00:00Sud Radio qui se demande si c'est grave docteur, en tout cas qui se demande si c'est grave si on ne trouve pas le docteur.
00:05Tout de suite, on parle des déserts médicaux.
00:08Les vraies voix Sud Radio, le code projecteur des vraies voix.
00:12Vous allez nous soupçonner de vouloir en parler pendant toute l'émission, mais sachez un, d'abord,
00:16que c'est un des sujets qui fait le plus réagir à l'antenne sur Sud Radio 0826 300 300 en termes de témoignages.
00:21C'est aussi un des sujets qui concerne le plus grand nombre de Français et pas seulement des campagnards,
00:26pas seulement des ultramarins, pas seulement des banlieusards, parfois même des citadins.
00:32Parce que je ne vous ai pas regardé justement, au contraire, je me sens victime.
00:35Non, vous n'êtes pas une victime.
00:37Allez, tout de suite, on en parle avec nos trois vraies voix.
00:39Vous entendez Bruno Pommard, qui n'a pas grand-chose d'une victime.
00:42C'est le fondateur du RAID et maire de Belleflou dans l'Aude.
00:44Nous sommes également avec Raphaël Rémy-Leleu, élue parisienne et écologiste, et la journaliste Anissa Arfawi.
00:50Tout de suite, nous allons retrouver notre invité avec plaisir, qui est maire,
00:54qui avait trouvé un médecin, qui est le maire de Barjac, précisément.
00:58Bonsoir, Édouard Cholet.
01:00Oui, bonsoir.
01:01Soyez le bienvenu sur Sud Radio.
01:03Juste un mot pour qu'on vous y suit parfaitement, c'est dans quel coin précisément, Barjac ?
01:08Écoutez, c'est une heure à l'ouest d'Avignon et une heure au nord de Nîmes,
01:13près de la grotte Chauvet de Vallon-Pondas.
01:15C'est la plus belle de France, en plus.
01:16L'une des plus belles de France.
01:18On a déjà envie de vous rejoindre, voilà, Édouard Cholet.
01:20Il fait chaud, il fait chaud.
01:23Oui, bien sûr, il fait chaud, j'espère bien.
01:25Vous avez un problème, Édouard Cholet, depuis longtemps,
01:27c'est que vous aussi, vous n'ayez pas de médecin,
01:29et vous aussi, vous avez tout fait pour en trouver.
01:31Qu'est-ce que vous avez fait d'abord pour faire venir un médecin à Barjac ?
01:35D'abord, j'ai acheté pour 500 000 euros
01:37un ancien bâtiment qui était une fiche médicale
01:42où il y avait quatre docteurs.
01:43Ce qui est, pour ma commune, une très lourde dépense.
01:47Ensuite, j'ai pas mal communiqué,
01:49et réussi à trouver deux médecins, femmes.
01:55L'une, pour une journée par semaine.
02:00L'autre, venant de Belgique,
02:02voulant changer d'air,
02:03se plaisant dans le pays,
02:06avec son mari, a décidé de s'y implanter.
02:08Et donc, voilà,
02:11Muriel,
02:12elle serait en libéral
02:14trois, quatre jours par semaine.
02:17Ce qui ne satisfait pas complètement le besoin.
02:22Mais il y a encore un médecin en exercice,
02:25le docteur David.
02:27Et tout le monde me presse de me demander
02:28quand vont-ils commencer.
02:30Parce que les gens, ils ont vu,
02:32nous avions fait des travaux
02:33pour rafraîchir le bâtiment,
02:37mettre les portes aux normes handicapées,
02:39mettre des foudres optiques,
02:41des téléphones, des ordinateurs,
02:43des bureaux, un hall d'accueil,
02:46une salle d'attente.
02:47Vous avez tout fait.
02:48Ça sent la peinture fraîche.
02:50Tout est prêt pour accueillir ces médecins.
02:52Tout est prêt depuis plus d'un mois.
02:55Et mon médecin,
02:56mes médecins ne peuvent pas travailler.
02:58Pourquoi ?
02:59Pour des raisons non pas d'empêchement concret
03:04de bureaux, etc.
