- il y a 8 mois
"Il y a à l'Assemblée un débat de haute tenue, un comportement très digne" des députés autour du texte sur la fin de vie, salue le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Mignola, invité de Questions Politiques, confiant pour une adoption du texte d'ici à l'automne, après son passae au Sénat. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/questions-politiques/questions-politiques-du-dimanche-18-mai-2025-2759004
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00:00Générique
00:14Bonjour, ravi de vous retrouver dans Question politique, l'émission politique du dimanche sur France Inter,
00:19diffusée également sur France Info, la télé et en partenariat avec le journal Le Monde.
00:24Trois heures d'émission pour Emmanuel Macron cette semaine,
00:27cinq heures d'audition pour François Bayrou devant la commission d'enquête après l'affaire Bétharame.
00:33Autant d'explications données qui n'auront rien changé.
00:37Les cotes de popularité du président et de son Premier ministre continuent de flancher.
00:42Pendant ce temps, les Français ne se rendent plus compte de ce qui se passe à l'Assemblée.
00:46Une loi contre le narcotrafic vient pourtant d'être adoptée,
00:50une autre sur la fin de vie est en train d'être examinée.
00:53Il n'empêche, l'État donne l'impression d'être bloqué, immobilisé, comment le relancer ?
00:59Parce qu'il reste encore deux ans avant la prochaine élection présidentielle.
01:02On en parle avec notre invité, Patrick Mignola, le ministre chargé des relations avec le Parlement.
01:08Il est aussi l'un des porte-parole du Modem, parmi les proches du Premier ministre François Bayrou.
01:14Il est ce dimanche dans Question politique, en direct et jusqu'à 13h.
01:17Question politique, Karine Bécard sur France Inter.
01:25Bonjour Patrick Mignola.
01:26Bonjour.
01:26Merci d'avoir accepté notre invitation à mes côtés pour vous interviewer.
01:30Françoise Fressoz du journal Le Monde et Alix Bouillaguet de France Télévisions.
01:34Bonjour à toutes les deux.
01:35Bonjour à toutes et tous.
01:36Bonjour Karine, bonjour à tous.
01:38On va commencer comme toujours avec vos images de la semaine.
01:42C'est l'occasion de revenir sur les temps forts de ces derniers jours.
01:45Ce qui vous a marqué, de ce dont on a parlé.
01:47Patrick Mignola, qu'est-ce qui vous a fait réagir ?
01:50Je commence avec vous, en particulier cette semaine.
01:53Cette semaine pour moi, c'était la réunion de la coalition des volontaires,
01:58qui s'est retrouvée dans ce nouveau format qu'a inventé le président de la République,
02:01qui est la communauté politique européenne,
02:03qui a permis de faire un peu bouger les lignes dans le conflit entre la Russie et l'Ukraine.
02:11Ces six derniers mois.
02:12Qui a permis de montrer ce que doit être le chemin européen.
02:17C'est-à-dire, c'est celui de l'unité.
02:20Parce que nous ne pouvons pas tenir des propos différents face au drame
02:23qui se déroule sur le territoire européen.
02:25Et qui a permis aussi de faire bouger les lignes avec les Etats-Unis.
02:28Puisque vous avez constaté que Donald Trump a annoncé aujourd'hui
02:31qu'il reprendrait contact avec Vladimir Poutine.
02:34Et on est très loin des déclarations qu'il avait faites sur ce sujet
02:37au moment de son arrivée à la Maison Blanche.
02:39Donc je pense que quand l'Europe cesse d'unir,
02:41quand, patiemment, avec persévérance,
02:44on suit la ligne qu'avait tracée le président Macron,
02:48je pense que l'Europe peut être vraiment une puissance dans le monde.
02:52Le monde est grave.
02:57On vit vraiment une accélération de la dramatisation du monde.
03:00Mais je crois qu'en européen, on peut défendre avec constance nos valeurs.
03:05Mais l'issue paraît encore très lointaine quand même.
03:08Bien sûr, parce qu'en matière diplomatique,
03:11de toute façon, ça ne peut être qu'un travail de persévérance,
03:15ça ne peut être qu'un travail dans la durée.
03:18Et c'est aussi évidemment un rapport de force.
03:20C'est un rapport de force qui doit s'exercer par la diplomatie.
03:22Allez, autre image de la semaine.
03:24On reste à l'international avec la situation dans la bande de Gaza.
03:27Et ça, c'est votre choix, Alice Bouyagué.
03:29Oui, on peut voir sur cette image prise lundi,
03:32des enfants affamés tendant leur gamelle pour manger
03:35lors d'une distribution alimentaire dans le sud de Gaza.
03:38Depuis le 2 mars, le blocus de Gaza décidé par Benyamin Netanyahou
03:42empêche l'entrée de toute aide humanitaire, y compris la nourriture, l'eau, les médicaments.
03:47Ce sont 116 000 tonnes d'aide qui sont actuellement bloquées.
03:52Et les conséquences sont dramatiques.
03:54Selon le cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire,
03:58c'est l'outil qui permet de mesurer le niveau de faim dans le monde,
04:02près de 500 000 personnes, soit 1 Gazaoui sur 5,
04:05risquent de mourir de faim dans les prochains mois.
04:08Y compris des dizaines de milliers d'enfants.
04:11C'est l'intégralité des 2,1 millions d'habitants de la bande de Gaza qui sont menacés.
04:16Mardi soir, Emmanuel Macron a vivement critiqué l'entrave
04:20à l'acheminement de l'aide humanitaire.
04:22Il a qualifié la politique de Benyamin Netanyahou d'inacceptable,
04:26d'intolérable et de honte,
04:27dénonçant une situation humanitaire, à ses yeux,
04:30sans précédent depuis le début du conflit.
04:32Alors vous parlez d'Emmanuel Macron, vous parlez de sa prestation télévisée.
04:35Je rebondis, c'est le choix.
04:37Pour rebondir, peut-être une question sur Gaza.
04:39Le président de la République a réagi.
04:41Est-ce que vous qui vantez l'Union européenne,
04:44est-ce qu'il n'y a pas une initiative à attendre de l'Union européenne
04:47sur cette séquence absolument dramatique ?
04:49Vous avez parfaitement raison, Françoise Fressoz.
04:53C'est une abomination qui doit cesser.
04:56Et on est dans une urgence de l'initiative.
04:59Et cette semaine, ce sont les Pays-Bas, et la France participera à cette démarche,
05:04qui ont demandé à l'Union européenne quels types de sanctions on pouvait envisager.
05:08Parce qu'évidemment, on ne peut pas rester dans la situation qu'est celle d'aujourd'hui.
05:13La France a pris un certain nombre de mesures,
05:15à la fois diplomatiques, économiques, militaires également,
05:18en fournissant plus d'armes, vous le savez.
05:20Qui ne changent pas grand-chose quand même.
05:21Mais pour sortir, oui, parce qu'aujourd'hui,
05:24le gouvernement israélien est enfermé dans une politique du pire.
05:32Et qu'il faut absolument réouvrir les couloirs humanitaires.
05:36Et il faut absolument remettre l'ensemble des protagonistes autour de la table.
05:42Nous savons que le gouvernement israélien fait la guerre au Hamas suite au 7 octobre.
05:48Mais la situation dans laquelle des femmes, des enfants sont affamées et assoiffées,
05:52ne sont pas acceptables.
05:54Françoise, votre image.
05:56Donc, retour à la scène intérieure avec l'intervention télévisée du chef de l'État lundi.
06:01Mardi, mardi, ça ne change pas grand-chose.
06:04Très très longue intervention, bien suivie.
06:07Près de 5 millions de téléspectateurs.
06:09Mais comme vous le disiez, qui n'a pas changé grand-chose.
06:12Moi, ce qui m'a frappée, c'est qu'au fond, tel qu'elle a été bâtie,
06:15l'émission a montré à la fois un pays très idéologisé, très divisé.
06:20Et un exécutif qui est à la peine pour essayer de faire bouger cette structure.
06:25On avait pensé à un moment que le référendum pouvait être une arme.
06:27Peut-être un référendum dédramatisé à questions multiples.
06:30Le président de la République ne s'est pas tellement engouffré dans la brèche.
06:33Peut-être parce qu'il y a un problème constitutionnel.
06:36Il a dit peut-être s'il y a des choses à trancher, on fera appel au référendum.
06:41Mais quand vous voyez l'état du pays, est-ce que ce n'est pas un risque ?
06:44Donc, on sent que le pays est au bout d'un système qui a des économies à faire,
06:49un modèle à reconsidérer et que personne aujourd'hui n'a la clé.
06:52Et c'est quand même assez inquiétant.
06:55Depuis huit ans, on a essayé de tenir face aux crises.
07:00Que ce soit face à la crise sociale, les gilets jaunes, au Covid,
07:05le retour de la guerre en Europe, l'inflation, la montée de l'énergie.
07:09Je crois qu'à chaque fois, on a essayé collectivement de tenir, d'apporter des réponses.
07:13Et puis, ces dernières années, on a aussi repris du muscle.
07:15On a recréé de l'emploi.
07:17On a commencé à réindustrialiser le pays.
07:20Voilà, je voudrais donner de la perspective.
07:21C'est aussi un des objectifs de ce soir.
07:23Maintenant, je crois que c'est assez classique dans notre pays.
07:27On voit surtout ce qui ne marche pas.
07:30Alors, on vient d'en parler, le président Macron, mardi soir sur TF1.
07:34Plus de trois heures d'émission durant laquelle on a surtout perçu son incapacité aujourd'hui à avancer.
