Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 mois
Autrefois, le capitalisme marchand contrôlait les mers, les ports, les entrepôts. La fabrique, puis l’usine ont pris le relais avec le capitalisme industriel, avant d’être supplantée par la finance. Aujourd’hui, ce n’est plus la production ni la monnaie qui commandent, mais la circulation. Flux de biens, d’énergie, de données, de services dématérialisés : c’est elle qui structure la puissance. La logistique n’assiste plus : elle gouverne. États, marchés, sociétés lui sont désormais subordonnés. [...]

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Générique
00:00Autrefois, le capitalisme marchand contrôlait les mers, les ports, les entrepôts.
00:13La fabrique puis l'usine ont pris le relais avec le capitalisme industriel avant d'être supplantés par la finance.
00:20Aujourd'hui, ce n'est plus la production ni la monnaie qui commande, mais la circulation.
00:25Flux de biens, d'énergie, de données, de services dématérialisés, c'est elle qui structure la puissance.
00:34La logistique n'assiste plus, elle gouverne.
00:37Etats, marchés, sociétés, lui, sont désormais subordonnés.
00:42Ce que le capitalisme vend désormais, ce n'est pas un produit, mais son mouvement.
00:47Disponibilité, livraison, fluidité.
00:50Le succès d'Amazon, de Chine ou d'Uber repose sur une obsession.
00:57Éliminer toute friction dans la circulation.
01:01La logistique devient la forme contemporaine de l'autorité.
01:06Les grandes plateformes numériques ne sont pas des intermédiaires passifs.
01:09Ce sont des architectes de la circulation.
01:12Elles ordonnent, elles priorisent, elles contrôlent les flux.
01:15Elles fixent les règles d'accès au marché, de visibilité et de rémunération.
01:21Leur puissance logistique redéfinit les rapports de force économiques.
01:26Comme l'explique Keller et Sterling, théoricienne de l'architecture et de la géopolitique des infrastructures,
01:33les dispositifs logistiques sont des formes de gouvernement.
01:36Port, route, câbles, data centers, satellites,
01:40ces couloirs invisibles décident de la valeur, du droit, de la souveraineté.
01:45Les États eux-mêmes deviennent dépendants de ces réseaux privés.
01:50Le capitalisme des flux se méfie de la démocratie.
01:53Toute barrière fiscale, sociale, réglementaire est une gêne à éliminer.
01:59Ces théoriciens et promoteurs ont construit des dispositifs juridiques et logistiques
02:03pour soustraire les échanges mondiaux au pouvoir des États.
02:07La logistique, loin d'être neutre, cherche à mettre l'économie globale hors de portée des pouvoirs politiques.
02:15Dans cette logique, l'humain devient une externalité.
02:20Chauffeurs Uber, ouvriers de quai, livreurs à vélo sont traités comme des maillons remplaçables.
02:26Leur existence relève d'une vie logistique structurée par l'optimisation des flux et la précarité,
02:35où la valeur ne vient plus du travail protégé, mais de son faible coût et de sa grande flexibilité.
02:42À l'ère du capitalisme logistique, chaque crise de flux, pénurie de conteneurs,
02:47canal de suesse bloqué, cybersabotage révèlent notre vulnérabilité.
02:52Elle dévoile l'ampleur de notre dépendance à une architecture logistique mondialisée,
02:59conçue pour servir les intérêts des principales firmes dominantes.
03:04La logistique est de revenu une affaire de souveraineté.
03:08Après des années de mondialisation effrénées, les États cherchent à retrouver une marge de manœuvre.
03:14Cela passe par la relocalisation d'infrastructures clés,
03:18une réflexion sur nos dépendances et un retour du politique dans les choix stratégiques.
03:25Les crises récentes l'ont encore montré.
03:28Maîtriser les flux logistiques, c'est aussi maîtriser les rapports de force mondiaux.
03:33Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations