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  • il y a 5 mois
Son enfance a été un cauchemar. Derrière les murs de la maison familiale, elle a vécu ce que personne ne devrait jamais endurer. Abus, violence, silence… Chaque jour était un combat. Et le pire, c’est que tout venait de ceux qui étaient censés l’aimer et la protéger. Pendant des années, elle s’est tue, persuadée que personne ne la croirait. Aujourd’hui, elle raconte son calvaire. Non pas pour rouvrir les plaies, mais pour libérer sa parole et tendre la main à celles et ceux qui, comme elle, ont grandi dans la peur.

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Transcription
00:00J'ai passé une enfance horrible.
00:04Heureusement que j'avais ma maman, que j'aime très fort et qui est toujours là.
00:09Mais sans ça, je ne sais pas où j'en serai aujourd'hui.
00:13Bonjour, alors moi c'est Amandine, j'ai 28 ans et aujourd'hui je vais vous raconter mon histoire.
00:18J'ai mon géniteur qui m'a agressée sexuellement de mes 6 à mes 15 ans.
00:24Donc la première chose qui s'est passée m'a vraiment, ça m'a fait peur, ça m'a tétanisé, ça m'a...
00:31Je n'ai pas de suite compris que ce n'était pas normal, mais je sentais que ça me faisait mal à l'intérieur de moi.
00:36Je ne savais pas comment faire, enfin comment interpréter la chose en fait.
00:41Et donc du coup je me suis créé une petite boîte où je rangeais au fur et à mesure tout ce qui se passait.
00:47Donc la première fois il m'a demandé de lui laver son sexe avec du savon.
00:52Avec des gestes précis qu'aujourd'hui je pourrais qualifier de masturbation.
01:00Quand j'étais jeune, je n'avais pas notion de ça.
01:03Je n'avais pas notion que c'était sexuel en fait, je ne savais pas.
01:08Ensuite il a commencé que ma mère travaillait et qu'il devait me réveiller le matin.
01:13Il me regardait me changer sans que je me rende compte, en laissant la porte entreverte, en se cachant d'air à la porte.
01:18Et quand je me rendais compte, forcément je me cachais parce que j'avais honte.
01:22Lui il faisait comme si de rien n'était en fait, comme s'il venait d'arriver et qu'il repartait alors que ce n'était pas vrai.
01:30Je le savais, j'avais vu qu'il me regardait vraiment me changer.
01:34Ensuite il a commencé à passer derrière moi et à se coller très fort, jusqu'à ce que je sente son sexe contre moi.
01:46Après il voulait m'obliger à la salle de bain quand je me lavais, en trouvant des faux prétextes, en tapant des coups de poing, des coups de pied, en criant sur toutes ces forces pour que j'ouvre.
01:58Je n'ai jamais ouvert.
02:00À ce moment, dans ces moments-là, je me retrouvais en position de force parce que c'était faire ma clé.
02:07Et que là, je pouvais dire non, non, non, je suis stop, c'est trop, c'est trop.
02:14Et du coup, à partir de là, je me sentais un petit peu protégée parce que j'avais cette porte qui me protégeait.
02:23Il y a eu aussi des violences psychologiques où des fois j'essayais de comprendre pourquoi il faisait ça.
02:29Donc je lui disais, mais pourquoi tu fais ça ? Je ne comprends pas.
02:33Il niait les choses et donc j'essayais de lui faire dire les choses.
02:38Et en fait, il partait en train de dire, mais de toute façon, je sais que tu m'enregistres, tu ne me feras jamais dire ça.
02:48Alors comment ? Je voulais juste savoir pourquoi il faisait ça et peut-être avoir un pardon de sa part.
02:55Chose que je n'ai jamais eu parce qu'il n'a jamais accepté d'amour.
02:58Une fois que j'ai voulu en parler avec lui, il m'a clairement dit, arrête, arrête parce que si tu continues, si je commence à te frapper, je te tue.
03:09J'ai vu sa veine au niveau de son front, la veine qui ressortait, elle avait vraiment été tout rouge.
03:16Quand il m'a dit ça, je me dis, mais le pire, c'est que j'en suis sûre qu'il en aurait été capable à ce moment-là.
03:22Il en aurait été capable. Moi, de mon quotidien où j'avais des troubles alimentaires, je me scarifiais, j'allais mal.
03:29J'étais très, très renfermée sur moi-même, j'allais très mal.
03:32J'ai commencé à en parler au collège parce que je n'en pouvais plus.
03:36Je n'en pouvais plus de cette situation.
03:39Donc, j'en ai commencé à en parler à une prof d'SJT qui m'a renvoyée vers l'infirmerie.
03:44Et à l'infirmerie, elle m'a fait écrire parce que je ne voulais pas parler, donc elle m'a fait écrire.
03:50Et elle a envoyé tout ça à la gendarmerie.
03:53Gendarmerie qui ne croira pas, qui ne me fera pas confiance et qui va me laisser dans cet environnement hostile
04:02où ma mère ne sait pas comment réagir et qui ne me prenait pas au sérieux.
04:07Il ne me prenait pas au sérieux.
04:09Il y avait une affaire similaire et il pensait que les deux affaires, ce n'étaient pas des vrais cas d'inceste,
04:16si je puis dire, même si je n'ai pas été violée.
04:19Du coup, la dernière fois que j'ai parlé, j'avais 15 ans.
04:22J'étais en train de devenir agoraphobe.
04:26Mon médecin ne comprenait pas pourquoi je faisais autant de crise.
04:29Elle est venue à domicile et elle m'a posé plein de questions.
04:32Et là, j'ai craqué et je lui ai expliqué.
