00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h09, Maxime Liedau.
00:047h12, et c'est le sujet, c'est le sondage dont tout le monde parle aujourd'hui,
00:08le sondage IFOP fiducial pour Sud Radio et Le Figaro, avec un chiffre événement,
00:1353% des Français voient Marine Le Pen se présenter, seulement se présenter à l'élection présidentielle.
00:18Bonjour Frédéric Dhabi.
00:19Bonjour.
00:20Vous êtes l'auteur de ce sondage, directeur général de l'IFOP,
00:23et la première question mine de rien qu'on peut se poser, c'est deux ans, c'est long en politique,
00:26c'est encore plus long, en quoi ce sondage qui est clairement aujourd'hui partout,
00:30qui va rythmer quand même les prochains jours politiques,
00:33en quoi celui-ci est finalement considérable et en quoi il annonce, on va dire, de l'incertitude ?
00:38Alors, effectivement, vous avez raison d'utiliser ce terme incertitude,
00:41ce baromètre de l'ambition présidentielle, c'est la deuxième fois qu'on le réalise
00:45avec Fiducial Sud Radio et Le Figaro, ce n'est pas une enquête d'intention de vote
00:48comme on peut le faire ensemble, c'est deux indicateurs.
00:51Est-ce qu'on souhaite que toute une série de candidats se présente en 2027 ?
00:55C'est le souhait, et la question plus intéressante, vous en parliez sur Marine Le Pen, du pronostic.
01:00Est-ce qu'au final, ce candidat potentiel, cette candidate ira au bout ?
01:05Donc c'est un sondage qui reflète d'une part la défiance des Français vis-à-vis du politique,
01:10parce que j'ai envie de dire, malheureusement, il n'y a pas un candidat,
01:13une candidate potentielle qui a un score majoritaire de souhait,
01:16et c'est un sondage qui reflète l'incertitude sur cette question de pronostic,
01:20vous le disiez, le fait majeur que je trouve considérable, écrasant,
01:23c'est que les Français ont intégré le procès du 31 mars.
01:27Le verdict sur Marine Le Pen, ils étaient 74% en février à dire que Marine Le Pen serait candidate,
01:34ce qui n'était déjà pas beaucoup, ils ne sont plus que 53%.
01:36C'est peu pour une triple candidate qui est, on le dit, comme la famille Le Pen,
01:41candidat quasiment naturel, à chaque scrutin présidentiel,
01:44ça a été le cas systématiquement, sauf au 81 pour Jean-Marie Le Pen.
01:47Il y a en effet plusieurs enseignements dans ce sondage,
01:49mais quand on évoque ce chiffre de 53%, ce qui fait qu'il est colossal,
01:52c'est qu'en réalité, elle a perdu 21 points par rapport à la première vague de l'étude
01:57que vous aviez publiée début mars.
01:58C'est ça qui est sidérant.
01:59À quoi, mine de rien, on peut le rattacher ?
02:02Est-ce que c'est la stratégie de communication de Marine Le Pen ?
02:04Est-ce que c'est l'abattage médiatique qu'il y a eu autour de cette affaire ?
02:08Comment vous, vous l'analysez ?
02:09C'est d'abord le verdict, avec cette peine d'exécution provisoire,
02:13donc dans les faits, mais l'appel a été lancé, comme vous le savez,
02:16il aura lieu en 2026 à l'été, Marine Le Pen ne peut pas être candidate en 2027.
02:22Elle a été sur une stratégie que j'appellerai, comme disent les jeunes, même pas mal.
02:25J'y vais quand même, je serai la candidate naturelle.
02:28Elle a dit, sauf si un bus me renverse, les Français ont vu le bus.
02:32Puisque maintenant, c'est à 69%, Jordan Bardella, dont on pronostique qu'il sera candidat,
02:389 points de plus.
02:39Il y a maintenant 16 points d'écart entre eux.
02:40Alors, ça ne préjugera rien de ce qui se passera en 2027.
02:43En tout cas, ce qui est très intéressant, on est dans une présidentielle de renouvellement.
02:48C'est le cas quand le président sortant ne peut pas se représenter.
02:51Mitterrand en 1995, Jacques Chirac en 2007, pour d'autres raisons.
02:54Donc, il y a beaucoup de candidats potentiels.
02:56Mais il y avait, pour les Français, un élément de non-incertitude, de sûreté.
03:00C'était, l'URN aura une candidate.
03:03Et ce sera pour la quatrième phase de suite, Marine Le Pen.
03:05Même ça, l'incertitude est passée par là.
03:0853%, ça reste beaucoup.
03:09Le souhait pour Marine Le Pen reste très fort.
03:12Le pronostic chez les sympathisants IRN et dans son électorat dépasse 89-90%.
03:16Mais chez les Français, il y a peut-être cette page Le Pen qui est en train d'être tournée.
