- il y a 5 mois
La Poste annonce qu’à partir du lundi 25 août, elle est contrainte de suspendre temporairement les envois de colis vers les États-Unis. C’est la conséquence très concrète de la hausse des droits de douane. On en parle avec : Jean-Gabriel Attali, économiste, responsable du département "Finance" à l'école d'ingénieurs ESILV. Isabelle This Saint-Jean, économiste, professeure à l'Université Sorbonne Paris Nord. Bertrand Gallicher, grand reporter, spécialiste des relations internationales. Et Jean-Luc Demarty, ancien directeur du Commerce extérieur et de l'Agriculture à la Commission européenne.
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00:00La Poste annonce qu'à partir de lundi prochain, les envois de colis vers les Etats-Unis, c'est terminé.
00:05Vous avez encore trois jours pour envoyer des colis aux Etats-Unis, si vous le souhaitez.
00:08Parce qu'à partir du 25 août, la Poste, regardez ce communiqué, confirme qu'elle est contrainte, dit-elle,
00:15de suspendre temporairement les envois de colis vers les Etats-Unis.
00:21Et ce, dès le 25 août, seuls les envois de cadeaux, entre particuliers de moins de 100 dollars, seront maintenus.
00:28Et pourquoi cette décision ? Eh bien, c'est une conséquence très concrète de la hausse des droits de douane américains,
00:35décidée par Donald Trump. Décision américaine qui va donc tous directement, en tout cas quand on envoie des colis aux Etats-Unis,
00:42nous concerner, concerner aussi les entreprises, parce qu'il y a beaucoup de colis, effectivement, qui sont envoyés par les entreprises.
00:48La Poste, il faut le savoir, Bertrand Gallichet, envoie chaque année 1 600 000 colis par an, en moyenne, vers les Etats-Unis.
00:5480% c'est les entreprises, 20% c'est les particuliers. Merci d'être venu avec nous, vous étiez il y a quelques instants sur notre plateau également.
01:03Jean-Gabriel Attali, merci d'être présent également. Vous êtes économiste, responsable du département finance à l'école d'ingénieurs de Courbevoie.
01:10Concrètement, est-ce que cette mesure est surprenante de La Poste ?
01:14Ça montre qu'une décision prise à Washington par le président américain, ça nous impacte, nous, n'importe où en France.
01:20Oui, alors vous l'avez dit, c'est quand même plutôt les entreprises à peu près 80%,
01:23et en plus ça ne concerne pas les colis qui représentent des envois de valeurs inférieurs à 100 dollars, me semble-t-il.
01:29Donc ça ne va pas impacter forcément tout le monde, mais en tout cas les entreprises, oui, ça se comprend, puisque ce sont des exportations.
01:35Et c'est normal que ça soit taxé au même titre que tout le monde, et c'est normal que La Poste prenne ça en compte, forcément.
01:41C'est une façon aussi de faire pression sur les Etats-Unis, comment est-ce que vous percevez cela ?
01:46La France, d'ailleurs, je me permets de le préciser, La Poste française n'est pas la première et la seule en Europe à avoir pris cette décision, c'est bien ça.
01:51Oui, oui, mais est-ce que c'est un moyen de faire pression ? Vous savez qu'il y a quand même de gros transporteurs américains qui peuvent tout à fait prendre le relais de La Poste.
01:59Donc je ne suis pas sûr que La Poste ait vraiment les moyens de faire pression sur le gouvernement américain, et encore moins sur Donald Trump.
02:06En tout cas, c'est un impact direct, Bertrand Gallichet, ça montre que les relations internationales, ce n'est pas éloigné.
02:12Quand on en parle, des fois, on a l'impression que c'est très loin, que c'est de l'autre côté de l'Atlantique.
02:15Pas du tout, on l'a vu au moment de la hausse des droits de douane de Donald Trump, le maintien justement de ces hausses des droits de douane, par exemple, sur le 20.
02:21Ça va nous concerner, nous, à Paris, partout en France, sur les producteurs de vin, ou sur certains Français, certaines entreprises qui devaient envoyer des colis par La Poste aux États-Unis.
02:29Oui, c'est extrêmement concret. D'ailleurs, les relations internationales, très souvent, ça a un impact sur nos vies quotidiennes.
02:36En ce qui concerne l'histoire de La Poste, en réalité, je crois que s'il y a cette suspension, en tout cas, c'est ce que l'on en comprend pour l'instant,
02:43c'est aussi parce que les normes nouvelles qui ont été édictées par l'administration américaine ne sont pas encore applicables par La Poste française,
02:53parce qu'elles sont un peu compliquées. Il faut arriver à les décrypter et il faut arriver à en tirer les conséquences pour la gestion du flux des colis.
