00:00Il est 7h40, langue éco, François Langlais, quel que soit le médecin, vous nous dites que l'ordonnance reste valable.
00:06En d'autres termes, François, François Bayrou peut bien s'en aller, il va falloir soigner notre modèle social.
00:12Et pour vous, les choses sont extrêmement claires, tout le monde va devoir y passer.
00:16Oui Thomas, parce que derrière cette crise budgétaire, il y a en réalité la crise du modèle social français.
00:22C'est-à-dire l'effet de ciseaux qui s'ouvre entre des dépenses qui progressent à un rythme pas contrôlé
00:28et puis des recettes qui ne sont pas aussi dynamiques.
00:30C'est ça qui explique notre déficit et notre dette.
00:33Il n'y aura pas de correction budgétaire durable, quel que soit le Premier ministre, vous l'avez dit,
00:38s'il n'y a pas de réforme du modèle social français.
00:41Attendez François, le modèle social français, c'est une expression, une tarte à la crème qu'on met à toutes les sauces.
00:46C'est quoi exactement ? On parle de quoi avec ce modèle social français ?
00:49De toutes les aides, remboursement de santé et revenus de substitution, comme les retraites, comme les allocations chômage,
00:56versées par l'État ou ses démembrements aux citoyens.
01:00Vous savez qu'en moyenne, quand un français touche 1000 euros, il y en a près de 350 qui viennent de la redistribution.
01:07C'est l'un des chiffres les plus élevés au monde.
01:09Bon, c'est notre filet de sécurité, il est indispensable, mais il ne cesse de se renforcer.
01:15Dans les dernières années, on a par exemple étendu le congé paternité, attribué des trimestres de retraite gratuits
01:21à ceux qui s'occupent d'un membre de leur famille dépendant.
01:24On a fait exploser les arrêts maladie.
01:26Et puis, bien sûr, le nombre de retraités a progressé de moitié en 20 ans.
01:31Ça, c'est la démographie.
01:32Dans le même temps, le nombre des actifs n'a pas progressé autant, et puis la croissance a diminué.
01:38Plus de dépenses, moins de recettes, voilà le ciseau.
01:40Bon, si je lis entre vos lignes, François, vous nous dites quoi ? Qu'il faut les casser, ces protections ?
01:45Non, non, non.
01:46En fait, il y a un double mouvement à faire.
01:48Travailler davantage, on en a parlé souvent.
01:50Et puis, encadrer, pas casser ces protections.
01:53Par exemple, des franchises plus importantes sur le remboursement des soins.
01:57Je rappelle que De Gaulle, en 58, pour redresser le pays, a imposé des franchises médicales
02:03de l'équivalent de 130 euros d'aujourd'hui par semestre et par assuré.
02:07On n'en est pas morts.
02:08Enfin, plutôt, nos parents n'en sont pas morts.
02:11Autre exemple, les ruptures conventionnelles, qui sont souvent des démissions déguisées,
02:15qui donnent le droit aux allocations chômage.
02:17Il y en a près de 500 000 par an.
02:19C'est plus possible.
02:20C'est à la fois une incitation à ne pas travailler et un coût.
02:23Si on résume, dans le partage du risque entre l'individu et la collectivité,
02:27il faut faire bouger un peu le curseur, pour que l'individu assume un peu plus.
02:31– Mais est-ce que c'est vraiment possible, ça, dans la France d'aujourd'hui,
02:34dans le pays dans lequel l'État se trouvent les gens ?
02:38– Écoutez, d'autres pays européens l'ont fait.
02:41Je pense que c'est possible avec une réforme juste.
02:44Une réforme qui proportionne l'effort au niveau de revenus.
02:47C'est indispensable.
02:48Tout le monde ne peut pas payer la même chose.
02:49Et puis une réforme qui traite aussi la question des allocations pour les étrangers,
02:53en en resserrant les conditions d'attribution, au moins pour certaines.
02:57Là encore, la plupart des pays européens le font.
03:00Avec ces deux conditions remplies, chacun d'entre nous peut consentir à faire un effort.
03:06Alors, pour autant, là où je vous rejoins,
03:08c'est qu'une telle révolution n'est pas possible avant la prochaine présidentielle.
03:11Il faut pour ça un vrai débat politique.
03:13Il ne peut avoir lieu que lors de l'élection principale en France,
03:17celle du président, qui seul est résolutoire.
03:19– Et qui, pour l'heure, est toujours…
03:20– Sous-titrage Société Radio-Canada
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