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  • il y a 3 heures
Plus de 50 ans après la dernière mission Apollo retourner sur la Lune est redevenu un objectif pour les agences spatiales. C'est la mission du programme Artemis lancé en 2019. Mais alors que les complications s'accumulent posons nous la question des raisons de ce nouveau défi lunaire.

Retrouvez "La terre au carré" sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre

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Transcription
00:05Musique
00:18Aujourd'hui, Artemis ou le nouveau rêve lunaire, raconté par
00:22Sylvain Boulay, planétologue et professeur à l'université Paris-Saclay.
00:35En décembre 1972, un homme quittait la Lune en promettant que d'autres reviendraient
00:41un jour pour reprendre l'exploration.
00:43Ce jour-là, la mission Apollo 17 s'achevait et avec elle, toute la première ère des vols
00:48lunaires habités.
00:49Mais qui s'en souvient ?
00:50Trois ans plus tôt, Apollo 11 avait été un choc historique, le premier pas d'humain
00:54sur un autre monde que la Terre.
00:56Un exploit à la fois politique et technologique qui avait été scruté par des centaines
01:00de millions de téléspectateurs.
01:02Apollo 17, elle a été moins spectaculaire médiatiquement, mais plus aboutie scientifiquement.
01:07La NASA, pour cette dernière mission lunaire, a décidé de frapper fort.
01:11A bord, Gene Cernan, commandant.
01:13Ronald Evans, en orbite dans le module de commande américain.
01:17Et surtout, Harrison Schmitt, premier et unique géologue à marcher sur la Lune.
01:21Ce choix marque une évolution majeure.
01:24La Lune n'est plus seulement un objectif à atteindre, elle devient un terrain d'enquête
01:28scientifique.
01:29Sur la Lune, Cernan et Schmitt vont séjourner près de 75 heures, un record toujours inégalé,
01:34et vont récolter 115 kilos d'échantillons.
01:38L'utilisation d'un véhicule lunaire permettait d'explorer plus loin et plus méthodiquement
01:41la surface lunaire.
01:43Au terme de la troisième sortie, Schmitt remonte dans le module.
01:46Cernan reste quelques instants seul à la surface.
01:49Il lit la plaque commémorative célébrant la fin de la première exploration de la Lune
01:54et exprime le souhait que d'autres reviennent.
01:56Le 14 décembre 72, il sera donc le dernier homme à marquer le sol lunaire de son empreinte.
02:02Sa promesse, qui clôturait l'ère Apollo, est de meurer l'être morte pendant plus
02:06d'un demi-siècle.
02:07Mais aujourd'hui, la NASA se prépare à faire atterrir à nouveau un vaisseau habité
02:11sur notre satellite, normalement en 2028, dans le cadre du programme Artemis.
02:17Et c'est cette histoire que nous allons vous raconter.
02:23Apollo 17 marque donc la fin d'une astronautique héroïque, d'une astronautique humaine.
02:29La prochaine décennie sera marquée par une astronautique moins spectaculaire,
02:33moins excitante, mais plus utile, plus efficace.
02:36Une astronautique au service de la Terre.
02:39Archivo RTF de 1972, bonjour Sylvain Boulay.
02:43Bonjour.
02:44Le retour d'humains sur la Lune n'est pas un long fleuve tranquille,
02:46si l'on en juge par les reports à répétition d'émissions de la NASA,
02:50qui annonçait vendredi une large refonte de son programme lunaire Artemis,
02:54qui a subi ces dernières années pas mal de retard.
02:57Histoire, disait la NASA, d'assurer un retour des Américains sur la surface lunaire,
03:01comme prévu en 2028.
03:04Deux questions.
03:05Est-ce que d'abord vous y croyez à cette date, et qu'est-ce qui se passe vraiment en
03:08ce moment ?
03:09C'est une bonne question.
03:10Alors, y croire, c'est vrai qu'on en parle depuis quand même déjà plusieurs années,
03:14de ce premier nouveau pas à la surface de la Lune.
03:17C'est dans deux ans.
03:18Exactement, et là ça se rapproche.
03:20On retarde, les lancements ne se font pas.
03:22Pour l'instant, on attend encore le lancement d'Artemis 2,
03:25qui devrait avoir lieu en avril, mais on n'est pas sûr encore aussi de ce lancement.
03:29Artemis 2, c'est pour aller faire le tour de la Lune.
03:38Et puis, effectivement, ce qu'on attendait tous, c'était Artemis 3,
03:41avec le retour de l'homme sur la Lune.
03:44Ou de la femme, d'ailleurs.
03:45Ou de la femme, puisqu'effectivement, même là, dans l'équipage d'Artemis 2,
03:49il y aura une première femme.
03:51Et c'est vrai que sur Artemis 3, on se posait beaucoup de questions.
03:55C'est qu'on parlait de 2027 puis de 2028, mais c'est demain.
03:58C'est-à-dire qu'on n'était pas prêts, il semblerait.
04:02Et en fait, cette annonce montre bien qu'ils n'étaient pas prêts,
04:06qu'on va rajouter de nouvelles missions qui vont tester, en fait,
04:09tout simplement les différents systèmes.
04:11Il ne faut pas oublier qu'entre Apollo 8 et Apollo 11,
04:14il y a eu Apollo 9 et Apollo 10 qui ont testé les différentes technologies.
04:19Et je pense qu'on en est là.
04:20Aujourd'hui, il est quand même plus sage, effectivement,
04:22de tester, de voir comment se connecter,
04:24notamment en orbite terrestre, aux différents modules.
04:28Et puis, tout simplement, de préparer l'alunissage.
04:31Et puis, la nouveauté, c'est qu'il y a d'autres acteurs que les Américains.
04:34Ce sont les Chinois qui sont là aussi en embuscade
04:37et qui espèrent bien poser aussi quelques pieds sur la Lune en 2030 ?
04:412029 même, puisqu'on va fêter les 80 ans de la République populaire de Chine.
04:46Et en fait, ils aimeraient bien poser, dès 2029, cette fusée lunaire chinoise.
04:54Et ils ne sont pas loin, c'est-à-dire qu'ils font beaucoup de tests.
04:57Ils ont fait déjà des tests du module d'atterrissage lunaire.
05:01La fusée aussi est en bonne évolution.
05:04Donc, voilà, les Américains ont peur quand même.
05:08Ils essayent quand même d'accélérer le calendrier
05:10parce qu'ils voient quand même 2029 arriver.
05:12Et il serait bon que les Américains arrivent avant les Chinois,
05:15en tout cas, du point de vue américain.
05:16Donc, une pression chinoise très claire.
05:19Et les Américains pourraient perdre la partie, cette fois-ci ?
05:21Se faire devancer par les Chinois ?
