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Les Vraies Voix avec Jean-Paul Hamon, président d’honneur de la Fédération des médecins de France


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##LE_COUP_DE_PROJECTEUR_DES_VRAIES_VOIX-2025-04-25##

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Transcription
00:00Les Vraies Voix Sud Radio, le code projecteur des Vraies Voix.
00:05Le gouvernement veut imposer aux médecins jusqu'à deux jours par mois dans les déserts médicaux,
00:09annonce du Premier ministre François Bayrou dans le Cantal,
00:12une mesure présentée comme une alternative à la fin de la liberté d'installation.
00:16Alors parlons vrai, est-ce que les médecins étant surchargés de travail,
00:20on ne va pas leur compliquer la tâche en devant aller exercer loin de chez eux deux jours par mois ?
00:25Et à cette question, faut-il, comme le dit Bayrou,
00:27envoyer les médecins consulter deux jours par mois dans les déserts médicaux ?
00:30Vous dites oui à 59%, vous voulez réagir ?
00:33Le 0826 300 300, notre invité, quelqu'un qu'on connaît bien et qu'on aime beaucoup sur Sud Radio,
00:39Jean-Paul Hamon, président d'honneur de la Fédération des médecins de France.
00:42On fait un tour de table des Vraies Voix, Philippe Bilger.
00:44Comme depuis toujours, je n'ai pas pu me déprendre d'une sorte de tendresse politique pour François Bayrou.
00:51Je m'apprêtais à dire que c'est mieux que rien ce qu'il proposait
00:57et qu'au fond, après tout, on parle tellement des déserts médicaux
01:03et personne ne cherchant à y remédier, il fallait presque saluer ce tout petit geste.
01:09Mais j'ai perdu toute illusion quand j'ai entendu Jean-Paul Hamon dire
01:14à quel point cette initiative était absurde.
01:17En même temps, j'ai entendu ce matin qu'il y aurait des problèmes
01:22même si on admettait le principe de cette petite mesure
01:26avec les spécialistes qui partiraient, qui n'auraient pas l'appareillage
01:31et le dispositif nécessaire.
01:34Donc je vais devoir rabattre mon envie de s'éluer cette initiative
01:40et j'attends avec impatience de connaître quelles seraient les mesures
01:44qui régleraient le problème crucial des déserts médicaux.
01:49Loïc Guérard.
01:49Moi, je n'étais pas parti du même postulat, ni avec la même bienveillance.
01:55Je me posais la question, mais je ne suis pas du tout un spécialiste,
01:58donc notre invité va probablement pouvoir expliciter tout ça avec utilité.
02:01Je me posais la question de savoir si finalement la méthode n'était pas la mauvaise en France.
02:05On a un peu trop tendance à vouloir faire du pyramidal.
02:07On décide là-haut, cette espèce de pouvoir, là on parlait des énarques,
02:10mais c'est au-delà et par-delà les énarques,
02:12c'est quelques individus qui souvent en plus font un peu de récupération politique au passage.
02:16Après tout, c'est leur travail, pourquoi pas ?
02:18Et qui pensent avoir trouvé une solution, qui vont nous recréer une usine à gaz
02:21qui va en plus avoir des répercussions fiscales.
02:23Parce que j'ai cru comprendre qu'il y aurait une pénalité pour ceux qui ne veulent pas y aller,
02:26une récompense pour ceux qui veulent y aller,
02:27donc avec des calculs d'apothicaires,
02:29en faisant travailler des fonctionnaires qui pourraient peut-être être utilisés à autre chose.
02:32Ce qu'on sait très bien faire en France, c'est-à-dire recréer une usine à gaz
02:37plutôt que de, modestement, peut-être avec humilité,
02:40laisser le fonds et les gens professionnels travailler sur le terrain
02:44et trouver des solutions au cas par cas, selon les régions.
02:47Michael Sadoun.
02:48Moi je vais quand même essayer de défendre la mesure de François Bayrou,
02:51ce que M. Hamon disait était plein de bon sens,
02:54mais les 30 millions de consultations en plus
02:57ne vont pas forcément remplacer 30 millions de consultations
03:00qui se faisaient dans les zones surdotées,
03:01elles vont parfois remplacer du temps d'inactivité.
03:03En tout cas, c'est ce que je constate chez les dentistes que je connais bien,
03:06c'est que ceux qui sont dans des zones surdotées
03:09ont beaucoup de temps d'inactivité,
03:11parce qu'évidemment il y a une concentration
03:13qui fait qu'on n'a pas tout le temps la patientèle
03:15qui permet de faire tourner le cabinet en permanence.
