00:00Au fil du temps et des destructions, du désastre humanitaire sur le terrain,
00:05l'opinion publique a commencé progressivement à se retourner.
00:11D'abord parce qu'il y a une vague d'indignation dans l'opinion publique occidentale
00:15face aux images, aux témoignages venant de la bande de Gaza.
00:22Notamment dernièrement concernant la distribution de l'aide alimentaire
00:26par les sociétés privées encadrées par l'armée israélienne.
00:29Plus de 800 personnes ont péri sous le feu israélien
00:32parce qu'il y a des mouvements d'attroupement, de foules lors des centres de distribution.
00:36Les agences de l'ONU font aussi monter la pression
00:39expliquant qu'on est au bord de la famine.
00:42L'RSF explique aussi que les journalistes sont en danger.
00:45Pour la première fois, en dehors du danger physique,
00:47il y a quand même eu 200 journalistes tués depuis le début de ce conflit.
00:51Il y a aussi un risque de ces journalistes meurent de faim.
00:53Donc il y a une vague d'indignation qui est relayée sur les réseaux sociaux,
00:56en partie aussi sur les médias.
00:58Il y a la pression des ONG, de certains intellectuels, d'anciens diplomates
01:02qui font que les dirigeants occidentaux,
01:05que ce soit Emmanuel Macron, Georgia Meloni, Kersthermer,
01:09les dirigeants canadiens aussi,
01:11montent au créneau et mettent la pression sur Israël,
01:14sur Benjamin Netanyahou et sa coalition d'extrême droite.
01:18Il ne faut pas oublier non plus les propos du pape Léon XIV
01:21qui est revenu dans son homélie dimanche sur les tirs israéliens
01:26contre l'église de la Sainte Famille à Gaza
01:30qui suscite une grande vague d'indignation chez les catholiques.
01:34Les principaux sondages faits depuis le 7 octobre 2023
01:41montrent qu'au début, il y avait un très fort soutien à Israël
01:44qui avait fait l'objet d'une attaque terroriste due à Hamas,
01:481200 victimes, 250 otages.
01:51Donc dans les six premiers mois de la guerre,
01:53il y avait ce sentiment, ce soutien à Israël dans la conduite de la guerre.
01:58Mais au fil du temps et des destructions, du désastre humanitaire sur le terrain,
02:03l'opinion publique a commencé progressivement à se retourner.
02:07Il y a eu un sondage fait par YouGov au Royaume-Uni
02:10qui montre que 63 à 70% des personnes interrogées dans six pays d'Europe
02:15estiment qu'Israël ne se conduit pas bien sur le terrain.
02:19Un autre sondage en France, plus récent, réalisé fin mai,
02:23explique que 61% des Français sont favorables à l'imposition de sanctions
02:30contre Israël pour la conduite de ces opérations dans la bande de Gaza.
02:35Ces sanctions qui pourraient être la remise en cause au niveau de l'Union européenne,
02:38du contrat d'association avec Israël,
02:41qui pourraient être le gel de certains programmes européens dont bénéficie Israël.
02:45Face à cette opinion publique, à ce retournement de l'opinion publique,
02:55les dirigeants politiques, qui sont des bêtes politiques, sont obligés d'agir.
02:58Donc ils intensifient la pression politique sur Israël.
03:01Il y a eu plusieurs déclarations, soit conjointes, soit chacun de leur côté.
03:05On qualifie ce que fait Israël d'inacceptable, d'injustifiable, d'intolérable.
03:10C'est Pedro Sanchez, le chef du gouvernement espagnol, qui va le plus loin
03:14en utilisant même le mot de génocide.
03:17Donc il y a une pression de ces dirigeants politiques sur l'État israélien.
03:21Par contre, au niveau de la mise en place de sanctions européennes,
03:25Kaja Kalas, la chef de la diplomatie européenne,
03:28a fait une série de propositions qui vont de la remise en cause du contrat d'adhésion,
03:33comme je le disais, au gel de certains programmes menés avec Israël
03:36ou au boycott aussi de produits israéliens produits dans les colonies en Cisjordanie.
03:42On ne s'est pas encore mis d'accord.
03:44Pourquoi ? Parce que certains de ces dirigeants,
03:46notamment les dirigeants d'Allemagne et d'Italie,
03:49n'y sont pas favorables pour le moment.
03:51Et certains pays aussi du groupe de Visegrad,
03:53qui rassemblent la Hongrie, la Pologne, la Tchéquie et la Slovaquie,
03:57historiquement des alliés d'Israël,
03:59ne sont pas non plus favorables à l'imposition de ces sanctions.
04:02Peut-être que ça changera dans le futur,
04:05si la situation dégénère encore,
04:06et aussi peut-être à la lumière de ce qui s'est passé ce week-end
04:09avec des tirs israéliens sur l'église à Gaza.
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