05:23Eh bien, c'est totalement possible parce qu'on le voit bien.
05:26Le système d'atterrissage lunaire n'est pas encore prêt.
05:33Les combinaisons d'astronautes vont être testées aussi
05:36lors de cette prochaine mission en 2027.
05:39Donc, on voit bien que c'est tout juste.
05:40Ça va se jouer certainement à quelques mois.
05:42Et donc, le moindre petit grain de sable
05:44pourrait empêcher les Américains
05:46d'être les premiers de nouveau à la surface de la Lune.
05:48Donc, Artemis III ne comprendra pas l'allunissage
05:52comme il était annoncé jusqu'à maintenant.
05:54Donc, il y aura Artemis IV ou V ?
05:56Oui, c'est ça.
05:56En fait, clairement, Artemis III,
05:58ça sera l'équivalent d'Apollo 9.
06:00C'est-à-dire qu'en orbite terrestre,
06:02ils vont tester justement la connexion,
06:04les rendez-vous entre la capsule Orion
06:07où les astronautes se situent lorsqu'ils partent de la Terre.
06:11Et puis, le module d'allunissage,
06:13notamment le spaceship HLS,
06:15qui devrait se poser à la surface de la Lune.
06:18Et donc, il y a cette espèce de rendez-vous.
06:19Ils vont faire des manœuvres de retournement
06:21pour voir comment se connecter en orbite terrestre.
06:24Et toutes ces manœuvres devront être en orbite lunaire
06:26pour le jour J.
06:27Sylvain Boulet, depuis Apollo 17 en 72,
06:30plus aucun humain n'a voyagé aussi loin que la Lune.
06:33Qu'est-ce que ça change concrètement
06:34d'avoir eu plus de 50 ans de silence
06:36au-delà de l'orbite basse ?
06:39Je pense qu'il y a eu évidemment quand même
06:42une grande expérience.
06:43Il faut quand même dire,
06:44OK, certes, on n'est pas retourné sur la Lune,
06:46mais il y a eu le lancement de la navette spatiale,
06:50le développement de la Station internationale.
06:52Il y a eu le développement de toutes ces missions planétaires
06:54qui ont été indispensables pour l'exploration du système solaire
06:57et de tous les télescopes qui ont été envoyés.
06:59On a vécu vraiment de belles décennies.
07:01Il faut se rendre compte que tous les ans,
07:03finalement, on a de nouvelles données.
07:05Et moi, en tant que planétologue,
07:06c'était un rêve.
07:07Finalement, depuis que je suis né,
07:08j'ai vu de nouvelles images et de nouvelles données
07:11qui nous ont vraiment fourni
07:13toutes les informations nécessaires
07:14pour essayer de reconstituer l'histoire
07:16de notre système solaire.
07:17Donc, évidemment, aujourd'hui,
07:19je suis très content de pouvoir revivre
07:20ce retour sur la Lune
07:21parce que je n'étais pas là en 69.
07:22Donc, j'ai bien envie de revivre un peu
07:26cette émulation et cette joie
07:28d'aller se balader sur cet astre
07:30qui est vraiment juste au-dessus de nos têtes.
07:33Et donc, on va voir ce qui va se passer.
07:35Est-ce que c'est vraiment encore
07:36de la poudre comme ça aux yeux
07:39ou alors une vraie installation
07:41pour essayer de continuer
07:43cette exploration du système solaire ?
07:45Ça, on le saura effectivement dans les prochaines années.
07:47Mais c'est quoi l'intérêt aujourd'hui, au fond,
07:48d'envoyer à nouveau des humains dans la Lune ?
07:51Parce que beaucoup de celles et ceux
07:52qui nous entendent vont se dire
07:53« Mais qu'est-ce qu'on va mettre de l'argent là-dedans ? »
07:55À une époque, évidemment,
07:56où tout le monde se sert la ceinture
07:57absolument de partout.
07:58C'est quoi l'intérêt pour vous
07:59en tant que scientifique ?
08:00Il y a vraiment des enjeux de connaissances
08:02qui sont là ?
08:03Oui, en fait, il faut bien se rendre compte
08:05que l'histoire de la planète Terre
08:07ou même l'histoire de la Lune
08:09sont liées directement
08:10à toutes les roches qu'on étudie sur Terre.
08:13Pourquoi on connaît si bien la Terre ?
08:14C'est parce qu'on est capable
08:15d'aller partout sur Terre
08:17pour échantillonner les roches,
08:18pour les étudier.
08:19Et en fait, notre histoire de la Terre
08:21qu'on connaît si bien,
08:22c'est plus de deux siècles
08:23d'exploration de la planète Terre.
08:25Pour connaître la Lune,
08:26ce n'est pas seulement se poser
08:27quelques fois à quelques endroits
08:29qui vont nous permettre
08:30de bien connaître notre Lune
08:31et encore moins la Terre
08:32parce que je vous le rappelle,
08:33la Terre et la Lune
08:34ont directement une histoire commune.
08:36Et donc finalement,
08:37pour connaître véritablement la Lune,
08:39il faut se poser à plein d'endroits,
08:41ramener plein de cailloux
08:42et pouvoir éventuellement
08:44étudier et analyser
08:45toutes ces roches dans nos laboratoires.
08:47C'est quoi notre histoire commune
08:48d'ailleurs avec la Lune ?
08:49Aujourd'hui,
08:50on a une histoire qui ressort,
08:52c'est-à-dire qu'on pense,
08:54bien sûr,
08:55ça reste une hypothèse,
08:57on pourrait remettre tout à plat.
08:58On pense tout simplement
08:59que la Terre
09:00est née d'une collision majeure
09:03entre la Terre en formation
09:05et une petite planète
09:06qu'on appelait Téa,
09:07qui faisait peut-être
09:07la taille de la planète Mars,
09:09qui est rentrée en collision
09:10il y a 4,45 milliards d'années
09:12à peu près.
09:13Et de cette collision
09:14est née notre Terre
09:16et la Lune.
09:17Et donc ça,
09:17c'est fantastique
09:18parce que ça montre
09:19quand même le côté unique
09:20de notre planète Terre.
09:21Je vous le rappelle,
09:22dans le système solaire,
09:23Mercure,
09:23Vénus,
09:24Mars n'ont pas de satellites
09:25aussi gros.
09:26Et on voit que la Lune,
09:27on le sait,
09:28a eu un rôle important
09:29dans l'histoire de la Terre,
09:30notamment dans la stabilité
09:32de notre planète Terre.
09:33Et donc,
09:34si on est là,
09:34c'est peut-être parce que
09:35la Lune,
09:36finalement,
09:36est née il y a 4,4 milliards d'années.
09:38Et donc,
09:38nous sommes nés ensemble ?
09:39On est nés ensemble.