07:41Je voudrais redonner des perspectives, dit-il dans l'extrait qu'on vient de diffuser.
07:45Est-ce que vous les avez vues, vous, ces perspectives, Patrick Mignola ?
07:49Elles sont où, aujourd'hui, les perspectives d'Emmanuel Macron ?
07:52J'ai vu plus de capacités que vous ne le dites, Kérin Bécart.
07:56Le président de la République, je crois qu'il a l'engagement et qu'il a l'obsession
08:02qui est l'indépendance du pays depuis le premier jour de son arrivée aux responsabilités.
08:08Et dans les prérogatives qui sont les siennes, qui sont d'abord l'international et la défense,
08:13il y a en même temps une interaction, une articulation très forte.
08:17Parce que si on veut que la France s'affirme en tant que puissance et puissance indépendante dans le monde,
08:23il y a évidemment un certain nombre de politiques intérieures à conduire.
08:27Et ça, on ne le voit pas.
08:29Ça, on le voit difficilement.
08:29Ils peuvent apporter aux Français... Mais justement, c'est pour ça qu'il faut qu'on accepte.
08:34Malgré l'impopularité, malgré la situation difficile qui inquiète les Français,
08:38parce qu'évidemment, on est dans une situation internationale qui est complètement inédite.
08:43Qui aurait pu penser il y a trois ans que la Russie attaquerait l'Ukraine,
08:49que les États-Unis ne nous fourniraient plus leur parapluie de défense
08:54et remettraient en cause jusqu'à l'idée même du libre-échange ?
08:58Et donc, il faut qu'on redise aux Français qu'après être sorti de l'instabilité,
09:03ce qu'on est parvenu à faire il y a quelques mois, on peut sortir aussi de l'incertitude.
09:07Et l'incertitude, elle doit s'exprimer sur les champs économiques, écologiques, technologiques, industriels.
09:14Et c'est ce rappel-là qu'il fallait faire pour remettre en perspective ce que doit être l'action publique.
09:19Patrick Mignola, vous voyez bien qu'il était avant tout venu là finalement pour défendre son bilan.
09:25Les perspectives, il n'y en avait pas.
09:27On a vraiment le sentiment, on se posait la question.
09:29Est-ce que ce n'est pas un coup pour rien, tout ça pour ça ?
09:32Est-ce que c'est juste pour exister ?
09:33Non, je ne crois vraiment pas.
09:35Vous savez, depuis le début de cette année, moi je comprends parfaitement.
09:39On ne va pas défendre les choses pour le plaisir de les défendre.
09:42Je comprends parfaitement qu'on se dise mais on ne voit pas où ils vont.
09:46On ne sait pas ce qu'ils font.
09:48C'est quoi l'objectif ?
09:49Si je puis me permettre, on se dit juste, il reste deux ans jusqu'à la présidentielle.
09:52Normalement, qu'est-ce qui va se passer ?
09:54À quoi peuvent ressembler ces deux années ?
09:56Essayez de nous décrire ce qui peut ressembler, un chemin quand même.
10:00Trois questions d'un coup.
10:00Et de 2025 à 2027, en effet, les Français vont vivre.
10:04Et je dirais même qu'il faut qu'ils vivent, qu'ils vivent mieux
10:07et qu'il y ait une action publique déterminée qui soit conduite.
10:10Vous dites qu'ils vivent mieux.
10:11Tout le monde a la trouille en disant il y a 40 milliards d'euros d'économie.
10:15On est en train de s'interroger sur le modèle social.
10:18On va tous moins bien vivre et personne ne veut faire la part de l'effort
10:22parce qu'il a peur.
10:23Comment vous pouvez concrètement les rassurer ?
10:25C'est quoi votre calendrier ?
10:26Alors, on y va.
10:27Depuis qu'on est arrivé aux responsabilités,
10:30on a fait d'abord passer les textes budgétaires, bien sûr.
10:31Ensuite, on a fait tous les textes agricoles pour tenir la parole.
10:34On n'en revient pas sur tout ce qu'on connaît de la suite.
10:36Ensuite, on a fait les textes pour les collectivités locales
10:39parce que les maires avaient besoin de savoir où ils allaient.
10:42On a fait les textes régaliens, vous le rappelez, sur le narcotrafic
10:45ou sur la justice des mineurs parce que la sécurité est une préoccupation pour les Français.
10:48En ce moment, on propose des lois sociétales sur les soins palliatifs et l'aide à mourir.
10:52Et donc après ?
10:53Il y aura une grande loi sur l'énergie au mois de juin prochain.
10:57On aura Mayotte 2 parce qu'on a aussi là aussi des engagements à tenir
11:00vis-à-vis de nos compatriotes maorais.
11:03Et on a le grand enjeu qui est celui du budget
11:07parce que le Premier ministre a gardé à sa main des sujets qui intéressent directement les Français.
11:11L'école, où il a fait un certain nombre de propositions en matière de formation des enseignants.
11:14Les déserts médicaux, des propositions concrètes pour que dès le mois de septembre prochain,
11:18il y ait une solidarité des territoires mieux dotés en médecins
11:21vis-à-vis des territoires qui sont en situation de déserts médicaux.
11:24Il fera des propositions sur le logement dans les semaines qui viennent.
11:28Et évidemment sur le budget.
11:30Le budget, il est préquent.
11:31Nous voulons, bien plus tôt que d'habitude,
11:35mettre ce que doivent être les orientations sur le budget.
11:38C'est-à-dire qu'au 30 juin, il y aura quelque chose de clair ?
11:41C'est-à-dire que nous, on a dit qu'avant le 14 juillet,
11:43on voulait remettre une copie qui est une sorte de pré-cadrage budgétaire
11:47avec toutes les orientations et avec une trajectoire.
11:50Parce que je pense que ce dont ont besoin les Français,
11:51c'est aussi qu'on leur dise ce qui va se passer sur les trois années qui viennent.
11:54Nous avons des engagements européens,
11:56mais qui sont presque des engagements moraux
11:57vis-à-vis de nos enfants et de nos petits-enfants pour réduire la dette.
12:00Pour qu'en 2029, nous repassions en dessous de 3% de déficit budgétaire.
12:04Et la première chose qu'il faut faire dans le débat budgétaire,
12:07c'est rassurer les Français.
12:09Revenir en dessous de 3% de déficit budgétaire,
12:11c'est la situation de la France de 2018 et 2019.
12:13On y était arrivés.
12:14Donc ce n'est pas une cure de sang et de larmes.
12:17Mais au lieu de trouver...
12:18Ça vaut quand même 40 milliards d'économies.
12:19Oui, mais pour trouver 40 milliards d'économies,
12:21au lieu de trouver des coupables ou des victimes
12:24en désignant à la Vindique populaire,
12:26tiens, on va en prendre un peu à ceux-là ou un peu à ceux-là.
12:27Il y a évidemment un immense effort collectif.
12:29Si on veut qu'il soit juste,
12:31il ne peut être que collectif qui devrait être fait.
12:32C'est-à-dire que chacun fera sa part.
12:34C'est ça que vous dites.
12:34Chacun fera sa part.
12:35Et en commençant par la production.
12:39Vous avez regardé ce que le Premier ministre a indiqué.
12:41Il dit d'abord, il faut qu'on relance la production dans notre pays.
12:45On fait comment ?
12:47Aujourd'hui, vous avez en France,
12:50dans la population active,
12:51chaque Français travaille l'équivalent de 950 heures par an,
12:54contre 1100 dans les autres pays de l'OCDE.
12:57Pas parce que ceux qui travaillent, ne travaillent pas assez.
12:59La plupart du temps, ils travaillent beaucoup.
13:01Mais parce que les jeunes rentrent trop tard sur le marché du travail.
13:03Et là, il faut qu'on prenne des mesures concrètes
13:05et qu'on ait, avec les partenaires sociaux,
13:07un nouveau deal économique
13:08pour que les jeunes rentrent plus tôt sur le marché du travail.
13:10Parce que les jeunes sont actuellement victimes du chômage, là.
13:13C'est eux les principales victimes.
13:14Exactement.
13:14Et avec aujourd'hui, des jeunes qui rentrent de façon durable
13:18sur le marché du travail autour de 26 ans et demi, 27 ans.
13:22Ce n'est pas le cas dans les autres pays de l'OCDE.
13:24Vous avez la question de l'emploi des seigneurs.
13:26Si on avait le même taux d'emploi des seigneurs que l'Allemagne,
13:28les comptes sociaux seraient rééquilibrés.
13:29Oui, mais là, c'est du yakia-fou-fou.
13:30Vous ne nous dites pas comment on fait ça.
13:31On le dit depuis des années.
13:33Mais pas du tout.
13:34On a un texte sur l'emploi des seigneurs.
13:37Il y a eu un accord national interprofessionnel
13:39que tous les partenaires sociaux ont voté,
13:41CGT compris, que nous devons inscrire dans la loi.
13:44Et donc, je m'étais arrêté au mois de juin
13:47sur ce qu'on devrait mettre au Parlement avec la loi sur l'énergie.
13:51Si le Premier ministre décide, et je crois qu'il le fera,
13:53nous sommes en train de travailler là-dessus,
13:55de faire une session extraordinaire,
13:57on pourra avoir un texte comme celui-là.
13:58Une session extraordinaire cet été ?
14:00À quel moment ? Quelle date ?
14:02Donc, aujourd'hui, vous savez, la session doit s'arrêter le 30 juin.
14:05Le 30 juin, c'est un lundi.
