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  • il y a 4 mois
Pour la seconde année consécutive, le groupe OPmobility obtient la note la plus élevée du Carbon Disclosure Project (CDP) pour ses actions en faveurs du climat. Laurent Favre, directeur général du fleuron industriel français, nous présente les actions menées pour transformer le groupe qui s’est spécialisé dans l’industrie liée à la mobilité.

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Transcription
00:00Le grand entretien de ce Smart Impact avec Laurent Favre, bonjour.
00:08Bonjour.
00:08Bienvenue, vous êtes le président d'OP Mobility.
00:11Alors cette rubrique, elle est intitulée « Prêt pour l'impact ».
00:14C'est un mot qu'on utilise un peu à toutes les sauces.
00:17Qu'est-ce qui signifie pour vous, comme chef d'entreprise,
00:20et puis pour la stratégie de votre groupe, l'impact ?
00:23L'impact, d'abord, directeur général d'OP Mobility, pas président.
00:27Fais attention aussi à ça.
00:27Non, l'impact, c'est évidemment le sens qu'on donne à tout ce qu'on fait, finalement.
00:31C'est la raison d'être du groupe, c'est ce à quoi on veut contribuer.
00:36Et puis c'est la façon, c'est la façon également d'embarquer les collaborateurs.
00:39Donc c'est la conscience qu'on a qu'il n'y a pas de succès d'entreprise
00:42sans être capable d'embarquer les collaborateurs.
00:45Et les collaborateurs veulent participer à l'histoire d'une entreprise
00:48qui a des ambitions élevées en termes d'impact.
00:52D'impact sur l'environnement, d'impact sur la société,
00:54d'impact sur la liberté de mouvement.
00:56Quand on parle de la mobilité, par exemple,
00:58mais liberté de mouvement en respectant évidemment
01:01tous les enjeux planétaires dont on a parlé, probablement.
01:04Évidemment.
01:04On va évidemment parler de ces enjeux avec cette note
01:07pour la seconde année consécutive,
01:09OP Mobility qui a obtenu la note la plus élevée du CDP,
01:12le Carbon Disclosure Project,
01:14pour ses actions en faveur du climat.
01:17Si on remonte un peu dans le temps,
01:19quels efforts, quelles stratégies il a fallu déployer
01:22pour arriver à une note qui est la meilleure note ?
01:25La note, comme vous le dites,
01:26c'est le résultat d'un travail fait par les équipes depuis de nombreuses années.
01:30C'est justement cette conscience du fait qu'on est dans une société qui évolue,
01:36qu'on a des règlements climatiques qui sont avérés.
01:39Et OP Mobility, on est dans la mobilité.
01:41Donc la mobilité, c'est aussi la liberté.
01:44Par contre, la mobilité a un impact fort, négatif aujourd'hui, sur l'environnement.
01:48Et donc, évidemment, on a fait le choix de dire que la liberté individuelle
01:52passe par la mobilité.
01:53Donc on ne veut pas, comme idée ou comme principe,
01:57pouvoir réduire la mobilité ou la capacité de chacun d'entre nous de bouger.
02:01Par contre, il faut le faire différemment.
02:02Donc c'est toute une stratégie, à la fois sur les types de produits qu'on développe,
02:06investissement dans l'hydrogène pour avoir une mobilité plus verte,
02:09les types de matériaux qu'on utilise dans nos produits,
02:12les matériaux recyclés de plus en plus, par exemple,
02:14mais également la façon dont on produit.
02:16On a 152 sites de production dans le monde,
02:19chez OP Mobility et puis les sites R&D.
02:21Et on a décidé il y a quelques années d'être les leaders
02:25dans la décarbonation de notre production.
02:28Donc cette année, nos sites seront neutres en carbone sur leur production.
02:32Et on embarque également nos fournisseurs
02:35parce qu'on a 30-40 000 fournisseurs
02:36qui ne sont pas forcément tous au même degré de maturité.
02:39Donc voilà, c'est un projet d'entreprise.
02:41Parfois, à ces fournisseurs,
02:42sinon ça ne fonctionne pas, vous voyez ce que je veux dire ?
02:45C'est toujours une question de pression
02:47entre le donneur d'ordre et le fournisseur.
02:48C'est-à-dire que le donneur d'ordre a une ambition
02:50et le fournisseur, est-ce qu'il peut suivre ?
02:52Le fournisseur ne peut pas toujours suivre.
02:54Et puis le fournisseur n'est parfois pas capable de mesurer aussi.
02:56Le CDP, c'est qu'on mesure.
02:59Et pour mesurer, il faut avoir des indicateurs qui soient clairs.
03:02Et certains de nos fournisseurs, les plus petits,
03:04ne sont pas capables forcément de mesurer.
03:06C'est des moyens qu'il faut mettre en face également.
03:07Donc il y a toute notre équipe achat qui travaille avec les fournisseurs
03:12à toute une première phase qui est d'expliquer pourquoi on le fait.
03:16C'est d'expliquer comment eux pourraient le faire
03:19et puis les embarquer.
03:20Et le cas échéant, si jamais on ne peut pas les embarquer,
03:23de faire des choix qui vont à l'encontre de certains
03:25qui ne veulent pas jouer le jeu.
