00:00RTL, matinale spéciale, avec Yves Kelvy.
00:03RTL, 7h47, Olivier Boss, vous recevez ce matin le maire de Perpignan,
00:07Premier vice-président du Rassemblement National, Louis Aliot.
00:10Louis Aliot, qu'est-ce qui s'est passé ?
00:11Comment êtes-vous passé de la première force politique au premier tour
00:15à la troisième place ce matin ?
00:17Alors, troisième place, mes premières forces politiques,
00:2110 millions et des poussières de voix derrière.
00:24Vous avez des coalitions qui font 6 millions de voix
00:27pour le nouveau Front Populaire et 6 millions pour le...
00:29Donc, on reste le premier parti, et à l'Assemblée Nationale,
00:33le premier groupe politique.
00:35Parce que tout le monde parle du nouveau Front Populaire,
00:37mais une fois à l'Assemblée, Mélenchon aura ses 70 députés,
00:41l'EPS ses 70 députés, les Verts ses 20 ou 30 députés.
00:45Donc, on voit bien que l'Assemblée, déjà, va avoir un nouveau visage.
00:49Donc, nous, nous sommes quand même sur une dynamique,
00:51que l'on veuille ou non, par rapport à 2022,
00:54mais c'est vrai que nous avons été bloqués par cette espèce d'arc
00:58contre-nature soit-disant républicaine,
01:00qui fait qu'aujourd'hui, nous allons avoir une politique
01:04ou une absence de politique qui sera préjudiciable au Pays.
01:06Ça pose une question, ce matin, la présidentielle, puis les législatives.
01:10Est-ce que vous pouvez gagner une élection à deux tours ?
01:13Oui, on peut gagner. Moi, je l'ai fait à Perpignan,
01:14mais je pense que ça demande aussi des efforts de notre part.
01:17On ne fera pas l'économie d'un examen de conscience, si je puis dire.
01:22Il y a des candidats qui ont été candidats qui n'auraient pas dû l'être.
01:25Il va falloir s'interroger, pourquoi, sur toute la chaîne de représentation et de...
01:32Qu'est-ce que vous mettez en cause ?
01:32Ceux qui ont préparé, c'est les élections législatives,
01:35le fameux plan Manchinion ?
01:36Parce que j'en fais partie.
01:38On en avait préparé une grosse partie,
01:41mais dans l'urgence, il nous en est resté une centaine à peu près à investir.
01:46Il faut regarder tout, la formation aussi des cadres, etc.
01:49Donc, c'est à nous aussi de se mettre...
01:51Ça veut dire quoi ?
01:51Si on veut le pouvoir, il faut qu'on prenne les dispositions
01:54pour gagner et pour mettre en face, dans chaque circonscription,
01:58des candidats, d'abord implantés,
02:00et des candidats qui comptent, qui savent de quoi ils parlent.
02:02Ça veut dire que le plan Matignon n'existait pas, en fait.
02:05Le plan Matignon, ça voulait dire que vous étiez prêt avec 577 candidats présentables, si j'ose dire,
02:11et puis avec un programme clair.
02:13Ni l'un, ni l'autre n'étaient remplis.
02:15Moi, sur le programme, excusez-moi, mais aujourd'hui, on a quand même...
02:18On a vu des hésitations, avant le premier tour.
02:21On s'est mis en situation de cohabitation.
02:23C'est pas pareil.
02:24Vous ne faites pas en deux ans ce que vous vous apprêtez à faire en cinq ans.
02:27Et si vous regardez aujourd'hui la France de ce matin,
02:30si vous pouvez me dire, vous, la politique qui sera menée demain, je suis preneur.
02:33Parce que tout le monde se félicite de savoir qu'on a gagné, on a gagné.
02:36Mais demain, qu'est-ce qui va se passer ?
02:38Personne ne le sait, ni sur la retraite, ni sur le pouvoir d'achat.
02:41Et ce qui m'inquiète le plus, ni sur la sécurité, on n'en entend plus parler,
02:45ni sur le contrôle de l'immigration.
02:46Mais ce qu'on retient de cette campagne,
02:47c'est qu'à chaque élection, quelque part, vous retirez quelque chose de votre programme.
02:51Il y avait eu la sortie de l'euro retirée, la sortie du nucléaire abandonnée,
02:54la retraite à 60 ans pour tout le monde abandonnée également.
02:58Est-ce que vous avez toujours un problème de crédibilité ?
03:01Non, je ne crois pas.
03:02On avait un programme en quelques points qui était facilement applicable pour une cohabitation.
03:07Mais on travaille un programme plus large pour les présidentielles à venir
03:11et on s'adapte à la situation.
03:13On n'est pas monolithique.
03:15Et il y a des choses sur lesquelles on doit revenir, on doit réfléchir.
03:19Vous parliez d'un examen nécessaire de ce résultat.
03:23Ça veut dire quoi ?
03:24Qu'est-ce qui doit changer au Rassemblement national ?
03:25Écoutez, on va étudier circonscription par circonscription.
03:28On perd à peu près plus de 100 circonscriptions à deux points.
03:32Vous vous rendez compte, à deux points.
03:33Il y a dans les Hautes-Pyrénées, département très difficile pour nous,
03:36par exemple, à 48 et demi, on manque deux députés.
03:39Donc il y a des territoires qui sont pratiquement acquis,
03:42mais ces deux petits points, il faut aller les chercher.
03:44Et ces deux petits points, en fait, ça nécessite une discipline de parti
03:48et qui nous permettent demain de pouvoir les remporter,
03:50ce que nous allons mettre en place à partir de maintenant.
