- il y a 7 mois
Les sujets qualité de l’air et changement climatique recouvrent certaines sources ou processus communs. Ils impliquent tous deux d’agir au sein de divers secteurs (transports, agriculture, résidentiel-tertiaire, urbanisme …) afin d’en diminuer les consommations énergétiques, de développer des énergies alternatives, de modifier nos pratiques, nos lieux de vie et notre organisation urbaine. Il est essentiel d’adopter des approches concertées pour éviter les effets contre-productifs sur l’un ou l’autre des enjeux.
Les évolutions climatiques auront par ailleurs un impact direct sur la qualité de l’air, en extérieur ou même à l’intérieur des bâtiments, et donc sur notre santé, qu’il faut connaître et anticiper. Des recherches financées par l'ADEME apportent un éclairage scientifique sur les articulations entre les enjeux de qualité de l’air intérieur/extérieur, du climat et de l’énergie.
L'ADEME et le ministère en charge de l'environnement, en collaboration avec les comités scientifique et d'orientation du Programme ont organisé un colloque de restitution des travaux issus de PRIMEQUAL, mardi 17 juin 2025 dont vous pouvez visionner le replay.
Pour en savoir plus sur l’accompagnement de la recherche à l’ADEME : https://recherche.ademe.fr/
Les évolutions climatiques auront par ailleurs un impact direct sur la qualité de l’air, en extérieur ou même à l’intérieur des bâtiments, et donc sur notre santé, qu’il faut connaître et anticiper. Des recherches financées par l'ADEME apportent un éclairage scientifique sur les articulations entre les enjeux de qualité de l’air intérieur/extérieur, du climat et de l’énergie.
L'ADEME et le ministère en charge de l'environnement, en collaboration avec les comités scientifique et d'orientation du Programme ont organisé un colloque de restitution des travaux issus de PRIMEQUAL, mardi 17 juin 2025 dont vous pouvez visionner le replay.
Pour en savoir plus sur l’accompagnement de la recherche à l’ADEME : https://recherche.ademe.fr/
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Voilà, Cyril Delpierre est avec nous à distance, il est directeur de recherche à l'INSERM et directeur du centre épidémiologie et de recherche en santé des populations.
00:15On va parler climat, qualité de l'air et inégalité sociale et vous êtes un bon palpeur de ces réalités aussi vous madame sur le terrain.
00:27Bonjour monsieur Delpierre.
00:28Bonjour.
00:29Ça va ?
00:30Oui, très bien.
00:31J'ai quatre questions à vous poser. La première, qualifiez-nous pour planter le décor les inégalités sociales de santé dans notre pays.
00:45Moi je m'intéresse au lien entre la position sociale des individus depuis la naissance jusqu'à l'âge adulte très avancé et le lien qui existe entre cette position sociale et la santé des populations.
00:59Donc c'est ça qu'on appelle les inégalités sociales de santé et la France se caractérise par des résultats qui sont médiocres et qui sont moins bons que ses voisins européens en termes d'inégalités sociales de mortalité, notamment précoces, c'est-à-dire avant l'âge de 65 ans.
01:13Et donc dans l'équipe on cherche à essayer de comprendre pourquoi la position sociale détermine autant l'état de santé en France.
01:19Alors comment, c'est notre sujet depuis le début de la matinée, le changement climatique et la pollution peuvent-ils créer ou accentuer ces inégalités sociales ?
01:33Quels sont les facteurs ? Quels sont les accélérateurs ?
01:36On a souvent en tête quand on parle d'inégalités sociales de santé, les comportements comme étant des mécanismes, j'ai entendu ça un petit peu juste avant, essayant d'inciter le changement de comportement.
01:46On n'a pas tout à fait les mêmes comportements et ce ne sont pas les mêmes mécanismes qui l'expliquent en fonction des groupes sociaux, mais en dehors des comportements, il y a d'autres types d'expositions qui sont conditionnées par notre position sociale et notamment les expositions physico-chimiques, par exemple la pollution de l'air, par exemple la température, le bruit, etc.