03:18Donc peut-être que ça peut créer effectivement
03:20des consultations supplémentaires,
03:21même si évidemment le raisonnement était de bon sens.
03:25L'un des grands problèmes
03:26qui a créé les déserts médicaux en France,
03:29c'est évidemment la question du numerus clausus
03:31qui a été imposé dans les années 70
03:33et dont on s'est débarrassé seulement
03:35avec le numerus Apertus
03:38en 2019.
03:42Je pense que c'était une initiative saine,
03:45simplement ça va mettre un peu du temps à se mettre en place
03:47puisque le temps de formation pour un médecin
03:49c'est une dizaine d'années.
03:51Donc on ne verra pas les conséquences de cette politique
03:53avant 2030.
03:55Donc d'ici là, il faut essayer de résoudre les problèmes
03:57comme on peut.
03:58Il y a évidemment la télémédecine,
04:00il y a évidemment les incitations fiscales et financières
04:03à s'installer dans les zones sous-dotées
04:05et il y a cette mesure de François Bayrou
04:06qui est une mesure comme une autre.
04:08Jean-Paul Hamon, pour faire une triple consultation
04:10à nos vrais voix, pour leur répondre à tous les trois.
04:13Alors, si je n'avais pas peur
04:15de prendre un nouvel avertissement de l'Ordre des médecins,
04:17je dirais que c'est une idée à la con.
04:20Parce que franchement,
04:21franchement,
04:23tout le pays,
04:24il le souligne eux-mêmes,
04:2687% du pays est en zone désertifiée.
04:30Comment voulez-vous que les médecins
04:32qui sont soi-disant dans les 13 zones surdotées
04:35puissent assurer deux jours de consultation
04:37dans tous les déserts médicaux de France ?
04:40Vous avez parlé de télémédecine
04:42et vous faites bien,
04:43parce qu'à aucun moment
04:44ça n'est abordé dans ces propositions.
04:47Il y en a beaucoup qui pensent
04:48que c'est une solution à la désertification,
04:50alors que c'est un bon outil
04:52si moi, médecin traitant,
04:53je rends service à un patient
04:54que je connais,
04:56dont je connais les antécédents
04:58et les réactions,
04:59je peux faire une téléconsultation,
05:01je peux faire une téléconsultation
05:03avec un spécialiste,
05:05une téléexpertise
05:05avec un autre spécialiste
05:07en présence du patient
05:08ou avec un infirmier
05:09quand il s'agit d'une personne
05:11âgée à domicile.
05:13Mais clairement,
05:14faire de la téléconsultation
05:15par un médecin
05:16qui ne connaît pas le patient,
05:17qui ne peut pas l'examiner
05:18et voir comment ça se passe actuellement,
05:20c'est clairement une dégradation
05:22de la qualité de prise en charge
05:23des patients.
05:24C'est un détournement
05:25de la téléconsultation
05:27qui pourrait être utile.
05:28Ça, c'est pour la téléconsultation.
05:30Pour le reste,
05:31vous savez,
05:32on vient de coller
05:33une dixième année
05:34au seul médecin généraliste.
05:37Ils avaient signé pour neuf ans,
05:39on vient de leur en coller dix.
05:40Et l'idée de nos gouvernants,
05:42c'est de leur faire faire ça
05:43dans le désert.
05:44Naturellement,
05:45c'est des gens qui,
05:46vous savez,
05:46ils ont Bac plus 9,
05:47bien souvent,
05:48Bac plus 9,
05:49vous avez quand même
05:50une famille
05:51et donc,
05:53on vous propose
05:55un logement,
05:55un vague logement
05:56et une prime de 300 euros.
05:58J'ai proposé
05:58à Cédric Arcos,
06:00le conseiller de Matignon,
06:02lui dire,
06:03écoutez,
06:03voilà,
06:04on pourra avoir
06:043500 médecins généralistes
06:06de plus demain.
06:08Vous doublez le salaire
06:09de l'interne,
06:10vous mettez
06:10un secrétariat présentiel
06:12pour qu'il bosse
06:12dans de bonnes conditions
06:13et il a un maître de stage
06:16s'il est tout seul
06:17ou il a un maître de stage
06:18loignable au téléphone
06:19pour sécuriser sa prise en charge.
06:21Alors que ce sont
06:21des vrais docteurs.
