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  • il y a 2 mois
Daniela Martins a réussi à dépasser ses traumatismes d'enfance grâce à l'amour et son mariage comme elle le raconte dans son livre "Une claque n'a jamais tué personne".

🔗 "Il m'a montré que l'amour n'était pas violent" : Daniela Martins se confie sur son enfance dans la violence : https://www.cosmopolitan.fr/il-m-a-montre-que-l-amour-n-etait-pas-violent-daniela-martins-se-confie-sur-son-enfance-dans-la-violence,2149527.asp

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Il m'a montré que l'amour ne faisait pas mal, que l'amour n'était pas violent, que l'amour ne faisait pas peur.
00:09Salut, je m'appelle Daniela Martins, je suis autrice du livre Une claque n'a jamais tué personne et aujourd'hui on en parle avec Cosmo.
00:15J'étais élevée par mes grands-parents les quatre premières années de ma vie et c'était des grands-parents hyper bienveillants.
00:21Je n'ai jamais entendu ma grand-mère crier jusqu'au jour où mes parents biologiques du coup décident de me récupérer.
00:28Je découvre des parents violents, extrêmement violents, tout d'abord avec eux et puis ensuite aussi avec moi.
00:36Quand ils ne se frappaient pas, ils se criaient dessus.
00:38Mon père avait beaucoup de haine, ma mère avait beaucoup de colère, ma mère en voulait à la terre entière.
00:44Quand les violences ne me concernaient pas mais qu'elles concernaient des gens que j'aimais, c'était encore plus dur à vivre en fait.
00:50J'avais environ sept ans et en pleine nuit j'entends des cris, j'entends des coups et d'un coup la porte de ma chambre s'ouvre.
00:59Dans le noir je vois une silhouette, c'est celle de ma mère qui est en t-shirt, culotte et ses cheveux sont en bagaille.
01:08Elle pleure, elle a le visage gonflé et elle vient se coucher dans mon lit.
01:12Je sens tout son corps qui tremble et mon père va par la suite faire plusieurs allers-retours dans notre chambre,
01:19allumer la lumière toutes les 30 minutes, toutes les heures et dire tu veux dormir, tu ne dormiras pas, salope, etc.
01:27Il insulte tous les noms.
01:28Mais j'étais dans cette chambre et à 7h du matin je me levais pour aller à l'école.
01:32Il prend mon lit, c'est un lit de poupées, et il le fracasse sur la tête de ma mère qui est allongée à côté de moi.
01:38Et ça c'était juste un exemple de ce que je pouvais vivre en fait au quotidien.
01:43Ma mère, j'aurais donné ma vie pour elle, sans hésitation.
01:46Et je me mettais constamment entre les deux avec mon petit corps pour essayer de protéger ma mère.
01:51Je me trouvais bien souvent plus courageuse qu'elle, et je le faisais parce que je l'aimais terriblement.
01:58Souvent on aime nos bourreaux.
01:59Et je pleurais, elle s'excusait, ma mère s'excusait.
02:02Mais il faut savoir que mon père aussi s'excusait quand il frappait ma mère et puis pourtant il recommençait.
02:06Les deux étaient pareils.
02:07J'avais les cheveux très longs, non pas par choix, mais parce qu'elle m'empêchait de me couper les cheveux.
02:12Donc j'avais les cheveux jusqu'aux fesses.
02:14Et chaque matin, c'était un calvaire.
02:17Tous les matins, tous les soirs, pour me brosser.
02:20Je ne pouvais pas me plaindre sans me prendre des brosses en bois sur la tête.
02:25Elle en a qu'assez certaines sur mon crâne.
02:27C'est quelque chose qui me revient systématiquement quand je brosse les cheveux de ma fille.
02:31Et je revis cette scène encore et encore.
02:34Donc on a beau suivre des thérapies, on a beau essayer de s'en sortir, on a beau essayer d'être une meilleure personne tous les jours.
02:40Ce sont des choses qui vous marquent à vie.
02:43Je pouvais me faire frapper jusqu'à aller avec l'œil au berne noir à l'école.
02:48Et puis elle me disait, mais tu sais, c'est parce que je te frappe avec l'autre côté de ma main et que j'ai plein de bagues.
02:55Donc c'est ça qui fait que ça t'éclate la lèvre ou l'œil.
02:59Donc quand ce n'était pas à cause de mon père, c'était à cause de ces bagues.
03:02Il y avait toujours une raison.
03:03Un enfant ne parle pas, un enfant ne dénoncera pas ses parents, ses bourreaux.
03:08C'est très rare, ça existe et encore heureux.
03:10Moi, mon déclic s'est fait très tardivement.
03:13Il faut savoir que j'étais vraiment sous son emprise, clairement.
03:15J'ai été sous son emprise des années encore après mon adolescence.
03:19Donc même à l'âge adulte, je continuais de l'aimer, d'être sous son emprise,
03:23d'espérer être aimée en retour, d'espérer avoir une relation saine avec elle.
03:27Mais ça n'a jamais fonctionné.
03:29Le pardon m'a aidée à couper les ponts parce qu'aujourd'hui, je ne suis plus dans une attente.
03:35Parce que pardonner ne veut pas dire oublier.
03:38Pardonner veut dire je continue ma vie et tu ne me touches plus.
03:41Dans ma première relation amoureuse, là où j'étais confortable, on va dire,
03:46puisque c'était quelque chose que je connaissais, c'était les violences.
03:49Je pense que tant qu'on ne se soigne pas, on va envoyer des espèces d'alertes à un pervers narcissique.
03:56Il capte cette fragilité.
03:57On ne peut pas s'imaginer se reproduire avec un schéma comme ça aussi violent.
04:03Moi, c'était hors de question que je devienne mère.
04:06À chaque fois que je fais quelque chose de pas bien, je me dis, c'est peut-être dans mon ADN.
04:10C'est peut-être parce que mon père et ma mère sont comme ça.
04:13Et ça, c'est terrible.
04:14C'est des années de construction.
04:15L'amour sauve, la haine détruit.
04:18Et l'amour m'a sauvée.
04:19Mon mari m'a sauvée en partie.
04:21Ça ne suffit pas.
04:22Ce n'est pas une baguette magique.
04:23Le prince charmant qui vous sauve, si on n'est pas prêt à se sauver soi-même.
04:28Il m'a montré que l'amour ne faisait pas mal.
04:31Que l'amour n'était pas violent.
04:33Que l'amour ne faisait pas peur.
04:35C'est grâce à l'amour que j'ai décidé de me faire confiance
04:38et de devenir mère, du coup, pour la première fois il y a neuf ans.
04:42J'ai voulu faire tout l'inverse de ma mère.
04:44Tout l'inverse parce que je ne pouvais pas lui ressembler.
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