03:00Alors, la bureaucratie américaine, vous savez, on critique souvent l'administration française, l'administration européenne.
03:08Il faut savoir que sur certains sujets, la bureaucratie américaine, parfois, n'est pas beaucoup plus simple et pas beaucoup plus facile à contourner ou à assimiler, en tout cas.
03:17– Isabelle Cisjean, vous êtes économiste, vous êtes professeure, justement, d'économie à l'université Sorbonne-Paris-Nord.
03:24Vous êtes membre aussi du laboratoire du centre d'économie de l'université de Paris-Nord en tant qu'économiste.
03:29Comment est-ce que vous décryptez cette nouvelle, dont je vous le disais, à partir de lundi prochain, terminer les envois de colis vers les États-Unis par La Poste ?
03:37– Alors, c'est probablement temporaire. C'est effectivement, comme le disait l'intervenant précédent, faute d'information.
03:46C'est-à-dire que, pour l'instant, il y a une nouvelle législation qui s'applique, qui est la levée d'une exemption qui était ce qu'on appelait l'exemption sur les minimis,
03:59c'est-à-dire que les petits colis n'étaient pas taxés. Et puis, au départ, pour faire face, notamment aux entreprises de fast fashion chinoises,
04:12en particulier, Shine est émue, les États-Unis ont décidé d'appliquer des droits de douane aux entreprises chinoises.
04:22Et puis, finalement, ça a été pour tous les petits colis. Donc, il y a une nouvelle réglementation.
04:29Donc, les droits de douane sur les petits colis vont s'appliquer.
04:32Mais, visiblement, les choses ne sont pas encore complètement calées du côté américain.
04:38Ce n'est pas précis. Et donc, du coup, La Poste, mais beaucoup d'autres homologues européens,
04:46ont décidé, pour l'instant, de suspendre l'envoi de petits colis aux États-Unis.
04:53Effectivement, entre 800 et 100 dollars. 100 dollars, c'est pour les cadeaux particuliers.
05:01Il y a une restriction. Donc, voilà, c'est pour l'instant, on va voir.
05:05Mais oui, c'est l'entrée directe. Ça y est, on rentre dans le dur.
05:11Enfin, on y était déjà, parce que les droits de douane à 10 % s'appliquaient déjà, en fait.
05:16Donc, il y a déjà... Mais voilà, c'est une étape de plus dans l'entrée dans le dur de ce nouveau monde
05:22dans lequel on arrive, qui est un monde où on rompt après des périodes de grande ouverture des échanges internationaux.
05:32Je disais, effectivement, il y a 80 % des envois faits par La Poste vers les États-Unis qui sont pour les entreprises.
05:38Est-ce que ça veut dire aussi qu'il faut craindre des conséquences économiques,
05:42un ralentissement économique pour la France suite à cette mesure ?
05:46Alors, conséquence sur la croissance française, peut-être pas.
05:51Mais c'est un élément de plus perturbateur pour toutes les entreprises qui sont exportatrices vers les États-Unis.
05:59Alors, la France n'est pas le pays le plus impacté en Europe.
06:03Mais enfin, évidemment, on va être impacté.
06:07Et les entreprises françaises vont être impactées par ce biais-là,
06:10puisque, effectivement, majoritairement, ça va concerner, enfin très majoritairement,
06:13vous rappeliez le chiffre de 80 %, 80 % de ces envois, c'est fait par des entreprises qui exportent en utilisant les services de La Poste.
06:23C'est ça qui se passe.
06:24Alors, il y aura quelques exceptions sur des envois avec soit des sociétés privées, soit en express.
06:35Mais oui, ça va être une difficulté supplémentaire pour les entreprises françaises,
06:42sachant que cette histoire de droits de douane, il y a deux grandes victimes.
06:46Un, les entreprises exportatrices qui perdent en compétitivité,
06:51avec en plus un dollar des effets sur la monnaie qui sont très forts.
06:55Et puis deux, il ne faut pas l'oublier, ce sont les consommateurs américains,
07:00qui, eux, vont voir probablement monter l'inflation,
07:04parce qu'il est vraisemblable que le pari incroyable que fait Trump sur cette histoire de droits de douane
07:11se traduise quand même par une très forte inflation.
07:15On ne peut pas, du jour au lendemain, relancer l'industrie américaine
07:19et imaginer que la production américaine va remplacer toutes les exportations.