09:41Et ça,
09:41c'est une belle histoire.
09:41C'est-à-dire que,
09:42voilà,
09:43quand on regarde la Lune,
09:44je vous rappelle que la Lune,
09:45elle est perchée au-dessus
09:45de notre tête.
09:46C'est le seul astre
09:47où on arrive à voir
09:48des détails comme ça,
09:49rien qu'à l'œil nu.
09:51Et donc,
09:51évidemment,
09:52elle a influencé
09:55des centaines de générations
09:56depuis l'Antiquité.
09:58On a envie de l'observer,
10:00de rêver,
10:00de faire de la musique avec.
10:02Et donc,
10:02évidemment,
10:03en l'observant,
10:03en la connaissant un peu mieux,
10:05eh bien,
10:06naturellement,
10:07voilà,
10:07on réécrit cette histoire.
10:09Mais c'est quoi ?
10:09C'est un petit bout de terre,
10:10finalement,
10:10la Lune ?
10:11Ou c'est un mélange,
10:12finalement,
10:12de la collision ?
10:13Alors non,
10:13c'est un mélange.
10:14C'est-à-dire qu'imaginez-vous,
10:16dans cette collision,
10:17une planète de la taille de Mars
10:18et la taille de la prototerre,
10:20en fait,
10:20qui était aussi grosse que la Terre,
10:22on se rend bien compte
10:22que le petit débris qui reste,
10:24c'est la Lune.
10:25Mais la Lune,
10:26en fait,
10:26s'est réaccrêtée autour de la Terre.
10:27C'est-à-dire qu'une grosse partie
10:29de cette planète
10:29qui est rentrée en collision
10:30avec la Terre,
10:31eh bien,
10:32s'est encastrée dans la Terre.
10:33En fait,
10:33tout ça a refondu,
10:34s'est remélangé
10:35et il y a eu des petits résidus
10:37qui sont restés,
10:38qui se sont réaccrêtés
10:39en orbite terrestre
10:40et ça a formé la Lune.
10:41Et donc,
10:41évidemment,
10:42il y a des ressemblances chimiques
10:43entre la Terre et la Lune
10:44et ça,
10:45c'est ce qu'on a découvert,
10:46notamment,
10:47eh bien,
10:47en étudiant les roches
10:48ramenées par les missions Apollo.
10:49On est à combien de kilomètres
10:50de notre satellite ?
10:52On est environ
10:52à 380 000 kilomètres
10:54de la Terre.
10:56Donc,
10:56voilà,
10:56c'est à côté.
10:57Même les missions Apollo
10:59ou Artemis
10:59mettent 3-4 jours
11:00pour y aller.
11:01C'est la banlieue.
11:02C'est la banlieue,
11:03quasiment.
11:04Pourquoi justement
11:05Artemis 2,
11:06donc cette mission
11:07qui va faire d'abord
11:08le tour de la Lune
11:10et présentée
11:11comme une mission
11:12similaire à Apollo 8 ?
11:13C'est ce que vous nous disiez
11:14tout à l'heure.
11:14Finalement,
11:14qu'est-ce qu'on refait
11:15ou qu'est-ce qu'on va chercher
11:16à vérifier au fond ?
11:19En fait,
11:20la première chose,
11:21c'est qu'on avait perdu
11:22pas mal de compétences
11:23déjà dans la fabrication
11:24de la fusée.
11:25C'est-à-dire que...
11:25En 50 ans ?
11:26En 50 ans ?
11:27On avait oublié des choses ?
11:28Les technologies aussi ont changé.
11:29C'est-à-dire que vous prenez
11:30la fusée Saturn V
11:31il y a 50 ans,
11:32il n'y avait quasiment pas
11:32d'informatique.
11:33Aujourd'hui,
11:34l'informatique est rentrée
11:35véritablement dans cette fusée.
11:37Alors évidemment,
11:38les technologies sont
11:39quand même encore les mêmes
11:40mais il faut réinstaller,
11:42réinventer une fusée
11:43de plus de 100 mètres de haut.
11:44Ça, ça n'existe pas.
11:45Après,
11:46quand on a mis Saturn V
11:47au garage,
11:48il n'y avait plus de fusée
11:49aussi puissante
11:50et donc il a fallu
11:51réinventer une fusée
11:52aussi puissante
11:53qui est la fusée SLS
11:56pour Space Launch System.
11:57Et donc,
11:58ça, ça va être déjà
12:00évidemment,
12:00c'est toujours un premier test.
12:01Imaginez-vous quand même
12:02les quatre astronautes
12:03qui vont repartir.
12:04Ils se remettent au sommet
12:05de cette petite fusée
12:07de 100 mètres
12:07et pour la deuxième fois seulement,
12:10il y a de quoi quand même
12:11un peu à avoir.
12:12C'est le premier étage
12:13de la Tour Eiffel à peu près.
12:14Oui, c'est ça,
12:15c'est exactement.
12:16C'est une centaine de mètres.
12:19Et la capsule,
12:19je vous le rappelle,
12:21la capsule Orion,
12:22c'est un micro-espace
12:23de 3 mètres de haut,
12:255 mètres de large
12:25et donc les quatre astronautes
12:27sont perchés tout là-haut.
12:29Il n'y a pas de lancement
12:30sans astronaute
12:31dans un premier temps,
12:32Sylvain Boulet ?
12:32Alors,
12:33la mission Artemis 1
12:34a été sans astronaute.
12:36C'est-à-dire que voilà,
12:37ça a été la première fois,
12:38la première répétition
12:39où on a mis des mannequins
12:40à l'intérieur
12:41de la capsule Orion
12:42et ça a été un test.
12:43Mais il n'y en a eu qu'une.
12:44Il y a eu qu'une seule répétition.
12:45Exactement.
12:46Qui a bien marché.
12:46Donc effectivement,
12:47ce n'est pas beaucoup
12:48pour ces quatre astronautes
12:50dont une femme
12:51qui décolleront.
12:52Alors quand d'ailleurs ?
12:53En avril ?
12:54Elles disent le 1er avril
12:55mais voilà,
12:56on le voit bien
12:57depuis début février,
12:59on attend.
12:59Il y a eu diverses fuites,
13:01différents problèmes techniques.
13:02On espère que ça sera résolu
13:04pour le 1er avril
13:05mais rien n'est moins sûr.
13:06Aller sur la Lune
13:07ou aller vers la Lune
13:07déjà dans un premier temps
13:08aujourd'hui,
13:09donc 50 ans,
13:10un peu plus de 50 ans
13:11après Apollo 17,
13:13c'est plus difficile
13:14ou c'est difficile
13:16de la même manière au fond ?
13:17Ou c'est moins difficile ?
13:19Moi j'aurais tendance
13:20à dire que c'est plus difficile
13:22parce que je pense
13:23qu'à une époque,
13:25même s'il y avait un engouement,
13:26c'était la première fois
13:27parce que les normes
13:28de sécurité
13:29n'étaient peut-être pas les mêmes.
13:31On envoyait les premiers astronautes
13:34qui ne savaient pas vraiment
13:35à quoi s'attendre.
13:36Aujourd'hui,
13:36on pense quand même
13:37avant tout
13:38à la sécurité des astronautes
13:39et donc il faut tout faire bien,
13:43c'est-à-dire qu'on le voit bien,
13:44la moindre petite fuite
13:46est repérée,
13:47est prise avec du sérieux
13:48et évidemment,
13:50un échec de cette mission Artemis 2
13:52serait une catastrophe
13:54pour évidemment les astronautes
13:55mais aussi pour le programme
13:57américain lunaire.
13:58Dans le contexte,
13:58évidemment géopolitique
13:59a changé quand même,
14:01mais est-ce que dans l'esprit
14:02au moins des citoyens américains,
14:04il y a un engouement
14:05qui a beaucoup changé lui aussi
14:06depuis 50 ans ou pas ?
14:09Je pense que l'engouement
14:10va être moindre,
14:11c'est-à-dire qu'on le voit même
14:12dans la communication générale
14:13là sur Artemis 2,
14:14bon, on en parle
14:15mais ça reste finalement
14:16une fusée qu'on lance
14:17comme on a eu en même temps
14:20le lancement de Sofie Adnaud
14:21et puis Artemis,
14:22on a quand même plus parlé
14:23de Sofie Adnaud en France,
14:26mais c'est vrai
14:27que l'engouement
14:27n'est pas le même.
14:28Clairement,
14:29on sait quand même
14:30que la première fois
14:30c'était en 69,
14:32on sait quand même
14:33qu'en 72,
14:35après Apollo 17,
14:36il y a eu un désengagement
14:37quand même du grand public,
14:38donc on va renaître
14:39quand même un engouement,
14:40mais ça va être moindre.
14:42Allez,
14:42on va voir dans un instant
14:43ce que ce programme
14:43de retour sur la Lune
14:45signifie,
14:46ce que la NASA veut vraiment
14:47y faire là-bas
14:48et pourquoi le pôle sud
14:49obsède tout le monde
14:50d'ailleurs concernant la Lune,
14:51Sylvain Boulet,
14:52et puis vous allez répondre
14:53aux messages et aux questions
14:54qui arrivent pour vous
14:55sur la page de La Terre au Carré
14:56et nos réseaux sociaux
14:57et vos messages vocaux
14:58sur l'appli Radio France.
14:59A tout de suite.
21:12Mais c'est incroyable parce qu'on est à 300 000 kilomètres,
21:14donc c'est vraiment, on le disait tout à l'heure, la banlieue quasiment de la Terre
21:17par rapport à d'autres planètes.
21:18Et on ne connaît pas si bien que ça le sol lunaire.
21:21Non, c'est ça qui est génial en fait, parce que voilà, on a besoin...
21:25En fait, ce qu'on voit, c'est la surface,
21:27donc on a énormément de mal à comprendre ce qu'il y a en profondeur.
21:30Est-ce que c'est des poches d'eau liquide ?
21:32Est-ce que l'eau, elle est finalement dans la porosité de la roche ?
21:35Comment on va pouvoir extraire cette eau qui n'est pas comme une aquifère
21:39ou comme quelque chose vraiment avec un lac souterrain ?
21:43Il faut oublier cette image.
21:46Et donc, on a encore du mal vraiment à savoir jusqu'à quelle profondeur,
21:50par exemple, l'eau peut se situer.
21:51Est-ce que c'est vraiment superficiel ?
21:53Ou est-ce qu'on a des poches d'eau en profondeur ?
21:55Donc tout ça, il va falloir l'analyser depuis le sol avec les missions Artemis,
22:00mais aussi en orbite.
22:02Je pense à une petite mission, la mission Mani qui va être lancée,
22:06qui aura pour but de cartographier très précisément le pôle sud
22:09pour essayer justement de mieux comprendre et de mieux quantifier ce réservoir.
22:13Moins de 200 degrés, vous le disiez, au pôle sud.
22:16Mais quelle idée d'aller à l'unir là-bas, franchement ?
22:19Il n'y a pas des endroits un peu plus cléments ?
22:21Alors, c'est moins de 200 degrés à l'ombre.
22:23C'est-à-dire qu'il y a quand même des endroits où il y a un peu plus de
22:27lumière,
22:27donc ça va se réchauffer.
22:28C'est-à-dire qu'il y a des zones totalement toujours à l'ombre.
22:30Donc ça, c'est bien parce que c'est comme...
22:32En fait, c'est le réfrigérateur ou le progrélateur lunaire.
22:35Ça conserve bien la glace.
22:36Voilà, ça conserve bien la glace.
22:37On peut se mettre un tout petit peu à côté
22:39et puis réfléchir comment on irait l'explorer.
22:41Alors après, la grande question qu'on peut se poser,
22:43c'est est-ce qu'on doit aller exploiter l'eau de la Lune ?
22:45Ça, c'est une grande question.
22:46Parce que voilà, on a peut-être moyen de s'y rendre,
22:49de rester quelques jours avec nos moyens.
22:52Évidemment, d'aller exploiter cette eau,
22:54et bien veut dire une présence humaine plus longue
22:57et peut-être un début de pollution
22:59qui, on peut se demander s'il y a vraiment la souhaitable...
23:02Ce qu'on a fait sur Terre depuis très longtemps,
23:04on va faire ça bis repetita sur un autre objet.
23:07Et ça, c'est vraiment problématique.
23:09Je pense qu'aujourd'hui, honnêtement,
23:12ce que ça soit sur l'eau,
23:14sur les ressources en hélium 3, en terre rare, etc.,
23:17on n'a aucune idée vraiment de la quantité
23:20de tous ces éléments.
23:21On peut espérer qu'il n'y en ait pas assez
23:23pour qu'on s'arrête là
23:24et qu'on continue notre exploration géologique
23:27avec des échantillons qu'on ramène,
23:28on sera très content.
23:29La température, donc, au-delà du pôle sud
23:32où il fait très, très froid,
23:32c'est quoi sur la Lune, alors ?
23:34Ça peut être très chaud.
23:36Ça peut être une centaine de degrés
23:38et ça peut être moins de 200 degrés.
23:39Donc, on a des contrastes thermiques énormes
23:41liés au jour et à la nuit.
23:43Il n'y a pas d'atmosphère.
23:44Il faut quand même bien réaliser ça.
23:45Sur la Lune, il n'y a pas d'atmosphère.