03:26Oui, effectivement.
03:27On va rappeler quelques chiffres clés.
03:29C'est près de 39 000 collaborateurs.
03:32Le chiffre d'affaires 2024, 11,6 milliards d'euros.
03:3628 pays, une quarantaine de centres R&D.
03:38Et puis plus de 150 usines.
03:40Est-ce qu'il y a, vous décriviez un peu ce mariage,
03:43mais est-ce qu'il y a eu une usine pilote
03:45dans laquelle vous avez pu tester ce qui fonctionne le mieux ?
03:49Vous voyez ce que je veux dire ?
03:50Pour atteindre les objectifs que vous vous êtes donnés.
03:52Alors on s'est donné...
03:53On peut prendre une mauvaise route aussi des fois.
03:54Tout à fait. On s'est donné des objectifs ambitieux dès le début.
03:59On avait déjà chez Opé Mobility depuis quasiment 20 ans
04:03un projet qui s'appelait Top Planet.
04:05Et Top Planet, c'était bien avant justement
04:07cette prise de conscience, on va dire,
04:11du dérèglement climatique.
04:12Mais Top Planet, ça voulait dire qu'on va essayer
04:14de réduire l'énergie qu'on dépense au quotidien
04:18pour produire ce qu'on a à produire.
04:19Donc on avait plein de ce qu'on appelle des best practices
04:21dans les sites, à savoir comment,
04:24comment les sites le font plus ou moins bien.
04:26Alors après, ce n'était pas avec autant d'urgence
04:29que ce qu'on a pu mettre.
04:31Donc on a pris les meilleurs sites
04:32qui existaient.
04:34On a travaillé avec Schindler Electric
04:36pour ne pas les nommer en disant,
04:37tiens, va regarder ce qu'on fait dans nos sites.
04:39Et on a bâti une sorte de standard
04:41en disant, c'est comme ça qu'on veut produire.
04:43Et on a commencé à mesurer chacun de nos sites,
04:45donc les 150 sites, sur l'application de ces standards-là.
04:49Donc les aider, les pousser,
04:51et puis mettre aussi à chacun des patrons d'usines
04:54un objectif sur l'atteinte de ces objectifs,
04:57un objectif également financier pour sa part de rémunération.
05:00Donc c'est un mélange de ce qu'on avait déjà,
05:03ce qu'on a pu utiliser d'une entreprise Amie Schneider
05:07sur les expériences qu'ils ont,
05:09et puis après, on l'a déployé.
05:10Est-ce que c'est à la fois, évidemment, un engagement,
05:13mais aussi une demande de vos propres clients ?
05:16Alors, certain.
05:16Mais je crois que quand on s'engage dans un chemin comme celui-là,
05:21il ne faut pas le faire pour une demande d'un client.
05:23Il faut le faire par conviction.
05:26Parce que les clients ont des demandes qui sont diverses.
05:28Parce que les clients européens sont beaucoup plus attentifs
05:33à l'impact environnemental que des Chinois ou des Américains.
05:37Et si on veut avoir un vrai impact en tant qu'entreprise,
05:40parce que le dérèglement climatique,
05:42il n'est pas simplement européen, il est mondial,
05:43il faut qu'on ait un programme mondial.
05:45Donc, évidemment, on s'est inspiré de certaines demandes de clients.
05:48On a travaillé avec certains des clients
05:49qui sont très en avance sur ces sujets-là.
05:51Mais on ne l'a pas fait pour les demandes de clients.
05:53On l'a fait dans cette idée, dans cette conviction
05:55qu'il faut le faire parce que c'est nécessaire.
05:58Et puis, il faut le faire parce que ça engage les collaborateurs.
06:01Et finalement, à la fin, c'est aussi un gage de compétitivité.
06:04Est-ce que vous êtes soumis à ces aléas politiques ?
06:06Il y a des États-Unis, quand on a un pays qui change de majorité,
06:10c'est les électeurs qui l'ont choisi,
06:12et qui font de l'environnement une sorte d'épouvantable
06:15ou de la lutte contre l'échec climatique,
06:16une sorte d'épouvantable, je caricature à peine.
06:18Est-ce que, comment ça impacte, justement,
06:21la stratégie de l'entreprise comme la vôtre ?
06:22Ou pas, d'ailleurs ?
06:23Oui, sur des sujets comme ceux-là,
06:24je pense qu'il ne faut pas que ça nous impacte.
06:26Justement, vous parlez du dérèglement climatique,
06:28mais on a les mêmes sujets aux États-Unis
06:29avec la diversité, par exemple.
06:31Oui, bien sûr.
06:31Or, on ne va pas arrêter nos programmes de diversité,
06:34d'essayer de promouvoir des profils divers,
06:37et notamment aux féminins,
06:38parce que l'administration a changé.
06:40C'est le sens de l'histoire, il faut le faire, donc on le fait.
06:43Mais alors, vous jouez sur les mots ?
06:44Non, je ne suis pas sur les mots.
06:45Est-ce qu'il y a des mots qui sont quasiment interdits
06:47par l'administration Trump ?
06:48Oui, on a tendance un petit peu à exagérer.