07:25– Bertrand Gallichet, est-ce que c'est la semaine du renoncement européen ?
07:30On voit que les taxes seront maintenues, effectivement, sur le vin,
07:34qu'il n'y aura pas d'exemption.
07:36Est-ce que c'est la semaine où, finalement, aux yeux du monde,
07:39plus que jamais, l'Europe apparaît comme un indiplomatique face aux géants américains ?
07:43– Alors, ça n'est pas du tout l'analyse que fait, par exemple,
07:46le commissaire européen au commerce, M. Sefkovic,
07:50qui explique que, finalement, l'Europe s'en sort bien.
07:53On est à 15% de taxes et qu'on est pratiquement parmi les institutions,
07:59je ne dis pas les pays, mais qui sont les moins taxées pour l'ensemble du monde.
08:06– Sauf qu'on n'était pas à 15% avant.
08:07– Alors, on n'était pas du tout à 15%.
08:09Et là, surtout, cela dit, quand on regarde quand même,
08:13quand on compare, il n'a pas complètement tort,
08:14quand on compare avec beaucoup d'autres pays,
08:17on est quand même à un niveau qui est relativement modeste.
08:22Bon, vous savez, l'exemple de la Suisse, 39%.
08:24Alors, il y a effectivement les Britanniques, mais ils avaient un taux résiduel avant.
08:28Donc, finalement, ce n'est pas si bien pour eux.
08:30En tout cas, il y a effectivement cette pression supplémentaire.
08:34Mais ce qui est important, surtout, c'est qu'elle s'ajoute à une menace
08:40qui, elle, peut avoir des conséquences très fortes.
08:42C'est le taux du dollar.
08:44Aujourd'hui, pour 1 euro, vous avez 1,17$.
08:49C'est-à-dire que, pour le consommateur américain,
08:52les produits européens sont déjà extrêmement chers.
08:55Et c'est vraiment une punition supplémentaire pour les exportateurs français.
08:59Alors, dans cette négociation, justement,
09:01on va rejoindre quelqu'un qui connaît bien la psychologie de Donald Trump,
09:05Jean-Luc Demarty.
09:06Merci d'être avec nous.
09:07Vous êtes ancien directeur général du commerce extérieur
09:09et de l'agriculture à la Commission européenne.
09:12Vous le connaissez bien parce que vous avez négocié avec lui en juillet 2018.
09:17Est-ce que, finalement, la position de Donald Trump aujourd'hui,
09:19sa volonté de ne rien lâcher, vous étonne ?
09:22Non, pas du tout.
09:24C'était tout à fait prévisible.
09:26Je crois que, personnellement, je pense que l'Union européenne
09:31a fait une erreur stratégique en n'appliquant pas immédiatement,
09:37en avril, des rétorsions massives.
09:40Et je pense que ça aurait été une autre partie.
09:43Trump aurait été obligé de reculer.
09:45Bien sûr, il y aura une guerre commerciale quelques semaines.
09:48Alors, pourquoi l'Union européenne n'a pas fait ce choix ?
09:50Premièrement, il y a eu une peur de la guerre commerciale
09:53de la part des dirigeants,
09:54mais aussi des grands patrons du business qui n'en voulaient absolument pas.
09:58Et on craignait aussi que ceci amène un changement d'attitude de Trump
10:03et que Trump abandonne l'Ukraine.
10:05Personnellement, je pense que cette analyse est plutôt erronée
10:09parce que je pense que, de toute façon,
10:10Trump finira par abandonner l'Ukraine,
10:13au-delà des palinodies qu'on constate encore aujourd'hui.
10:16Alors, le choix qui a été fait,
10:18c'est de négocier,
10:19et donc de négocier sur les bases de Trump.
10:21et le choix stratégique qui peut aussi se défendre,
10:27qui n'est pas le mien,
10:28consistait à avaler les taxes de 10 % de Trump
10:32en échange d'un accès correct
10:36aux produits sous sécurité nationale,
10:39c'est-à-dire les voitures, le pharmaceutique,
10:42les semi-conducteurs, le bois, etc.
10:44L'acier est en situation un peu différente
10:47qui se voyait appliquer des droits de douane prohibitifs.
10:51C'était ça le calcul qui peut aussi se défendre.
10:55Psychologiquement, comment on négocie avec Donald Trump ?
10:58C'est quoi la négo avec Donald Trump ?