02:06Et donc notre position sociale, par les revenus qu'elles nous permettent d'avoir, par l'endroit où on va vivre, va conditionner énormément d'expositions.
02:17Et dans notre jargon, on différencie deux grands types de phénomènes ou de mécanismes.
02:24Par notre position sociale, on va être plus ou moins exposé.
02:28Donc on parle d'expositions socialement différenciées.
02:30On n'a pas les mêmes expositions, si vous habitez à Paris, même en centre-ville, avec un revenu confortable, vous allez être exposé à une pollution routière qui ne sera pas la même que celle que moi j'ai au centre-ville de Toulouse ou ailleurs.
02:46Donc on a une exposition qui va être différentielle.
02:48Et à côté de ça, c'est souvent un élément qui est oublié.
02:52On a une susceptibilité différentielle.
02:54Et ça, j'essaie de l'expliquer, c'est qu'à même exposition, si vous regardez qui va avoir des effets indésirables ou des effets délétères, par exemple, à la suite d'un pic de pollution,
03:06pour une même exposition, ça va être principalement des personnes qui seront socialement moins favorisées.
03:12Et donc on a ces deux phénomènes, à la fois des expositions différentes et à la fois une susceptibilité qui va être différente.
03:18Et donc il faut prendre en compte ces phénomènes si on veut proposer des interventions qui se veulent équitables.
03:24Vous nous expliquez qu'on n'est pas touché de la même manière selon le métier, selon l'endroit où l'on vit.
03:30Alors question, si on ne prend pas en compte ces différents critères d'inégalité sociale dans l'élaboration des politiques publiques, on passe à côté de quelque chose.
03:40Donc quelles sont vos recommandations ?
03:42Alors on passe à côté de quelque chose, oui, et surtout on aggrave les inégalités sociales de santé.
03:46C'est-à-dire qu'on l'a vu avec l'urbanisme pendant des années, comment il a été pensé et quelles conséquences ça a pu avoir sur les inégalités de santé.
03:53Donc aujourd'hui, en termes de conséquences, je vous parle un peu de l'exemple toulousain, on est en lien avec l'agence d'urbanisme à Toulouse depuis des années pour développer des outils qui permettent de mesurer l'impact que peuvent avoir, par exemple, tout programme de promotion immobilière sur l'état de santé des populations.
04:10Et on va essayer d'intégrer dans cette prise en compte de l'état de santé les écarts qui peuvent exister en fonction des groupes sociaux.
04:17On va arrêter de parler en moyenne, on va arrêter de parler de la population comme si la population existait alors que c'est des populations.
04:23Et on va essayer de s'adapter à leur profil particulier pour mettre en place des actions qui vont permettre de pouvoir réduire les inégalités.
04:34Et donc dans le champ climatique, pollution, ça va être de repenser effectivement l'urbanisme au regard de qui est exposé à quoi.
04:40Ça va être sur, par exemple, les points de chaleur dans les villes, essayer de se poser la question de qui va être exposé en fonction de là où ils habitent, mais aussi de la mobilité de la ville.
04:53Et donc, ça nécessite d'avoir des travaux qui nous permettent d'éclairer ces phénomènes pour pouvoir mettre en place des actions, je dirais, les plus efficaces et équitables possibles.
05:02Je vois que, vous ne les voyez pas, mais sur le plateau, là, nos porteurs de projets réagissent.
05:11Vous pourrez lui poser une ou deux questions parce que c'est passionnant ce qu'il nous raconte.
05:16Quelles sont les pistes d'action possibles ?
05:20Alors, c'est complexe, mais la première des choses, en tout cas, je vous donne juste mon expérience, évidemment, c'est discutable.
05:28C'est de penser les interventions avec les publics concernés.
05:32Donc, ça a été dit précédemment.
05:35On parle de recherche participative, dans notre jargon.
