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  • il y a 2 mois

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00:00Place à l'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro, bonjour Vincent Trémolet de Villers.
00:05Bonjour Dimitri, bonjour Amie Saab, bonjour à tous.
00:06Bonjour Vincent.
00:07Vincent, on pouvait croire que l'anti-macronisme était le propre des oppositions et de l'opinion publique,
00:12qui est de plus en plus sévère avec le chef de l'État.
00:15Apparemment, c'est moins de ses adversaires dont Emmanuel Macron devrait se méfier que de ses amis.
00:20C'est vrai qu'en ce moment, ils rivalisent de dureté dans la critique de leur ancien mentor.
00:24Qu'est-ce que ça vous inspire Vincent ?
00:26Les gens, ils se vengent des services qu'on leur rend.
00:28Cette phrase du voyage au bout de la nuit, le chef de l'État pourrait la faire inscrire au-dessus de son bureau.
00:34Dimanche à la tribune, Gabriel Attal a dénoncé dans son discours le chaos créé par Emmanuel Macron.
00:40Lundi, Edouard Philippe a expliqué que le président avait abîmé les institutions.
00:45Et dans la foulée, c'est Bruno Le Maire qui a fustigé, je le cite, le saccage de la dissolution.
00:51Trois figures de premier plan de la décennie Macron qui décident de s'en affranchir.
00:55C'est le signal que le temps est venu de passer à autre chose, que plus personne ne veut être associé à un président considéré comme radioactif.
01:05Alors vous me direz que c'est une permanence de l'avis du pouvoir, mais sauf à être blasé ou complètement cynique, on reste quand même sidéré par ses retournements de veste à faire palir Jacques Dutronc.
01:14Cela dit Vincent, le macronisme s'est lui-même fondé sur le débauchage. Personne ne devrait être vraiment surpris.
01:21Souvenez-vous qu'Edouard Philippe, avant d'entrer à Matignon, n'avait jamais été ministre.
01:25Il n'était pour rien dans l'aventure politique d'Emmanuel Macron.
01:28Il a été récompensé de façon spectaculaire.
01:31Bruno Le Maire avait fait 2% à la primaire de la droite.
01:34Et il aura passé, grâce au chef de l'État, 7 ans à Bercy.
01:37Quant à Gabriel Attal, simple conseiller de la ministre socialiste Marisol Touraine, il a été ministre pendant 6 ans, avant d'entrer à moins de 35 ans à Matignon.
01:46Ces 3 macronistes d'opportunité ne manquent ni de talent, ni d'ambition, mais ils ont bénéficié d'un extraordinaire accélérateur de carrière.
01:54Et on ne peut pas dire qu'il soit encombré par la reconnaissance.
01:57Disons que s'il y a un sentiment qui cimente le fragile, le socle commun, c'est l'ingratitude.
02:01Ce que nous vivons, c'est l'âge ingrat du macronisme.
02:03Mais c'est la dissolution, Vincent, que toutes ces personnalités que vous avez citées ne pardonnent pas.
02:08Vous parlez d'accélérateur de carrière, mais en l'occurrence, c'est un licenciement sans préavis qu'ont subi Gabriel Attal ou Bruno Le Maire.
02:16Vous avez raison, Dimitri, Emmanuel Macron a choisi de sacrifier tous ses fidèles dans une dissolution suicidaire, une sorte de temple solaire institutionnel et politique.
02:25Reste qu'il y a dans la débandade de cette fin de règne les mêmes caractéristiques que dans les ralliements du début.
02:30La faiblesse des convictions, on a pu vérifier sur le nucléaire ou l'immigration.
02:34La course aux places, la pratique assumée du double discours, en un mot, Dimitri, l'opportunisme considéré comme le sommet de l'art politique.
02:42Et c'est aussi cela que les membres du socle commun veulent faire oublier.
02:45Alors il s'éloigne de celui qui, en 2017, changeait le plomb en or, mais qui aujourd'hui serait capable de plomber les réserves de la Banque de France.
02:52Et Bruno Retailleau, dans tout ça, est-ce que vous pensez, Vincent, qu'il s'expose, lui aussi, en restant au gouvernement ?
02:58Pour Bruno Retailleau, ce n'est pas le gouvernement son plus grand danger.
03:02C'est plutôt d'être associé au socle commun et donc au macronisme historique.
03:06Ces électeurs se félicitent qu'ils soient ministres, mais ils comprennent moins bien qu'ils se retrouvent entre Gabriel Attel et Édouard Philippe à la table du chef de l'État.
03:13Alors certes, Bruno Retailleau, dans les enquêtes d'opinion, apparaît comme le réceptacle d'anciens électeurs d'Emmanuel Macron.
03:19Mais aujourd'hui, ces électeurs brûlent ce qu'ils ont adoré.
03:23Ils ont sans doute déjà oublié qu'ils ont été macronistes.
03:26Vous savez, Dimitri, les électeurs peuvent être, eux aussi, d'une grande ingratitude, et encore plus s'ils sont de droite.
03:32Bruno Retailleau peut donc rester place Beauvau, mais à la seule condition d'être dans la forme, comme dans le fond, un ministre de cohabitation.
03:39L'édito politique sur Europe. Merci beaucoup Vincent Trémolet de Villers.
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