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  • il y a 4 mois
A l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre mardi à Matignon, Marine Le Pen a appelé à une dissolution "ultra rapide" après le vote de confiance du 8 septembre. Comment le Rassemblement national prépare-t-il l'après François Bayrou ? Louis Aliot, vice-président du RN et maire de Perpignan, est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 03 septembre 2025.

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Transcription
00:00L'invité d'RTL Matin ce matin, c'est Louis Alliot, maire de Perpignan et premier vice-président du Rassemblement National.
00:07Bonjour et bienvenue sur RTL, Louis Alliot.
00:09Bonjour.
00:10L'initiative de François Bayrou est une forme de suicide politique, a déclaré Nicolas Sarkozy dans le Figaro ce matin.
00:17Dans l'intérêt du pays, pourquoi ne pas aider le Premier ministre à se sortir de ce mauvais pas dans l'intérêt de la France ?
00:23Encore faut-il qu'il y ait des propositions cohérentes et de prendre une direction que tout le monde comprenne.
00:30Parce que pour l'instant, si on écoute M. Bayrou, très honnêtement, on ne voit pas où il veut aller, sinon de dire que c'est grave.
00:37Tout le monde sait très bien que la situation du budget de l'État est grave et déjà depuis longtemps.
00:42Mais hier, dans le rendez-vous qu'il a eu avec Marine Le Pen et Jordan Bardella,
00:46où d'une heure de discussion, il n'y avait pas de grande direction, de grande avancée,
00:53il restait toujours campé sur ses positions.
00:56Et on se demande encore pourquoi il a actionné ce mécanisme du vote de confiance.
01:01Sinon, pour préparer sa sortie, tout simplement.
01:03Est-ce qu'il existe encore une chance, si minime soit-elle, que vous ne votiez pas contre la confiance lundi ?
01:10Non, je crois qu'il n'y a aucune chance.
01:11Aucune chance ?
01:12Mais la balle est dans son camp, il n'a pas de majorité.
01:15Soit il assume de gouverner avec la gauche, et à ce moment-là, il faut qu'il prenne des mesures que la gauche lui propose.
01:21Soit il assume de gouverner, ou en tout cas de discuter plus sérieusement avec le Rassemblement National,
01:29et il faut qu'il assume un certain nombre de positions que nous avons.
01:31Est-ce que vous n'avez pas l'impression, Louis Alliot, que quand vous en tombez le gouvernement,
01:34vous allez participer à cette bordélisation que vous avez souvent reprochée à LFI ?
01:38Est-ce que ce n'est pas la victoire du chaos ?
01:41Non, mais les institutions, c'est fait pour ça.
01:43En fait, je veux dire, la Ve République est suffisamment solide.
01:46Vous êtes sûr ?
01:47Oui, je pense, oui.
01:48Mais d'ailleurs, tous les mécanismes sont prévus pour.
01:51Il y a la continuité de l'État, et le budget continuera à s'appliquer,
01:55et puis on discutera du prochain budget avec le prochain Premier ministre.
01:58Il ne faut pas non plus dramatiser la situation en outrance, il ne faut pas faire peur aux gens.
02:02L'État, il y a la continuité, comme dans les collectivités,
02:05on changera de Premier ministre et on changera de politique, on l'espère.
02:08Et mardi, alors, il se passera quoi ? Comment préparez-vous l'après-Bayrou ?
02:12Si vous voulez, nous, on est dans une situation où on a le groupe le plus important, l'Assemblée nationale.
02:17Donc on verra ce que le prochain Premier ministre propose dans sa feuille de route
02:22pour les années qui restent jusqu'à la fin de la mandature de M. Macron.
02:27Vous réclamez que ce prochain Premier ministre soit issu du Rassemblement national ?
02:31Non, on ne le réclame pas, parce qu'on sait très bien qu'on n'a pas de majorité
02:33et qu'on est très loin de l'avoir dans cette Assemblée.
02:38Mais on peut faire avancer sur quelques sujets,
02:41mais même ces quelques sujets-là, M. Bayrou n'en veut pas.
02:43Donc il est un peu, je ne vais pas dire schizophrène, mais pas loin.
02:46Il aimerait bien, mais il ne veut pas,
02:48et il veut en donner à tout le monde sans en donner à personne.
02:50Et aujourd'hui, il se retrouve dans une situation qui est inexplicable.
02:53Inextricable, il sera d'ailleurs l'invité d'RTL matin vendredi, François Bayrou.
02:57Ça veut dire, si j'ai bien compris ce que vous dites,
02:59que vous ne flinguerez pas le prochain Premier ministre,
03:01quel qu'il soit, par principe ?
03:02Non, mais comme on a toujours fait.
03:04Quand M. Bayrou est arrivé, on lui a dit,
03:06voilà notre feuille de route à nous.
03:08Il faut peut-être concilier des choses.
03:10Il a dit, oui, on va regarder, mais il n'en a rien fait.
03:14Et là, c'est de la même manière.
03:15Comme vous dites, on ne flinguera pas a priori.
03:18On regardera d'abord ce qu'il y a dans le programme.