05:38Mais ça veut dire qu'imaginer développer des interventions sans les gens qui habitent les zones considérées,
05:44on pense aujourd'hui que c'est dépassé.
05:46Donc, ce n'est quand même pas un enjeu si facile que ça dans le monde de la recherche,
05:50de partager les savoirs et d'arriver à produire quelque chose en impliquant les populations.
05:55Et donc, c'est vraiment croiser, vraiment, la recommandation la plus simple,
06:01c'est croiser dans toute action qui visera la limitation de la pollution ou du réchauffement, par exemple, dans une ville,
06:08croiser ces données avec des caractéristiques sociales.
06:11C'est difficile, on n'a pas forcément ces informations,
06:14mais il faut à chaque fois se poser la question de quelle population au niveau social va être concernée
06:19et essayer de croiser ces données pour produire des résultats au regard de ces groupes sociaux.
06:25Oui, et puis, on parle bien des populations et ça peut se jouer au quartier, ça, souvent.
06:30Alors, nous, on travaille à l'IRIS.
06:32Voilà, vous avez raison, on travaille à une zone toute petite de 2000 personnes.
06:36Mais effectivement, au niveau des IRIS, ça peut complètement changer.
06:40Et là, on ne parle que de la pollution, mais il y a d'autres expositions,
06:43par exemple, aux espaces verts, aux pistes cyclables, à la restauration,
06:49qui sont aussi des effets majeurs de l'environnement sur la santé.
06:53Très vite, est-ce que vous avez une belle histoire à nous raconter de vos travaux à Toulouse ?
07:00Quelque chose qui a... Comment vous avez fait bouger les lignes ?
07:04Alors, je ne dirais pas qu'on a fait ou que j'ai fait bouger les lignes,
07:08mais en fait, le lien avec l'AUAT depuis des années, avec l'Agence d'urbanisme de Toulouse,
07:11nous a permis de développer un outil qu'on appelle, peu importe, Urban ISS,
07:16ISS pour inégalité sociale de santé.
07:19Donc, c'est une grille dans laquelle on a identifié des questions
07:21qui sont des questions minimales à poser ou à se poser
07:24quand on développe un projet immobilier.
07:27L'intérêt de cette collaboration ancienne, c'est que cet outil,
07:31on a pu le tester auprès de promoteurs, par exemple,
07:35et donc d'avoir des retours terrain qui nous ont permis de l'améliorer.
07:38Et surtout, la mairie s'en saisit pour aussi, je dirais, privilégier des programmes
07:46qui vont prendre en compte ces éléments,
07:50notamment de santé et d'inégalité de santé sur ces programmes.
07:54Et donc, si j'avais... Pour moi, c'est vraiment un exemple positif.
07:57Et si j'avais un vœu pieux, ce serait que l'évaluation d'impact en santé
08:01devienne obligatoire en France, comme c'est le cas en Suisse,
08:04ou comme c'est le cas dans d'autres pays, notamment nos collègues québécois,
08:08pour intégrer la dimension santé et inégalité de santé,
08:12on peut éviter de parler qu'en moyenne, dans tout programme,
08:15ou je dirais dans toute politique publique, si je peux, s'il m'ait permis de rêver.
08:22Ah ouais, rêvons, il faut.
08:23Comme ça, on aboutit à des actions.
08:26Je regarde nos panélistes.
08:27Qui a une question ou un commentaire par rapport à ce que M. Delpierre vient de nous partager ?
08:36Madame ?
08:37Juste sur le point final, sur les EIS,
08:41nous, on est justement en train d'en mener une,
08:45au niveau des collégiens, sur une cohorte de sixième d'il y a deux ans,
08:50et qu'on réinterroge cette année,
08:53parce que l'objectif, c'était de mener des actions sur les modes actifs,
08:57dans ce collège-là, précisément, dans trois collèges.
09:00Mais le systématiser, au vu de la durée de l'enquête,
09:05et de la nécessité des ressources, ça va être compliqué.
09:10Alors, je suis d'accord, évidemment.