06:51Moi, je pense que ce qui, aujourd'hui,
06:52réunit les jeunes générations et les populations
06:55dans les différents continents du monde,
06:57c'est justement cette conscience du fait
06:59qu'on a un vrai enjeu climatique.
07:01Et ça, ce n'est pas politique, c'est sociétal, cette conscience.
07:05Mais vu que cette conscience est là, il y a une attente.
07:07Et puis nous, en plus, ça tombe bien
07:09parce que ça correspond à nos convictions.
07:10Donc on fait fi de ce genre de choses,
07:13même si les politiques diverses et variées
07:15peuvent nous impacter, comme vous le disiez,
07:18parce que si les États-Unis arrêtent
07:19tous les programmes d'énergie renouvelable,
07:21c'est plus difficile d'être neutre en carbone dans nos sites.
07:24Mais ça ne nous ralentit pas, en tout cas,
07:26dans notre conviction qu'il faut le faire.
07:27Vous avez changé de nom il y a 18 mois.
07:29C'était Plastic Omnium qui est devenu Opé Mobility.
07:31Ce n'est pas seulement de la cosmétique.
07:32Qu'est-ce qu'il y a comme sens derrière ce changement de nom ?
07:35Il y a plusieurs sens.
07:37Il y a un sens qui, le groupe, a fondamentalement changé.
07:41Plastic Omnium, ça voulait dire tout en plastique.
07:43Donc le groupe est né avec cette idée
07:45que le plastique pouvait apporter à plein d'industries,
07:47les stylos bic, les planches à oile,
07:50les black et d'équerres,
07:51et puis après, peu à peu dans l'automobile,
07:52des nouvelles formes, des nouveaux designs,
07:54du poids réduit.
07:55Donc aussi un impact potentiel positif sur l'environnement.
07:59Et puis le groupe est devenu 100% mobilité.
08:01On a fait beaucoup de transformations ces dernières années
08:03avec le développement d'hydrogène, électrification.
08:06Donc le nom ne correspondait plus à ce qu'on était
08:08quand on racontait l'histoire.
08:10Donc on s'est dit, on garde le logo,
08:11parce que c'est notre héritage, on en est fiers,
08:13mais on se projette dans l'avenir,
08:15et l'avenir, c'est une mobilité différente
08:17de la mobilité du passé.
08:19Oui, c'est-à-dire que c'est un groupe industriel français
08:21qui a été créé en 1946, c'est ça, par Pierre Burel,
08:25qui était spécialisé dans la fourniture de solutions
08:27pour l'industrie auto.
08:28À quel point il s'est diversifié ?
08:31C'est toujours sur le cœur de métier ?
08:32Il y a des métiers nouveaux qui se sont rajoutés ?
08:34Alors, on a commencé encore une fois sur le plastique,
08:37pas que sur l'auto.
08:38Plasticomium a été le champion des poubelles.
08:41Un peu d'entre nous ont eu encore une poubelle
08:43avec le logo Plasticomium.
08:45Mais l'industrie automobile est devenue tellement dominante
08:47dans le groupe qu'en 2018, le groupe a décidé
08:49de se focaliser sur l'industrie automobile.
08:51Donc maintenant, c'est que l'industrie de l'automobile.
08:54Depuis 2019, on développe d'autres technologies.
08:57Je parle d'hydrogène, l'éclairage, les phares par exemple,
09:00ce qui est nouveau, l'électrification des systèmes batterie.
09:03Et puis, on vise pas simplement l'industrie automobile,
09:05mais de la mobilité au sens large.
09:07On travaille avec Asdom pour faire des systèmes hydrogènes
09:10pour leurs trains, par exemple.
09:11On travaille avec des fabricants de camions.
09:12Donc, on veut embrasser l'ensemble de la mobilité
09:14et on est focalisé sur la mobilité.
09:16Alors, il nous reste du temps.
09:19On va faire un focus hydrogène tout à l'heure.
09:21Mais je voudrais qu'on parle du marché de la voiture électrique
09:24et des contraintes aussi ou des perspectives, on va dire, européennes.
09:29Il y a eu un léger surson du marché de la voiture électrique
09:32en août, après des mois qui ont été assez difficiles.
09:35Le décollage, il est quand même un peu en deçà des attentes.
09:38Comment vous l'expliquez ?
09:39C'est trop cher, tout simplement ?
09:41Non, mais je pense que...
09:42D'abord, moi, j'aime à dire que quand on définit une stratégie
09:46dans une entreprise,
09:47il y a au moins deux éléments qu'on prend en compte.
09:51C'est le client, qu'est-ce qu'il veut, qu'est-ce qu'il peut,
09:55quels sont ses usages, et la concurrence que font les autres.
09:59Là, on est parti en Europe, parce que le sujet des 100% électriques
10:03est un sujet 100% européen.
10:04On est parti d'un postulat qui était le bon,
10:07en disant qu'il y a une urgence climatique
10:09et il faut décarboner la mobilité,
10:10parce que la mobilité individuelle, c'est 10 à 15% des émissions de CO2.
10:14Donc, soyons très engagés, très ambitieux,
10:19et puis définissons cette stratégie,
10:22avec une seule technologie à terme,
10:24le tout électrique, qu'on ne maîtrise pas en plus partiellement en Europe.
10:27Donc, on n'a pas demandé aux clients s'ils voulaient,
10:29s'ils pouvaient, s'ils peuvent se le payer,
10:31et on n'a pas regardé ce que faisait la concurrence,
10:33parce qu'on est les seuls à faire ça dans le monde.
10:35Il n'y a que les pays européens qui font ça.
10:37Donc, aujourd'hui, on peut être d'un côté sévère
10:40en se disant que ça ne marche pas,
10:41mais c'est quand même 15 à 20% du marché européen,
10:44alors qu'on partait quasiment de zéro.
10:46On n'en serait pas là s'il n'y avait pas eu, évidemment, cette...
10:49Donc, moi, c'est un changement radical des usages, des technologies, etc.
10:55Donc, quand 5-6 ans, on passe de quasiment zéro à 15, c'est déjà bien.
11:00De contre, on se rend compte qu'on n'est pas au niveau qui était attendu,
11:03parce que l'objectif, c'est plus ou moins 25% cette année.
11:06Pourquoi ? Parce que le client n'y adhère pas à 100%,
11:08parce que c'est cher, parce que ça ne répond pas à tous les usages,
11:11et puis, vous regardez, l'Europe est très diverse.
11:13Des pays comme l'Italie, c'est 4%,
11:15alors que la Belgique, c'est 80%,
11:17parce que les usages sont différents,
11:19les pouvoirs d'achat sont différents, etc.
11:21Donc, nous, simplement, ce qu'on dit, c'est que
11:23quand une stratégie ne marche pas, il faut l'adapter,
11:26ça ne veut pas dire qu'il faut la changer,
11:27regarder ce qui se passe autour.
11:29Donc, ça veut dire que l'objectif d'interdiction
11:32de vendre des voitures thermiques dès 2035,
11:36pour vous, il faut le revoir ?
11:37Je pense qu'il faut l'adapter, il faut montrer de la flexibilité.
11:40D'abord, le rôle du politique,
11:43ce n'est pas de définir une solution technologique,
11:46ce n'est pas sa compétence,
11:47c'est de définir un cadre,
11:48créer les conditions pour qu'il y ait du succès,
11:50et de la stabilité pour qu'il y ait ce succès-là.
11:52Il faut c'est de constater que le cadre,
11:54les conditions n'ont pas forcément toujours été créées,
11:56des changements de fiscalité, de subventions,
11:58des infrastructures qui sont très, très loin
12:01de ce qui avait été prévu.
12:02Et puis, on a eu quand même des années d'inflation en Europe
12:05qui ont impacté le pouvoir d'achat des ménages,
12:08l'énergie qui est devenue plus chère,
12:09notamment l'électricité, depuis la guerre en Ukraine.
12:13Donc, il y a plein d'éléments nouveaux,
12:14et aussi des éléments nouveaux qui sont que des pays
12:17comme la Chine ont développé des véhicules hybrides
12:19beaucoup plus compétitifs en termes d'émissions de CO2
12:23que ce qu'on a actuellement en Europe,
12:25sur 20 grammes pour certains,
12:26donc ce n'est pas zéro, mais 20 grammes de CO2.
12:28Le parc européen, on considère que c'est 150.
12:30Donc, si vous passez de 150 à 20, c'est peut-être zéro.
12:32C'est déjà un progrès.
12:33C'est un énorme progrès,
12:35et ça peut correspondre à certains besoins.
12:37Vous pouvez coupler ça avec des carburants différents.
12:39Ce qui pollue, c'est le moteur, c'est ce qu'on met dedans,
12:41ce qu'on brûle.
12:42Ça peut être de l'hydrogène, ça peut être des e-fuel.
12:45Donc, nous, ce qu'on réclame,
12:47c'est de se dire, montrons un peu de flexibilité.
12:50L'enjeu, il n'est pas simplement climatique.
12:51L'enjeu, il est aussi social,
12:53souveraineté technologique.
12:54Donc, si on trouvait le bon chemin,
12:55continuons à pousser sur l'électrique,
12:58développer l'infrastructure, des champions, etc.
13:01Mais ouvrons-nous à des technologies hybrides
13:02si elles ont cet impact-là
13:04pour que ça réponde à l'ensemble des besoins.
13:07Est-ce que c'est aussi un moyen
13:08de contrer, de limiter
13:11le risque d'un déclin accéléré
13:13de l'industrie automobile européenne ?
13:16Malheureusement, le déclin est avéré aujourd'hui.
13:18Il est déjà en cours, mais...
13:20Oui, vous prenez la France.
13:21Depuis 2019, on a perdu 40%
13:23de notre production en France.
13:24C'est des emplois.
13:26Il y a encore, malheureusement,
13:28des risques certains.
13:29Europe, près de 30% de production,
13:32alors que le marché mondial est stable.
13:33C'est-à-dire que l'Europe a perdu,
13:35la Chine a gagné,
13:36les États-Unis sont plus ou moins stables.
13:38Donc, il y a urgence.
13:38Il y a 14 millions d'Européens
13:40qui travaillent dans l'industrie automobile.
13:41Alors, je n'aurais pas dû dire déclin,
13:42mais j'aurais dû dire disparition.
13:44Est-ce que c'est un risque ?
13:46La disparition, c'est peut-être
13:46un petit peu exagéré.