23:47Ça, c'est quelque chose d'important à préciser
23:49parce que nous, évidemment,
23:50on est bien tranquille derrière notre atmosphère.
23:52Notre atmosphère, notre champ magnétique
23:54qui nous protège de pas mal de choses.
23:56Sur la Lune, on est aux premières loges,
23:58notamment du micro-bombardement,
24:00de toutes ces poussières météorétiques
24:01qui tombent à la surface de la Lune.
24:03Et là, il n'y a rien pour nous protéger.
24:05Donc, on est aux premières loges
24:06pour recevoir tout ce qui vient de l'espace.
24:09Et donc, c'est vrai que l'absence de cette atmosphère
24:15provoque finalement des phénomènes géologiques
24:16qu'on ne voit pas forcément à la surface de la Terre.
24:18Et comment les astronautes vont se protéger de tout ça ?
24:20Alors, en fait, c'est compliqué.
24:25Cette question, elle est essentielle.
24:26C'est est-ce qu'on peut rester plusieurs années
24:29à la surface de la Lune ?
24:30La réponse, c'est pour l'instant, on n'en sait rien.
24:34Ne serait-ce que pendant une période de vent solaire
24:37très importante,
24:38une explosion de vent solaire extrêmement importante,
24:41on ne sait pas trop comment réagir.
24:42Par exemple, dans la capsule Orion,
24:45il y a des espèces de placards
24:46où, en fait, s'il y a une éruption de vent solaire
24:49très importante, on demande aux astronautes,
24:52les quatre astronautes,
24:53de se planquer dans les placards,
24:54typiquement pendant une journée,
24:56pour éviter l'interaction du vent solaire
24:59avec les cellules humaines.
25:01Et sur la Lune, on a tout ce micro-bombardement.
25:04Il va falloir créer finalement des habitats
25:07qui vont nous protéger de ce micro-bombardement,
25:09d'éviter de sortir, par exemple,
25:11pendant les pluies d'étoiles filantes.
25:12Vous savez, au mois d'août,
25:13on a envie de voir les belles étoiles filantes,
25:15on sort, on est dehors tranquillement
25:16en train de voir toutes ces belles étoiles filantes.
25:18Là, on sait bien que ce moment-là,
25:20la Lune passe dans un nuage de poussière
25:22et il faut rester bien au chaud
25:24et éviter justement la possibilité
25:27de rencontrer des micro-météorées.
25:29Dans cette eau glacée dont vous parliez,
25:30Sylvain Boulet,
25:31est-ce qu'on pourrait découvrir des traces biologiques ?
25:36Honnêtement, j'en doute.
25:38Je ne mettrai pas ma coupée.
25:40Je ne suis pas exobiologiste.
25:42Ce qui est sûr, c'est que cette eau,
25:45cette eau, elle est issue notamment des comètes.
25:48Il y a peut-être de l'eau qui a été conservée.
25:51De l'eau avec des éléments de vie,
25:54comme des acides aminés, etc.
25:56Oui, on va certainement trouver de ça,
25:57de la matière organique.
25:59Encore une fois, on ne sait pas du tout
26:01comment la vie est apparue sur Terre.
26:03Et je pense que la vie sur Terre
26:05est apparue d'un ensemble de paramètres,
26:07notamment de l'impactisme, de l'atmosphère.
26:09Tout ce qui a fait cette soupe un petit peu
26:11à l'origine pour créer de la vie.
26:13Sur la Lune, les conditions étaient
26:14certainement différentes.
26:15On a peut-être amené les ingrédients,
26:17mais la vie n'est peut-être pas apparue
26:18sur notre satellite.
26:19Le pôle Sud, pour installer
26:20une base lunaire permanente,
26:23comment on fabriquerait de l'énergie sur place ?
26:26Il y a des éléments naturels
26:27qui permettraient de le faire ou pas ?
26:30L'énergie, effectivement, de l'eau.
26:32S'il y avait de l'eau,
26:33on pourrait, certainement ce que je disais tout à l'heure,
26:37extraire cet hydrogène et cet oxygène
26:38qui pourraient servir de carburant
26:41pour les fusées éventuellement pour repartir, etc.
26:45Ensuite, on a la fameuse hélium 3.
26:47On parle beaucoup d'hélium 3 à la surface de la Lune.
26:50L'hélium 3, ce sont ces éléments
26:51qui sont envoyés par le Soleil
26:52et qui peuvent être stockés à la surface de la Lune,
26:56dans le rigolite lunaire.
26:57Ce n'est pas la Lune qui a créé ces éléments,
26:59c'est clairement le vent solaire
27:01qui est venu impacter le rigolite lunaire.
27:03Et ce rigolite lunaire,
27:04cette couche de poussière lunaire,
27:06a réussi à capter,
27:07depuis 4 milliards d'années,
27:08cet hélium 3.
27:10Et donc, cet hélium 3,
27:11c'est finalement stocké
27:13dans cette couche de rigolite lunaire.
27:14Mais c'est quoi ?
27:14Une sorte de lumière permanente ?
27:16Non, non, non.
27:17C'est un atome,
27:18c'est un isotope de l'hélium.
27:20On sait que la fusion de cet hélium,
27:22en fait,
27:23pourrait être une source incroyable d'énergie.
27:25On pourrait l'utiliser.
27:26On pourrait l'utiliser.
27:27Donc voilà,
27:28c'est juste une chose
27:29qui n'existe pas sur Terre.
27:30Et cette source,
27:31si on réussissait à maîtriser la fusion,
27:35on pourrait avoir une source d'énergie considérable
27:38sans déchets.
27:39Donc ça,
27:39c'est évidemment quelque chose de très intéressant.
27:41Sauf que là,
27:42on peut encore se poser des questions.
27:44C'est qu'on sait que les quantités
27:46sont énormes sur la Lune,
27:47mais en très faible concentration.
27:49Et donc,
27:49il faudrait des millions de tonnes
27:50pour extraire un tout petit peu d'hélium 3.
27:53Et donc,
27:53c'est pareil,
27:53on en est loin.
27:54On n'a pas du tout la technologie.
27:56Et on peut se demander encore
27:57si c'est aussi indispensable.
27:58Sylvain Boulet,
27:59on revient avec vous sur la Lune dans un instant.
28:01On va poursuivre notre discussion
28:03autour des roches lunaires
28:04déjà rapportées par l'émission Apollo
28:06parce qu'elles ont beaucoup été,
28:08elles ont été très utiles en tout cas pour la science.
28:11Et vous allez nous dire
28:11ce qu'on a pu découvrir grâce à cela.
28:13Et puis,
28:13vous répondrez aux messages et aux questions
28:14qui sont là pour vous
28:16de la part des auditeurs et auditrices
28:17sur la page de La Terre au Carré,
28:19nos réseaux sociaux
28:20et pour vous entendre directement
28:21vos messages vocaux
28:22sur l'application Radio France.
