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  • il y a 11 mois
L’Archive Sud Radio de Maxime Lledo

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##ARCHIVE_SUD-2025-09-21##

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News
Transcription
00:00Et comme tous les week-ends, revisitons l'actualité, ou du moins l'ambiance du moment, par les grandes archives, qu'elles soient cinématographiques, politiques ou musicales.
00:08Et ce matin, acceptez mon invitation. Approchez, installez-vous autour de cette grande table qui accueille toujours les mêmes amis, les fidèles, les agaçants et les agacés.
00:17Ceux qui ont réussi, ceux qui s'en vantent, ceux qui courent encore après la réussite mais qui font mine de s'en moquer.
00:22Et bien sûr, leurs compagnes veillant à ce que les discussions ne s'enveniment pas, que la conversation ne monte pas d'un cran, qu'on évite les sujets trop sensibles.
00:31Nous sommes dimanche, il pleut, il fait frais, Rémi André nous le disait, toute la chaleur humaine se concentre donc dans ce déjeuner où trône au centre le poulet du dimanche ou un gigot d'agneau.
00:40Les sujets semblent anodins, puis au détour d'un détail surgissent les divergences politiques.
00:45Une remarque, une certitude et c'est le vase qui déborde. Rien de grave, juste ce mélange de fierté, d'injustice, de susceptibilité qu'on connaît tous autour d'une table amicale.
00:56Nous sommes en 1974.
00:58Ce soir je bois. Heureusement je ne suis jamais ivre. Dors.
01:06Claude Sauté met en image un scénario de Jean-Loup Dabadi, Vincent, François, Paul et les autres.
01:11Respectivement à l'affiche, Yves Montand, Michel Piccoli, Serge Reggiani que vous venez d'entendre, trois amis de longue date, chefs d'entreprise, médecins et écrivains.
01:20Approche de la cinquantaine, ils se retrouvent régulièrement dans une vieille maison de campagne chaque dimanche, comme pour maintenir vivant ce symbole en pierre de leur amitié.
01:28Chacun traverse ses difficultés, ses désillusions, jusqu'à ce qu'un drame les rappelle à l'essentiel.
01:32Les véritables combats ne sont pas forcément ceux dans lesquels nous dépensons le plus d'énergie.
01:36Au début du film, cette scène culte, déjeuner du dimanche, Michel Piccoli découpe soigneusement le gigot dans son pull foncé, impeccablement posé, sur sa smiche blanche resserrée par une cravate noire.
01:47Une discussion politique démarre, quelques certitudes lancées aussitôt tournées en dérison par Serge Reggiani, fumant en bout de table, confortablement emmitouflé dans son gros pull en laine.
01:56Une ironie de l'un qui exaspère l'autre, scène de ras-le-bol amicale, touchante, tendre, une étrange sensation de déjà-vu, un sentiment que l'on a tous connu.
02:05Après tout, l'amitié, la vraie n'est-elle pas celle où l'on peut tout se dire, même un dimanche, surtout un dimanche, même autour du sacro-saint poulet ou du sacro-saint gigot ?
02:141974, Vincent, François, Paul et les autres, Serge Reggiani et Michel Piccoli.
02:18En tout cas, les gens qui habitaient là, ils se sont expulsés, eux. On sort d'histoire.
02:24Dans les reloges ?
02:26Oui, dans les HLN, avec des loyers qu'ils ne peuvent pas payer.
02:29Donc à ça, c'est aller plus loin ?
02:31Oui, dans la Creuse, c'est pas mal, il paraît.
02:34Ou dans l'Ardèche.
02:37Tu rigoles, mais les types qui sont déjà à 60 ou 100 kilomètres de leur travail, c'est pas une rigolade pour eux ?
02:43En attendant qu'on les éjecte un peu plus loin ?
02:46C'est de l'évolution urbaine, c'est inévitable.
02:48Faut savoir s'adapter.
02:50S'adapter, c'est très marrant, toi. Faut voir les moyens de s'adapter.
02:53Pierre.
02:56Ben, c'est François qui a raison.
02:59Ceux qui n'ont pas d'argent, ils n'ont qu'à s'arranger.
03:02Ou pour en avoir, ou pour s'en passer.
03:05C'est pas pour emmerder les autres, qu'est-ce que ça veut dire ?
03:08S'adapter, ça signifie quoi ? Ça signifie vivre avec son temps.
03:12Savoir bouger avec la société.
03:14Comme François.
03:17Naturellement, une seule devise.
03:18Pour changer de vie, changer la vie.
03:22Hein ?
03:22Ah, autrefois, c'était autre chose.
03:25Fallait pas rire avec le progrès social, sinon ils se fâchaient.
03:28Demain, c'était la grande époque du dispensaire.
03:30Crayons et multiplions les dispensaires de banlieue, nous devons soigner les pauvres gratuitement.
03:36La science n'est pas à vendre.
03:38Nous sommes au service du monde, etc., etc.
03:40Voilà ce qu'on entendait à Maison Alfort, dans les années 50.
03:45Puis alors, je sais pas ce qu'il s'est passé, là, foutre tout d'un coup, coup de baillette.
03:48Puis de dispensaire, dis donc.
03:50Et à la place, une clinique toute blanche à l'étoile.
03:53Nous sommes au service du monde, mais du beau monde.
03:55C'est ça, l'évolution urbaine, mon petit garçon.
03:59Les autres, ils n'ont qu'à s'installer plus loin.
04:01C'est ça, s'adapter, t'as compris ?
04:04Non, mais je fais pas entendre déconner toute ma vie.
04:06Recevoir des leçons imbéciles jusqu'à la fin des temps.
04:09Écoutez un écrivain qui n'écrit rien.
04:10Un boxeur, tu veux pas boxer ?
04:12N'évole pas qu'il couche avec n'importe quoi.
04:14Merde !
04:15Et quand on s'est parti, celui-là qui va rester avec sa dent en sud,
04:18quel genre de mécanique, qu'est-ce que j'en ai à foutre ?
04:20Écoute, François, écoute...
04:21Ta gueule, toi !
04:22Tu m'emmerdes, toi, je t'emmerde !
04:25Je vous emmerde tous, hein, vous dimanche,
04:26petit chico à la con !
04:28Merde !
04:29L'agacement de Michel Piccoli, c'était dans
04:32Vincent, François, Paul et les autres, en 1974.
04:36Vous êtes toujours sur Sud Radio.
04:37Je vous rassure, il est 7h26.
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