09:11Après, il y a des EIS courts, tout longs, vous devez le savoir aussi,
09:14mais c'est vrai que, je suis d'accord avec vous,
09:15il y a une question de moyens,
09:17mais pour des gros projets de promotion immobilière,
09:19on pourrait imaginer qu'un EIS rapide soit mis en place,
09:24mais effectivement, ça devra, ou ça devrait s'accompagner de moyens,
09:27je vous rejoins complètement,
09:28et y compris dans le champ de la recherche,
09:30où ce type de recherche est encore, je dirais,
09:33sous-développé par rapport à d'autres disciplines ou thématiques.
09:38Messieurs, commentaires, questions ?
09:41Monsieur ? Et vous ? Giovanni ? Ça va ?
09:45Alors, on va donner, il nous reste 5 minutes,
09:49je nous octroie 5 minutes de temps additionnel,
09:54et on se quittera à 12h35, ça va ?
09:57C'est pas inconvenant ?
09:59Pour donner la parole à la salle,
10:01je vous promets le pitch sur la deuxième étude,
10:04et on conclura.
10:06Alors, qui veut prendre la parole ?
10:08J'ai aussi des questions à distance,
10:10on y va, sur les deux projets qui ont été présentés,
10:13l'appropriation par le territoire,
10:15et puis cet éclairage par Cyril Delpierre,
10:19de climat, qualité de l'air, inégalité sociale.
10:22On y va.
10:24Qui prend le micro ?
10:25Je vais vous faire réagir, moi.
10:33Il fait chaud, c'est ça ?
10:35Il fait chaud ?
10:38Santé publique France.
10:41Vous connaissez.
10:46Merci.
10:47Réagir, oui, c'est forcément très intéressant,
10:52et ça rejoint la fin de la précédente table ronde,
10:57à savoir qu'on a maintenant un corpus de données
11:00assez conséquent,
11:01et il y a la question de l'acceptabilité,
11:05ou comment, finalement,
11:06et on voit qu'il y a des outils qui peuvent exister,
11:08et qu'on peut accepter sous condition d'accompagnement.
11:11Voilà, ça, c'est un point important.
11:13Un autre point, c'est évidemment,
11:14nous aussi, à Santé publique France,
11:16on est très attaché aux inégalités sociales de santé,
11:19et on essaye, à chaque fois,
11:21dans nos études,
11:22d'introduire ce paramètre-là.
11:24Donc, je rejoins l'importance
11:29de la diversité des populations,
11:33et qu'il faut tenir compte de ça.
11:35Après, il y a des difficultés,
11:36comme ça a été évoqué,
11:37notamment en termes épidémiologiques,
11:38sur la vulnérabilité, la susceptibilité.
11:40On manque encore de données sur ces sujets-là.
11:43Mais il faut en tenir compte, à chaque fois,
11:45dans les études qu'on fait,
11:46dans les recommandations qu'on fait.
11:48Et donc, voilà, je trouve ça aussi très intéressant,
11:51l'appropriation des résultats
11:53par la ville et la métropole de Lyon.
11:56Et voilà, j'en profite pour dire
11:58qu'on fait une étude sur les écoles
12:01avec la ville de Paris et la ville de Lyon.
12:04Et donc, on essaie de voir
12:06quel est l'impact de la pollution de l'air
12:09à proximité des écoles.
12:10Et pour nous, Santé Bic France,
12:11c'est important de le faire avec les décideurs,
12:14pour voir quels sont les scénarios pertinents à adopter,
12:17comment accompagner au mieux les politiques,
12:21en tenant compte éventuellement de,
12:23par exemple, si c'est une REP ou une REP+,
12:25est-ce qu'il faut avoir un accent privilégié ?
12:28Donc, voilà, en tout cas,
12:29souligner l'importance des thématiques
12:32qui ont été abordées ce matin.
12:35Merci.
12:35Une question à distance pour vous,
12:39pour vous deux.
12:40Oui, elle est là.