03:21Mais on connaît sa résilience.
03:22Et d'ailleurs, on va revenir sur, justement, les partisans en soi du Rassemblement National.
03:26C'est intéressant, notamment pour évoquer le plan B qu'est Jordan Bardella.
03:29On vous a posé la question au 0826-300-300-applications et réseaux sociaux de Sud Radio.
03:34Doit-on d'ores et déjà se préparer, mine de rien, à une présidentielle sans Marine Le Pen ?
03:39Oui, à 72%, non, 28%.
03:41Vous parliez, mine de rien, des militants du parti à la flamme.
03:4589 envisagent davantage, mine de rien, maintenant, une candidature du plan B pour Jordan Bardella
03:51plutôt que la Reine-Mère.
03:52Oui, mais je trouve qu'il vaut mieux qu'un plan B statutairement.
03:56C'est le président du Rassemblement National.
03:59Ce n'est pas n'importe qui.
04:00Il a été à la bataille, au front, si je puis dire, aux Européennes.
04:04Il a mené la campagne aux élections législatives.
04:06Les Français le connaissent.
04:07Alors, il y a des fragilités sur son image, compte tenu de cette présidentielle
04:11qui est très fortement investie pour les Français.
04:13Mais quand on regarde les 32 ou 33 candidats potentiels destés, il arrive en tête avec 43%.
04:18Il devance Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Gabriel Attal, tous les candidats du bloc central.
04:22Et il est fort dans quasiment toutes les catégories.
04:24Le souhait va au-delà du socle traditionnel du Rassemblement National.
04:28Et comme on le disait, c'est le fait majeur.
04:31Il devance de 16 points Marine Le Pen sur le pronostic.
04:34C'est-à-dire, il sera, au final, signe de départ en 2027.
04:37Autre enseignement de ce sondage, Frédéric Dhabi, directeur général de l'IFOP,
04:41ce sondage fiducial pour Sud Radio et Le Figaro.
04:43À 8h35, on reçoit Naïma Moutchou, secrétaire général du parti Horizon,
04:47qui est le parti d'Édouard Philippe.
04:48Il est quand même publicité par 41% des Français.
04:51Et c'est là qu'on voit dans votre sondage que, mine de rien,
04:53moins il est présent dans les médias, plus il caracole en tête.
04:56Oui, vous aviez raison, c'était votre introduction.
04:59Deux ans, c'est long, il n'est pas obligé de sortir du bois tout de suite.
05:01Les Français veulent avoir Édouard Philippe, veulent l'entendre.
05:04Mais pour l'instant, il gère bien ce faux plat particulièrement impressionnant.
05:08Ce qui me frappe, c'est sa capacité à bien occuper l'espace du bloc central.
05:14Surtout parce que 89% des électeurs de la majorité présidentielle
05:17espèrent qu'il portera leur couleur, c'est même plus l'occupation d'espace, c'est l'écrasement.
05:22L'écrasement sur le bloc central, même si Gabriel Attal est très fort également,
05:26ainsi que Gérald Darmanin, il y a beaucoup de candidats de la bloc central.
05:28Et sur les sympathisants LR, seul Bruno Rotaillot fait mieux que lui avec 74%,
05:33avec 62% de souhait chez les sympathisants LR.
05:36Édouard Philippe devance même Laurent Wauquiez, qui est candidat à la présidence de LR.
05:41Clairement, c'est intéressant dans ce sondage de voir que,
05:43contrairement à justement la stratégie avancée par Laurent Wauquiez,
05:47entre sympathisants du bloc central et sympathisants LR, il y a beaucoup de convergence.
05:52Ils plébiscitent en termes de souhaits et pronostics les mêmes candidats.
05:55Édouard Philippe, Bruno Rotaillot, Gabriel Attal et Gérald Darmanin.
05:59Et à un degré moindre, Xavier Bertrand, qui est toujours là.
06:01Et avant qu'on s'attarde sur les deux hommes que vous avez évoqués, Gabriel Attal et Gérald Darmanin,
06:06il y a la petite musique qui commence à courir et qui commence à s'installer sur
06:10Édouard Philippe souhaite s'allier avec Bruno Rotaillot.
06:13Comment, on va dire, le directeur général de l'IFOP que vous êtes, sondeur attentif, observe cette hypothèse ?
06:18– Dans les faits, ça n'aurait pas de sens. Le bloc central doit avoir un candidat.
06:23LR, qui est quand même, excusez du peu, l'héritier du RPR, de Jacques Chirac, de l'UMP de Nicolas Sarkozy et d'Alain Juppé,
06:29doit avoir un candidat. Mais on voit très bien, compte tenu de la force du RN,
06:34compte tenu de la possibilité de la gauche de s'allier.
06:36Je ne crois pas à une candidature unique, mais deux candidats à la force.