14:06C'est un peu bête de s'arrêter de travailler le lundi.
14:08Et ce n'est pas ce que souhaiteraient les députés et les sénateurs
14:10qui travaillent quand même beaucoup.
14:11Moi, je veux les défendre ici dans le rôle qu'elle mient,
14:13mais aussi par conviction.
14:15Et on a besoin d'avoir au moins 15 jours en juillet
14:19et probablement autant en septembre pour travailler.
14:22Alors, évidemment, le Premier ministre n'a pas encore pris la décision
14:25parce qu'on est en train d'avancer sur des sujets qui sont très nombreux.
14:28Mais en tout cas, on a une série de textes extrêmement importants
14:32que nous pouvons faire passer.
14:34L'emploi des seigneurs en fait partie, concrètement.
14:36Mais attendez, excusez-moi, ce que je ne comprends pas,
14:37c'est pourquoi on hésite sur une session parlementaire extraordinaire
14:40alors que quasiment chaque année, il y en a une ?
14:42Pourquoi là, il y a...
14:43On n'hésite pas, c'est une décision qu'on avait annoncée,
14:47qu'on allait prendre à la fin du mois de mai.
14:49Non, non, on n'a pas hésité.
14:50J'ai bien entendu toutes les oppositions qui nous ont dit
14:52« Mais vous ne ferez pas de session extraordinaire
14:54parce que vous avez peur de la censure. »
14:55Enfin, si les oppositions voulaient nous censurer,
14:57elles pourraient nous censurer le 26 juin.
14:59Que ce soit le 26 juin ou le 3 juillet, ça reviendra exactement au même.
15:02Donc, il y aura dedans, emploi.
15:03Donc, dedans, emploi des seigneurs.
15:05Et concrètement, ça veut dire quoi ?
15:07Ça veut dire comment on travaille sur la transmission des compétences,
15:09comment on travaille sur les retraites progressives,
15:12comment on travaille sur les conditions d'embauche,
15:14comment on travaille sur les aménagements de fin de carrière.
15:17Et on aura d'ici là les propositions
15:20qui seront nées du conclave des partenaires sociaux.
15:22Donc, un projet de loi retraite inspiré des conclusions du conclave ?
15:26Exactement, qui dans ce cas-là pourrait venir à la rentrée.
15:29Le septembre.
15:29Et ça permettra à ce moment-là d'avoir un ensemble
15:34pour travailler sur cette grande question de l'emploi des seigneurs.
15:36Débat TVA social, éventuellement,
15:38on allège les cotisations sociales sur le travail
15:41et on fait de la TVA sociale.
15:42Est-ce que c'est un chantier qui peut aboutir avant 2027
15:46ou c'est une conversation dans le débat ?
15:48Attendez, excusez-moi, TVA social,
15:50c'est un mot qu'on utilise en permanent.
15:51Je ne suis pas sûre que tout le monde suive toujours.
15:54J'aimerais bien qu'on redise un petit peu ce que c'est que la TVA sociale.
15:58Ça repose aujourd'hui,
16:00comme Emmanuel Macron expliquait, que notre modèle social,
16:03donc notre financement de notre santé, du chômage, de nos retraites,
16:08repose aujourd'hui beaucoup sur les employeurs et les salariés,
16:11donc sur le travail, effectivement.
16:13Et il a laissé entendre dire qu'il fallait peut-être
16:16plus ponctionner la consommation.
16:19Et à partir de ce moment-là, on a compris que c'était sans doute la TVA
16:22qui allait être utilisée.
16:24Et c'est pour ça qu'on parle de TVA sociale.
16:25C'est une TVA qui va permettre de financer une partie,
16:29effectivement, des cotisations sociales habituellement.
16:31Oui, c'est ça l'idée de la TVA sociale.
16:33Le président de la République l'a évoqué.
16:35Il a dit effectivement consommation.
16:36Mais il n'a pas utilisé le mot.
16:37Mais il n'a pas utilisé le mot parce que c'est surtout comment
16:41on peut contribuer à financer notre modèle de protection sociale
16:45autrement qu'en ne le faisant supporter que par seulement ceux qui travaillent.
16:49On a un modèle social auquel tout le monde est attaché.
16:52Mais on voit bien effectivement qu'il repose sur un principe simple.
16:55C'est celui de la démographie, de la solidarité entre générations.
17:00Et comme c'est une bonne nouvelle, on vit tous plus longtemps
17:03et qu'on a fait moins de bébés sur les 30 dernières années.
17:07Aujourd'hui, on a évidemment un problème de financement
17:10avec des cotisations qui sont très élevées.
17:11Donc, des gens qui travaillent beaucoup, qui ont un salaire brut
17:13qui peut être plus élevé, mais qui, en réalité,
17:15ne retrouvent pas la juste récompense de leur travail en termes de salaire net.
17:20Donc, il pourrait y avoir une augmentation de la TVA clairement.
17:23Alors, je le dis de façon claire, c'est déjà le cas.
17:29Puisque vous avez aujourd'hui des transferts de TVA qui se font
17:33pour asseoir notre modèle social.
17:35Il y a des recettes qui sont issues de la TVA.
17:37Vous avez la CSG à hauteur de 20% qui contribue déjà.
17:42Donc, il ne s'agit pas d'une révolution en soi.
17:47On a besoin de travailler.
17:48C'est pour ça qu'on a besoin de travailler sur tous les champs à la fois
17:52pour regarder comment on maîtrise d'abord notre protection sociale.
17:56C'est là qu'on a les principales inquiétudes.
17:5815 milliards de déficit en matière de santé, 7 milliards,
18:01environ un peu moins de 7 milliards de déficit en matière de retraite.
18:06Et donc, il faut déjà que très concrètement, on regarde
18:09quand on parle de transport sanitaire,
18:11quand on parle de surconsommation de médicaments.
18:14On est le pays d'Europe qui consomme le plus de médicaments.
18:16Vous voulez faire des économies avant de commencer à augmenter la TVA sociale.
18:19Il faut d'abord regarder comment on rééquilibre notre protection sociale.
18:23Parce que vous savez, on peut dire au lieu de faire peser sur les cotisations,
18:26on va prendre sur le budget de l'État.
18:27Mais ce qu'on prend d'un côté, de toute façon, ça appauvrira de l'autre.
18:30Et on a besoin sur les services publics.
18:32On a besoin sur l'école également.
18:34D'où ce que je disais tout à l'heure.
18:36Le premier devoir pour réussir le budget 2026,
18:39c'est de relancer la production en France.
18:42Nos jeunes, nos seniors, les femmes,
18:45qui trop souvent encore portent la responsabilité
18:48à elles seules de la charge familiale.
18:50Et donc, on a un vrai sujet de garde d'enfants
18:53pour que les femmes puissent travailler plus.
18:55Si on monte à ces 1100 heures par an de travail,
18:59en 2026, en 2027, en 2028,
19:02nous sommes capables de sauver notre modèle de protection sociale
19:05et de ne pas faire porter sur les enfants nés ou à naître
19:08la charge de la dette.
19:10Est-ce que suppression d'un jour férié, c'est toujours dans les cartons ou pas ?
19:14Tout peut se regarder.
19:16Tout est ouvert.
19:18Et c'est pas ici que je vais lancer une idée en l'air
19:22qui fasse pigeon d'argile.
19:24Vous savez, Mme Fressoz, vous savez très bien en plus faire dire
19:28ce qu'on n'a pas envie de dire.
19:30Absolument pas, c'est pas le style de l'émission.
19:32Si je lance une idée en l'air aujourd'hui,
19:36c'est vraiment le pigeon d'argile, où de toute façon, tout le monde va tirer.
19:39Et donc, premier devoir, quelles sont les mesures qu'on prend
19:43pour relancer la production ?
19:45Et c'est très important dans toutes les préoccupations
19:48de réindustrialisation du pays, d'investissement technologique,
19:51d'adaptation à l'intelligence artificielle,
19:53de changement des modes de travail.
19:56Comment on a aussi un travailler mieux dans notre pays ?
19:59Comment on peut choisir ?
20:01Moi, je rêve qu'on puisse prendre des dispositions
20:04permettant aux Français de choisir un temps différencié
20:08de travail au cours de leur carrière.
20:10Il y a des moments où on pourrait travailler un peu plus dans la semaine,
20:12puis il y a des moments où, parce qu'on s'occupe d'enfants
20:14ou parce qu'on s'occupe de parents âgés,
20:17on travaille un peu moins.
20:19Et ça, je crois que ça donne un chemin d'optimisme
20:21avant de dire, on va taper là-dessus, là-dessus, là-dessus.
20:24Mais vous dites, tout est ouvert, sauf le référendum
20:27sur les finances publiques.
20:29C'était ce que souhaitait François Bayrou.
20:31A l'évidence, Emmanuel Macron l'a quand même écarté.
20:33Est-ce que ce n'est pas une mauvaise manière faite à son Premier ministre ?
20:36Vous avez, d'abord, c'est le Président de la République
20:38qui décide, évidemment.
20:40Et ce champ reste ouvert.
20:43On a compris que c'était quand même un peu fermé.
20:46Le champ du référendum sur le budget, c'est fermé, non ?
20:48Si on essaye de partager ça.
20:51Moi, je trouve dramatique qu'on se soit privé
20:55de l'outil référendaire,
20:57qui est un outil formidable.
20:59Surtout quand on est dans une situation politique compliquée
21:01de parler au peuple,
21:03de l'interroger directement sur ce qui peut le concerner,
21:05depuis 20 ans.
