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  • il y a 4 mois
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Fabien Roussel, Secrétaire National du Parti communiste.

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Transcription
00:00Bonjour Maya, bonjour tout le monde, bonjour Fabien Roussel, 200 000 manifestants en gros hier pour la journée, bloquons tout, bilan en demi-teinte ?
00:13Plus de 200 000 manifestants, c'est quand même beaucoup plus que ce que le gouvernement avait annoncé.
00:18Plus de 1000 grèves recensées dans des entreprises, c'est donc un mouvement de fond, et cela montre la colère immense qu'il y a dans le pays aujourd'hui.
00:28Je vous avoue que je n'ai jamais ressenti une telle colère en cette rentrée, parce que les Français d'abord en ont marre que ce soit toujours les mêmes qui fassent des efforts,
00:39eux, les salariés, les retraités, les boomers qui ont été pointés du doigt, et ils en ont marre aussi que ce soit toujours les mêmes qui soient protégés.
00:46Les plus riches, les millionnaires, les milliardaires, les grandes multinationales qui ont vu leurs impôts baisser, qui ont vu l'ISF supprimer,
00:55et donc ils disent que ce n'est plus possible. Il va falloir que les cigares changent de bouche, comme vous avez dit.
00:59On va en parler un mot encore sur la manifestation d'hier, l'appel de Jean-Luc Mélenchon à se joindre au mouvement.
01:05Ça a aidé ou ça a gêné le mouvement, selon vous ?
01:08Mais ça, ça a été aussi un cirque médiatique où tout le monde s'est amusé à dire que c'est le mouvement de la France insoumise.
01:14Moi, ce que j'ai vu dans les manifestations hier, c'est qu'il y avait beaucoup de syndicats présents,
01:18de militants syndicaux, d'associations et des militants politiques de toutes les forces de gauche.
01:23Moi-même, j'ai invité à ce que l'on y participe et à ce que cette journée du 10 soit une journée de mobilisation,
01:29et que la prochaine journée de mobilisation, ce soit celle du 18 septembre prochain,
01:34à l'appel de toutes les organisations syndicales, avec des mots d'ordre clairs, là, pour le coup,
01:40qui est les salaires, le pouvoir d'achat, l'emploi, les services publics.
01:44Et donc, nous sommes dans une période où il faut que le peuple s'en mêle.
01:49Pour que ça change, il va falloir que les Français s'en mêlent fortement.
01:52Le 18, vous souhaitez, pour le coup, une France bloquée ?
01:56Je souhaite surtout que les Français participent activement à exprimer leur colère, mais leurs attentes.
02:03Alors, le blocage, c'est un mot, mais quand une usine ne tourne plus pendant une journée,
02:11d'abord, c'est un jour de grève, c'est une journée de salaire en moins.
02:13Vous ne voulez pas utiliser le mot, mais vous voulez une France à l'arrêt ?
02:16Mais bien sûr.
02:18Entre à l'arrêt et bloqué, c'est la même chose ?
02:19Mais non, parce que c'est le moyen, malheureusement, je dirais, malheureusement, pour se faire entendre.
02:27Vous imaginez le désarroi de nos concitoyens, des jeunes, des retraités ?
02:31Comment on se fait entendre et respecter ?
02:33Le Parlement n'est pas respecté.
02:35On a manifesté pendant des semaines contre la réforme de retraite,
02:38elle a été imposée brutalement.
02:40Comment on se fait pour se faire entendre dans le pays ?
02:42Et donc, je dirais, malheureusement, il faut passer par là.
02:45Sauf si d'ici là, le Premier ministre décidait de réorienter complètement la politique du pays
02:52et de répondre aux attentes des Français.
02:55Je sens que vous avez envie de le voir, le Premier ministre,
02:58passation de pouvoir hier à Matignon, au cours de laquelle il a dit ceci.
03:01Mais je le dis aussi, il va falloir des ruptures.
03:06Et pas que sur la forme.
03:08Et pas que dans la méthode.
03:10Des ruptures aussi sur le fond.
03:13Ruptures sur le fond, dit le Premier ministre, nommé par Emmanuel Macron lui-même.
03:18Est-ce que c'est une bonne nouvelle ?
03:20Et surtout, la rupture, vous l'évaluez, à combien de milliards d'euros ?
03:23À partir de combien, ça serait une rupture ?
03:25D'abord, déjà, les mots sont importants.
03:28Moi, je lui ai dit qu'il y avait besoin de ruptures.
03:32Je suis content.
03:33Il réemploie le mot.
03:35Mais, oui, je lui ai dit.
03:38Et je lui ai dit qu'il fallait des ruptures.
03:40Et que sans rupture, nous ne pourrions pas, à aucun moment, éviter de le censurer.
03:46Donc, les mêmes causes…
03:47Et qu'il a fait du roussel dans le texte.
03:48Ça me ferait faire trop d'honneur.
03:51Mais en tout cas, je lui ai demandé d'écouter ce que disent les Français.
03:55Les Français veulent un changement, un changement profond.
03:57Et donc, on ne s'accommodera pas de discours.
04:00Combien ça coûte ?
04:02Eh bien, moi, je lui ai demandé quatre mesures.
04:05Ça va vite.
04:05Un, enlever toutes les mesures toxiques du budget Bérou.
04:08Les deux jours fériés, les franchises médicales.
04:10Ça, ça n'y aura qui ?
04:11Deux, un signal sur les salaires et les pensions.
04:15Nous demandons plus de 100 euros.
04:16Il n'est pas obligé d'aller jusque-là.