13:47Mais 14 millions, c'est quand même...
13:49Le tissu industriel européen
13:51est très dépendant de l'automobile
13:52puisque c'est les matières premières,
13:54c'est l'acier, c'est tous les fournisseurs.
13:56Une grande partie de tout ce qui est brevet
13:59est aussi déposé pour l'industrie de la mobilité,
14:02puis après, est utilisé pour d'autres types d'industries.
14:05Donc, c'est des enjeux à la fois sociaux,
14:07environnementaux, technologiques,
14:09de souveraineté également.
14:10On ne peut pas dépendre d'autres puissances
14:12pour la mobilité
14:14qui doivent nous amener à se dire
14:15comment on arrive à concilier
14:17ces injonctions qui ne sont pas si contradictoires que ça
14:19entre le besoin du consommateur.
14:21Le parc européen a 13 ans maintenant.
14:23On n'a jamais eu autant de vieilles voitures
14:24parce que les gens ne trouvent pas
14:26dans les véhicules neufs
14:28ce qui correspond à leurs usages et à leurs moyens.
14:31Donc, comment est-ce qu'on lit les enjeux climatiques,
14:34la réalité du pouvoir d'achat,
14:35notre responsabilité sociale
14:36et puis les enjeux technologiques long terme
14:38de dépendance ou d'indépendance ?
14:40Il y a une prime de 1000 euros
14:41pour l'achat d'une voiture électrique
14:43avec batterie européenne
14:44qui a été annoncée par le gouvernement Bayrou
14:46juste avant la chute du Premier ministre.
14:49Alors, vous dites quoi ?
14:50C'est petit ?
14:51C'est efficace ?
14:52C'est insuffisant ?
14:53En France, on a changé 15 fois de fiscalité en 5 ans.
14:57Donc, la prime peut-être qu'il y a là
14:58puis dans 3 mois, elle s'arrête.
14:59Un annus réel, il investit pour le temps long.
15:01On n'investit pas pour 6 mois.
15:03Mais quand vous changez 15 fois de fiscalité en 5 ans,
15:06ça veut dire que là, il y aura ça
15:07puis peut-être que dans 6 mois, il n'y aura plus.
15:09Donc, celui qui a investi dans la batterie,
15:12il a besoin d'avoir de la visibilité
15:14comme nous dans l'hydrogène,
15:15comme plein d'autres activités.
15:17Donc, oui, ça peut aider, ça peut doper
15:19mais ce n'est pas pérenne.
15:22Donc, ce qu'on veut, c'est un cadre clair
15:23de la stabilité et de la visibilité.
15:25Et puis après, les ingénieurs de l'industrie européenne
15:28trouveront les bonnes solutions pour décarboner
15:30tout en répondant aux besoins du consommateur.
15:33Je vais m'appuyer sur une de vos citations
15:35pour lancer le chapitre sur l'hydrogène.
15:38La décarbonation de la mobilité ne doit pas se limiter
15:40à une seule technologie.
15:41L'hydrogène, l'électrification et d'autres solutions
15:43doivent coexister pour répondre aux besoins variés
15:46des marchés.
15:47Ça veut dire que vous croyez toujours
15:49au développement de l'hydrogène
15:50parce qu'il y a un certain nombre d'inconnus
15:52ou d'incertitudes.
15:54Il y a beaucoup d'incertitudes, évidemment,
15:55mais nous, on est persuadés d'une chose,
15:57c'est qu'il faut abandonner cette idée
15:59qu'une solution va répondre à tous les besoins.
16:02On a vécu dans un monde où on utilisait
16:03des énergies fossiles et on avait un moteur
16:05à combustion avec du diesel ou de l'essence
16:07et ça correspondait à tous les besoins.
16:09Maintenant, on a tous compris que l'avenir
16:11n'était pas aux énergies fossiles
16:12et qu'il fallait développer d'autres alternatives.
16:15Les deux alternatives vont être multiples
16:17parce qu'il n'y a pas une alternative
16:19qui répond à tous les besoins
16:20parce qu'on parle aussi de...
16:22Quand on parle d'électricité,
16:23il faut produire l'électricité,
16:24il faut qu'elle soit verte.
16:24Tous les pays ne sont pas dans les mêmes conditions
16:26dans le monde.
16:27Il y a certains pays
16:27qui ne pourront jamais produire
16:29assez d'énergie verte pour l'électrique.
16:32Donc, l'avenir est à la multiplicité
16:34des technologies.
16:35Et dans ce cadre-là,
16:36il ne faut surtout pas opposer les technologies.
16:38Il faut voir qu'est-ce qui peut être complémentaire.
16:40Donc, moi, personnellement,
16:41je pense que les voitures à batterie
16:43pour les villes, c'est l'avenir.
16:45Parce qu'en plus,
16:47c'est pratique à conduire,
16:48c'est confortable,
16:49c'est agréable, etc.
16:50L'hydrogène, c'est plutôt
16:51pour les mobilités plus lourdes ?
16:53C'est pour les camions.
16:54Quand vous prenez un camion de 40 tonnes,
16:56la batterie, c'est entre 10 et 15 tonnes.