12:42Les coûts des études sont supportés par qui
12:45dans votre organe ?
12:49Une question qui est posée comme ça.
12:50Les coûts des études sont supportés
12:55par la métropole de Lyon,
12:55par le maître d'ouvrage.
12:56Bien sûr, mais c'est dans votre direction ?
12:59Oui, alors, moi, j'appartiens à la direction
13:02des mobilités.
13:03Et donc, ça va dépendre des projets.
13:07Des projets comme la ZFE,
13:08qui est une politique de mobilité,
13:09et le coût des études de mobilisation,
13:11c'est bien à la charge de la direction des mobilités.
13:14Après, lorsqu'on va avoir des projets d'espace public
13:16qui ont des impacts de mobilité,
13:18parce qu'on va changer la configuration de la voirie,
13:20là, les études peuvent être portées,
13:24en termes de coûts,
13:24par le service de la maîtrise d'ouvrage,
13:26donc le pilote des projets d'aménagement.
13:29Ça va dépendre du type de projet,
13:31du type d'études.
13:33Monsieur Delpierre,
13:34il y a une petite musique autour de la ZFE,
13:37là, dans notre journée,
13:38vu l'actualité, bien évidemment.
13:40Et donc, il y a une question qui est posée.
13:43Enfin, le débat a été pollué
13:46par ZFE, inégalité sociale.
13:51Alors, quel est votre point de vue là-dessus ?
13:55Est-ce qu'on n'a pas là un petit bout de la lorniette
13:57qui a tué le projet ?
14:00On s'est posé la question pour la métropole de Toulouse.
14:05Il est clair que quand vous regardez
14:06qui est exposé au trafic routier
14:07ou qui est à côté du périphérique,
14:09ce sont les zones de la ville
14:11qui sont les moins riches.
14:13Donc, il y a effectivement,
14:15quand vous...
14:16Une pratique, je dirais, universelle,
14:18telle que la ZFE,
14:20permet effectivement de réduire
14:22les inégalités d'exposition,
14:23puisque les personnes qui vont bénéficier en premier
14:25sont celles qui sont les plus exposées.
14:26Pour une ville comme Toulouse,
14:28ce sont celles qui sont les moins favorisées.
14:31La difficulté, c'est que ce n'est pas forcément pareil
14:33dans toutes les villes.
14:34Je vous conseille le rapport
14:35sur les inégalités en France
14:37de l'Observatoire des inégalités
14:38qui est sorti il y a deux semaines
14:39et qui montre les variations
14:40qu'il peut y avoir du lien
14:43entre inégalité sociale
14:44et inégalité environnementale,
14:46notamment la pollution,
14:48en fonction des villes.
14:50Donc, je pense que c'est un diagnostic
14:51qui doit être fait de manière localisée
14:53pour pouvoir avoir, je dirais,
14:58une conclusion et une attitude adaptée.
15:00D'accord.
15:01Une question pour M. Donosio.
15:03Donc, appropriation par Grand Lyon d'Acacia.
15:08Est-ce que vous travaillez
15:09avec d'autres territoires,
15:11avec ce modèle ?
15:12Alors, oui.
15:14Et puis, la personne demande également
15:17et quelle appropriation je peux m'en faire.
15:20je ne sais pas d'où elle vient, mais...
15:24Alors, moi, je pilote un projet de recherche
15:28dans un programme qui s'appelle
15:30analyse environnementale des transports.
15:33Dans ce programme-là,
15:34il y a plusieurs projets.
15:36Dans ces différents projets,
15:38on a l'habitude de travailler
15:39avec d'autres métropoles,
15:40de préférence,
15:41mais par des raisons de proximité géographique
15:44de nos deux sites sur Lyon et Paris.
15:46On travaille avec la métropole de Lyon
15:48et la métropole du Grand Paris.
15:49Mais, en fait,
15:51notre manière de faire
15:54est toujours la même.
15:55En fait, on met en place
15:56des approches basées modèles
15:58qui sont réplicables partout ailleurs.