06:23Ils ont fait
06:23six mois aux urgences,
06:25six mois en situation
06:26de responsabilité,
06:27c'est un généraliste,
06:28un stage de gynéco,
06:30un stage de pédiatrie,
06:30ce sont des vrais docteurs.
06:32Eh bien,
06:32la réponse de Cédric Arcos
06:34a dit
06:34doubler le salaire
06:35comme vous y allez.
06:36Alors,
06:37écoutez,
06:37monsieur,
06:38dans le contexte
06:38de désertification
06:39où on est,
06:40c'est une mesure
06:41qui coûterait
06:4230 millions d'euros
06:43à la collectivité
06:44pour un budget
06:45de 150 milliards
06:46de la sécu.
06:47Et je lui ai dit
06:48mais excusez-moi,
06:48mais doubler le salaire
06:49à un bac plus 10
06:50qui a une responsabilité
06:51telle que chez les internes
06:53il y a un suicide
06:54tous les 18 jours,
06:55excusez-moi,
06:56mais personnellement
06:56je ne suis pas choqué.
06:58Ah oui,
06:58effectivement.
07:00Philippe Bilger,
07:01Mickaël Sadoun.
07:01On est un peu dans le pathos.
07:02Non mais...
07:03Non mais,
07:04d'abord,
07:05les chiffres
07:06qui ont été cités,
07:06moi je trouve,
07:07ne sont pas très comparables.
07:08S'il s'agit de dire
07:09que les médecins
07:10sont sous-payés en France,
07:11je suis plutôt d'accord
07:11avec les professions médicales
07:13en général.
07:14Et d'ailleurs,
07:15je pense que les administrations
07:16médicales devraient
07:16se débarrasser
07:17d'un certain nombre
07:18de personnels
07:19purement administratifs
07:20et des non-soignants
07:21pour dégager
07:22des marges de manœuvre financiers
07:24et mieux rémunérer
07:25les soignants.
07:26Parce qu'il y en a
07:26à peu près 35%
07:27dans l'hôpital public
07:28là où il y en a...
07:29Qui font des tableaux Excel.
07:30Qui se passent des feuilles
07:32et qui font des tableaux Excel
07:33là où il y en a
07:33à peu près 20% en Allemagne.
07:35Donc voilà.
07:36Loïc Garin ?
07:36Entièrement d'accord.
07:40Et engluer dans de l'administratif
07:41là où on n'aurait peut-être
07:42pas dû l'être.
07:43Par ailleurs,
07:44tout à fait d'accord
07:46avec ce qui vient d'être dit.
07:46Je pense qu'il faut
07:47faire un peu preuve
07:48de pragmatisme.
07:50Et d'ailleurs,
07:51je suis assez étonné
07:51pour être franc
07:52parce qu'autant je peux comprendre
07:53qu'un certain nombre de personnes
07:54ne peuvent pas
07:55se payer du service médical
07:57en le payant intégralement.
07:59Mais on est encore
07:59dans un pays
08:00qui surcouvre
08:01de ce point de vue-là.
08:02Personnellement,
08:03je ne serais pas choqué
08:03de mettre 10 ou 20 euros de plus
08:05dans une consultation médicale
08:06que je paierais de ma poche
08:07pour être tout à fait honnête.
08:09Vu le degré d'étude
08:10de responsabilité
08:11et de pression
08:12qui pèse sur les médecins,
08:13je ne trouverais pas choquant
08:14qu'il soit mieux rémunéré
08:15entre nous.
08:16Jean-Paul,
08:17je suis frappé
08:18et encore une fois,
08:19vous avez pu constater
08:20que je ne maîtrise pas
08:22grand-chose dans ce domaine
08:23sinon comme patient.
08:28Je note que
08:29le fléau des déserts médicaux
08:32a tout de même engendré
08:33et je suis sérieux,
08:35là,
08:35une multitude d'initiatives.
08:38J'en parlais avec Loïc
08:39à l'instant
08:40comme si,
08:41en effet,
08:41de la base
08:42dans les provinces,
08:44dans ces territoires
08:46si mal nommés,
08:47eh bien,
08:48il y avait des gens
08:49qui étaient capables
08:50de création
08:51et de spontanéité.
08:53Est-ce que vous le ressentez, ça ?
08:56Mais bien évidemment
08:56et là,
08:57sur la liste syndicale
09:00d'aujourd'hui,
09:00je voyais l'inquiétude
09:02d'une jeune femme
09:03dans le Maine-et-Loire
09:04qui exerce actuellement
09:06dans un groupe médical
09:08avec trois médecins
09:09et il fonctionne
09:10avec une quatrième médecin
09:11qui est remplaçante.