16:58Donc, si vous avez déjà
16:59une grande part qui est prise par la batterie,
17:01l'objectif du camion,
17:03c'est de transporter autre chose
17:04que la batterie.
17:05Donc là, pour les longues distances,
17:06probablement que l'hydrogène
17:07est intéressant.
17:08Les trains, par exemple,
17:09je vais citer le fait
17:10qu'on travaille avec Aestom,
17:12avec Siemens pour des systèmes batterie aussi.
17:14Quand ils ont des trains
17:15qu'ils doivent électrifier,
17:16parce qu'il y a beaucoup de trains en Europe
17:17qui fonctionnent de diesel encore,
17:19si c'est des petites distances,
17:21moins de 100 kilomètres,
17:22ils prennent la batterie.
17:22Si c'est des grandes distances,
17:23ils se dirigent vers l'hydrogène.
17:25Donc, on n'oppose pas
17:26à ces complémentaires.
17:27On parle de véhicules hybrides rechargeables,
17:29on peut tout à fait imaginer
17:30que plutôt que de mettre de l'essence,
17:32on pourrait mettre de l'hydrogène
17:33dans la voiture
17:34et donc être complémentaires.
17:35Donc, dans cette complémentarité-là,
17:37on pense que l'hydrogène
17:39a un rôle à jouer.
17:40Et quand on regarde ce qui se passe,
17:41je parlais du fait
17:41qu'il faut regarder ce que font les autres,
17:43on voit que les Asiatiques,
17:45les Japonais, les Coréens évidemment,
17:46mais les Chinois aussi,
17:47ont des politiques hydrogènes
17:48très ambitieuses
17:49pour être en complément de la batterie.
17:51Vous investissez beaucoup ?
17:53C'est-à-dire qu'on a beaucoup investi.
17:55En recherche et développement d'abord ?
17:57En production aussi ?
17:57On a une nouvelle usine
17:59dans le nord de la France,
18:00à Compiègne,
18:01qui produit des systèmes
18:03de stockage hydrogène
18:04pour Alstom notamment
18:05et pour d'autres clients,
18:07avec malheureusement un démarrage
18:09qui n'est pas aussi rapide
18:10que ce qu'on attendait,
18:11pour les raisons
18:11que j'évoquais auparavant.
18:12On a une usine en Chine,
18:13on a une usine en Corée
18:14et puis on investit évidemment
18:15en R&D de façon assez intensive.
18:18Est-ce que cette filière
18:20a forcément besoin
18:22de la puissance publique
18:24française et européenne ?
18:25C'est-à-dire qu'elle ne se développe pas
18:27sans une contribution forte
18:30des pouvoirs publics ?
18:31Ça dépend de ce qu'on appelle
18:32contribution.
18:32Si on parle de subvention,
18:36moi, je ne suis pas forcément
18:38favorable à des subventions.
18:40Je pense que la puissance publique
18:42doit créer les conditions
18:43et les industriels doivent
18:45prendre leurs responsabilités,
18:47investir, etc.
18:48Les subventions,
18:49ce n'est pas pérenne.
18:50Les conditions,
18:50c'est créons les conditions
18:52pour qu'on produise
18:53de l'hydrogène en Europe,
18:54pour qu'on crée
18:55l'infrastructure,
18:57pour que l'hydrogène
18:57soit transporté
18:58vers les usines,
18:59vers les points de recharge,
19:01etc.
19:02Créons un cadre législatif
19:03clair et visible
19:06pour les prochaines années.
19:07Après, les industriels
19:08qui croient comme nous
19:09vont investir
19:10de façon sereine.
19:11Les infrastructures,
19:12c'est quoi ?
19:13Si on rentre dans le détail.
19:14Les infrastructures,
19:14c'est d'abord,
19:15il faut qu'on produise
19:15de l'hydrogène.
19:16Puis après, vous savez,
19:17en Europe,
19:18on a une infrastructure
19:19très forte pour transporter
19:20du gaz
19:20dans chacune de nos maisons,
19:22etc.
19:23Et qu'on pourrait transformer
19:25pour transporter
19:26de l'hydrogène demain
19:27et donc qu'on puisse
19:28alimenter les usines
19:29qui sont très énergivores
19:30en hydrogène,
19:31comme source d'énergie,
19:32par exemple,
19:32ou après,
19:33mettre des bonnes
19:34de recharge sur l'autoroute
19:35pour les camions à l'hydrogène.
19:38L'innovation moteur
19:39de la transformation
19:40de la mobilité,
19:41c'est évidemment
19:42l'un de vos mantras.
19:43Sur quoi vous travaillez
19:44en ce moment ?
19:44Est-ce qu'il y a
19:45des innovations
19:45dont vous pouvez parler
19:46qui sont assez frappantes ?
19:50On parlait de l'hydrogène
19:52qui est quand même
19:52une grosse innovation
19:53parce que c'est une façon
19:54complètement différente,
19:56évidemment,
19:57d'appréhender la mobilité.
19:59Donc ça,
19:59c'est un axe fort.
20:00Après,
20:00on travaille énormément
20:01sur tout ce qui est
20:02des nouvelles matières,
20:02des nouveaux matériaux.
20:03Parce qu'un des enjeux aussi
20:04de la mobilité,
20:05c'est sa recyclabilité.