16:00Partout ailleurs.
16:01En modifiant, bien sûr,
16:02les hypothèses, les paramètres.
16:03Bien sûr.
16:04Les modèles qui régissent
16:05les phénomènes d'émissions de polluants
16:07sont les mêmes.
16:10Le pitch de votre deuxième étude.
16:13Désolé encore.
16:15Très rapidement, la deuxième étude,
16:17c'était pour essayer de voir
16:19si au-delà des incitations monétaires,
16:21on ne pouvait pas imaginer
16:22des messages
16:23qui fassent sortir
16:24de l'autosolisme
16:26et donc qui soient favorables
16:27plus à des solutions alternatives
16:29qui restent dans le domaine
16:30de la voiture,
16:31c'est-à-dire le covoiturage.
16:33Et pour ça,
16:34vous avez un truc
16:36assez classique
16:36en psychologie sociale
16:39qui s'appelle
16:40la diffusion d'un message
16:41de normes sociales.
16:43Vous en avez des exemples
16:44quand vous allez à l'hôtel,
16:45quand on vous demande
16:46de penser à la planète
16:48pour ne pas mettre
16:49votre serviette à laver,
16:51c'est une norme sociale.
16:52C'est-à-dire,
16:52on communique
16:53sur ce qu'il faudrait faire.
16:55Un autre exemple aussi,
16:57c'est la comparaison
16:57de votre facture d'électricité
17:00et de votre consommation
17:01d'électricité
17:02par rapport
17:02à votre voisinage.
17:04Ça,
17:05on peut donner
17:05ce genre de message
17:06à ceux qui consomment
17:07plus que les autres.
17:09Le problème
17:09avec la question
17:10du covoiturage,
17:11c'est que si on donne
17:12en moyenne
17:13les gens qui font
17:14du covoiturage,
17:15ça ne va pas être
17:16très incitatif.
17:18Donc,
17:18on a testé,
17:19je pense que c'est
17:20à toi de me dire,
17:21Frédéric,
17:22mais l'un des premiers papiers
17:23à tester ça,
17:24c'est-à-dire une autre norme
17:26qu'on appelle
17:26une norme sociale dynamique.
17:28C'est-à-dire qu'au lieu
17:29de communiquer sur la moyenne,
17:30on va dire,
17:30de plus en plus de gens
17:31font du covoiturage
17:33ou de moins en moins
17:34de gens font de l'autosolisme.
17:36Un message valorisé
17:38de manière soustractive
17:39et un message valorisé
17:40dont la valence
17:42est additive.
17:43Soit de plus en plus,
17:44soit de moins en moins.
17:46Et le résultat,
17:47c'est grosso modo
17:48que ce message
17:50globalement,
17:51soit présenté
17:53de manière soustractive
17:54ou positive,
17:55les deux fonctionnent.
17:56On a un groupe test,
17:57un effet placebo,
17:58comme en médecine.
17:59Et puis après,
17:59on fait des traitements
18:00où on donne
18:00les deux messages différents.
18:02Donc,
18:02ça fonctionne.
18:03Et ensuite,
18:04quand on compare
18:04l'un par rapport
18:05à l'autre,
18:06c'est quand même
18:06la communication
18:07sur le fait
18:08que de moins en moins
18:09de gens
18:09font de l'autosolisme,
18:11donc prennent
18:12leur voiture seule,
18:13qu'ils fonctionnent en plus.
18:15Voilà.
18:16Alors,
18:17chez vous,
18:18comment ça se passe ?
18:20L'autopartage ?
18:22Au covoiturage.
18:23Attention,
18:24au covoiturage
18:25et non pas au covoiturage.
18:26Au covoiturage.
18:28Alors,
18:29le covoiturage,
18:29comme on disait,
18:30effectivement,
18:30la pratique
18:32n'est pas forcément
18:33une norme sociale
18:34de par son niveau
18:36sur la métropole.