21:07Le dernier référendum, c'était 2005.
21:09Oui, et Emmanuel Macron nous promet qu'il y aura des référendums depuis 2017.
21:11Mais, ce qui n'est pas ouvert aujourd'hui,
21:14peut être ouvert demain.
21:16Et vous pouvez interroger les Français sur des sujets de société.
21:18Vous pouvez les interroger sur des sujets d'organisation territoriale.
21:21Et nous souhaitons,
21:23nous pouvons reformuler le souhait,
21:25et rediscuter.
21:27Et in fine, c'est effectivement le Président de la République,
21:29il y a des institutions qui fonctionnent, et il faut les respecter,
21:31qui tranchera.
21:33Mais pourquoi, en fait, on veut le faire par référendum ?
21:35C'est évidemment pas le budget tel qui sera voté au Parlement,
21:37qui serait présenté...
21:39Mais en fait, c'est quoi la question ?
21:41Vous avez deux grandes possibilités.
21:45Vous avez soit une loi de programmation
21:47avec 15 ou 20 grands principes.
21:49La moitié sur la production,
21:51la moitié sur les économies
21:53que nous acceptons tous ensemble de faire,
21:55qui sont proposées aux Français.
21:57C'est un chemin.
21:59Ça veut dire combien ? 20 questions ?
22:01Non, ça peut être 15 ou 20 mesures présentées,
22:03qui sont soumises aux Français.
22:05Parce que le référendum, c'est intéressant
22:07pour le jour où on vote.
22:09Et c'est surtout intéressant pendant la campagne.
22:11Parce que vous savez, en matière de budget,
22:13j'entends plein de choses,
22:15dans les pigeons d'argile.
22:17Yaka, quand on est au bistrot,
22:19à Chambéry, on dit
22:21« Regardez les fraudes,
22:23regardez le train de vie de l'État,
22:25regardez l'AME... »
22:27Moi, je suis rapporteur du budget
22:29du train de vie de l'État.
22:31Le budget de tous les ministères,
22:33de tous les hauts fonctionnaires,
22:35du secrétariat général du gouvernement,
22:37de la défense et de la sécurité nationale.
22:39Très bien. Mais moi, il n'y a pas de problème.
22:41On le met à zéro, si vous voulez, les gars.
22:43On met à zéro le train de vie de l'État.
22:45Ça rapporte 13 euros à chaque Français.
22:47On voit bien que c'est un effort
22:49beaucoup plus large,
22:51qui doit être partagé avec les Français.
22:53Deuxième possibilité,
22:55vous pouvez faire voter une règle d'or.
22:57Rappelez-nous comment ça fonctionne,
22:59comme en Allemagne.
23:01Autrefois, l'Allemagne.
23:03Le pays s'oblige, dans sa règle,
23:05qui peut être législative ou constitutionnelle,
23:07d'avoir un budget équilibré,
23:09c'est-à-dire en dessous de 3% de déficit budgétaire.
23:11Parce qu'en dessous de 3% de déficit budgétaire,
23:13on ne recrée plus de dettes.
23:15En Allemagne, ça a fonctionné pendant des années.
23:17Et ça permet néanmoins,
23:19quand il y a une difficulté,
23:21c'est le cas aujourd'hui,
23:23quand l'Allemagne doit augmenter ses dépenses militaires,
23:25de demander une exception
23:27à la Cour constitutionnelle.
23:29En l'occurrence, ce sera au Conseil constitutionnel en France.
23:31Chez les proches de François Bayrou,
23:33on n'a pas renoncé à consulter
23:35les Français sur cette copie
23:37ou sur la règle des 3%.
23:39Et que ça continue de faire un peu
23:41bras de fer avec Elysée.
23:43Vous pouvez...
23:45Si vous voulez obtenir
23:47du ministre des Relations avec le Parlement
23:49qui est le président de la République, ça va être compliqué.
23:51Et si vous voulez obtenir de Patrick Mignola,
23:53qui est très attaché au soutien au président de la République,
23:55vous ne l'obtiendrez pas non plus.
23:57Mais en revanche,
23:59consulter, quel qu'en soit le moyen,
24:01les Français sur le sujet
24:03de la dépense publique.
24:05Parce qu'ils ont compris.
24:07Ils savent. Ils savent qu'il y a un problème.
24:09Et qu'on a cette responsabilité désormais
24:11de ne pas vivre au crochet
24:13de nos enfants nés ou à naître.
24:15On a le sentiment, et on va en finir sur ça,
24:17sur le référendum, que le seul
24:19qu'envisage Emmanuel Macron aujourd'hui,
24:21c'est un référendum sur la fin de vie.
24:23Je ne sais pas. Vous n'en avez jamais parlé ?
24:25Je ne sais pas. Il a dit
24:27s'il y a enlisement sur le débat
24:29à l'Assemblée, on en passera par le référendum.
24:31C'est ce qu'il a déclaré mardi soir.
24:33Je crois que ce ne sera pas le cas.
24:35Il y a à l'Assemblée, j'y suis allé hier après-midi,
24:37j'ai constaté un débat
24:39de haute tenue.
24:41Oui, qui a l'air plutôt...
24:43Et même dans les bords
24:45extrêmes,
24:47les plus radicaux
24:49de l'hémicycle,
24:51il y a un comportement qui est très digne.
24:53Il y a un travail de fond des personnes qui se respectent.
24:55Assez peu d'obstruction.
24:59Mais ça, vous parlez de l'Assemblée.
25:01Le risque, ça peut être le blocage au Sénat.
25:03Parce qu'il y a une majorité sénatoriale
25:05de droite qui est assez hostile au texte.
25:07Je ne crois pas
25:09que sur ces questions, la lecture
25:11partisane s'imposera.
25:13Je pense que ce sont des questions
25:15de conscience.
25:17Vous avez la conviction que ce texte
25:19peut être adopté avant la fin du quinquennat ?
25:21Oui, je le crois. En termes de calendrier,
25:23ça peut tout à fait progresser.
25:25À l'automne ?
25:27Oui, parce qu'il faut qu'on ait du temps.
25:29C'était une proposition de loi qui avait été
25:31élaborée par Olivier Falorni,
25:33qui avait déjà été éduquée il y a trois ans
25:35par l'Assemblée nationale.
25:37Il va de soi que le Sénat doit aussi avoir du temps
25:39sur des lois sociétales comme celle-là.
25:41Et on peut avoir votre position à vous
25:43sur la fin de vie, sur ce texte ?
25:45La mise en relation avec le Parlement,
25:47c'est le plus mal placé.
25:49Vous ne voulez pas vous prononcer ?
25:51Patrick Mignola, c'est le plus mal placé aussi.
25:55Moi, j'ai fait un infarctus il y a trois ans,
25:57vous le savez, Mme Bécart.
25:59Une semaine avant,
26:01j'aurais juré que je pouvais
26:03demander qu'on ne me laisse pas
26:05en situation difficile.
26:09Et quand j'ai senti la mort
26:11arriver, j'aurais donné
26:13tout ce que je pouvais avoir
26:15pour qu'il me reste
26:17quelques heures pour voir encore
26:19ma femme, mes enfants, ce que j'aime.
26:23Ce sont des sujets qui sont profondément
26:25intimes,
26:27qui ne sont pas politiques.
26:29Le ministre en charge des Relations avec le Parlement,
26:31Patrick Mignola, est notre invité ce dimanche.
26:33Dans Question politique, il faut que l'on parle
26:35de l'actualité du jour, également.
26:37Le Congrès du Parti des Républicains,
26:39qui va l'emporter entre Bruno Retailleau
26:41et Laurent Wauquiez ?
26:43Qui sera le prochain président des Républicains ?
26:45Est-ce que vous avez une petite préférence,
26:47Patrick Mignola ? Les résultats seront
26:49connus ce soir à 18h. Est-ce que vous
26:51préféreriez une droite présidée par
26:53l'actuel ministre de l'Intérieur,
26:55ou par le patron des députés LR à l'Assemblée ?
26:57Je suis sûr que si je vous dis ma préférence,
26:59vous allez faire une sacrée dépêche.
27:01Donc ce ne sera pas le cas.
27:03Je ne fais pas de dépêche, je ne travaille pas à l'HP.
27:05Dans la position qui est la mienne, non.
27:07Dans la cohésion gouvernementale ?
27:09Un ministre, plutôt qu'un député ?
27:11Je vais vous dire, je pense que
27:13c'est bien que ça s'arrête.
27:15Parce que...
27:17Elle a duré trois mois, la campagne.
27:19Quand il y a une élection interne, forcément,
27:21chacun a tendance à
27:23exacerber ou à exagérer les propos.
27:25Moi, je vais vous dire une chose simple.
27:27Moi, je sais que
27:29Laurent est plus sincère
27:31que Bruno ne le dit,
27:33et que Bruno est plus libre que Laurent ne le dit.
27:35Voilà.
27:37Et qu'avec l'un et avec l'autre, c'est bien qu'on retrouve
27:39un équilibre à partir de demain
27:41et qu'on parvienne à travailler ensemble.
27:43On n'est pas sûr du tout de l'obtenir,
27:45parce qu'en fonction de...
27:47Si Bruno Retailleau, par exemple, est élu,
27:49on dit que Laurent Wauquiez fera tout
27:51pour qu'il quitte le gouvernement.
27:53On lui met de la pression.
27:55Est-ce que ce n'est pas un risque
27:57de déstabilisation profonde
27:59pour les prochains mois ?
28:01On est vraiment
28:03dans un...
