00:00Sud Radio, 17h-19h, Judith Belair, Frédéric Brindel.
00:05Les deux vraies voix sont prêtes ?
00:06Les deux vraies voix sont prêtes, Samuel Bauton d'un côté, Corinne Tapirot de l'autre, Judith.
00:11Tout à fait, 18h42, c'est le coup de projecteur des vraies voix.
00:14Les vraies voix Sud Radio, le coup de projecteur des vraies voix.
00:19Dissolution, les Français disent oui, selon un sondage IFOP sorti hier le 26 août.
00:2363% d'entre eux veulent renvoyer l'Assemblée devant les électeurs.
00:26Près d'un sur deux pensent même que ce scénario est inévitable,
00:30alors que François Bayrou jouera sa survie lors du vote de confiance du 8 septembre prochain.
00:35Le constat est brutal.
00:3664% des Français estiment qu'un rejet du gouvernement signerait l'ingouvernabilité du pays.
00:41Et en cas de dissolution sans majorité claire, 68% jugent qu'Emmanuel Macron n'aurait plus d'autre choix que de démissionner.
00:48Autant dire que la rentrée politique s'annonce explosive.
00:51L'idée d'une dissolution de l'Assemblée nationale tient donc la corde.
00:55Elle est souhaitée par tous les partis d'opposition qui, grâce au retour aux urnes des électeurs,
01:00ambitionneraient alors une majorité dans l'hémicycle.
01:02Mais, évidemment, ce n'est pas évident.
01:04Toutefois, qu'ils y parviennent.
01:05Alors, l'idée d'une dissolution résout-elle vraiment le problème ?
01:09Nous vous posons la question et continuez d'y répondre sur le compte X de Sud Radio.
01:14Comme 63% des Français, êtes-vous pour la dissolution de l'Assemblée nationale ?
01:22Vous dites pour l'instant, et je vais vous donner précisément le résultat, puisque ça traîne.
01:29Enchaînez, Judith, je vais vous le donner dans un instant.
01:31Nous sommes avec Nicolas Gadoni, qui est chargé d'études de Pôle Actualité et Politique de l'IFOP, pour en parler.
01:37Alors, Nicolas, justement, re-bonsoir.
01:39Quand je vous ai posé la question juste avant la coupure, à savoir si la démission d'Emmanuel Macron est envisageable,
01:47vous m'avez répondu par les 68% de Français qui disent que, justement, en cas de dissolution et de non-majorité à l'Assemblée,
01:56Macron n'aurait plus d'autre choix que de démissionner.
01:58Et si, José, 92% de nos auditeurs qui ont participé à la consultation, soit une dissolution de l'Assemblée nationale ?
02:07Nicolas, ce qu'on entend, c'est un mécontentement généralisé et même carrément une inquiétude, en fait.
02:13Exactement, exactement.
02:15Comme vous le dites très justement, effectivement, c'est une inquiétude qui monte.
02:19On le voit, les principaux sentiments associés à la France par nos répondants, en fait, c'est l'enquietude,
02:25suivie par la colère, une colère qui monte, en fait, qui monte des 6 points par rapport à juillet 2025
02:30et des sentiments qu'on pourrait considérer comme positifs, c'est-à-dire l'espoir et la fierté, qui baissent dans les deux cas.
02:37Donc, effectivement, une situation qui semble assez critique, des Français de plus en plus en criés,
02:43des Français de plus en plus en colère, et des Français, dans ce sens, c'est très intéressant,
02:48des plus en plus prêts à, comme on dit à l'époque, trancher les nos gardiens,
02:53c'est-à-dire, voilà, soutenir une dissolution de l'Assemblée et retourner en vote,
02:59en vote qui, par contre, n'aura pas, effectivement, on ne sait pas quel type de résultat, effectivement, donnera.
03:08C'est-à-dire que, en vote, aujourd'hui, n'assure pas, et on l'avoue, en fait, dans des enquêtes électorales
03:14qui ont lieu les mois précédents, en fait, une gouvernabilité.
03:18Bon, alors, Corinne Tapirot, évidemment, les Français sont pour,
03:23bon, je dis évidemment parce que les chiffres le disent,
03:25l'objectif, c'est de sortir de cet impasse politique, parce que rien ne peut être voté,
03:32simplement, rien ne dit que si on y repasse, aux urnes, il va y avoir une majorité.
03:37Là, moi, j'ai vu quelques projections qui semblent ne pas donner une majorité claire.