18:39Après,
18:39c'est,
18:40voilà,
18:40malgré tout,
18:41il y a de plus en plus
18:42de gens
18:43qui covoiturent.
18:45Et après,
18:46ça passe
18:46par de la pédagogie
18:48et par des outils,
18:49effectivement,
18:50et la communication
18:51engageante.
18:51Alors,
18:51on n'a pas encore testé
18:52ces messages-là
18:54dans nos outils
18:55de communication.
18:56On fera remonter,
18:56justement,
18:57à nos chargés
18:58de com
18:59pour voir
18:59si on peut
19:00le tester ou pas.
19:02Ça concerne
19:03le transport de biens
19:03aussi,
19:04d'ailleurs.
19:05pas seulement
19:06de personnes.
19:07Oui,
19:07là,
19:07il y avait...
19:08Oui,
19:08j'ai fait général.
19:11On propose
19:12deux solutions
19:12de covoiturage,
19:13tant covoiturage
19:15de personnes,
19:16donc une solution
19:16très connue.
19:17Et puis,
19:18vous avez une solution
19:18qui commence
19:20tout juste
19:21à se développer,
19:22qui est le co-transportage
19:23de colis,
19:24cette fois-ci.
19:25Et c'est assez étonnant
19:26parce que quand on laisse
19:27la possibilité aux gens
19:29de choisir entre
19:29ces trois solutions,
19:31en particulier
19:31entre les deux sources
19:32de covoiturage,
19:33il semblerait
19:34qu'ils préfèrent
19:35transporter un colis
19:36qu'une personne.
19:40Et votre expérience
19:41psychosociale,
19:42pardonnez-moi,
19:42ça marche
19:42quelle que soit
19:43la population,
19:44quel que soit
19:45le sexe,
19:45quel que soit
19:45l'âge,
19:46quel que soit
19:46l'origine sociale
19:47ou c'est pas le cas ?
19:48Alors,
19:48c'est une méthode
19:49expérimentale,
19:50toute chose
19:51est en Hegel
19:51par ailleurs,
19:52mais on prend,
19:53non,
19:53mais c'est comme
19:54la médecine,
19:55on prend aussi
19:58des variables
19:59qu'on contrôle
20:00pour essayer
20:00que nos groupes
20:01soient homogènes
20:02et hétérogènes.
20:03Ensuite,
20:03on a des expériences,
20:05on sait que par rapport
20:05aux classes sociales,
20:06certaines conséquences
20:07marchent plus que d'autres.
20:09Par exemple,
20:10quand on est dans
20:10une classe sociale
20:10favorisée,
20:11défavorisée,
20:12c'est difficile
20:13de se projeter
20:13de l'avenir
20:14tellement que le présent
20:15est dur.
20:16Dans ces cas-là,
20:17il vaut mieux parler
20:17de conséquences
20:18concrètes et proches
20:19pour les classes
20:20sociales favorisées
20:21où le projection
20:22dans le futur
20:23dû à des conditions
20:24dans le présent
20:24meilleures sont plus faciles.
20:26Là,
20:26on parle.
20:27Mais en l'occurrence,
20:29dans cette étude-là,
20:31on a des classes sociales,
20:32de toutes classes sociales,
20:33dans tous les groupes.
20:35Et après,
20:36comme les effectifs
20:37deviennent petits,
20:38c'est difficile
20:39de comparer,
20:40mais on fait attention
20:41à ce que nos groupes
20:42ne soient pas significatifs
20:44d'hyméférants
20:44en termes d'âge,
20:46en termes de lieux
20:47de résidence
20:48et en termes
20:49d'identité sociale
20:50environnementale
20:51et en termes
20:51de classe sociale.
20:53Mais évidemment,
20:53le discours est différent
20:54par rapport
20:55à la classe sociale
20:55et ça,
20:56c'est important
20:56effectivement aussi
20:57de le préciser.
20:59Encore une ou deux questions
21:01dans la salle.
21:02Là,
21:02je n'ai plus rien
21:03sur le fil à distance.
