00:00Comme chaque été, l'ASPA se retrouve débordée face au nombre d'abandons d'animaux et on en parle avec vous.
00:08Jacques-Charles Fonbonne, merci d'être avec nous. Président de l'ASPA, bonjour.
00:13Bonjour Laurence.
00:14Alors, pour le mois de juillet, déjà des chiffres. Près de 4000 animaux ont été recensés dans les refuges.
00:20Est-ce que c'est un chiffre qui est équivalent à celui de l'an dernier ?
00:24Alors, c'est le chiffre des animaux qui ont été recueillis, à peu près 4000.
00:28Malheureusement, les animaux que nous avons présents depuis le 1er juillet, au 31 juillet très exactement, c'est près de 7500 animaux.
00:38Ça veut dire qu'on est, là pour le coup, à capacité complète, comme on l'est, mais vous le savez évidemment, tous les ans.
00:45On en parle effectivement chaque été, on parlera de vos campagnes d'ailleurs.
00:48Donc ça veut dire que là, tous les refuges sont saturés, comment ça se passe ?
00:51Oui, ça veut dire que tous nos refuges sont saturés, ça veut dire que l'on fait appel à des familles d'accueil.
00:57S'il y a des gens qui veulent nous aider, ils peuvent aller sur notre site pour se proposer, pour garder les animaux pendant quelques semaines, pendant quelques jours, notamment l'été évidemment.
01:05Et puis, on essaye de faire en sorte que les gens qui peuvent attendre un peu, c'est-à-dire qui, par exemple, ont recueilli un animal parce que quelqu'un de leur famille est décédé
01:15et qui sont en charge pour quelques jours, d'attendre au début septembre, par exemple, pour nous les amener.
01:21Là, on aura un petit peu plus de place où les adoptions vont reprendre.
01:25Vous comprenez bien que lorsque les gens sont en vacances, l'adoption n'est évidemment pas leur priorité.
01:30Oui, forcément. C'est intéressant aussi, ces familles d'accueil, parce que je ne suis pas sûre que tout le monde connaît.
01:35Mais forcément, durant cette période transitoire, les animaux restent quand même à la charge de la SPA.
01:41C'est quoi la responsabilité de ces familles d'accueil ?
01:44Oui, absolument. Elles ne sont pas données à l'adoption, ces bestioles.
01:50Elles restent notre propriété.
01:51On paye la nourriture, on paye évidemment les frais vétérinaires s'il se produit une catastrophe.
01:57Mais ensuite, les gens nous les rapportent, si j'ose dire, à la fin de leur séjour chez elles,
02:05et puis dans les familles, et puis on les donne à ce moment-là l'adoption.
02:08Oui, alors comme chaque été, l'ESPA, un message à faire passer, c'est de dire aux gens,
02:12surtout ne pas laisser vos chiens, vos chats dans la nature.
02:15Oui, bien sûr. Alors il faut toujours rappeler, parce que beaucoup de gens s'imaginent que c'est une simple contravention,
02:23l'abandon, c'est une peine correctionnelle de 3 ans qui est encourue avec 45 000 euros d'amende,
02:28et ça peut aller jusqu'à 5 ans et 75 000 euros d'amende si l'animal meurt directement des suites de l'abandon.
02:35Mais voilà, la grande question, c'est l'anticipation, c'est-à-dire que ce n'est pas le 15 août ou le 1er juillet,
02:41au pied de la voiture, qu'on se pose la question de savoir ce qu'on va faire du chien ou du chat,
02:45c'est au moment où on le prend, c'est au moment où on l'adopte, c'est au moment où on l'achète chez un éleveur,
02:49si on veut absolument une race particulière ou un animal particulier,
02:54mais il faut toujours, toujours se poser la question avec un maximum d'anticipation.
02:58Oui, c'est ça, anticiper, et puis un animal de compagnie, ce n'est pas un objet comme ça qu'on balance dès qu'on ne peut plus, quoi.
03:04Non, c'est un compagnon.
03:06Ce que l'on dit souvent, c'est que nous, on a des chiens, on a des chats pour une partie de notre vie,
03:10nos animaux de compagnie, c'est l'ensemble de leur vie.
03:13On peut les avoir petits, puis on les garde jusqu'à leur mort.
03:18Leur vie se passe avec nous, donc il faut y faire attention, tout simplement, les respecter,
03:23et comme vous le dites, ne pas les considérer comme des objets, mais comme des êtres vivants, comme des compagnons.
03:28Et on pourra en parler pendant des heures, mais qui nous apportent évidemment beaucoup de choses.
03:31Oui, bien sûr.
03:33On le sait, avec la crise du pouvoir d'achat aussi,
03:36est-ce qu'il y a des raisons, enfin de toute façon, on ne pourrait pas les connaître toutes,
03:39mais des raisons économiques aussi, qui seraient l'origine de ces abandons ?
03:43Alors, certainement.
03:46On se refuse à demander aux gens la raison pour laquelle ils nous abandonnent les animaux.
03:51Je dirais, ceux qui le font de façon malveillante, de toute façon, vont nous servir une histoire qui n'a pas de sens.
03:57Et puis, vous avez des gens qui abandonnent parce que, pour une raison, je dirais,
04:00une raison qui est légitime, justement le manque d'argent.
04:03Et leur demander serait rajouté, je dirais, une humiliation à une situation qui leur est déjà désagréable.
04:09Mais il faut absolument toujours se poser la question.
04:12Vous savez, l'argent, c'est la raison, c'est la question taboue.
04:15Personne ne la pose jamais.
04:16Mais ça coûte à peu près 100 euros par mois un animal jeune et en bonne santé.
04:20C'est-à-dire qu'on ne parle que de la nourriture, que des vaccins et que, je dirais, le suivi vétérinaire normal.
04:26La somme augmente dans des proportions énormes, évidemment, avec l'âge de l'animal, avec les pathologies qu'il peut avoir.
04:33Donc, il faut se poser la question.
04:35Si vous avez un petit salaire, une somme de 100 euros par mois, c'est une grosse somme.
04:39Donc, voilà, ça veut dire qu'on peut peut-être faire le sacrifice.
04:42On va peut-être devoir faire le sacrifice sur autre chose.
04:46Mais il faut que ce soit un sacrifice accepté, voulu, et pas un sacrifice imposé.
04:51Parce que là, c'est évidemment tout de suite la catastrophe.
04:53Et en même temps, Jacques-Charles Fonbonne, du côté de la SPA, vous avez lancé, comme à chaque fois, à chaque été,
04:58mais une opération non culpabilisante quand même, pour encourager plutôt ceux qui gardent leurs animaux.
05:06Oui, c'est ça. On a pris cette décision il y a longtemps, quand on est arrivé à la présidence de la SPA,
05:16avec le conseil d'administration qui m'accompagne, de ne pas faire de campagne anxiogène.
05:22On a considéré qu'on en avait trop vu et de voir toujours le côté positif.
05:25Alors, cette année, effectivement, avec la voix de Gilles Lelouch, que je remercie encore sur votre antenne,
05:31et bien, plutôt que de jeter la pierre à ceux qui abandonnent, c'est, mais vous l'avez vu, sinon, allez le voir sur notre site, la-spa.fr.
05:39Bravo à ceux qui n'abandonnent jamais, bravo à ceux qui ne baissent jamais les bras.
05:42Oui, c'est ça. C'est à voir.
05:43En tout cas, merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin, Jacques-Charles Fonbonne.
05:48Je rappelle que vous êtes président de la SPA.
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