11:00Une négociation avec Donald Trump,
11:02je veux dire, c'est une négociation comme les autres,
11:05d'une certaine manière,
11:07parce qu'il y a d'abord une pré-négociation
11:09avec les gens en dessous de lui,
11:11au niveau technique, au niveau politique,
11:12et comme tout dirigeant,
11:14après, la négociation se finalise.
11:17Et c'est ce qui s'est passé à Turnberry
11:18entre Trump et Van der Leyen.
11:21Ça a été une finalisation d'une négociation
11:23qui avait été préparée.
11:24D'ailleurs, dans la préparation,
11:26je vous signale qu'il y avait normalement
11:28une exemption pour les spiritueux
11:29et qui a disparu, on ne sait pas trop pourquoi.
11:32Et donc, en réalité,
11:33le problème principal,
11:35c'est que Trump n'a aucun principe
11:36et qu'il viole tous les engagements internationaux
11:39des États-Unis.
11:40Les tarifs qu'il applique
11:41sont des tarifs qui sont, en réalité,
11:43des tarifs illégaux en termes de droit international,
11:46pas illégaux en termes de droit américain.
11:48Encore, il y a une question
11:49sur les tarifs réciproques,
11:51puisque une cour américaine
11:54l'a condamné pour le moment à ce sujet.
11:56Et donc, en réalité,
11:57c'est une négociation comme les autres,
11:59mais avec quelqu'un
12:00avec lequel
12:02on ne peut pas tellement avoir confiance
12:05et qui ne va pas forcément tenir
12:07ce qu'il va promettre.
12:09Jean-Germain,
12:10l'atelier,
12:10on peut encore le faire plier,
12:12Donald Trump ?
12:13On a vu déjà
12:13qu'il a plié d'une certaine manière,
12:15puisque les tarifs, au début,
12:17étaient à des niveaux stratosphériques
12:18par rapport à ce que, finalement,
12:20on a compris.
12:20Aujourd'hui, en Europe,
12:21on dit 15% finalement, c'est bien,
12:22alors qu'on n'était pas à 15%,
12:23il a réussi son coup.
12:24Oui, parce qu'en fait,
12:25c'est une technique de négociation
12:26qu'il tire depuis très longtemps.
12:29En fait, on sait très bien
12:29L'art du deal, il avait écrit un livre.
12:31Alors, c'est plus que l'art du deal,
12:32d'ailleurs, c'est le fait de paraître
12:33passer pour un fou,
12:34c'est ce que faisait Nixon.
12:36C'était une stratégie
12:37qui avait été mise en place
12:37par Nixon il y a longtemps.
12:38Que faisait Nixon ?
12:39Exactement ça, en fait.
12:40En fait, il était déterminé,
12:42enfin, il montrait qu'il était déterminé
12:43à aller jusqu'au bout,
12:43notamment, je ne sais pas,
12:44l'utilisation d'armes nucléaires
12:45ou des choses comme ça.
12:46Trump est à peu près pareil.
12:48Ce n'est pas dit qu'il le ferait,
12:49mais en tout cas,
12:49il explique qu'il peut monter
12:50les droits de bonne à 100,
12:51150, 200, 300%.
12:53Et in fine,
12:54tout le monde est content
12:54de signer à 15%.
12:55C'est ça qui se produit.
12:56On voit bien que l'Europe
12:57se félicite de cet accord-là.
12:59La France, un petit peu moins,
13:00parce qu'on espérait une exemption
13:02notamment sur les vins spiritueux.
13:04Mais finalement,
13:05lorsque vous regardez les réactions,
13:07tout le monde a l'impression
13:08de plutôt bien s'en sortir
13:09par rapport à ce qui était annoncé au départ.
13:10C'est un peu mon sentiment.
13:12Bertrand Gallichet,
13:13la France avait dit
13:14que ce n'était pas un accord satisfaisant.
13:17Mais c'est quoi la suite ?
13:19Ce sont des mots derrière les actes.
13:21C'est quoi ?
13:21Est-ce que la France est en mesure
13:22de faire bouger quelque chose
13:23alors que l'Europe, finalement,
13:24a dit qu'on s'en sort pas mal ?
13:26Ça paraît compliqué.
13:27Je pense que les voix
13:28qui s'élèvent au sein du gouvernement
13:31et au sein du parti présidentiel
13:33pour dire que ce n'est pas fini,
13:34la partie n'est pas complètement jouée,
13:35on peut encore négocier,
13:37c'est plutôt à des fins
13:38de politique intérieure.
13:40et pour essayer de rassurer,
13:42au fond, cette filière.