03:43Il va y avoir de grands blocs et des blocs satellites, qui seront un peu plus que satellites.
03:47On a 221 pour le RN, 120 pour la République En Marche, LR se maintient à 54 à peu près,
03:54et le NFP, dans une configuration NFP, auquel je ne crois pas, 161.
03:58Donc, il y a 264 voix contraintes, pour le savoir, quand même.
04:01Et, en fait, on aura le même cas de figure.
04:05La difficulté, c'est peut-être de se poser la question,
04:08je comprends la colère, parce que les sujets arrivent tardivement,
04:12on n'a pas de budget, mais la réalité, c'est peut-être de poser...
04:16Ces gens-là, ils ont été... Au fond, ils ne peuvent pas s'entendre sur un programme.
04:19Ils s'entendent sur quel programme ?
04:22Ils s'entendent sur des textes qui arrivent.
04:24Le budget, on n'a pas pu avancer sur le sujet.
04:27D'ailleurs, c'est l'entière responsabilité de Bayrou, à mon sens,
04:31parce qu'il a beaucoup traîné en discussion,
04:33avant d'aboutir à quelque chose.
04:35Je pense qu'on aurait pu aller beaucoup plus vite,
04:37faire peut-être davantage de concessions,
04:40moins d'esbrouffer, plus de véritables économies.
04:43Pour ce qui est de la démission du président de la République,
04:46il a clairement répondu qu'il avait été élu pour présider,
04:48et qu'il présiderait jusqu'au bout, dont acte.
04:52Pour ce qui est de la dissolution, c'est quand même un vrai problème,
04:54parce que si l'Assemblée est aussi ingouvernable...
04:57Donc non, alors ?
04:57Non, mais ce n'est pas ça, c'est qu'on attend encore un an, quoi.
05:01C'est encore une année de blocage.
05:04Jusqu'au... qui approche très dangereusement des élections présidentielles, d'ailleurs.
05:08Samuel Botton, le PS, tiens, vous savez ce qu'il ne veut pas ?
05:11Il ne veut pas d'un retour du nouveau Front populaire avec LFI.
05:13Ce n'est pas une bonne nouvelle, ça ?
05:14C'est une très bonne nouvelle, et c'est ce qui aurait dû être fait dès le début.
05:18Ou alors, discuter au moins avec certaines personnalités de LFI,
05:21de Ruffin à Garrido, n'aurait pas posé problème.
05:24Mais pour tout le reste de cette frange,
05:25il n'y a malheureusement pas d'accord qui soit possible en âme et conscience.
05:29Après, est-ce que c'est une bonne nouvelle ?
05:31Parce que ça veut dire qu'il y aura encore moins de possibilités d'avoir une majorité.
05:35Mais je pense que le PS, et il l'a montré pendant les européennes,
05:37est dans une bonne dynamique,
05:39et a les moyens de tenir la dragée haute, voire de faire jeu égal,
05:41avec la France insoumise, sur cette élection.
05:44Ça ne sera pas forcément un problème.
05:45Après, sur la question d'une dissolution,
05:48malgré les chiffres qui sont avancés, je ne pense pas qu'elle soit souhaitable.
05:52On fait une dissolution pour amener de la clarté.
05:54Et là, je pense qu'on va amener beaucoup plus de confusion.
05:56Aujourd'hui, la question de la démission d'Emmanuel Macron,
06:01elle n'est pas sur la table.
06:02Comme vous l'avez dit, il va présider jusqu'au dernier quart d'heure.
06:04Donc finalement, il nous laisse quand même un peu de marge
06:06avec ce dernier quart d'heure qu'il nous offre.
06:08Et j'ai envie de vous dire, il y a aussi une autre échéance très importante
06:12qui arrive, que Corinne a évoquée précédemment,
06:14c'est les municipales.
06:15Et il ne faudrait pas qu'une dissolution
06:16vienne court-circuiter tout le travail
06:18qui va devoir être fait par les différents élus qui vont se présenter.
06:21Donc vous n'êtes pas pauvres ?
06:22Non, pas du tout.
06:23Je pense qu'à un moment, c'est aux députés
06:25de se mettre en responsabilité,
06:26de se regarder dans un miroir,
06:27et de se dire, on va aller bosser ensemble.
06:29Et j'ai une solution très simple.
06:31Il vous reste trois ans à faire.
06:32Vous prenez cinq sujets.
06:33Pouvoir d'achat, éducation, écologie, emploi,
06:36et un dernier que je vous laisserai choisir.