28:23On se retrouve après José González.
29:03C'est parti !
29:35C'est parti !
30:03C'est parti !
30:33C'est parti !
31:04A Perfect Storm, José González
31:09La Terre au Carré
31:11Mathieu Vidard sur France Inter
31:15Ah moi ça si il y a quelque chose
31:16qui m'intéresse pas c'est bien ça.
31:17C'est pour amuser le public
31:18pour l'instant vous ne voyez pas
31:19la pureture qu'il y a derrière.
31:20Mais qu'est-ce que ça peut nous foutre tout ça ?
31:23C'est des histoires d'argent,
31:24ce n'est que ça.
31:26C'est une histoire que nous sommes dans une époque de savants qui s'adresse à des ignorants.
31:32Alors on écoute ça comme on écoute le catéchisme, en en croyant pas un mot.
31:37On n'y croit pas, vous y croyez vous à tout ça ? Vous croyez qu'on va se construire
31:41des petites cabanes là-haut et qu'il y aura un service d'avion trois fois par semaine ?
31:47Ah non. En tout cas, tout ça, ça devient absurde.
31:53Voilà, elle fabriquait des tailleurs mais elle s'exprimait aussi parfois sur l'espace.
31:56Coco Chanel en 1969, l'année du premier pas sur la Lune, Sylvain Boulet, vous qui êtes notre invité planétologue,
32:04qu'est-ce que ça peut nous foutre ? disait Coco Chanel.
32:08Certains peuvent également, on pense exactement comme elle, encore aujourd'hui d'ailleurs.
32:11Mais je pense qu'ils n'auraient pas tort d'installer, est-ce que vraiment c'est le bon moment
32:15d'aller installer des hôtels sur la Lune
32:17et d'envoyer des milliardaires qui iraient passer leurs vacances ?
32:22Non, je pense qu'on doit effectivement surveiller tout ça et clairement la Lune ne doit pas devenir le terrain
32:30de tourisme de milliardaires.
32:33Pourquoi pas un terrain de jeu pour les scientifiques, bien raisonné et surveillé, mais il faut faire attention et déraper,
32:39c'est difficile.
32:40Ce sont de pieuses paroles, parce qu'évidemment s'il y a des opportunités commerciales de pouvoir accueillir un tourisme,
32:44personne, en tout cas aucun milliardaire ne s'en empêchera.
32:48Malheureusement, il va falloir, voilà, je pense que j'espère que tout ce cadre-là,
32:52les accords justement Artemis ont essayé de réguler tout ça,
32:55mais on se doute bien quand même qu'avec toute l'économie derrière, c'est problématique.
33:00Pour que la Lune reste une terre de science, Sylvain Boulet,
33:04avec justement les précédentes missions Apollo qui ont donc rapporté énormément d'échantillons,
33:09c'était un peu plus de 100 kilos, c'est ça ?
33:10Oui, plus de près de 400 kilos.
33:12À 400 kilos en tout ?
33:13Près de 400 kilos de roches au total.
33:15Et donc ça, ça a permis de faire de la science pendant des décennies ?
33:18Oui, évidemment, ça nous a permis déjà de mieux comprendre la nature géologique de la Lune,
33:23les différentes roches, de comprendre sa formation.
33:25On en parlait tout à l'heure de la naissance de la Lune et de la Terre,
33:29ces roches ont vraiment apporté beaucoup d'indices justement pour comprendre
33:33et essayer d'écrire ce scénario d'impact géant.
33:36Mais surtout, on avait des échantillons qu'on a pu dater à la surface de la Terre.
33:41En fait, aujourd'hui, on ne sait pas dater une roche in situ sur un corps planétaire.
33:46Donc notre seule méthode pour finalement dater des roches,
33:50c'est de les ramener sur Terre et de les dater dans nos laboratoires.
33:53Et en fait, dites-vous qu'on avait cette incapacité-là avant de pouvoir savoir l'âge de la Lune.
33:58Donc quand on a pour la première fois ramené les roches sur la Lune,
34:01on s'est rendu compte que les roches de la Lune avaient plus de 3 milliards d'années d'histoire.
34:06Et donc ça, c'est passionnant parce qu'en fait, sur Terre,
34:08il faut bien réaliser que sur Terre, la majorité des roches sont très récentes en fait,
34:13moins d'un milliard d'années.
34:15Et sur la Lune, quand on a accès à des roches qui ont plus de 3 milliards d'années,
34:18eh bien on a accès aux premiers instants finalement de l'histoire de la Terre.
34:22Et ça, c'est passionnant.
34:23Et en plus, en datant les roches,
34:25on s'est rendu compte que plus une surface était cratérisée,
34:29plus les roches étaient anciennes.
34:31Et donc grâce à toutes ces roches qu'on a datées,
34:33on a pu créer une loi qui relie la densité de cratères avec l'âge des terrains.
34:37Et ça, c'était incroyable parce que pour la première fois,
34:39on a créé un chronomètre planétaire.
34:41C'est-à-dire qu'en comptant les cratères,
34:43eh bien on arrive à avoir une idée de l'âge des terrains.
34:47Et quand on parle par exemple des âges du mot Olympus,
34:50par exemple sur Mars,
34:51eh bien on n'a pas ramené de roches du mot Olympus.
34:54On a compté tout simplement les cratères.
34:55On a pu réadapter ces lois qu'on a déterminées à partir des roches lunaires.
35:01Et grâce à ça, eh bien on est en mesure de pouvoir réécrire
35:04l'histoire de toutes les surfaces des planètes de notre système solaire.
35:07Olympus, c'est le plus grand volcan, c'est ça ?
35:09C'est ça, exactement.
35:09Il fait combien de kilomètres de haut ?
35:11Il est monstrueux, exactement.
35:13Il est donc sur la planète Mars.
35:15Justement, qu'est-ce qu'on a appris d'autre, Sylvain Boulay,
35:17grâce à ces roches lunaires au-delà de la datation ?
35:20Alors effectivement, on a vu quand même la diversité géologique.
35:23C'est-à-dire qu'on voit quand même que dans les roches,
35:26on va trouver beaucoup d'éléments qui ressemblent à celles de la Terre.
35:30Il n'y a pas longtemps, la mission Chang'e 5 a découvert un nouvel élément,
35:34un nouveau minéral qui a été découvert.
35:37Et donc, en fait, on découvre sans cesse de nouvelles choses à la surface de la Lune.
35:41C'est pour ça qu'il faut multiplier les sites d'atterrissage
35:43parce qu'on va avoir encore de belles surprises.
35:45Est-ce qu'il y a encore beaucoup d'impact météoritique, justement, sur la Lune ?