09:13Avec le passage
09:14de la loi Garo,
09:15et donc ils sont en train
09:16de construire
09:16un local plus grand
09:18pour pouvoir accueillir
09:19les quatre médecins,
09:22eh bien,
09:23si la loi Garo passe,
09:25cette remplaçante
09:26ne pourra pas s'installer
09:27parce que
09:28c'est considéré
09:29comme une zone
09:30qui est normalement dotée
09:31alors que
09:33c'est grâce à l'initiative
09:34de ces médecins
09:35qui se sont regroupés,
09:36qui ont permis justement
09:37d'attirer
09:38cette remplaçante,
09:39elle ne pourrait pas
09:40s'installer.
09:41Donc si vous voulez,
09:42il y a des initiatives locales
09:44qui sont prises
09:45et les médecins
09:46ont envie de travailler.
09:47Mais moi,
09:48ce que je voudrais rappeler,
09:49c'est que là,
09:50actuellement,
09:51on nous vante
09:51les maisons de santé
09:52pluridisciplinaires.
09:53Ça n'est rien de plus
09:54que les dispensaires
09:55du 19e
09:56et les centres de santé
09:57du 20e
09:58qui ne vivent
09:58qu'à coût de subvention.
10:00Moi,
10:00je milite pour des équipes
10:01de soins primaires,
10:03médecins,
10:03infirmiers,
10:04et qui permettraient
10:06justement d'éviter
10:07les hospitalisations
10:08et de les raccourcir.
10:09Et pour des groupes
10:10monodisciplinaires
10:11qui communiquent entre eux,
10:12c'est-à-dire un groupe
10:13de médecins généralistes
10:14comme le mien,
10:14on est cinq généralistes,
10:16qui communiquent
10:16avec des groupes
10:17d'infirmières.
10:19Et franchement,
10:21si vous avez
10:22une équipe
10:22de soins primaires
10:23sur laquelle
10:23vous vous appuyez,
10:25bien souvent,
10:25il y a des personnes âgées
10:26et on pourra éviter
10:27les hospitalisations
10:28et les raccourcir.
10:30Et quand on évite
10:30une hospitalisation
10:31que vous hospitalisez
10:32une personne,
10:33eh bien ça coûte
10:34trois, quatre jours
10:36d'hospitalisation
10:37et quand il revient,
10:38eh bien on a dépensé
10:39quatre,
10:39cinq mille euros,
10:40six mille euros
10:41et à la place de ça,
10:43si on rémunérait
10:44des infirmiers
10:45qui, par exemple,
10:47sur un forfait
10:47infirmier correspondant,
10:49etc.,
10:50qui toucheraient
10:5050 ou 80 euros
10:51par mois par patient,
10:53par an par patient,
10:53on éviterait
10:55ces quatre
10:56ou six mille euros.
10:57On pourrait raccourcir
10:57les hospitalisations
10:58et bien souvent
11:00les éviter.
11:01J'ai vu encore
11:02l'autre jour
11:02une femme
11:04qui était 92 ans,
11:05qui était mourante
11:06et une infirmière
11:09qui faisait partie
11:09d'un réseau
11:10a sollicité
11:11le prestataire
11:12qui allait
11:13livrer,
11:13écoutez bien,
11:14un mètre cube
11:15de médicaments,
11:16un mètre cube
11:16de perfusion
11:17de médicaments.
11:18Quand j'ai vu ça arriver,
11:19j'ai dit
11:19mais d'où ça sort ?
11:20Cette personne-là
11:21en a pour 24 heures,
11:22etc.,
11:23alors qu'elle souffrait pas,
11:24etc.
11:25Et on se dit,
11:26on supprimerait
11:27les prestataires
11:28à la sortie de l'hôpital
11:29qui livrent ce mètre cube
11:30de médicaments
11:31parfaitement inutile.
11:32On rendrait aux pharmaciens
11:33de proximité
11:34un véritable rôle.
11:36On n'a plus le temps.
11:37Merci beaucoup
11:38Jean-Paul Hamon,
11:39président d'honneur
11:39de la Fédération
11:40des médecins de France.
11:41Mais là,
11:41on a explosé le temps.
11:42On vous remercie.
11:43On vous dit
11:43à très bientôt
11:44dans les vraies voix
11:45et sur Sud Radio.
11:46Merci Philippe.
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