21:04Monsieur ?
21:05Je vous en prie.
21:06Monsieur là-bas.
21:07Évidemment,
21:07à l'opposé.
21:10Allez-y.
21:12Non,
21:12attendez,
21:13non,
21:13parce qu'on doit l'enregistrer
21:14pour ceux qui nous écoutent
21:15à distance.
21:16Didier Chapuis,
21:19Atmo Auvergne-Rhône-Alpes.
21:20J'avais une question.
21:21Est-ce qu'on parle souvent
21:21de sociologie
21:22pour essayer de sensibiliser
21:23les populations,
21:24essayer de les convaincre
21:26du changement de comportement ?
21:28En fait,
21:28je me demandais
21:28s'il y avait des études
21:30pour essayer aussi
21:31de sensibiliser
21:31finalement nos décideurs
21:32parce qu'on se rend bien compte
21:34qu'il y a quand même
21:35beaucoup de choses
21:35qui passent par eux,
21:36que ce soit les décideurs
21:37ou les médias.
21:38Et il y a souvent,
21:39parce que des évaluations
21:40sur la ZFE,
21:41il y en a des centaines
21:42maintenant probablement.
21:44Donc,
21:44des chiffres,
21:45on en a.
21:46Maintenant,
21:47il faut que les décideurs
21:49soient sensibilisés
21:50sur ces chiffres.
21:50Je vous posais la question
21:51tout à l'heure.
21:52Comment ça remonte
21:54à l'élu ?
21:57Après,
21:58il y a différents niveaux
21:59de décideurs.
22:00D'où les nôtres,
22:00ils étaient bien au courant
22:01de l'intérêt,
22:03de l'opportunité.
22:05C'est vrai que
22:06ce qui se passe après
22:07à l'Assemblée nationale,
22:09nous,
22:09Métropole Lyon,
22:10Service Technique,
22:11on a moins la main dessus.
22:13Mais,
22:14oui,
22:14non,
22:14je...
22:15D'accord.
22:16Si je peux rajouter,
22:17il y a quelque chose,
22:18parce que là,
22:18on a imprimé quoi ?
22:19Il y a les chiffres.
22:20Il faut aussi bien comprendre
22:21que si on ne veut pas
22:22les décideurs,
22:23mais aussi influencer,
22:25on dirait,
22:26une masse sociale aussi,
22:27les chiffres,
22:28ça ne parle pas.
22:29Il faut quand même
22:30qu'on puisse comprendre aussi
22:31que les chiffres ne parlent pas
22:32et que la communication médiatique
22:34en termes de chiffres
22:35ou d'augmentation
22:37peut paraître super difficile
22:38pour certains
22:39de se lancrer
22:40et de se listrer.
22:42Donc,
22:42il faut aussi mettre en explant
22:44des conséquences concrètes
22:45et des exemples concrets.
22:47Et c'est là aussi,
22:47peut-être,
22:48je pense,
22:48alors moi,
22:49je ne suis pas devin,
22:50mais qu'il y a quelque chose
22:50qui a bloqué avec la ZFE aussi
22:52par rapport à la communication
22:53et en termes de chiffres.
22:55Parce qu'il y a aussi
22:56quelque chose à faire
22:57en termes de prise,
22:58de liberté,
22:59d'endroit où on pourrait
23:01et les chiffres,
23:02ça ne parle pas tout le monde.
23:03d'accord.
23:05Merci beaucoup.
23:05Merci à vous.
23:06Merci beaucoup,
23:07monsieur Delpierre.
23:07Un dernier mot ajouté ?
23:10Non, non,
23:10je suis complètement en phase
23:11avec ce qui vient de dire
23:12juste à l'instant.
23:13Très bien.
23:14Merci,
23:15merci à vous.
23:16et je vous remercie.
23:17Merci à vous.
23:17Merci à vous.
23:18Merci à vous.
23:18Merci à vous.
23:19Sous-titrage Société Radio-Canada
23:20Merci à vous.
Commentaires