00:00Et plus sérieusement, on va revenir sur cette condamnation de Nicolas Sarkozy.
00:04Éric Revelle, est-ce que finalement, en matière d'image pour la France,
00:08on a l'impression de s'aligner sur des pays dont les présidents, aujourd'hui, sont sous les verrous ?
00:15Écoutez, oui, ça donne... Enfin, c'est même pas une impression, c'est délétère.
00:19C'est pour ça que j'ai commencé en disant que c'était un tremblement de terre politique en interne,
00:24mais aussi pour l'image du pays en externe.
00:26Puis visiblement, ce soir, on apprend que la présidente est plutôt une militante, si vous voulez, anti-Sarkozy, si j'ai bien compris.
00:34Alors c'est un bruit qui court sur les réseaux sociaux qu'elle aurait appelé à manifester contre Sarkozy en 2011, en attente de vérification.
00:42Si ça tourne au procès politique, alors là, c'est gravissime.
00:45Parce que parfois, on a l'impression que la justice a un billet politique, vous voyez, juste euphémisme.
00:50Mais alors là, si ça tourne, si cette information est vérifiée, et si on apprend que cette magistrate avait déjà manifesté contre Nicolas Sarkozy,
01:00à l'époque où il était sans doute président de la République...
01:022011, oui.
01:03Voilà, 2011. Vous savez, Sarkozy les avait traités de petits poids, vous vous en souvenez ?
01:08Oui.
01:08Bon, si les petits poids ont manifesté contre Sarkozy, et qu'on retrouve une magistrate qui a prononcé ce verdict ce matin,
01:17oui, là, ça devient un procès politique.
01:20Alors il y a une chose, sur l'image de la France, on a appris, nous, la condamnation, on était dans le TGV avec vous, Cécile.
01:26Et moi, j'ai fait un rapprochement, je lui ai dit, le dernier chef d'État français qui a été incarcéré, réellement, c'était Louis XVI.
01:33On sait comment ça s'est terminé. Alors après, il y en a eu d'autres qui ont été faits prisonniers, mais par des armées étrangères,
01:37en particulier Napoléon Ier et Napoléon III, on se rappelle, l'un a fini à Saint-Hélène, notre exilé en Angleterre.
01:44Mais c'est quand même quelque chose qui est du jamais vu.
01:46Alors il y a d'autres pays où il y a eu des présidents incarcérés.
01:49Prenez le Brésil depuis la fin du régime militaire en 1984.
01:52Il y en a au moins trois qui ont fait de la prison, Collor, Lula et maintenant Bolsonaro.
01:57Alors là-bas, c'est assez, on va dire, je ne dirais pas le courant, mais presque.
02:01Alors qu'en France, Louis XVI, ça remonte quand même très très très loin en arrière.
02:06Lionel Aberlé ?
02:08Ce qui dérange toujours, c'est la même chose.
02:10C'est la preuve de la culpabilité.
02:12On est juste dans un système où on se dit, demain après tout, on peut tous être condamnés, sans être coupables.
02:20Et c'est assez affligeant.
02:21Et je me dis qu'il y a peut-être un moment où il va falloir quand même que les consciences s'éveillent un petit peu.
02:27On est dans une belle démocratie.
02:28Ça fait un certain temps que ça dure.
02:30Et ce serait dommage parce qu'on parle souvent d'un autre pouvoir, mais c'est un peu le sentiment qu'on a ce soir.
02:38Que ce soit Nicolas Sarkozy ou qui que ce soit se retrouver pour lui dans quelques jours sous les verrous, alors qu'il n'y a pas de preuves.
02:45C'est juste terrifiant en réalité.
02:47Éric Revelle, Nicolas Sarkozy, est quelqu'un qui fait des conférences un peu partout dans le monde.
02:53Donc qui fait d'une manière ou d'une autre rayonner la France à travers le fait d'être président de la République.
03:01Est-ce que ça peut nous déstabiliser, nous ?
03:04Non, mais c'est un problème d'image du pays.
03:08Vous savez, moi, je suis assez mal à l'aise devant ce verdict.
03:13Je vous le dis franchement, je ne suis pas sarkoziste.
03:17Mais comme l'a très bien dit Lionel, vous vous rendez compte que là, on n'a pas de preuves.
03:24On a des indices, paraît-il.
03:27On suppose qu'il aurait pu faire ceci et on le condamne à 50 prisons fermes.
03:32Vous savez, Mitterrand avait ce mot formidable.
03:36Il avait dit, les juges ont détruit la monarchie, détruiront la République.
03:41Alors, je ne dis pas qu'on en est là, mais il s'agit d'un ancien chef de l'État quand même.
03:44Je ne sais pas si vous vous rendez compte.
03:46Il y a quand même un tweet intéressant d'un avocat classé vraiment à gauche, Patrick Klugman.
03:50Oui, oui, je l'ai vu.
03:51Patrick Klugman qui dit, l'association de malfaiteurs est une trouvaille de génie de l'autre code pénal
03:56pour condamner sans preuve en déduisant la culpabilité non par les indices de la participation à un crime ou un délit,
04:02mais par les suppositions que les mises en cause se sont rencontrées dans le but de les commettre.
04:07On n'a rien prouvé contre Nicolas Sarkozy, donc il ne restait que contre lui, que ça, pour le condamner Navran.
04:12Et c'est un avocat de gauche qui dit qu'on ne peut pas du tout...
04:15Exactement, j'avais vu ce truc.
04:17On ne peut pas soupçonner que lui-même de Sarkozy, par là, loin s'en faut.
04:19Et puis ça participe en plus, là aussi c'est terrifiant, ça participe en plus aux tous pourris.
04:26C'est-à-dire qu'on a encore un homme politique qui est condamné vraisemblablement sans preuve de ce qui semble sortir aujourd'hui.
04:34Et on est dans ce mouvement tous pourris.
04:36Il y a des Français qui vont se dire que si la justice le condamne, c'est un pourri de plus,
04:42alors que là, en l'occurrence, vraisemblablement, il n'y a pas de preuve de culpabilité.
04:45Merci beaucoup, allez-vous rester avec nous ?
04:47On fait une petite pause, on revient dans un instant, on reviendra sur l'industrie automobile européenne
04:51qui traverse une zone de turbulence.
04:53Avec cette question, Philippe, la Commission européenne est-elle en train de tuer l'industrie automobile en France ?
04:58Eh bien, le moins qu'on puisse dire, et que le vote est largement majoritaire,
05:01puisque vous dites oui à 99% sur Twitter, vous voulez réagir le 0 826 300 300.
05:06On revient, on est ensemble jusqu'à 20h en direct de ce salon de vie.
05:15En vrai, parlons vrai.
Commentaires