03:21Ce n'est pas un problème de personne.
03:22Moi, j'entends souvent, oui, on va prendre un négociateur derrière.
03:25Il paraît que vous ne voulez pas de Xavier Bertrand, par exemple.
03:27Oui, ça, d'accord.
03:28Donc, il y a quand même des...
03:29Il faut des gens d'une certaine dimension, pas des farfelus.
03:32Voilà.
03:33Ça, c'est un peu gratuit.
03:34Oui, d'accord.
03:35C'est de plaisir.
03:35Oui.
03:36Mais je veux dire, s'il y avait une personnalité de la société civile,
03:40on ne regardera pas la tête de la personnalité,
03:43on regardera ce qu'il propose.
03:44Parce que les Français, eux, ils ont des attentes bien précises.
03:47Et moi, je peux vous dire, je le redis, mais je suis aux avant-postes un peu.
03:50J'ai une ville de 120 000 habitants, je vois très bien les attentes des Français.
03:54Ils ne veulent plus de tout ce qu'ils peuvent voir toute la journée ou entendre,
03:58et notamment cet immobilisme d'État et ce sectarisme à l'égard de 11 millions de Français
04:04qui ont apporté leur suffrage au Rassemblement National.
04:06Est-ce que je dois vous croire ce matin, Louis Alliot ?
04:09Mais pourquoi vous ne nous croirez pas ?
04:10Parce que vous dites, on laissera sa chance au prochain prochain programme.
04:14Marine Le Pen a dit hier, nous, ce qu'on veut, c'est une dissolution ultra rapide.
04:18Ce n'est pas tout à fait le même constat avec le projet.
04:21Soit vous gagnez du temps, il la faut rapidement pour qu'il y ait une autre majorité derrière,
04:24soit on va repartir sur un nouveau Premier ministre,
04:27et on verra bien avec le programme,
04:29et on pense que ce programme-là ne changera pas beaucoup du programme précédent,
04:33et très certainement, on repartira vers une instabilité.
04:35En tout cas, votre projet n'est pas de faire tomber tous les gouvernements successifs
04:38jusqu'à pousser Emmanuel Macron à la dissolution.
04:40Non, notre projet et notre programme, c'est qu'on accepte des mesures immédiates
04:45que nous avons proposées depuis déjà longtemps,
04:48et qu'elles soient acceptées par le futur gouvernement.
04:51En cas de dissolution, on va se projeter un peu,
04:52il y a beaucoup de personnalités de droite au Rassemblement National,
04:55à gauche, chez les filles, qui demandent et qui souhaitent une dissolution.
04:58Donc il y aurait des nouvelles législatives.
05:00Aujourd'hui, les sondages disent que le Rassemblement National sortirait en tête,
05:03mais le RN irait-il à Matignon s'il n'obtenait qu'une majorité relative,
05:07s'il n'a pas de majorité absolue ?
05:09Tout dépend du nombre de sièges.
05:11Si vous pouvez avoir une majorité avec un certain nombre d'autres forces politiques
05:15présentes au Parlement, la question se posera, oui.
05:17Je dis le RN plus l'UDR d'Éric Ciotti.
05:19L'UDR, mais il faudra discuter avec un certain nombre, apparemment,
05:23de personnalités aujourd'hui à droite,
05:25qui ne sont pas disposées à voter la confiance avec M. Bayrou,
05:29et qui savent très bien que leur électorat dans leur territoire est plutôt favorable à une discussion avec le Rassemblement National.
05:39Il y a des discussions entre des députés LR et une partie de LR et le RN aujourd'hui ?
05:43Oui.
05:44Il y a des députés prêts à basculer ?
05:45Alors, prêts à basculer, je ne sais rien. Prêts à discuter, c'est sûr.
05:48Et localement, je le vois dans les communautés urbaines d'Aglo et dans les communes,
05:53je peux vous dire que les gens de droite qui ne sont pas Rassemblement National discutent avec nous de la suite.
05:58Parce qu'ils savent très bien, ils voient bien leur électorat,
06:01ils voient bien que la France bascule à droite,
06:03et ils ne comprennent pas pourquoi on en est réduit à mettre des François Bayrou
06:07ou des gens de gauche pour diriger une France qui penche à droite.
06:11Et est-ce que pour les prochaines municipales, vous souhaiteriez des listes communes,
06:14parfois LR, RN, ou c'est inenvisageable ?
06:17C'est inenvisageable, mais vous pouvez vous entendre sur des contrats de majorité
06:23avec un certain nombre de points, notamment dans les municipalités.
06:27C'est un peu ce que j'avais fait moi à Perpignan en 2020.
06:29J'avais sur ma liste des personnalités qui venaient de la droite des LR,
06:33mais qui étaient parties de cette formation politique parce qu'elles ne s'y retrouvaient plus.
06:39On continue à se projeter. Imaginons, dissolution, vous êtes majoritaire, vous allez à Matignon.
06:43Ce sera forcément Jordan Bardella ou ça pourrait aussi être Marine Le Pen à Matignon ?
06:47Non, ce sera Jordan Bardella, il n'y a aucune raison.