04:18Mais entre zéro et rien, il y a un chemin.
04:20Qu'il baisse la CSG sur les salaires et les pensions,
04:23comme, d'ailleurs, nous le demandons à gauche,
04:25ça peut se faire rapidement.
04:27Trois, l'abrogation de la réforme des retraites.
04:29Quatre, quatre, de la justice fiscale.
04:34Il est temps aujourd'hui de demander aux plus fortunés,
04:38aux milliardaires, aux capitales,
04:39de participer au redressement des finances publiques.
04:42Mais pardonnez-moi d'être prosaïque, c'est combien ?
04:43Une taxe qui rapporterait 10 milliards d'euros, vous prenez ?
04:46Mais c'est tout le débat que nous aurons.
04:48Ce qui est sûr, c'est que si c'est pour nous proposer des clopinettes
04:51et aller leur prendre de 3 centimes, ce n'est pas la peine.
04:53Les 500 plus grandes fortunes de France,
04:57c'est 1 200 milliards d'euros.
04:59La taxe Zuckmann, c'est 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions.
05:05Enfin, vous imaginez, c'est 2% pour ceux qui ont plus de 100 millions.
05:08Ça concerne à peine 2 000 familles.
05:10Bon, il y a quand même moyen de faire.
05:12Vous croyez, on sent que,
05:14bon, je ne sais pas ce que vous vous êtes dit avec Sébastien Lecornu,
05:17mais on sent que vous avez l'air de croire
05:20qu'il est susceptible de faire un geste.
05:23Ben, en fait, croire non, c'est pas ça.
05:26Sincèrement, au fond de moi, je suis sans illusion.
05:30Sans illusion parce que M. Lecornu, il est ministre depuis 8 ans,
05:34c'est un fidèle du Président de la République.
05:35Aujourd'hui, le problème, c'est le Président de la République.
05:38Est-ce que M. Lecornu,
05:40le nouveau Premier ministre, va être capable de lui résister ?
05:43C'est ça, la question.
05:43Ça, je lui ai dit.
05:45Est-ce qu'il sera capable de lui résister
05:47et de travailler avec ses députés ?
05:50Je le comprends.
05:51Mais aussi avec la gauche
05:52et d'avoir de la justice sociale
05:54et de la justice fiscale.
05:56Il faut débloquer le pays.
05:57Ce sont eux, les bloqueurs.
05:59Il faut débloquer le pays.
06:00Pour le débloquer, il faudra lâcher.
06:02Vous n'arrêtez pas de dire « je lui ai dit, je lui ai dit ».
06:04Vous l'avez vu depuis qu'il est Premier ministre ?
06:07Je lui ai parlé, oui.
06:08Je lui ai parlé longuement.
06:09Vous lui avez parlé longuement.
06:10Oui.
06:11Et vous avez rendez-vous, là, pour…
06:12On attend le rendez-vous physique, là,
06:15dans les heures qui viennent.
06:16Et nous irons.
06:17Et nous irons pour lui dire,
06:19pour lui redire,
06:21officiellement,
06:22ce que je viens de vous dire.
06:23Moi, il y a quatre mesures
06:24qui sont importantes pour nous.
06:25Je viens de les aider.
06:26Vous ne les aurez pas toutes.
06:26Et je veux de la justice fiscale,
06:28de la justice sociale.
06:30Il faut qu'il y ait des signes forts
06:31en direction des Français.
06:33Ce n'est pas en direction de la gauche.
06:34Vous l'avez dit.
06:34C'est en direction de nos concitoyens,
06:35des travailleurs, des retraités.
06:36Vous l'avez dit vous-même,
06:37vous n'aurez pas tout.
06:38Donc ça, on rentre…
06:38Voilà, c'est une position de négociation.
06:40Mais c'est de la discussion.
06:41C'est de la discussion.
06:42Et l'objectif,
06:43c'est de savoir
06:44si ce gouvernement
06:45est censuré d'entrée de jeu
06:46ou pas.
06:47Voilà.
06:47Alors, aujourd'hui commence
06:49la fête de l'Huma.
06:50Tout à fait.
06:51Je ne veux pas balancer,
06:52mais sur ce plateau,
06:52il y en a un qui n'y est jamais allé.
06:53Il l'a dit tout à l'heure,
06:54c'est Damien.
06:55Donc je pense que
06:56la fête de l'Huma,
06:57il va falloir inviter Damien
06:58pour la fête de l'Huma.
06:58Damien, je vous invite officiellement
07:01à la fête de l'Huma.
07:02Merci, M. Roussel.
07:03Vous pourrez écouter.
07:03Tous, je vous invite
07:04à la fête de l'Huma.
07:06Patti Smith,
07:07Eddie Depréteau,
07:08un plateau musical exceptionnel,
07:10mais aussi des débats.
07:11Ce n'est pas de la promo,
07:12Sophie Binet,
07:13Patrick Martin.
07:14Moi, je vais moi-même débattre
07:15avec Michel-Édouard Leclerc,
07:16faire les rencontres du papotin
07:18qui passe sur votre antenne.
07:19Absolument.
07:20J'adore, je suis très content
07:21de pouvoir faire ça.
07:21C'est une très belle fête populaire,
07:23joyeuse et festif.
07:25Patti Smith, mon idole.
07:27Fabien Roussel était l'invité
07:29des 4 V.
07:30À vous.
07:31Merci.
07:31Quel teaser,
07:32quelle présentation
07:33de fête de l'Huma.
07:35Merci à tous les deux.
07:35Merci à Eddovite Legris
07:37qui a traduit cette interview
07:37en langue des signes.
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