28:05dans une alliance politique
28:07de responsabilité.
28:09Entre le Bloc central et les Républicains ?
28:11Au lendemain de la dissolution,
28:13aucune majorité
28:15ne se dégageait à l'Assemblée nationale,
28:17sauf pour défiler sur vos plateaux
28:19en expliquant que tout le monde avait gagné,
28:21comme à l'école des fans.
28:23Il se trouve que le socle politique
28:25le plus large qui s'est dégagé
28:27à l'Assemblée nationale,
28:29c'est un socle politique qui a été organisé
28:31en responsabilité par le Bloc central
28:33et par les Républicains.
28:35Je souhaite évidemment qu'il dure,
28:37si possible,
28:39qu'il s'élargisse,
28:41qu'il puisse s'asseoir
28:43à des accords de non-censure comme on l'a fait
28:45lors du budget, parce que
28:47d'être capable de parler
28:49avec le Parti socialiste, même s'il est dans l'opposition,
28:51je pense que c'était un moment
28:53très important, ce qu'a fait François Bayrou.
28:55Parce que sinon, on serait toujours dans l'instabilité politique
28:57et on n'aurait pas de budget dans le pays.
28:59Et on ne serait pas en train de se dire
29:01comment on prépare le budget suivant
29:03et comment on redonne du sens à l'ensemble des textes
29:05qui sont nécessaires pour les Français.
29:07Sauf que Bruno Retailleau, il a quand même un petit peu
29:09mis de lui sur le feu récemment, en déclarant
29:11que le « et » en même temps ne survivra
29:13pas à Emmanuel Macron.
29:15Il y a eu une bronca des députés
29:17macronistes qui lui ont donné une OQTG,
29:19c'est-à-dire une obligation de quitter
29:21le gouvernement. On sent
29:23que la rupture n'est quand même pas très loin.
29:25Vous n'êtes pas surpris que Bruno
29:27Retailleau explique qu'il n'était pas macroniste
29:29et qu'il n'est pas devant.
29:31C'est surtout le ressenti des députés macronistes,
29:33notamment de Prisca Téveneau, qui est très proche
29:35de Gabriel Attal. Je ne vous fais pas le dessin.
29:37Dans ces moments de
29:39combat interne aux partis
29:41politiques, il y a toujours
29:43des propos qui sont tenus
29:45et qui sont exacerbés et exagérés.
29:47Ce soir,
29:49ça s'arrête. Ma responsabilité,
29:51et je crois que c'est la responsabilité
29:53du gouvernement vis-à-vis des Français,
29:55c'est de veiller à ce que, quel qu'en soit
29:57le résultat, nous continuions à travailler
29:59avec l'un et avec l'autre.
30:01Mais la question ne se pose pas comme ça, pardonnez-moi.
30:03Bruno Retailleau utilise des mots
30:05et les mots ont un sens.
30:07Et à un moment donné, il dit « je suis un
30:09adversaire farouche du macronisme ».
30:11Est-ce que quand on dit ça, alors que
30:13le président est Emmanuel Macron, est-ce qu'on peut
30:15rester au sein du gouvernement ? Elle est là la question.
30:17Vous savez ce que c'est la difficulté ?
30:19C'est qu'on vit dans un pays
30:21qui n'a pas le gène du
30:23compromis politique.
30:25Oui, ça on le dit depuis des années.
30:27Et bien oui, mais comme on est tous élus aux scrutins majoritaires,
30:29aux élections législatives,
30:31on est persuadés évidemment que
30:33on va avoir la majorité à soi seul
30:35et qu'on pourra tranquillement écraser les autres.
30:37Ou qu'on sera dans l'opposition et qu'on pourra dire n'importe quoi
30:39sans que ça porte à conséquence.
30:41Nous avons besoin, c'est pour ça que je
30:43dis d'ailleurs pour le scrutin proportionnel aux côtés du Premier ministre,
30:45c'est parce que
30:47il est possible
30:49d'appartenir au même gouvernement,
30:51et là je puis attester que ça fonctionne dans ce gouvernement,
30:53d'avoir des personnes qui viennent de
30:55champs politiques différents,
30:57qui sont ou non au soutien
30:59du président de la République, et qui
31:01pour autant parviennent à
31:03travailler ensemble. Je vous ai cité le
31:05nombre de textes qui sont déjà
31:07votés depuis cinq mois. Quel est le gouvernement
31:09qui avait fait voter autant de textes
31:11les cinq premiers mois de son exercice ?
31:13Il n'y en a pas d'autres.
31:14Non mais regardez la liste des différences entre
31:16Bruno Retailleau et le Premier ministre.
31:18C'est difficile, et pourtant il tourne.
31:20Sur l'Algérie, ils ne sont pas d'accord.
31:22Sur le port du voile dans le sport, ils ne sont pas d'accord.
31:24Sur la loi Paris-Lyon-Marseille,
31:26ils ne sont pas d'accord. Bruno Retailleau,
31:28est-ce que vous ne craignez pas qu'une fois
31:30patron du parti, eh bien,
31:32il soit de plus en plus en désaccord
31:34frontal avec la ligne du gouvernement
31:36avec François Bayrou ?
31:37Mais je ne le crois pas, et notre
31:39travail, c'est d'écouter les Français.
31:41Les Français, lors des élections
31:43législatives, ont décidé
31:45qu'il n'y aurait pas de majorité
31:47absolue pour un camp ou pour un autre.
31:49Et je pense que c'est souhaitable
31:51parce que quand on est en majorité absolue,
31:53j'ai siégé à l'Assemblée Nationale dans des majorités absolues,
31:55c'est très facile, on peut faire plein de choses,
31:57on écrase tout le monde, et au bout
31:59de 18 mois, tout se bloque, parce que si la
32:01discussion avec ceux qui ne pensent pas comme nous
32:03ne se fait pas à l'Assemblée, finalement le blocage
32:05se fait dans la rue.
32:06Vous avez évoqué la proportionnelle.
32:07Cette culture-là, je n'ai aucun
32:09problème à la pratiquer
32:11avec toutes et tous, et ce sera
32:13le cas, je n'en doute pas, même si
32:15parfois il y aura des étincelles, mais c'est les étincelles qui font
32:17marcher les moteurs, avec vos nœuds aux taillots,
32:19et avec leur invoqué.
32:20Alors, un mot sur la proportionnelle, vous l'avez évoqué,
32:22c'est votre souhait, est-ce qu'il y a un projet de loi qui va
32:24être établi, ou est-ce que ça sera une proposition de loi ?
32:26Quand ? Est-ce que c'est inscrit à l'agenda ?
32:28Et est-ce que vous espérez,
32:30vous pensez pouvoir la faire voter ?
32:32Alors, le Premier ministre
32:34est en train de recevoir l'ensemble des
32:36chefs de partis et de présidents de groupes
32:38parlementaires.
32:40Il semble se dégager un avis
32:42plutôt majoritaire
32:44pour une meilleure proportionnalité,
32:46comme il l'a dit dans sa
32:48déclaration de politique générale.
32:50Après, une fois qu'on a défini ce que doit être
32:52le principe, il faut en définir les modalités.
32:54Est-ce que cette proportionnelle est régionale ?
32:56Est-ce qu'elle est départementale ?
32:58Est-ce qu'elle est intégrale ?
33:00Est-ce qu'elle est intégrale ?
33:02Est-ce qu'il y a un seuil à 5 ?
33:04C'est là où les ennuis commencent quand même.
33:06Non, parce qu'on essaie pour avancer
33:08de faire des propositions assez concrètes
33:10et en disant,
33:12nous on envisage ce que pourrait être
33:14le scrutin de 1986.
33:16Celui de François Mitterrand,
33:18que les Français comme ça connaissent.
33:20Un scrutin départemental
33:22avec un seuil de distribution
33:24à 5, qui permet
33:26d'avoir une assez juste représentativité.
33:28Plus le département est petit,
33:30plus ça ressemble à un scrutin majoritaire,
33:32plus le département est grand,
33:34plus la représentation est large.
33:36Et j'observe d'ailleurs qu'en 1986,
33:38il avait dégagé une majorité courte,
33:40qui devait donc discuter avec plus de monde,
33:42mais il avait dégagé une majorité.
33:44Avec une distribution à 5,
33:46vous pouvez expliquer ce que ça veut dire ?
33:48Une distribution à 5%.
33:50Et donc,
33:52dans ce travail,
33:54est-ce que c'est un PJL ?
33:56Est-ce que c'est une PPL ?
33:58Ça peut être un projet de loi,
34:00ça peut être une proposition de loi.
34:02Décidément, ça ne va pas du tout.
34:04Je suis absolument navré.
34:06Ça peut être
34:08une proposition de loi.
34:10Je connais un certain nombre de propositions de loi
34:12que j'avais déposées moi-même sur ce sujet.
34:14Et ça peut être voté quand ?
34:16Si ça vient en débat, c'est quand ?
34:18Avant le budget ou après le budget ?
34:20Ça ne peut pas être avant l'automne.
34:22Tout va dépendre au nombre de textes que nous avons.
34:24Parce que, je le rappelle,
34:26on a un texte sur l'énergie,
34:28on a un texte sur l'emploi des seniors,
34:30on a un texte sur la cybersécurité,
34:32et on voit les administrations et les hôpitaux
34:34qui sont attaqués.
34:36On a toujours un texte qui n'a pas été achevé
34:38sur la simplification, un autre qui n'a pas été achevé
34:40sur l'audiovisuel public. On voit bien qu'il y a beaucoup
34:42à faire. Alors évidemment, d'ailleurs, on dit
34:44que la proportionnelle, ce n'est pas la priorité,
34:46parce qu'il y a d'autres choses.