06:39Jean-Luc Mélenchon, d'un côté, est peut-être un candidat social-démocrate de l'autre.
06:43Peut-être qu'une alliance entre LR et le bloc central, avoir un candidat unique,
06:49est une nécessité pour avoir le seuil, pour se qualifier pour le second tour.
06:52Mais vraiment, dire ça à deux ans, je le dis tout de suite, beaucoup de prudence.
06:56On se serait vu il y a dix ans, jour pour jour, on aurait parlé de tous les candidats possibles pour 2017,
07:00sauf Emmanuel Macron.
07:01– Et il y a Bruno Rotaillot, on en parle, 35% quand même des Français souhaitent sa candidature,
07:07tandis que 46 anticipent son entrée dans l'arène électorale.
07:10Donc c'est quand même une percée importante.
07:11– Oui, c'est une percée importante, 46% un Français sur deux,
07:14alors que dans les faits, Bruno Rotaillot n'a pas vraiment fait de pas concret.
07:18Il a fait quelques déclarations, des interviews notamment dans Le Point,
07:20où il n'est pas candidat naturel comme l'a déclaré Marine Le Pen,
07:26comme l'a déclaré Édouard Philippe.
07:27Clairement, c'est aussi le reflet de sa popularité
07:30et de sa capacité à agir que les Français lui prêtent, place Beauvau.
07:33– L'éléphant dans la pièce, dans le magasin de porcelaine,
07:36c'est quand même Jean-Luc Mélenchon, son nom est clairement partout.
07:38On se souvient du livre qui est actuellement en vente dans les librairies
07:42concernant la meute, le clan Mélenchon.
07:44On voit beaucoup de ces lieutenants sortir,
07:46les sujets de polémiques ont été nombreux ces dernières semaines,
07:49que ce soit sur cet attentat anti-musulman qui s'est déroulé dans une mosquée,
07:53que ce soit sur certains sujets.
07:55On observe un chiffre qui est sidérant,
07:57je ne sais pas si c'est déjà arrivé à ce point dans l'histoire de la Ve République,
08:00Frédéric Dhabi, 84% des Français ne souhaitent pas sa candidature.
08:04C'est quand même une haine absolument sidérante.
08:07– C'est le reflet du rejet de la France insoumise,
08:10de Jean-Luc Mélenchon, dans notre baromètre,
08:11il faut faire du ciel pour Paris-MHSU de Radio,
08:13qui va être lâché ce soir, il est toujours dans les fonds du classement.
08:18Mais une fois de plus, Jean-Luc Mélenchon,
08:20c'est, je dirais, le composite chimiquement pur
08:23de l'intérêt de ces questions de souhaits et pronostics.
08:26En souhait, vous le disiez, 84% des Français ne veulent pas le voir,
08:30c'est le départ, mais en termes de pronostics,
08:32une majorité, il est deuxième ou troisième au classement,
08:3553%, ont intériorisé que non.
08:38Quoi qu'il en soit, Jean-Luc Mélenchon ne sera l'ancien triple candidat,
08:42va devenir le quadruple candidat au prochain scrutin présidentiel.
08:45Il avait dit en 2022, faites mieux,
08:47mais clairement, dans son esprit, c'est lui qui peut faire mieux que les autres,
08:50notamment dans le cas de la gauche.
08:52– Une dernière question en ouverture pour tous les candidats,
08:54certainement potentiels, qui nous écoutent.
08:56Il y a une question clé qui est la place de l'international,
08:59et on en parlait notamment dans le journal de 7h,
09:01et on va en reparler à 8h,
09:03c'est l'importance pour les Français d'avoir un candidat
09:05qui évoque l'international et qui soit à l'aise avec ces sujets.
09:08– Vous avez complètement raison, pour moi,
09:09c'est la rupture totale par rapport au scrutin présidentiel précédent,
09:12où l'international disparaissait,
09:14on ne faisait que célébrer la France et proposer une vision pour le pays.
09:17Là, les Français ont compris que l'international
09:20peut s'inviter dans leur vie,
09:21ce qui se passe dans le bureau Oval,
09:22ce qui se passe en Ukraine,
09:24ce qui se passe au fin fond de la forêt amazonienne,
09:25peut avoir des impacts sur nos vies.
09:26Donc on attend sans doute des candidats potentiels experts sur ces sujets.
09:30Voilà un sujet de fragilité pour beaucoup de candidats
09:33qui n'ont jamais été très à l'aise sur ces domaines.
09:36– C'est signé Frédéric Dhabi,
09:37directeur général de l'IFOP,
09:38avec ce sondage en une partout dans les médias.
09:40Le sondage IFOP fiducial pour Sud Radio.
09:43Et Lucie Haro, merci d'avoir été avec nous en direct sur Sud Radio.
09:45– Merci Maxime.
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