03:53Ces deux petits points, vous les devez notamment à ces candidats
03:56qui n'étaient pas forcément présentables,
03:59qui pour certains sont apparus racistes.
04:01Ils ont joué leur rôle puisqu'ils ont été mis évidemment
04:04sous les projecteurs médiatiques, même si dans les autres parties,
04:08on ne relèvera pas assez les potentiels candidats extrêmement dangereux
04:13qui faisaient partie notamment de la France Insoumise
04:16et de ce nouveau Front Populaire dont on va voir maintenant à l'Assemblée
04:20comment ils peuvent bordéliser une Assemblée
04:23et avec des conséquences sur la France.
04:25Justement, quelle opposition serez-vous à l'Assemblée ?
04:28Vous serez autour de 140 députés.
04:30Est-ce que vous pourriez, dès que l'occasion se présente,
04:32voter une motion de censure pour faire tomber le gouvernement,
04:34quel qu'il soit d'ailleurs ?
04:35Le problème, il est là.
04:36La Ve République a été faite avec une majorité claire.
04:38Il n'y a pas de majorité claire.
04:40En revanche, tout le monde peut être censuré par tout le monde.
04:43À gauche, ils ont un potentiel de voix contre eux.
04:46C'est déjà une menace sur le futur gouvernement que vous faites peser ?
04:49Je veux dire, c'est évident pour tout le monde.
04:51Si c'est la France Insoumise, elle sera censurée par le reste.
04:53Si c'est M. Macron, il sera censuré par le reste.
04:56La seule chose, je ne sais pas qui pourrait venir,
04:58c'est une alliance des contraires dans un gouvernement
05:01avec des ministres de gauche et de droite.
05:06Vous pourriez voter une motion de censure ?
05:08Évidemment, on l'a déjà fait.
05:10Mais nous, on est cohérents.
05:11Les textes qui sont bons, on pourrait les voter.
05:14Les textes qui ne sont pas bons, eh bien, on votera la censure.
05:17Emmanuel Macron se donne un peu de temps pour la formation d'un gouvernement
05:20pour trouver une majorité alternative.
05:22Si vous voyez que ça commence à prendre des jours, des semaines ou des mois,
05:26à partir de combien de temps pourriez-vous demander la démission d'Emmanuel Macron ?
05:30Non, mais il ne démissionnera pas, là.
05:32C'est sûr qu'il ne démissionnera pas.
05:33Il va aller jusqu'au bout.
05:34Pour lui, il est dans son fauteuil à l'Élysée.
05:37Il est confortablement installé.
05:39Il va gérer le quotidien.
05:41Il va gagner du temps.
05:42Même si on plonge dans une instabilité politique totale ?
05:44Ah oui, mais ça n'a pas l'air de trop le gêner,
05:46puisqu'il a dissous un moment quand même assez critique juste avant les JO.
05:50Donc, ça ne le gêne pas trop.
05:51Et c'est là où est le problème.
05:52Comment le gouvernement de la France va pouvoir demain tenir
05:55avec autant de disparité dans le paysage politique de la Nationale et de l'Assemblée Nationale ?
06:00La marée monte, ont dit hier soir Marine Le Pen et Jordan Bardella.
06:04L'image de cette marée qui monte est utilisée depuis des décennies par le Front National,
06:10depuis le Rassemblement National.
06:12Est-ce que cette image n'est pas un peu usée ?
06:15Elle est réelle.
06:16Je ne sais pas si elle est usée.
06:17Elle est lente, ça je vous l'accorde.
06:19Mais elle est réelle.
06:20Puisqu'aujourd'hui, on n'a jamais fait autant de voix, autant de députés.
06:24Qu'est-ce que vous dites à vos électeurs aujourd'hui, déçus, ce matin ?
06:27Je leur dis qu'on est là, qu'on défendra le programme et les idées qui sont les nôtres
06:32et qu'il faut qu'ils restent évidemment mobilisés.
06:34Ce qu'ils seront, parce qu'ils ne veulent pas des autres.
06:36Et s'ils ont voté pour nous, c'est précisément parce qu'ils ne voulaient pas des autres.
06:39Et dans ce flot, j'allais dire, des plus de 10 millions d'électeurs,
06:42vous avez des gens qui viennent d'autres partis politiques.
06:45Et la première force politique aujourd'hui en France,
06:47c'est celle qui ne veut pas du Rassemblement National.
06:50Ben non, parce que si vous regardez, c'est celle aussi qui ne veut pas du nouveau Front populaire.
06:55Et vous avez des blocs constitués, les uns ne veulent pas des autres.
06:58Sauf aller dans un gouvernement de compromis qui serait, à mon avis, funeste pour le pays
07:04et qui serait, je pense, dans la tête des électeurs, absolument condamnable.
07:09Vous n'aviez pas enterré trop vite le barrage républicain ?
07:12À ce point, oui, évidemment, la preuve en est là.
07:16Mais aujourd'hui, il y a une grande frustration,
07:18parce que vous avez des gens qui ne croyaient pas que le nouveau Front populaire arriverait en tête.
07:23Ceux-là commencent à s'inquiéter pour leur épargne, pour leur entreprise, pour le monde économique.
07:28Et c'est à partir de maintenant qu'à mon avis, les choses vont se mettre en place pour l'avenir.
07:32Merci, Louis Alliot.
07:33Merci.
07:33Louis Alliot qui revendique sur RTL d'être le premier.
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