parle de négociations.
10:16Vous n'avez pas avancé d'un iota.
10:19Mais pas d'un iota.
10:20Donc, je veux bien qu'on s'illusionne tous collectivement du fait que...
10:23Parce que trop d'intérêt est contradictoire ?
10:24Mais bien sûr que du fait que...
10:26Parce que la crise est devant nous, parce que nous sommes tous au dos du mur,
10:30chacun va mettre de l'eau dans son vin
10:32et chacun va trouver des solutions.
10:33Mais personne n'y croit.
10:34Merci.
10:36Merci.
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