34:48Comme sur Paris, Lyon, Marseille, on se dit
34:50qu'on peut prendre, sur des centaines d'heures
34:52de débats parlementaires, quelques heures
34:54pour la bonne santé de la démocratie.
34:56Et je pense que, dans la durée...
34:58Et pour réussir à faire passer le prochain budget,
35:00ça peut jouer aussi, ou pas ?
35:02Je ne suis pas sûr.
35:04Je ne suis pas sûr que les deux soient liés.
35:06Est-ce que ça peut freiner une motion de censure
35:08de la part du plus gros groupe de l'Assemblée nationale,
35:10à savoir le Rassemblement national,
35:12qui souhaite cette proportionnelle ?
35:14Je crois que le budget 2026,
35:16qui est annoncé comme un budget impossible,
35:18il sera
35:20voté, et que les Français
35:22disposeront à un budget en 2026.
35:24Si chacun
35:26assume sa responsabilité, la responsabilité
35:28du gouvernement, ce sera d'entendre
35:30l'ensemble des forces politiques,
35:32pour savoir comment on le bâtit. Mais avec la contrainte
35:34qu'on évoquait tout à l'heure.
35:36D'un mot, vous avez évoqué la loi audiovisuelle.
35:38Rachida Dati, elle dit, elle a son créneau.
35:40Si en juin, c'est sûr, c'est calé, c'est fixé.
35:42Est-ce que c'est vrai ?
35:44En fait, il n'y a pas d'arbitrage qui est rendu
35:46sur le mois de juin, sur le mois de juillet. Je vous ai cité
35:48la liste
35:50des besoins
35:52pour le Parlement.
35:54Et donc, je ne peux
35:56ni le confirmer, ni l'infirmer.
35:58En tout cas, il y a
36:00cinq grands textes,
36:02après les 26
36:04que nous venons de voter, qui attendent
36:06encore, comme vous le voyez, le gouvernement
36:08est moins guetté
36:10par l'immobilisme que par l'hyperactivité.
36:12Patrick Mignola, vous êtes dans
36:14Questions politiques jusqu'à 13h. Je voudrais que
36:16vous fassiez écouter, à présent, un court extrait
36:18de cette très longue
36:20audition du Premier ministre François Bayrou
36:22devant la commission d'enquête mise en place
36:24après l'affaire Bétharame. Cela s'est passé
36:26cette semaine. L'ambiance a été
36:28très tendue. On a assisté
36:30à un véritable bras de fer entre
36:32François Bayrou et les parlementaires
36:34qui composent cette commission consacrée
36:36à la prévention des violences dans les
36:38établissements scolaires. On écoute la co-rapporteure
36:40députée Renaissance,
36:42donc députée du Bloc central,
36:44Violence Pilbout.
36:46Monsieur le Premier ministre, on n'est
36:48pas aujourd'hui dans une commission d'enquête
36:50qui est là pour juger
36:52ni de la vie privée,
36:54ni de la justice, ni de la morale. On est là
36:56pour détecter les dysfonctionnements
36:58de l'Etat et de l'action publique
37:00sur les modalités de contrôle sur les établissements
37:02scolaires. On est là sur un établissement scolaire
37:04où il y a eu des plaintes. Vous avez
37:06déclenché une inspection dès que vous avez eu
37:08connaissance de ces plaintes. Vous avez expliqué
37:10pourquoi vous l'avez fait rapidement.
37:12Nous avons eu les témoignages et vous avez pu
37:14réagir sur la façon dont cette inspection
37:16a été conduite et qu'elle en a été le suivi.
37:18C'est tout ce qui nous intéresse ici dans la commission
37:20d'enquête. Je n'avais
37:22pas cru à la lecture de la presse qu'il n'y avait
37:24que ça qui intéressait les membres de la
37:26commission, en tout cas certains de ces membres.
37:28Patrick Mignola, est-ce qu'un
37:30Premier ministre peut se montrer
37:32aussi peu respectueux
37:34du travail des députés de cette commission
37:36et du travail journalistique ?
37:38Deux pouvoirs qui sont essentiels, juste je le
37:40rappelle, au bon fonctionnement d'une démocratie.
37:42Est-ce qu'il n'est pas allé trop loin, François Bayrou ?
37:44D'abord une chose pour dire que
37:46ce que dit Violette Spilvoot
37:48est juste.
37:50C'est juste. C'est bien l'objet de la
37:52commission. Et d'ailleurs, cette affaire
37:54n'est pas finie. Parce qu'on va
37:56enfin pouvoir désormais passer au
37:58vrai sujet, c'est-à-dire quelles ont été les
38:00défaillances de l'État depuis 30 ans
38:02pour que des violences soient ainsi tues
38:04dans les établissements scolaires. Et le Premier ministre a fait un certain nombre
38:06de propositions et on va y revenir. Mais pourquoi François
38:08Bayrou
38:10a été obligé d'être offensif ?
38:12Parce que depuis 4 mois,
38:14il est accusé
38:18littéralement
38:20d'avoir voulu étouffer
38:22une affaire de
38:24pédocriminalité.
38:26Une affaire de pédocriminalité.
38:28Et comment ça a été le cas ? Ce terme-là n'est pas le bon
38:30effectivement, mais est-ce qu'il a réussi à apporter la preuve
38:32du contraire ? Il a apporté
38:34toutes les preuves, non seulement
38:36de ce qu'il avait fait, mais du fait qu'il n'avait
38:38pas menti. Et surtout, il a démonté
38:40la manière dont il a été accusé.
38:42C'est-à-dire, c'est pour ça que
38:44parfois vous avez pu le trouver agressif dans son expression.
38:46Pourquoi ? Parce qu'en fait,
38:48la méthode, on la connaît. On dit quelque chose
38:50et ce quelque chose est reformulé.
38:52Mais reformulé avec
38:54quelques petits changements. Et puis la deuxième chose, la troisième
38:56chose, finalement, au bout de 4
38:58reformulations, vous fait dire exactement l'inverse
39:00de ce que vous avez dit au début. Donc à chaque
39:02intervention, il revenait
39:04pour reformuler la reformulation.
39:06Et je crois qu'il a eu raison de le faire
39:08parce que depuis 4 mois,
39:10ça commençait à bien faire
39:12de ne jamais parler des victimes
39:14et de ne s'intéresser qu'à une seule chose.
39:16C'était du sort du Premier ministre.
39:18Sauf que, dès le départ, il a dénoncé
39:20un procès politique, il a dénoncé
39:22l'impartialité de la commission,
39:24il a dénoncé l'affabulation des autres
39:26témoins, la prof de maths, le gendarme.
39:28Est-ce que, d'une certaine manière,
39:30il ne parle pas aujourd'hui comme le Rassemblement
39:32National ?
39:34Je ne crois pas du tout, Mme Bouyer.
39:36Mais vraiment pas du tout.
39:38Vous savez, j'étais dans l'hémicycle,
39:40à la première question d'actualité.
39:42Je vois très bien.
39:44Et vraiment,
39:46il n'y a pas de méthode
39:48ou de mauvais calcul là-dedans.
39:50Lors de la première question d'actualité
39:52qui a été posée par le député Vanier,
39:54immédiatement, il a dit
39:56« Vous avez couvert des affaires de pédocriminalité,
39:58vous montez,
40:00vous démissionnerez, et le responsable de tout ça
40:02d'ailleurs, c'est Emmanuel Macron.
40:04La première question d'actualité,
40:06je crois que la question n'avait pas été
40:08mise sur le bon niveau,
40:10c'est-à-dire celui des victimes et comment on en arrive là.
40:12Il avait été mis sur
40:14un champ politique.
40:16Il a fait preuve de légèreté aussi dans cette réponse, François Bayrou.
40:18Il n'a pas pris la mesure au départ de cette affaire, malgré tout.
40:20Vous savez,
40:22quand on est attaqué
40:24lors des questions au gouvernement,
40:26en étant accusé d'avoir couvert
40:28des faits de
40:30pédocriminalité,
40:32je crois vraiment que c'est
40:34extrêmement difficile, en quelques minutes
40:36ensuite, de dire
40:38ce qu'il a mis 5h15
40:40à démontrer, c'est-à-dire que
40:42il avait des preuves,
40:44des éléments, et qu'il
40:46ne mentait pas, et qu'il était
40:48de bonne foi.
40:50Revenons aux victimes. Est-ce que ce qui s'est
40:52passé, la commission d'enquête,
40:54la mise en cause que vous faites du comportement
40:56du LFI, est-ce que, pour vous,
40:58ça délégitime complètement
41:00cette commission d'enquête ?
41:02Est-ce que vous tirez les conclusions
41:04avec les conclusions
41:06de la commission d'enquête, ou est-ce que le gouvernement
41:08au fond va prendre ses propres
41:10mesures pour essayer
41:12de faire en sorte que cette affaire ne se renouvelle pas ?
41:14Le Premier ministre
41:16a fait des propositions,
41:18s'inspirant d'une loi qui a été votée en Allemagne
41:20au début du mois d'avril. Donc ça veut dire qu'enfin,
41:22il met à l'écart les conclusions de la commission d'enquête ?
41:24La commission d'enquête ira au bout,
41:26ça va de soi, elle va nous remettre ses conclusions.
41:28Moi, j'ai confiance.