04:34Sauf qu'une fois que je lui ai expliqué que le cinéma est reparti, la gendarmerie m'a croisée dans la rue.
04:41Ils sont descendus de leur voiture et en fait, ils m'ont dit, oui, c'est quoi ce bordel ?
04:45On a encore un cinéma de votre part, ce n'est pas normal.
04:48C'était, ils ne me croyaient pas.
04:51Ils ne croyaient pas, ils m'ont intimidée.
04:53Du coup, j'ai eu peur.
04:55C'est la dernière fois que j'en ai parlé pendant ma jeunesse.
04:57Quand j'ai eu 18 ans, 29 ans plus tôt, j'avais toujours des troubles alimentaires, des troubles paniques.
05:06Et on m'a diagnostiqué borderline parce que j'essayais de mettre mes jours.
05:11Chaque fois que je sortais d'hospitalisation, je voulais mourir.
05:15Je ne voulais plus vivre.
05:16Je voulais mourir.
05:17C'était devenu un but parce que je n'arrivais plus à surmonter tout ce que j'ai vécu.
05:23En 2014, j'ai failli mourir à cause d'une tortite de suicide.
05:28J'ai fait une insuffisance respiratoire.
05:31J'ai été deux jours dans le commun.
05:34Ce qui m'a sauvée, c'est que c'est ma mère qui est revenue dans mon appart alors qu'elle ne devait pas revenir.
05:39Et du coup, elle a compris de suite.
05:41Parce que je n'étais pas dans mon état normal et que je ne consomme pas de drogue.
05:45Et que je ne bois pas d'alcool.
05:47Du coup, elle a compris tout de suite.
05:48Elle m'a emmenée à l'hôpital et grâce à ça, ils ont pu me sauver.
05:51Ensuite, j'ai voulu arrêter mes bêtises.
05:53Donc, j'ai fait un tatouage qui représente énormément pour moi.
05:57Et en 2019, j'ai eu un cancer du sein.
06:00Je m'en suis sortie des traitements et c'est pour ça que j'ai les cheveux courts.
06:05Aujourd'hui, je suis toujours dans un trouble panique.
06:09Je suis un peu désespérée parce que je n'ai pas eu mon côté.
06:14Je n'ai pas été reconnue victime.
06:16Et du coup, c'est très compliqué pour moi.
06:19Je fais beaucoup d'angoisse.
06:20Beaucoup de...
06:23Je ne sais pas expliquer les angoisses, mais c'est quotidien en fait.
06:27C'est toujours de la panique en fait.
06:30J'ai toujours des troubles alimentaires.
06:32C'est pour ça que je suis aussi bonne.
06:33Parce qu'un coup, je ne mange pas.
06:34Un coup, je mange trop.
06:35Un coup, je me fais venir.
06:36Un coup, je ne me fais pas venir.
06:37Je me suis permis cette année de contacter le président de la République qui n'a pas donné suite à ma demande d'être reconnue victime et qu'il soit enfin puni.
06:48C'est quand je me suis constituée en partie civile.
06:51Forcément, on s'est rendu compte qu'il manquait des papiers dans le dossier qui étaient des papiers très importants.
06:58Il a encore réussi à manipuler tout le monde et ils ne m'ont pas cru.
07:03Ils ne m'ont pas cru parce que c'est un manipulateur.
07:07Quand ma maman voulait partir de chez moi, il me disait que c'était de ma faute, qu'elle allait être malheureuse à cause de moi, qu'elle ne voulait pas partir.
07:17Et comme moi, elle comptait plus que tout pour moi, je me sacrifiais pour elle.
07:21Je préférais subir plutôt que de la savoir malheureuse.
07:24Combien de fois il a tapé dans les meubles ?
07:29Combien de fois il a tapé dans les murs ?
07:33Une fois à 3h du matin, il a essayé de défoncer ma porte de la chambre parce que c'était ferme à clé et que j'étais juste téléphonée et que ça ne lui plaisait pas.
07:43Donc, il a essayé de défoncer la porte pour entrer.
07:50Pourquoi faire ? Je ne sais pas.
07:51Mais voilà, enfin, il était tout le temps comme ça, sauf que ma mère était là.
07:56Quand ma mère était là, c'était une autre personne, c'était une autre facette.
08:00Mais clairement, je peux dire qu'il avait deux facettes, deux visages.
08:06Un visage gentil comme il y avait ma mère.
08:10Bon, con aussi, excusez-moi de vous le dire.
08:12Mais voilà, une facette très mauvaise, très très mauvaise envers moi et ma soeur.
08:22Et vraiment, c'est quelque chose de très très compliqué.
08:25Et ce que j'espère aujourd'hui, à partir de cette vidéo, c'est que la justice réagisse, la justice croive en nous, qu'elle fasse conscience en nous, enfin.
08:38Parce que même le 119, quand je l'ai appelé, au bout de plusieurs appels, parce que j'avais besoin de parler et que l'opératrice n'était pas forcément là, ils m'ont laissée toute seule.
08:47Ils m'ont laissée toute seule et ils m'ont envoyé bouler, ils m'ont dit « vous ne vous rappelez plus, vous partez, enfin vous nous laissez, vous ne vous rappelez plus, de toute façon on a votre numéro. »
08:58Mais c'est censé être un appel d'urgence pour des enfants en détresse.
09:03La gendarmerie ne croyait pas le 119, ils ne voulaient plus de moi.
09:08J'ai passé une enfance horrible.
09:12Heureusement que j'avais ma maman, que j'aime très fort et qui est toujours là.
09:17Il n'y a sans ça, je sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas.
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