35:47Tous les jours, tous les jours.
35:49Il faut bien réaliser que la surface de la Lune est bombardée en permanence.
35:54Et ça, depuis 4 milliards d'années.
35:55C'est pour ça que sur la Lune, on a cette couche de poussière qu'on appelle le rigolite
35:59qui mesure de 5 à 15 mètres d'épaisseur.
36:01C'est tout simplement le résultat d'un concassage permanent de la surface lunaire
36:05par le bombardement météoritique.
36:07Et ce bombardement, on arrive à le surveiller depuis la Terre, même.
36:11Parce que si vous utilisez un petit télescope, une petite caméra,
36:14vous avez une probabilité non nulle de voir ce qu'on appelle des flashs lunaires
36:17qui sont tout simplement les résultats d'une collision d'un petit morceau de roche
36:22venu de l'espace avec la surface de la Lune.
36:24Quand le morceau de roche impacte la surface, on va fondre les roches lunaires.
36:29On va envoyer un petit nuage de gouttelettes de roches fondues
36:32qui vont envoyer de la lumière vers la Terre.
36:34Et hop, ça va se refroidir.
36:35Et donc, depuis la Terre, on voit les impacts en direct.
36:37Donc ça, c'est évidemment fantastique.
36:39Et ça va être utilisé d'autant plus comme source sismique.
36:43Dans les prochaines années, on va envoyer des sismomètres à la surface de la Lune
36:46avec l'émission Artemis.
36:47Et donc, on va pouvoir enregistrer ces impacts qu'on aura vus de visu avec nos télescopes.
36:53Et grâce à ça, on pourra mieux sonder l'intérieur de la Lune qu'on ne connaît encore pas si
36:57bien.
36:58Des roches lunaires, vous en avez eu beaucoup entre les mains, vous, Sylvain Boulay, ou pas ?
37:01J'ai eu la chance d'en avoir quelques-unes.
37:03Alors, on a deux grands types de roches.
37:06Du basalte, en fait, des roches volcaniques.
37:08Vous savez, ces mers lunaires, ces étendues sombres à la surface de la Lune qu'on voit à l'œil
37:12nu.
37:12Ça, c'est essentiellement constitué de basaltes qui sont très proches de nos basaltes terrestres,
37:17de nos roches volcaniques.
37:18Et puis, tout ce qui est clair, très cratérisé, ce qu'on appelle plutôt de l'anorthosite.
37:21C'est un peu l'équivalent, finalement, de notre granite terrestre.
37:24Alors, ce n'est pas la même composition, mais ce sont les roches les plus anciennes
37:27qui se sont formées au tout début de la formation de la Lune.
37:30Allez, Sylvain Boulay, on passe aux questions pour vous.
37:36Avec ce premier message de Guillaume, vu la fin annoncée de la Station Spatiale Internationale,
37:41est-ce qu'il ne serait pas plus intéressant de bâtir une basse permanente sur la Lune, demande-t-il
37:45?
37:46Alors, c'est évidemment intéressant.
37:49Alors, on parle quand même, on n'a pas parlé de la station lunaire, la Gateway,
37:52qui devrait être une mini-station orbitale autour de la Lune.
37:55Et donc, il devrait y avoir, justement, ce remplacement tout doux.
38:00Alors, on n'est pas encore là, parce que ce n'est pas la même taille.
38:02Mais c'est vrai que le but, c'est quand même d'aller s'installer entre la Gateway et la
38:07surface de la Lune.
38:08Une pensée pour Sophie Adnaud, la française, qui est en ce moment dans l'ISS.
38:11Est-ce qu'elle pourrait d'ailleurs faire partie des astronautes lunaires ?
38:14Oui, on parlait beaucoup de Thomas Pesquet, mais il n'y a pas de raison qu'effectivement,
38:17à son retour, d'ici que toutes ces missions Artemis se fassent,
38:20elle sera très bien placée pour aller dans cette Gateway.
38:22Allez, on écoute un message vocal de Pierre-Yves.
38:24Oui, moi, je me pose une petite question.
38:26Au-delà de l'intérêt que ça peut représenter de retourner sur la Lune,
38:29je me demande pourquoi c'est si compliqué à faire,
38:32puisque ça a déjà été fait plusieurs fois par le passé.
38:34Merci de votre réponse.
38:35C'est une bonne question.
38:37Oui, en fait, le principal problème, ça a été le lanceur.
38:40Le lanceur, c'est très, très coûteux à développer.
38:44En fait, on l'a vu dans l'émission Apollo,
38:46ça a coûté à l'équivalent aujourd'hui des centaines de milliards de dollars.
38:50Et aujourd'hui, on a une économie un peu plus touchée,
38:53donc on essaye de faire un peu plus attention.
38:54Et c'est plus compliqué finalement de relancer, de recréer une telle fusée.
38:58Allez, un scénario catastrophe.
39:00Elodie nous demande, est-ce que forer et faire des extractions sur la Lune,
39:03ça ne risque pas de perturber l'équilibre entre la Terre et la Lune
39:06et de créer des désordres irréversibles ?
39:10Alors, irréversibles, peut-être pas.
39:12Mais ce qui est sûr, c'est qu'on pourrait polluer clairement la Lune.
39:16Et donc, cette pollution, il va falloir vraiment faire attention.
39:19Et on sait que du moment où on commence à faire ça,
39:22c'est difficile de faire attention.
39:24Et donc, forcément, on polluera la Lune.
39:25Géraldine dit, l'humain n'a pas assez de la Terre à saccager.
39:28Il faut qu'il aille extraire et exploiter les ressources sur la Lune.
39:31Quel prédateur ? C'est absolument désespérant, dit-elle.
39:34On va écouter un nouveau message de Franck.
39:36Bonjour, je voudrais savoir combien va coûter ce programme Artemis aux Etats-Unis.
39:41Et je me demande, dans quelle mesure,
39:44c'est pas fait aussi pour créer une concurrence avec la Chine
39:47et faire dépenser beaucoup d'argent à la Chine.
39:49Sylvain Boulay qui se frotte les yeux en se disant, zut, j'ai pas le budget.
39:52J'ai pas le chiffre exact, mais bon, clairement, on est sur des dizaines de milliards de dollars.
39:57Donc, c'est sûr que c'est un gros investissement pour les Etats-Unis
40:01qui va peut-être en valoir le coup.
40:03Donc, il y a des priorités.
40:04On l'a vu, Trump a annulé le retour d'échantillons martiens
40:07parce que le paquet est mis sur la Lune.
40:09Donc, est-ce que c'est bien ?
40:10Pour moi, non, parce que j'aurais pas d'échantillons martiens à étudier.