06:48Ce ne sera pas Marine Le Pen ?
06:49Non.
06:50Pourquoi ?
06:51Parce que ce sera Jordan Bardella qu'il s'y prépare
06:53et je crois qu'il a déjà bien avancé sur le projet et les équipes
07:00et que nous serons prêts au moment où il faudra prendre ses responsabilités.
07:05Bon, en attendant, on a des finances publiques qui sont en très mauvais étage
07:07sous le contrôle de François Langlais.
07:09Est-ce que vous êtes d'accord qu'il faut faire des économies ?
07:11Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que ces 44 milliards
07:14que vous voulez économiser ou moins dépenser François Bayrou, c'est nécessaire ?
07:19Vous les faites où ?
07:19C'est nécessaire, mais encore faut-il les faire là d'abord
07:22où on peut les faire et immédiatement ?
07:24Alors, il y a le coup de rabot sur la contribution européenne
07:27où M. Bayrou a menti quand il dit que nous versons 20, 26
07:31et que nous avons un poché de 31, c'est faux.
07:34En fait, nous sommes contributeurs nets à l'Union Européenne
07:37de pratiquement 10 milliards.
07:39Lui, il a ajouté des prêts.
07:40Mais ces prêts, il faut les rembourser.
07:41Donc, il ne faut pas compter.
07:42Ce n'est pas de l'argent européen qui vient d'entrepoches.
07:455 milliards, par exemple.
07:46Le reste sur le coût de l'immigration, au moins pour 4 milliards tout de suite.
07:53Et en arrêtant de donner un certain nombre d'allocations
07:57à des gens qui n'ont pas à en avoir.
08:00En arrêtant l'AME, en arrêtant l'immigration clandestine.
08:03Moi, je rappelle tout, parce qu'on fait des grands sujets sur l'immigration.
08:05Moi, j'ai la chance d'être au cœur du sujet.
08:08Tous les jours, on reçoit sur le territoire des gens qui n'ont rien à faire chez nous.
08:11Sur ces gens-là, il n'y en a même pas 10% qui travaillent.
08:14Les autres, ils sont à la charge de la collectivité.
08:16Et ça, c'est valable dans ma ville.
08:18Mais c'est partout en France.
08:19On en reçoit 500 000 légaux en France.
08:22Vous vous rendez compte ?
08:22Vous reprenez le chiffre qu'avait pris Jordan Barlia.
08:24Ce n'est pas tout à fait vrai.
08:25En 2024, 343 000 étrangers qui ont été accueillis en France.
08:31Et là-dessus, il y en a un tiers qui avait un emploi un an plus tard.
08:34Et les autres ?
08:35Oui, mais donc, ce n'est pas 500 000 et 5 000.
08:36Oui, d'accord.
08:37Mais ça, après, vous avez tous les clandestins.
08:38Je vous dis, moi, tous les jours, c'est des clandestins
08:40qu'on arrête, que la police arrête aux frontières.
08:42Certains ne cotisent pas aujourd'hui.
08:44Justement, mais ils ont une charge, justement.
08:46Et cette charge-là, personne ne veut la calculer.
08:49On sait très bien que c'est un coût très important de police, de justice.
08:54On ne les remet pas à la frontière, on ne les renvoie pas.
08:57Et donc, c'est quand même une charge pour la collectivité.
08:59Combien de milliards sur l'immigration ?
09:00Mais si on va au bout de la logique sur l'immigration,
09:03on peut arriver jusqu'à 18 milliards.
09:04Mais moi, je vous ai donné juste immédiatement 4 milliards pour rester soft.
09:08Mais on peut aller beaucoup plus loin.
09:1018 milliards, vous comptez ce que coûtent les étrangers.
09:12Mais vous ne comptez pas ce qu'ils rapportent.
09:13L'OCDE dit qu'en gros, ils rapportent 20-25 milliards.
09:16En gros, ça s'équilibre entre ce qui coûte et ce qu'ils rapportent.
09:18Mais sûrement que celles et ceux qu'un contrat de travail rapportent.
09:22Mais pour un certain nombre d'autres, non.
09:25Et il faudrait faire le calcul.
09:27Mais ce calcul-là, ils ne veulent pas le faire.
09:29Et moi, je vois bien, avec les moyens des collectivités territoriales,
09:32les départements ne peuvent plus accueillir de MNA
09:35parce qu'ils sont saturés.
09:37Et nous-mêmes, avec les politiques sociales des collectivités,
09:40on voit bien qu'on n'arrive plus à suivre.
09:42Donc, qui paye ça ?
09:43Eh bien, c'est les gens qui travaillent et qui payent des impôts.
09:45Si on ne veut pas comprendre ça, on ne comprendra rien aux affaires budgétaires.
09:49Merci beaucoup, Louis Aliot.
09:50Vous êtes candidat au municipal à Perpignan ?
09:52Oui, bien sûr.
09:52Vous pouvez vous présenter.
09:53Du coup, ça y est, c'est officiel.
09:54Ça y est, je suis candidat à ma réélection.
09:56Merci beaucoup d'être venu.
09:57Merci.
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