41:30Sur cinq heures d'audition,
41:32les deux rapporteurs,
41:34le rapporteur et la présidente,
41:36se sont exprimés pendant plus de trois heures.
41:38Les autres parlementaires ont eu assez
41:40peu de temps pour parler. Moi, j'ai confiance dans
41:42l'ensemble des parlementaires, et je veux
41:44croire que le rapporteur
41:46et la présidente, in fine,
41:48parce qu'ils posent de bonnes
41:50questions, sauront apporter des réponses.
41:52Et donc, on travaillera ensemble
41:54à faire les choses. Vous savez, moi, en 2019,
41:56j'étais président
41:58de groupe à l'Assemblée, j'étais président du groupe Modem.
42:00J'ai été celui qui a soutenu
42:02une proposition de loi de la députée,
42:04mot de petit, pour interdire les violences
42:06éducatives.
42:08Interdiction de la fessée, vous vous rappelez ?
42:10Bon.
42:12Sous les sarcasmes et les colibés
42:14de tous les groupes parlementaires
42:16et de beaucoup d'organes
42:18de presse à l'époque qui nous avaient expliqué que quand même,
42:20on avait bien d'autres choses à faire à l'Assemblée que de s'occuper
42:22de comment on s'occupait de nos gosses.
42:24Je l'ai fait voter. Je l'ai fait voter à l'unanimité.
42:26Je sais.
42:28Je sais que
42:30sur ces sujets, la société
42:32a encore beaucoup de progrès à faire
42:34et qu'en effet,
42:36on vient de voir
42:38se dessiner un nouveau
42:40continent noir dont on ne peut pas
42:42détourner le regard.
42:44Et pour finir sur ce dossier, est-ce que
42:46cette affaire Betarame, est-ce que c'est cette affaire
42:48qui est en train de faire chuter
42:50François Bayrou sérieusement dans les sondages ?
42:52Il est on ne peut plus bas.
42:5420% pour Ipsos.
42:56Je crois qu'il y a deux choses
42:58qui nous mettent dans cette situation d'impopularité.
43:00Une raison
43:02politique
43:04qui tient au fait qu'effectivement, dans une situation
43:06de crise dont on sort tout juste
43:08avec cette difficulté
43:10d'avoir tant de temps
43:12à rattraper et
43:14tant à faire, ce qui nuit
43:16évidemment à la cohérence d'ensemble.
43:18Et puis il y a une deuxième chose, c'est que pendant quatre mois,
43:20non seulement on l'a accusé de ça,
43:22et qu'on continuera de me dire dans des mois ou des années
43:24Ah mais vous savez,
43:26il n'y a pas de fumée sans feu.
43:28Et quand pendant quatre mois, il est accusé
43:30de mensonges
43:32en permanence
43:34par de nombreux
43:36membres des oppositions,
43:38moi je pense qu'elles ne s'honorent pas
43:40en le faisant, et je pense qu'effectivement
43:42ça peut expliquer l'impopularité.
43:44Ça n'empêche pas d'agir.
43:46Ça n'empêche pas d'agir.
43:48Moi je crois, vous savez,
43:50on aurait pu, s'il n'avait
43:52pas apporté toutes les preuves qu'il a apportées
43:54lors de cette commission d'enquête,
43:56dès le lendemain, il y aurait eu une motion de censure.
43:58On le relèverait accusé
44:00de parjure, on aurait fait
44:02un article 40, on aurait
44:04demandé sa démission.
44:06Il se trouve qu'il a apporté
44:08l'ensemble des éléments que,
44:10enfin, il a pu le faire, parce que vous savez bien comment se déroulent
44:12les affaires comme ça. Ça feuilletonne.
44:14Vous ne savez jamais ce que seront
44:16les nouvelles accusations qui seront
44:18portées de deux jours en deux jours.
44:20Et donc il est extrêmement difficile
44:22de se défendre. Là, il a pu le faire.
44:24Il a pris le temps.
44:26Et moi je m'en réjouis parce qu'on est d'abord
44:28là
44:30pour changer un peu la vie.
44:32Et au mieux.
44:34Merci Patrick Mignola. Vous restez avec nous.
44:36L'émission n'est pas terminée. Il est temps d'accueillir
44:38notre second invité pour le
44:40livre de la semaine.
44:42France Inter
44:44Questions politiques
44:48Karine Bécard
44:50Bonjour Patrice Duhamel.
44:52Merci de nous avoir rejoints sur le plateau de
44:54Questions politiques. Vous avez été
44:56directeur d'antenne à Radio France,
44:58directeur général à France Télévisions également.
45:00Vous avez été très longtemps éditorialiste
45:02politique et vous restez
45:04impassionné de tout ce que vous avez
45:06vu pendant toutes ces années, de tout ce que vous
45:08avez entendu. Et vous avez
45:10récemment publié un nouveau livre,
45:12cette photo aux éditions de l'Observatoire,
45:14cette photo que vous affichez
45:16dès la couverture de cet ouvrage.
45:18On y voit le maréchal Pétain
45:20face à François Mitterrand.
45:22Il est jeune, il a 26 ans à l'époque.
45:24Manifestement impressionné,
45:26c'est ce que vous écrivez dans ce livre.
45:28Nous sommes le 15 octobre 1942.
45:30Nous sommes à Vichy.
45:32Nous sommes à l'hôtel
45:34du Parc et cette photo est donc prise
45:36de ce rendez-vous. Elle immortalise
45:38en somme cette jeunesse ambigüe,
45:40cette période taboue de la vie
45:42du futur président Mitterrand.
45:44Comment un tel cliché a-t-il
45:46pu rester secret pendant 52 ans ?
45:48C'est toute la question de 1942
45:50à 1994.
45:52C'est ce que vous nous racontez
45:54assez génialement. Vous nous replongez
45:56dans les années 60, dans les années 70,
45:58dans les années 80 pour tenter de comprendre
46:00pourquoi aucun des adversaires politiques
46:02et Dieu sait qu'il en a eu,
46:04les adversaires politiques de François Mitterrand,
46:06n'ont pas utilisé ce cliché pour le faire tomber.
46:08Pourquoi le général de Gaulle, par exemple,
46:10qui n'aime pas trop
46:12ce Mitterrand très prétentieux,
46:14ne dégaine pas cette photo
46:16en plein ballotage
46:18en 1965, c'était quand même très facile
46:20de le faire tomber ?
46:22On vient lui apporter la photo
46:24qui n'a jamais été rendue publique
46:26depuis 1942, donc on est en 65.
46:28On n'est que 20 ans après
46:30la fin de la guerre.
46:32Tous les grands acteurs de la guerre,
46:34les moyens et les petits, sont toujours vivants,
46:36la plupart d'entre eux, non la majorité.
46:38Et il regarde la photo
46:40qu'il ne connaissait pas.
46:42Il savait qu'il connaissait le parcours
46:44de Mitterrand à Vichy, et il en avait dit
46:46beaucoup de mal. Il savait qu'il avait été
46:48décoré de la francisque, etc.
46:50Avec deux parrains pour le moins
46:52sulfureux, c'est le moins qu'on puisse dire,
46:54et très proche de pétas.
46:56Et il dit trois choses. Il dit d'abord,
46:58oui je sais, Mitterrand est
47:00une arsouille, alors c'est un
47:02de l'argot de l'époque, dans le petit Larousse,
47:04ça veut dire voyou.
47:06Ça veut dire ?
47:08Ça veut dire voyou. Deuxièmement,
47:10je ne ferai pas la politique des boules puantes,
47:12parce que sous-entendu,
47:14je suis le général de Gaulle, je ne descends
47:16pas à ce niveau-là.
47:18Et troisièmement, une phrase que j'ai
47:20toujours trouvée extraordinaire,
47:22qui a été connue
47:24deux ans après la photo,
47:26dans un livre formidable d'Alain Perfit,
47:28toutes ses conversations avec De Gaulle,
47:30c'est un livre génial.
47:32Et il dit, imaginez que
47:34François Mitterrand, 65,
47:36on est à 16 ans de 81, imaginez
47:38que François Mitterrand devienne un jour président de la République,
47:40je ne veux pas affaiblir la fonction
47:42présidentielle. Ça fait rêver,
47:44aujourd'hui, parce que
47:46il a entre les mains le document,
47:48alors il est à dix jours d'être mis en ballotage.
47:50Il aurait sans doute quand même
47:52été mis en ballotage, je ne sais pas
47:54si en dix jours ça aurait changé les choses,
47:56on peut penser que oui, mais même s'il avait été
47:58encore mis en ballotage dix jours
48:00après, c'était quand même sans doute la mort
48:02de la vie politique de Mitterrand. – On a le sentiment,
48:04en lisant votre livre, que le général De Gaulle
48:06n'a pas non plus envie de faire reparler
48:08de ce passé pétainiste.
48:10– Vous avez posé la bonne question, pourquoi ?
48:12D'abord parce qu'il est général De Gaulle,
48:14et deuxièmement parce que toute sa stratégie
48:16depuis la fin de la guerre, c'est de rassembler
48:18les Français, d'éviter de rouvrir
48:20les fractures, d'éviter que
48:22les familles françaises
48:24se refracturent
48:26entre les anciens résistants,
48:28les anciens collaborateurs, et puis tous ceux,
48:30la grande majorité qui était
48:32la France ni blanche ni noire, grise, disons.
48:34Et voilà, c'était sa stratégie,
48:36et à partir de là,
48:38pour ses successeurs,
48:40Pompidou, Giscard
48:42et Chirac premier ministre,
48:44pas Chirac président, je sais après Mitterrand,
48:46Chirac premier ministre en 86-88,
48:48c'est ce qu'on appelle
48:50la jurisprudence De Gaulle,
48:52c'est-à-dire que… – Tout le monde s'est aligné.
