00:00Il est 7h39, langue éco, François Langlais, faire payer aux riches, c'est visiblement la dernière carte dans le jeu du Premier Ministre François Bayrou.
00:10Alors François, on va être direct, carte maîtresse ou pas ?
00:13Écoutez, de toute façon, vous l'avez dit, c'est la dernière carte de François Bayrou pour tenter de convaincre les socialistes de lui accorder leur confiance le 8 septembre.
00:22Et puis, rester à Matignon pour tenter de faire passer le budget 2026, hier soir sur TF1, il a annoncé qu'il allait recevoir les partis pour discuter avec eux, justement, à partir de lundi.
00:33Alors taxer comment ? Souvenez-vous, dans les mesures qu'il avait envisagées le 15 juillet, il y avait 4 milliards de hausses d'impôts qui n'avaient pas été précisées.
00:42Concentrer ces impôts sur les personnes à haut revenu et gros patrimoine, ça serait le moyen de rencontrer les attentes politiques du PS pour obtenir ce fameux vote de confiance.
00:54Mais de quoi il s'agirait exactement ?
00:56En fait, il s'agirait de deux prélèvements distincts. L'un frapperait les revenus.
01:01Ça serait un dispositif qui a déjà été évoqué, fixant un plancher minimal de 20% d'impôts sur le revenu pour les ménages gagnant plus de 500 000 euros par an.
01:12Bon, ça représente un Français sur 1000.
01:15Aujourd'hui, ces contribuables sont parfois en dessous de 20% d'impôts, contrairement à la classe moyenne, grâce aux dispositifs de défiscalisation.
01:23L'autre impôt en germe, bon, il est plus aventureux, plus flou.
01:26Il s'agirait de taxer les très gros patrimoines privés à hauteur de 0,5% du montant de la fortune chaque année, à partir d'un seuil qui est à définir.
01:37Bon, ça serait en fait le retour de l'ISF qu'Emmanuel Macron avait supprimé à son arrivée.
01:41On a entendu le MEDEF qui est vent debout contre l'idée d'un retour de l'ISF.
01:45Vous parlez de patrimoine privé. C'est quoi exactement le patrimoine privé ? On parle de quoi ?
01:50Ça exclurait ce qu'on appelle l'outil de travail, c'est-à-dire les entreprises qui sont détenues par ces contribuables fortunés.
01:58Pour prendre un exemple, Bernard Arnault ne serait pas taxé sur la valeur du géant du luxe qu'il possède, LVMH,
02:03mais sur ce qu'il possède par ailleurs personnellement.
02:07On taxerait les propriétés immobilières, les portefeuilles financiers et puis aussi les sociétés, ce qu'on appelle les holdings,
02:15dans lesquelles certains logent leurs revenus sans les toucher formellement, justement pour éviter l'impôt.
02:20Vous nous alertez souvent sur le risque de voir les investisseurs et les grands patrons fuir la France si on les taxe trop.
02:27C'est vrai ?
02:27Oui, c'est vrai. Ce risque, il existe. Et justement, Patrick Martin l'a rappelé hier, il faut savoir, j'allais dire, jusqu'où ne pas aller trop loin.
02:37Parce que la facture pour l'économie, pour l'emploi et finalement pour l'État et ses recettes fiscales elles-mêmes seraient élevées.
02:44Ça serait contre-productif.
02:45Mais c'est vrai aussi que le climat fiscal change en Europe.
02:50La chasse aux riches, qui était une spécialité française, commence à s'exporter.
02:55Regardez le Royaume-Uni, il a mis la dose il y a un an, en révoquant le régime fiscal très avantageux des étrangers vivants sur le sol britannique.
03:02La Norvège, elle a introduit un impôt sur le patrimoine.
03:05Et son maintien est l'un des principaux enjeux de la campagne électorale qui se déroule en ce moment.
03:10Vote le 8 septembre d'ailleurs.
03:12Et même la Suisse, même la Suisse, le paradis des riches, organise un référendum sur la mise en place d'un ISF.
03:18Vous voyez que, décidément, l'étanchant.
03:21C'est vrai.
03:21Il y a quelques années, il y a une dizaine d'années aux Etats-Unis, il y avait des milliardaires qui avaient dit taxer nous.
03:24Il y avait tout un mouvement comme ça.
03:26Notamment Warren Buffett, qui disait payer moins d'impôts que son assistante.
03:29Enfin, en proportion évidemment.
03:30Il y avait tout un mouvement.
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