06:38Santé peut-être.
06:39Santé.
06:40Et vous vous mettez en ordre de marche là-dessus.
06:42Vous faites un gouvernement d'affaires courantes
06:43parce qu'on ne pourra pas faire plus que ça.
06:45Et je pense qu'aujourd'hui, la clé réside
06:47soit dans la nomination pour s'en débarrasser
06:50par la suite d'une personne de gauche,
06:52afin qu'on puisse définitivement court-circuiter LFI
06:54et dire, voilà, on vous a donné,
06:56vous avez été censuré, merci, au revoir.
06:58Et après, il faut basculer sur une personne
06:59issue de la société civile.
07:00Nicolas Gadoni, qu'est-ce qui se dit ?
07:04Je rappelle que vous êtes chargé d'études
07:06au pôle actualité et politique de l'IFOP.
07:09Qu'est-ce qui se dit en cas de dissolution
07:12de l'Assemblée nationale ?
07:14Parce que là, il y a des chiffres qui ont été donnés,
07:15notamment par Samuel Botton.
07:17Est-ce que ça peut être regérable
07:19si on repasse aux urnes ?
07:22Effectivement.
07:23Alors, si on passe aux urnes, la question, c'est
07:25est-ce que, comme on disait avant,
07:26il y aura une nouvelle majorité ?
07:28Vous l'avez bien évoqué, effectivement.
07:29Et il n'y a pas de majorité qui, aujourd'hui,
07:34semble être en posée.
07:35Donc, on se retrouverait dans une situation
07:36similaire à celle d'aujourd'hui.
07:38Donc, en fait, dans une situation
07:40de non-gouvernabilité.
07:41Les problèmes, c'est que dans cette situation
07:43de non-gouvernabilité, c'est exactement
07:44cette situation de non-gouvernabilité
07:46qui a engénéré l'enquêtou de la colère,
07:49le désespoir, en fait, et même,
07:51d'une certaine manière, le...
07:52Comment dire ?
07:53La déshéance progressive des citoyens
07:57face aux institutions nationales.
07:59Et c'est quelque chose qu'on mesure
08:01sur plein de indicateurs, en fait.
08:03L'incapacité de l'État à prendre en charge
08:05les besoins des citoyens.
08:07On vient de le présenter récemment, en fait.
08:09Et on enquête électorale,
08:11on enquête portant sur les réindications
08:13régionalistes.
08:14On voit très bien qu'il y a de plus en plus
08:16de personnes qui demandent une dévolution
08:18du pouvoir de l'État central
08:19aux pouvoirs régionaux,
08:21parce que l'État central ne semble pas
08:24plus être en mesure de prendre en charge
08:26les besoins des citoyens.
08:27Voilà, donc ça, c'est une option.
08:28Ça, c'est une option, oui.
08:30Ça, c'est une option, effectivement.
08:31C'est une option qui, pour le coup,
08:33en fait, serait à envisager
08:35en cas d'une crise institutionnelle majeure.
08:38Par contre, en cas de dissolution,
08:40en fait, et donc de retourne aux urnes,
08:43ce qu'on voit, c'est qu'effectivement,
08:45comme on disait avant, effectivement,
08:47il n'y a pas, pour les Français,
08:50d'autres voies possibles
08:52s'il n'y a pas de majorité
08:53qu'une démission du président de la République,
08:55ce qui ouvrirait en saison
08:56en stabilité majeure,
08:58parce qu'il y aurait,
08:58comme vous disiez justement maintenant,
09:00en fait, une élection municipale
09:03qui s'approche,
09:05une élection législative,
09:07une élection présidentielle
09:09engendrée par démission du président
09:10de la République,
09:10et on éventuelle, voilà,
09:12élection législative dessus.
09:13Bref, c'est la galère, voilà.
09:14Merci beaucoup Nicolas Gadonier,
09:16on rappelle que vous êtes chargé d'études
09:17Pôle Actualité et Politique de l'IFOP,
09:19merci pour votre participation
09:20à notre coup de projecteur aujourd'hui.
09:22Merci Corinne Tapirot,
09:23merci beaucoup,
09:25merci Samuel Botton,
09:26merci à tous,
09:27et puis à demain.
09:28Merci à Julien Delmas,
09:29notre réalisateur,
09:30à toute l'équipe aussi,
09:32Aude, Antonin, etc.
09:34Les infos,
09:35c'est Benjamin Palloris,
09:36c'est parti.
09:37C'est parti.
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