03:06C'est pour des raisons bureaucratiques.
03:08C'est les cas primaires d'assurance maladie
03:12qui ont mis, je ne sais combien de temps,
03:15je crois trois mois,
03:16pour lui donner un numéro de sécurité sociale.
03:20Je crois que la Belgique est quand même
03:22dans l'Union Européenne.
03:23et qui maintenant font mille obstacles
03:27à propos du Iban,
03:30à propos du R.I.B. belge,
03:32etc.
03:33C'est un cauchemar bureaucratique.
03:37C'est incroyable.
03:41Comment ça s'explique ?
03:42Comment ils vous l'expliquent ?
03:43J'imagine que vous faites en plus
03:44les démarches bureaucratiques.
03:46Oui, mais Admir, vous savez,
03:48il fait comme un docteur,
03:49il est dans le paliatif.
03:50Il guérit, il peut guérir.
03:54Mais oui.
03:55Et le pire, c'est pas ça ?
03:57Moi, j'ai une lettre de mon docteur, là.
04:00Et ils me disent à la sécurité sociale
04:05que le R.I.B. ne peut pas être contrôlé.
04:10Ils vont l'envoyer par courrier
04:11pour qu'on leur envoie signé
04:13et que ça va prendre 15 jours et plus.
04:17Il apparaît également que le numéro de sécu
04:19demandait au mois de mai.
04:22Nous sommes au mois d'août,
04:23à la fin août,
04:25car elle avait un contrat
04:26salarié en France
04:27et un domicile en France.
04:29Il y a eu deux mois et plus de discussions.
04:31Toujours la CPAM.
04:34C'est dommage qu'elle soit gardée
04:36par des forces militaires à la CPAM,
04:40sinon je descendrais les chocs.
04:41On n'est pas loin de l'insurrection.
04:46On n'est pas loin de la révolte.
04:47Non, mais je comprends.
04:48Mais vous savez,
04:49barjac, c'est commet des barjaceries.
04:53Oui, comme une jacerie au bon vieux temps.
04:56C'est un joli jeu de mots.
04:57Mais c'est là où on voit quand même,
04:58encore une fois,
04:59c'est la France.
05:01La bureaucratie.
05:02C'est ça.
05:02Dont sont victimes les maires.
05:04Moi, je le vois maintenant au petit niveau.
05:06C'est une catastrophe.
05:06C'est la CPAM de Nîmes.
05:08Écoutez, on va lui faire presser le message.
05:10Je pense qu'elle va finir par leur soirée.
05:11Je peux vous donner le nom du président.
05:13Allez-y.
05:13Non, laissez-les.
05:15Non, pas de nom.
05:15Monsieur le plié, voilà.
05:17Le son adjoint, c'est Madame Ucelio.
05:20Pense à ses administrateurs.
05:22Alors, je suis bon.
05:23Pense à eux.
05:24Le message...
05:24Madame Seltan et Jeanne Souffre,
05:26meurent de ce choix que j'ai pas.
05:28Mais oui, le message est passé.
05:29Pour une histoire de bureaucratie.
05:31Bon, on peut comprendre votre colère,
05:33en tout cas, Monsieur le maire.
05:34On la comprend même très bien.
05:36On espère que ça va se régler.
05:37On va reprendre de vos nouvelles, promis.
05:39Juste une chose.
05:40En parlant de promesses,
05:41il y a une chose que j'avais promis,
05:41c'est que si un médecin nous appelait,
05:43eh bien, on lui donnerait la parole
05:44pour qu'ils aient aussi un droit de réponse
05:46après tout ce qu'on a pu entendre.
05:47Alors, Bruno Pema,
05:48il nous reste pas beaucoup de temps.
05:48On va laisser Marc.
05:49Bien sûr.
05:50Le docteur qui nous appelle s'exprimer.
05:52Bonsoir, Marc.
05:54Bonsoir.
05:55Bienvenue.
05:56Merci.
05:57Je vais me donner un peu la parole.
05:58Ben oui.
05:59Je crois que j'ai intervenu plusieurs fois
06:00sur ce qui est le désert médical.