13:43En réalité, on ne voit pas très bien
13:44comment, face, je dirais,
13:46au rouleau compresseur des États-Unis,
13:49on arriverait à négocier sur ce point
13:51en sachant quand même
13:52que les viticulteurs ont déjà absorbé
13:56un certain nombre de difficultés
13:58à la fois administratives
13:59et aussi en matière,
14:01j'en parlais tout à l'heure,
14:02de hausse du dollar
14:03qui les fragilisent forcément.
14:06Donc, il faudra peut-être
14:07revenir à des solutions
14:09qui ont déjà été utilisées
14:12par le passé,
14:12c'est-à-dire qui vont finalement
14:14coûter cher aux contribuables français
14:16pour aider cette filière
14:18de la viticulture,
14:19pour qu'elles tiennent le coup
14:20jusqu'à ce que peut-être
14:22quelque chose se débloque.
14:23Mais pour l'instant,
14:24il n'y a aucune perspective
14:25de changement
14:27de ce niveau de taxe
14:28pour les viticulteurs.
14:29C'est-à-dire que c'est un échec
14:30sinon d'Emmanuel Macron,
14:32en tout cas de la diplomatie française,
14:33qui avait dit
14:34on ne se satisfera pas
14:36de ce niveau de taxe.
14:37Alors, c'est aussi pour ça,
14:39je pense que le message
14:40qui est passé maintenant,
14:41c'est de dire
14:41que ce n'est pas fini.
14:43C'est de la politique, en fait.
14:44C'est de la politique,
14:44c'était un peu pour gagner du temps
14:46et là, peut-être,
14:48va-t-on faire des démarches
14:49directement auprès de Washington.
14:50Les Français vont peut-être
14:51aller faire un saut
14:52au ministère américain
14:54du commerce
14:55pour essayer de trouver
14:56un modus vivendi,
14:58mais avec des chances de réussite
14:59qui sont extrêmement faibles.
15:01Comment expliquer
15:02que d'autres pays
15:02ont pu trouver des accords,
15:05par exemple la Grande-Bretagne,
15:06là où les Européens
15:07n'y sont pas parvenus ?
15:08Commissaire européen,
15:09l'ancien commissaire européen
15:10Thierry Breton dit
15:10que c'est ce que les Britanniques
15:12se sont comportés en politique.
15:13Ils ont envoyé des politiques négociées
15:15et pas des fonctionnaires.
15:17Bon, alors après,
15:18oui, c'est de la négociation politique.
15:19Je ne sais pas vraiment
15:20si les Britanniques
15:20ont tenu beaucoup mieux
15:21que ce qu'ont obtenu les Européens.
15:23Mais pour en revenir au cas de l'Europe,
15:24en tout cas,
15:25on voit bien que
15:26parler d'une seule voix,
15:27ça a des handicaps
15:29pour certains pays
15:30puisque l'Europe
15:31n'est pas monolithique.
15:32La France, par exemple,
15:33est plutôt en déficit commercial
15:34avec les États-Unis.
15:35Et lorsqu'on parle
15:37du secteur spécifique du vin,
15:38puisqu'on en parlait
15:38juste avant,
15:39le premier marché du vin
15:41au monde,
15:41c'est les États-Unis,
15:42le premier marché de consommation.
15:43Et puis la France
15:44est le premier exportateur mondial.
15:45Donc on voit bien
15:46que c'est très impactant
15:47pour ce secteur-là
15:48qui est le deuxième poste
15:49d'exportation français.
15:50Donc on comprend
15:51que ça va avoir un impact
15:52sur l'économie française
15:52et pas du tout
15:53sur les autres économies européennes.
15:55Et je rajoute à ça
15:56que le secteur du vin,
15:57évidemment,
15:58est un secteur
15:58qui est non délocalisable.
15:59C'est-à-dire qu'il n'est pas question
16:00pour des gens
16:01qui produisent du Bordeaux
16:02d'aller produire aux États-Unis.
16:03C'est évidemment impossible.
16:04Alors que lorsque vous êtes
16:05en pharmaceutique
16:06ou dans d'autres secteurs,
16:07vous pouvez tout à fait
16:07installer une usine sur place
16:09et justement
16:10vous affranchir des droits de douane.
16:11D'ailleurs,
16:12c'est un petit peu
16:12ce qu'espère Donald Trump
16:13avec ces tarifs-là aussi,
16:15que certaines entreprises,
16:15notamment les automobiles allemandes,
16:17viennent s'installer
16:18ou viennent développer
16:18encore plus d'usines
16:19sur le sol américain.
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