00:00RTL Matin, il est 7h39, Langleyco, François Langlais, 211 milliards, c'est donc le chiffre qui fâche,
00:08211 milliards d'aides aux entreprises chaque année, sans contrôle, sans contrepartie, s'étrangle notamment la gauche.
00:14Alors bon, c'est vrai que c'est un chiffre impressionnant, 211 milliards, François.
00:18Est-ce que les entreprises françaises sont gavées aux aides publiques ?
00:21Thomas, ce chiffre de 211 milliards est complètement bidon.
00:26C'est bidon parce que c'est une addition de dépenses complètement hétéroclite,
00:29c'est des choux, des carottes et des oignons.
00:32Quelques exemples.
00:33On met là-dedans les aides à l'audiovisuel public,
00:37les subventions que l'État verse à la retraite des fonctionnaires,
00:39des agents de la SNCF ou ceux de l'EDF sous statut,
00:43et il y en a quand même pour des dizaines de milliards d'euros.
00:45Il y a encore le coût des taux de TVA réduits pour la restauration,
00:49pour le secteur culturel aussi, pour l'alimentaire.
00:52En fait, l'inventaire de ces grossières approximations a été fait tout récemment
00:56par le mouvement des entreprises de taille intermédiaire,
00:58c'était dans le journal Les Echos.
01:00Bon, ça veut dire qu'il n'y a pas de définition claire aujourd'hui de l'aide aux entreprises ?
01:04Oui, c'est ça, exactement.
01:06Les estimations varient d'ailleurs du simple au double, selon ce qu'on considère.
01:10Et c'est d'ailleurs pas si facile de trouver la bonne définition.
01:13Les subventions à la retraite pour les conducteurs de train,
01:16est-ce que c'est une aide à l'entreprise ou aux cheminots ?
01:19Les allégements de charges, on peut les voir comme un cadeau indus fait aux entreprises
01:24qui ne veulent pas payer la protection sociale,
01:26ou comme une aide à l'emploi qui profite à la collectivité,
01:29et en premier lieu aux bénéficiaires.
01:32C'est la même chose pour les taux de TVA réduits.
01:34Qui en profite sinon ? Le consommateur.
01:36On a du mal à définir ces aides, mais pour autant,
01:38est-ce qu'il y a des sommes qui, selon vous, pourraient être récupérées pour réduire le déficit ?
01:42Sans doute. Mais avant de faire ce travail, il faut quand même comparer le montant de ces aides
01:48aux impôts payés par les entreprises.
01:50Selon les calculs de Rex & Code, c'est un institut économique proche du patronat,
01:53mais dont les conclusions sont reprises par le rapport sénatorial.
01:57Le prélèvement net sur les entreprises françaises atteint 20% de leur activité.
02:02Autrement dit, une fois qu'une entreprise a payé tous ses impôts et reçu toutes ses aides,
02:07elle a versé à l'État 20% de la valeur qu'elle crée.
02:10Et, c'est là que c'est le plus important, c'est le chiffre le plus élevé de toute l'Europe,
02:15à l'exception de la Suède.
02:16Bon, vous voyez que les entreprises ne se font pas de gras là-dessus.
02:19Quand on les compare à leurs concurrentes, des pays voisins,
02:23même après les aides, ce sont les plus taxés d'Europe,
02:25c'est-à-dire les plus taxés du monde, après les Suédoises.
02:29Donc, soyons prudents.
02:31J'entends ce que vous dites, François, mais est-ce qu'il n'y a pas quand même un problème de contrôle de ces aides ?
02:35On dit souvent, c'est sans contrepartie, on ne sait pas ce qui se passe derrière.
02:37C'est vrai. Je le pensais aussi.
02:38Et franchement, j'étais très surpris par les conclusions du rapport sénatorial,
02:42qui dit non, il n'y a pas de problème de contrôle.
02:44Les aides européennes sont, je cite, extrêmement contrôlées.
02:48Les aides sociales, notamment les allègements de charges,
02:51font l'objet d'un contrôle vigilant, je cite encore, par l'URSSAF.
02:55Quant au crédit d'impôt recherche,
02:56il donne lieu à plus de 1000 contrôles par an, sur 15 000 bénéficiaires.
03:01Et bien voilà qui est dit.
03:02Et ce matin, dans les échos, ça ne vous a pas échappé,
03:04Patrick Martin, le président du MEDEF,
03:06dit qu'il...
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