40:13Et l'aspect compétition dont parlait Franck dans son message avec la Chine,
40:16c'est une évidence quand même.
40:18Oui, oui, c'est sûr qu'on a cette concurrence.
40:21Après, les Chinois ont envie d'y aller sur la Lune.
40:23C'est-à-dire que, clairement, c'est pas parce que les Américains sont là
40:26qu'ils vont faire dépenser plus d'argent aux Chinois.
40:28Je pense que les Chinois ont un programme spatial bien installé
40:32et ils veulent continuer à se développer.
40:34Gilles Demande, un allunissage réussi de la mission Artemis
40:37pourrait-elle clouer le bec une bonne fois pour toutes
40:39à tous les complotistes qui mettent en doute les premiers pas de l'homme sur la Lune ?
40:42Et on en parle près de 60 ans plus tard.
40:45Non, bien sûr, ça clouera jamais à les complotistes.
40:48Même si on les emmène.
40:49Oui, exactement.
40:50On leur aurait mis des lunettes de réalité.
40:53Non, malheureusement, on a beau leur montrer aujourd'hui
40:55des images haute résolution de la surface
40:57montrant les sondes Apollo,
41:01il y aura toujours des images truquées ou autres.
41:03Donc non, ça ne répondra jamais aux complotistes.
41:05Alain dit qu'il a intérêt de continuer ces explorations spatiales
41:07qu'ont refait si peu pour étudier, soigner, protéger nos mers, nos océans
41:11qui représentent 70% de notre planète.
41:13Non, il a totalement raison.
41:15C'est-à-dire qu'aujourd'hui, évidemment,
41:17l'exploration spatiale est une partie de la science
41:20et on a envie de comprendre d'où on vient,
41:24l'origine de la vie, etc.
41:25Mais c'est vrai que, par exemple, les océans,
41:26on est loin de les comprendre.
41:28Et voilà, il faut un équilibre.
41:31Et ce n'est pas simple à trouver.
41:32Allez, on écoute un message d'Isabelle.
41:33Bonjour, c'est Isabelle.
41:35Je voudrais poser une question.
41:37La semaine dernière, nous étions dans les Pyrénées
41:39et nous avons vu le croissant de lune inversé
41:43par rapport à quand nous le voyons
41:44quand nous sommes dans la région lantaise.
41:46Je ne comprends pas trop ce phénomène.
41:48Est-ce que vous pouvez l'expliquer ?
41:49Merci.
41:50Merci pour ce message, Isabelle.
41:52Qu'aviez-vous bu ce soir-là ?
41:54Alors, ça dépend à quelle heure elle a observé.
41:56Parce que si elle a observé le croissant au petit matin,
41:59effectivement, le dernier croissant est inversé du premier croissant.
42:01Donc, peut-être qu'elle a vu, effectivement,
42:03le croissant lunaire très tôt le matin.
42:05Et effectivement, c'est normal qu'il soit inversé.
42:07Donc, elle n'a pas bu.
42:08Pardon, Isabelle.
42:09Pascal demande, elle aimerait savoir
42:11s'il y aura encore une édition de
42:12Encore sur la Lune ?
42:14Encore sur la Moon ?
42:15Pas du tout.
42:16On the Moon again.
42:18Oui, bien sûr.
42:19On the Moon again est de retour.
42:20Puisque nous l'organisons les 19, 20 et 21 juin.
42:24Donc, le concept est très simple.
42:26Si vous avez un télescope dans votre grenier
42:28ou pas, d'ailleurs,
42:30sortez-le, en fait.
42:31Le 19, 20, 21 juin,
42:33il suffit de l'installer sur la place de votre village,
42:35au bord d'une rivière,
42:36en plein centre-ville.
42:38Et surprenez les passants,
42:39montrez la Lune.
42:41Aux passants, vous allez voir,
42:42c'est fantastique.
42:43La réaction est toujours incroyable
42:44pour tous ces gens qui n'ont jamais eu la chance
42:46de voir la Lune.
42:47Pour s'inscrire, c'est très simple.
42:49Il suffit d'aller sur onthemoonagain.org,
42:52proposez votre site d'observation
42:53et vous ferez partie de cette grande communauté.
42:55L'année dernière, on était plus de 600 sites d'observation
42:58dans 60 pays.
42:59Donc, aujourd'hui, c'est un vrai événement international
43:02et on essaye de tous se retrouver,
43:05tout simplement, pour rêver un peu plus.
43:06Mais c'est chouette, cette idée d'apporter son télescope
43:08n'importe où, d'ailleurs,
43:09pas seulement sur des sites d'observation.
43:11Vous l'avez fait la semaine dernière
43:12sur le parvis de Notre-Dame de Paris.
43:13D'ailleurs, on a mis une petite photo en story sur Instagram
43:15pour voir aussi le télescope que vous avez avec vous.
43:19C'est un chouette modèle, quand même.
43:20Oui, c'est un beau modèle.
43:21Ce qui est super, c'est que c'est très simple.
43:24Ça ne demande pas de réglage.
43:25On l'installe, on arrive, bam, les gens font la queue
43:28et découvrent la Lune avec nous.
43:30En fait, plus de 80% des gens qu'on croise
43:32n'ont jamais imaginé que c'était possible
43:34d'observer la Lune.
43:34Donc, c'est là où il faut.
43:36Tous les gens qui ont des télescopes,
43:37et aujourd'hui, en France,
43:38il y en a des centaines de milliers de télescopes
43:40qui ont été vendus
43:41et qui restent souvent dans un grenier.
43:43Alors, sortez-le et partagez avec le plus grand nombre.
43:45C'est vraiment notre devoir de pouvoir
43:47tout simplement donner la possibilité
43:49au plus grand nombre de lever les yeux au ciel.
43:50Voilà, donc c'était vendredi dernier.
43:52Si vous voulez voir le télescope de Sylvain Boulay
43:54et en plus Notre-Dame de Paris,
43:56eh bien, vous allez sur la story Instagram
43:58de la Terre au carré.
43:59Donc, on the moon again pour s'inscrire.
44:01Ce sera les 19, 20 et 21 juin prochains.
44:05Voilà, on croise les doigts pour Artemis 2
44:07si le décollage se fait bien en avril.
44:09Et puis, la mission vraiment lunaire
44:10pour poser le premier pied depuis bien longtemps,
44:12ce sera en 2028 si tout va bien.
44:16C'est ça, exactement.
44:17On l'a dans avec impatience.
44:18Merci beaucoup Sylvain Boulay
44:20d'être venu aujourd'hui dans la Terre au carré.
44:23Merci beaucoup à Jean-Philippe Véret
44:24qui a préparé ce dossier aujourd'hui.
44:27Thierry Ravoux qui était à la technique.
44:28Sous-titrage Société Radio-Canada
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