48:54– Ils sont tous d'accord pour dire,
48:56éviter, sauf si Mitterrand va trop loin.
48:58Voilà, c'est pour ça que
49:00chacun d'entre eux, Pompidou, Giscard
49:02et Chirac ont hésité à s'enfuir. – Va trop loin dans les campagnes électorales,
49:04si jamais effectivement il y a des attaques personnelles,
49:06ils sauront dégainer effectivement cette fauteuil.
49:08Alors moi je trouve qu'il y a quand même un passage très intéressant
49:10que je ne connaissais pas,
49:12sous le quinquennat,
49:14sous le septennat, pardonnez-moi, de Valéry Giscard d'Estaing,
49:16législative, élection législative
49:18en 1978,
49:20les choses se présentent assez mal pour
49:22la majorité centriste,
49:24on s'attend à perdre ce scrutin,
49:26et au lieu d'utiliser la photo,
49:28Valéry Giscard d'Estaing décide
49:30de passer un pacte en fait
49:32avec Mitterrand, il imagine qu'il va
49:34perdre les élections, il imagine que ce sera la première
49:36cohabitation, et les deux hommes
49:38discutent, vous allez nous raconter ça,
49:40pour imaginer les contours
49:42de ce que pourrait être cette première cohabitation
49:44qui au final n'a pas eu lieu. – Vous ne connaissiez pas
49:46cet épisode, bien entendu je ne le connaissais
49:48pas, et la réalité c'est que personne ne le
49:50connaissait, en dehors de Giscard,
49:52Michel Poniatowski, qui va être chargé par Giscard
49:54de rencontrer Mitterrand,
49:56François Mitterrand, sans doute,
49:58mais on ne le sait pas, sans doute
50:00quelques très très proches non politiques
50:02de François Mitterrand, mais depuis que
50:04le livre est sorti, j'en ai parlé
50:06à plusieurs dirigeants socialistes,
50:08ils sont tombés des nus, et moi j'ai vu les notes,
50:10les comptes rendus par hasard
50:12en cherchant les archives, les choses
50:14sur la photo, et je suis tombé là-dessus,
50:16qu'effectivement, fin 77,
50:18début 78, il y a eu un pacte
50:20de non-agression entre Giscard
50:22et Mitterrand, d'abord pour éviter
50:24le débat, c'était très très dur,
50:26c'était vraiment
50:28un duel de
50:30société, un choc de société,
50:32la droite et le centre d'un côté,
50:34la gauche le programme commun de l'autre, etc.
50:36C'était vraiment très dur, mais aucune attaque personnelle.
50:38Donc ils ont fait le pacte
50:40de cette nature, et ils ont préparé
50:42la cohabitation qui aurait été la première,
50:44Mitterrand
50:46demandant, disant à Giscard,
50:48un, je ne chercherai pas
50:50à vous faire partir,
50:52et deux, je vous
50:54demanderai de m'aider à contenir
50:56et à affaiblir les communistes, c'est ça qui est extraordinaire
50:58dans l'histoire politique, et il y a beaucoup
51:00d'historiens depuis que ces archives sont
51:02sorties. Et ça se prolonge
51:04après, parce que quand Mitterrand
51:06est président de la République, sur la première
51:08cohabitation, il y a des contacts avec Giscard,
51:10qui se verraient, Premier ministre,
51:12de François Mitterrand,
51:14et c'est Charas qui avait
51:16même apprêté un avion à Clermont-Ferrand
51:18pour que, éventuellement,
51:20si Giscard est nommé, revienne tout de suite
51:22à Paris. Donc c'est une histoire qui remonte à très
51:24loin, ça. — Oui, mais sur
51:26le thème de la photo elle-même, ce qui est
51:28très romanesque, puisque je saisis l'occasion
51:30de votre question,
51:32c'est ça qui est aussi extraordinaire dans cette
51:34histoire. — Allez-y. — C'est que Mitterrand ne sait
51:36pas que De Gaulle,
51:38Pompidou et Giscard ont la photo.
51:40Je pense qu'il le saura
51:42avec Chirac en 86, parce que quand on est
51:44président de la République, on a les moyens de savoir
51:46beaucoup de choses. Et je pense que c'est pour cette
51:48raison, il sait que Giscard, sans doute
51:50que Chirac a la photo,
51:52il sait qu'il ne l'utilise pas contre lui,
51:54malgré ce que lui suggère Charles Pasqua.
51:56Et
51:58je pense que c'est une des raisons pour lesquelles Mitterrand
52:00va aider Chirac à être Premier ministre
52:02en 95. Et même
52:04au second tour, contre Lionel Jospin,
52:06c'était extrêmement ambigu.
52:08— Je me tourne vers notre invité,
52:10Patrick Mignolin. Une photo aussi
52:12cureuse, pas utilisée par des adversaires
52:14politiques, ça paraît impossible
52:16aujourd'hui, non ? Ou pas ?
52:18— Oui, c'est probablement impossible aujourd'hui
52:20à l'heure des chaînes d'information continue,
52:22des réseaux sociaux. C'est-à-dire qu'on arrive même
52:24à utiliser aujourd'hui
52:26des
52:28fausses informations
52:30et à les diffuser facilement. Mais
52:32j'aime bien cette idée que
52:34pour protéger
52:36les institutions, on considère que tous les coups ne sont
52:38pas permis. Et
52:40moi, je suis un éternel optimiste. Moi, je suis persuadé
52:42qu'il y a encore des politiques pour faire de la politique comme ça.
52:44— Allez-y, je vous en prie. Patrick Duhamel.
52:46— Une des deux raisons pour lesquelles j'avais
52:48envie d'écrire ce livre... — C'est ça ?
52:50C'est raconter une autre époque ? — D'abord, la première, ça remonte
52:52il y a 30 ans, quand elle est sortie en couverture du livre
52:54de Péan sur la jeunesse de Mitterrand
52:56pendant la guerre, la jeunesse française.
52:58C'est d'abord
53:00cette stupéfaction
53:02devant le fait qu'une photo comme ça
53:04puisse être secrète pendant 52 ans.
53:06Et la deuxième, c'est remonter à 2 ou 3 ans.
53:08J'ai appris une anecdote que j'ai mis en exergue
53:10du livre... — Au tout début ?
53:12— ...qui est, je trouve, extraordinaire.
53:14C'est le jour, le 23 juillet 1951,
53:16le jour de la mort de Pétain.
53:18De Gaulle est dans son bureau. Il est dans la traversée
53:20du désert à Paris. Pompidou est son
53:22directeur de cabinet. Il frappe
53:24à la porte du bureau. Il rentre.
53:26Il dit à De Gaulle « Mon général, Pétain est mort ».
53:28Pas de réponse.
53:30Et il ajoute... Il sait pas très bien...
53:32Quand on m'a raconté l'histoire, il s'est retrouvé un peu
53:34comme ça... — « Une page se tourne »,
53:36dit Pompidou. — Et il ajoute « C'est une page qui se tourne ».
53:38Et là, il y a un silence de 10 secondes.
53:40Et De Gaulle répond « Détrompez-vous,
53:42Pompidou. Cette page
53:44ne se tournera jamais ».
53:46Et je trouve que, au moment où l'antisémitisme
53:48monte dans le pays, etc.,
53:50c'est une phrase tellement extraordinaire
53:52que ça m'a aussi donné envie
53:54de ramasser un peu
53:56tout ce que j'avais entendu là-dessus
53:58de tous ceux
54:00qui ont connu et vécu cette affaire.
54:02— Au final, cette photo, elle a pas...
54:04Elle a pas tant abîmé
54:06la statue du premier
54:08président socialiste. Si ?
54:10— Quand elle est sortie ? — Quand elle est sortie, si.
54:12Mais aujourd'hui... — Et puis Mitterrand est obligé de s'expliquer avec
54:14Jean-Pierre Elkabbach, de manière d'ailleurs un peu approximative.
54:16— Oui. Mais aujourd'hui,
54:18tout ça a glissé quand même, non ? Vous trouvez pas ? Très rapidement ?
54:20— Écoutez, je suis surpris quand j'ai des contacts
54:22avec des lecteurs. Il y en a beaucoup
54:24depuis que le livre est sorti en avril.
54:26J'ai à peu près calculé
54:28sur beaucoup de témoignages,
54:302 tiers de ceux qui
54:32avaient voté, celles et ceux Mitterrand qui disent
54:34« Si j'avais vu la photo... » — « J'aurais jamais voté pour lui. »
54:36— « J'aurais pas voté pour lui. »
54:38Et un tiers qui me disent ou qui envoient
54:40des mails chez l'éditeur en disant « Non, non,
54:42on aurait quand même voté pour lui, parce que c'est une histoire
54:44ancienne. Voilà. » — Merci beaucoup en tout cas
54:46à tous les deux. Merci, Patrice Duhamel.
54:48Je rappelle le titre de votre livre « La photo.
54:50Pétain, Mitterrand, l'histoire secrète du document
54:52qui aurait pu bouleverser la Vème République ».
54:54C'est aux éditions de l'Observatoire.
54:56Merci à vous aussi, Patrick Mignola,
54:58d'être venu dans Questions politiques.
55:00Un grand merci à toute l'équipe. Je vous souhaite
55:02une très belle fin de week-end. Et je vous dis à la semaine prochaine.
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