20:06Une grande partie
20:07des voitures
20:07ne sont pas recyclables.
20:08Donc si on veut
20:09que demain,
20:10ce soit recyclable
20:11et qu'on ait des circuits
20:12plus courts,
20:13il faut travailler
20:13sur ces matériaux-là
20:14et donc essayer
20:15de trouver le bon compromis
20:17entre les exigences
20:18de sécurité,
20:19de design
20:20et puis également
20:20de matière.
20:22Donc on a des axes forts
20:23dans tout ce sujet-là.
20:24On travaille aussi beaucoup
20:25sur des...
20:26On est les champions du monde
20:27des pièces extérieures
20:28de carrosserie.
20:28C'est-à-dire qu'on fait
20:29des pare-chocs,
20:29on fait des phares
20:30et puis on fait
20:30tout ce qu'il y a derrière
20:31sur comment est-ce
20:32qu'on arrive
20:33à alléger
20:34parce que le poids,
20:35c'est de l'énergie.
20:37Il y a de nouveau
20:37une course au poids
20:38des véhicules,
20:38ce qui n'était pas le cas
20:39il y a quelques années
20:40parce que vous gagnez
20:4110 kg,
20:41vous gagnez de l'autonomie
20:42et vous gagnez de l'autonomie,
20:43c'est de l'énergie.
20:44On travaille beaucoup
20:44avec nos clients là-dessus
20:45sur des systèmes
20:46qui sont complètement différents
20:47et puis plein d'autres choses,
20:48évidemment.
20:50Le plastique,
20:51on ne peut pas forcément
20:52le remplacer,
20:53pas toujours le remplacer.
20:54Non,
20:54mais je pense
20:55que le plastique
20:55va se développer
20:58dans la mobilité
21:00parce que le plastique
21:01allège.
21:02Par exemple,
21:02vous allégez,
21:03il faut que le plastique
21:04soit produit de façon...
21:05Ça dépend comment
21:06il est produit.
21:06Exactement,
21:07il faut qu'il soit recyclable,
21:08etc.,
21:08mais c'est sur ce qu'on travaille.
21:10Quand vous allégez
21:12un véhicule,
21:13on considère
21:13que le plastique
21:14permet d'alléger
21:15les véhicules de 200 kg,
21:16ce qui est énorme
21:17et ça permet justement
21:18de réduire
21:19la dépense énergétique
21:20parce que même
21:21si c'est une voiture
21:21à batterie,
21:22il faut bien produire
21:22l'énergie quand même
21:23et puis ça permet
21:24d'avoir des plus petites batteries.
21:25Donc aujourd'hui,
21:26il y a les pièces
21:26de carrosserie.
21:28On peut imaginer demain
21:29du plastique dans les portes,
21:30dans les toits,
21:30dans d'autres usages
21:32pour aller dans le sens
21:33d'alléger les véhicules.
21:34J'ai dit qu'on avait parlé
21:35du programme Act for All.
21:36J'ai un peu oublié
21:37de le faire en début
21:38d'interview.
21:39J'aimerais quand même
21:40qu'on y revienne.
21:41C'est ce qui agrège
21:43un peu toutes les initiatives
21:45pour faire baisser
21:47l'impact environnemental
21:48de votre activité ?
21:49Pas que,
21:49c'est beaucoup plus large.
21:50C'est un programme
21:50qu'on a lancé
21:51il y a plus de 20 ans
21:53chez Opé Mobility
21:54qui a évidemment évolué
21:56avec le temps
21:57mais qui dit
21:58qu'on a une responsabilité
22:00en tant qu'entreprise.
22:01Donc Act for All,
22:02c'est agir pour tout le monde.
22:03Donc ce n'est pas seulement
22:04l'environnement ?
22:04Non,
22:04il y a tout un volet
22:05qui est comment on travaille.
22:07C'est évidemment
22:07l'intégrité
22:09dans notre modèle d'affaires
22:11avec nos partenaires,
22:12avec nos collaborateurs.
22:13Et donc là aussi,
22:14c'est évidemment
22:14très important,
22:15c'est essentiel.
22:16Après,
22:16il y a tout ce qui est lié
22:17à la sécurité au travail
22:19parce que nous,
22:20on se sent responsable
22:21du nom de nos collaborateurs.
22:23Je pense que Opé Mobility
22:24est vraiment
22:24un des leaders mondiaux
22:26en termes de nombre d'accidents.
22:27Et donc là,
22:28on met beaucoup d'accent
22:28sur la sécurité au travail.
22:30Et puis après,
22:31il y a les sujets
22:31qui sont des sujets
22:33qui nous préoccupent
22:35de plus en plus,
22:35qui sont des sujets
22:36à la fois de diversité
22:37parce qu'on a un vrai enjeu
22:39dans l'industrie
22:40d'attirer des profils différents,
22:43des profils féminins,
22:44notamment dans des métiers techniques.
22:45Et puis les sujets environnementaux.
22:48Donc c'est un programme
22:48qui est très solide,
22:50basé sur plusieurs piliers.
22:52On engage l'ensemble
22:52des collaborateurs.