06:02Alors, il est vrai que le désert médical,
06:05c'est pas quelque chose d'aujourd'hui.
06:06Ça a commencé il y a très longtemps
06:07avec les numerus clausus
06:09qui se sont resserrés.
06:10Tout à fait.
06:12Mais la population qui augmente,
06:14qui augmente, qui augmente.
06:15C'est vrai.
06:15Et fatalement,
06:17l'apport par rapport à la demande
06:19n'est pas du tout en adéquation.
06:23Là, donc, ce qu'il y a, c'est le risque.
06:26Ben, c'est aggraver la santé des patients,
06:30le déport de consultation
06:31vers les urgences médicales,
06:33ce qui fait que les urgences médicales
06:36sont...
06:37Saturées ?
06:38Sont engorgées.
06:40Et puis, la difficulté
06:41est à trouver un médecin traitant.
06:42Et donc, vous, vous avez...
06:43Alors, tiens, on va essayer d'avancer
06:45parce que j'aimerais aller
06:46à la substantifique moelle
06:47de votre propos, mon cher Marc.
06:49Vous, vous avez des solutions
06:50parce que vous considérez
06:51que ce qui est proposé,
06:52notamment forcer les jeunes médecins
06:53à s'installer là où on en a besoin,
06:55c'est une mauvaise idée.
06:56Donc, qu'est-ce que vous proposez à la place ?
06:57Ah oui.
06:59Forcer.
07:00D'abord, il faut juste en former beaucoup plus.
07:02Ouvrir le numerus clausus
07:03en ne faisant pas croire
07:04qu'on l'a rouvert,
07:05ce qui est faux.
07:05Tout à fait.
07:06On a juste mélangé tout le monde
07:08et en disant,
07:08on a rouvert,
07:09mais pas du tout.
07:10C'est toujours aussi serré.
07:12Et alors, ce qui est en mettant,
07:13c'est qu'on va chercher
07:14des médecins qui viennent de l'étranger,
07:15mais vous savez,
07:16la médecine,
07:17c'est comme beaucoup de choses,
07:19ça vient...
07:20C'est un peu culturel.
07:22Parfois.
07:22Je l'ai déjà signalé chez vous,
07:24j'avais fait
07:24une intervention
07:28au niveau européen
07:29avec les Allemands,
07:31les Anglais,
07:32les Italiens,
07:33les Espagnols.
07:33Et vous ne compreniez pas toujours.
07:34Sur la prostate.
07:36Voilà.
07:36Sur la prostate.
07:37Et figurez-vous
07:38qu'Allemands,
07:39Anglais,
07:39Français travaillent
07:40de la même façon
07:41pour l'examen
07:42de la prostate.
07:43Les Italiens,
07:44mais pas du tout.
07:45Alors, imaginez en plus
07:46avec les problèmes
07:47de numéros de sécurité sociale,
07:48on n'en sortira pas,
07:49effectivement.
07:50Écoutez,
07:51vous savez quoi,
07:51Marc,
07:51on vous rappellera
07:52parce qu'on en refera
07:53des émissions
07:53sur le désert médicaux
07:54parce que ça concerne
07:55absolument tout le monde.
07:56Je voulais vous remercier
07:56de nous avoir appelés.
07:57C'est juste qu'on arrive
07:57au terme de l'émission.
07:58C'est pour ça
07:58que je me permets
07:59de vous interrompre.
08:00Profitez bien de l'héros,
08:01il doit y faire chaud,
08:02j'espère qu'il y fait beau.
08:03Merci à nos trois vrais voix.
08:04Merci à vous.
08:05Raphaël Rémi Leleux,
08:06élu écologiste parisienne,
08:08Anissa Arfawi,
08:09journaliste,
08:10et Bruno Pommard,
08:11maire de Belleflou,
08:12dans l'Aude.
08:14Je vais vous laisser
08:14entre les mains
08:15de Jean-François Aquili.
08:15Les amis,
08:16je rappelle aussi
08:16que vous le retrouvez
08:17dès demain
08:17dans le Grand Matin Sud Radio
08:19et quant à moi,
08:19je vous dis
08:19à demain soir.
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