22:54Le 9 octobre,
22:55cette année,
22:55on arrête toutes nos usines
22:57et puis on engage
22:59les collaborateurs
23:00dans ces sujets-là
23:01et qui embrassent
23:03l'ensemble des sujets
23:04qui nous semblent être importants
23:05pour avoir un développement
23:06industriel de la mobilité
23:08qui soit durable.
23:09C'est une journée
23:09où vous ne produisez pas ?
23:11Pendant 12 heures,
23:11on ne produit pas.
23:12Si on ne produit pas
23:12pendant plus que deux heures,
23:13nos clients ne sont pas contents.
23:14Non, mais l'important,
23:15c'est de se dire
23:15qu'il y a un rendez-vous
23:16annuel et puis on décide
23:19d'un axe qui peut être
23:20cette année,
23:21on veut mettre l'accent
23:22sur la diversité
23:23ou sur la neutralité carbone
23:25en fonction de ce qui nous pense
23:27être important.
23:28Et c'est tous les sites
23:28dans le monde,
23:29c'est ça qui est important.
23:30Et c'est pour ça que je pense
23:31qu'une entreprise comme la nôtre
23:32peut avoir un vrai impact
23:33pour reprendre notre édition.
23:35C'est qu'on est aussi présent en Inde
23:36et les enjeux de diversité en Inde
23:37ne sont pas les mêmes
23:38que ceux qu'on peut avoir en France.
23:40Mais on veut avoir
23:40les mêmes ambitions.
23:41On veut ne faire aucun compromis
23:44même si on a des cultures différentes
23:46ou des systèmes politiques différents.
23:48Et donc, il faut adapter
23:49les approches
23:50aux spécificités du pays.
23:52Ça veut dire que vous allez
23:53en parler différemment,
23:54par exemple,
23:55aux États-Unis cette fois-ci
23:56qu'il y a deux ans ?
23:59Oui, parce qu'aux États-Unis,
24:01on a eu certains
24:02de nos collaborateurs
24:04qui nous ont alertés
24:05sur le fait
24:05que l'utilisation
24:06de certains mots
24:07maintenant pouvait créer
24:08des problèmes.
24:09mais ça, on n'a pas envie
24:10de le changer
24:11parce que ce serait
24:11s'asseoir sur ces convictions.
24:15Donc, on va en parler
24:15de façon adaptée
24:16et montrer que nous,
24:17encore une fois,
24:18on s'inscrit dans le temps long.
24:19Ce n'est pas le pouvoir politique
24:21qui va nous infléchir
24:23sur des sujets sociétaux
24:24et la majorité
24:25des collaborateurs y adhèrent.
24:27Justement, on va terminer
24:28avec la question politique
24:30parce qu'on est dans une période
24:31d'incertitude
24:33pour ne pas dire
24:34de chaos politique.
24:35On était avec Bismarck
24:37à l'université
24:40du MEDEF
24:41à Roland-Garros.
24:44Vous dites,
24:45de toute façon,
24:46il faut arrêter
24:46de compter sur les politiques.
24:48Vous dites,
24:49comment on peut,
24:50nous,
24:51patrons,
24:51finalement,
24:53mettre notre grain de sel
24:54pour que,
24:55finalement,
24:56ce gouvernement-là
24:57tienne plus longtemps
24:57que le précédent ?
24:59Je pense, par exemple,
24:59à un accord sur la pénibilité
25:00avec les syndicats.
25:01Comment vous réagissez
25:02à ça ?
25:02On est très inquiet.
25:04Très franchement,
25:05parce que tout ce qui est
25:06instabilité
25:07empêche à l'investissement
25:10et à la sérénité.
25:11C'est ça.
25:13Les tarifs américains,
25:14c'est la même chose.
25:15Quand les tarifs changent
25:16tous les jours,
25:17tous les industriels
25:18ralentissent leurs investissements
25:20et se disent,
25:21on va attendre
25:21de voir dans quelle direction
25:22ça va.
25:23Or,
25:24on sait très bien
25:24que tous les enjeux
25:25de transition énergétique,
25:28d'industrie,
25:29à la fin forte européenne,
25:31et du coup de pouvoir d'achat,
25:32parce que l'industrie
25:33crée quand même
25:33des richesses,
25:34et donc de consommation,
25:35tout ça c'est un cercle
25:36et c'est la sérénité.
25:38Donc tout ce qui est instabilité,
25:40c'est très inquiétant.
25:41Je ne suis pas là
25:41pour parler de politique,
25:43mais on ne peut pas opposer
25:44les entreprises
25:45et les politiques.
25:46On est tous dans le même panier,
25:47j'allais dire ça,
25:48comme les syndicats également.
25:50Donc on a un intérêt commun,
25:51c'est de se projeter
25:52sur le temps long,
25:53c'est d'investir,
25:54c'est créer de la richesse.
25:55Et puis après,
25:56évidemment,
25:56on peut parler
25:57sur la façon
25:57de répartir la richesse.
25:58Mais l'intérêt commun,
25:59c'est de créer de la richesse.
26:00Ça passe toujours
26:01par l'investissement
26:02et l'investissement
26:02passe toujours
26:03par la stabilité
26:04et la visibilité.
26:05Merci beaucoup Laurent Favre
26:06et à bientôt
26:06sur Be Smart for Change.
26:08On passe tout de suite
26:08à notre rubrique start-up.
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