Les Vraies Voix avec Murielle Fabre, maire de Lampertheim et secrétaire générale de l'AMF.
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00:00Les vraies voix Sud Radio, le code projecteur des vraies voix.
00:03L'association des maires de France dit non à l'invitation.
00:07Nous ne produisons pas assez et nous ne travaillons pas assez.
00:10Nous nous dépensons trop par rapport à nos recettes.
00:13La réunion du comité d'alerte apparaît davantage comme une séquence de communication
00:17destinée à exposer les analyses du ministère de l'économie et des finances.
00:21C'est comme si chaque français devait à sa banque près de 50 000 euros.
00:26L'AMF alerte depuis longtemps sur la dérive des comptes publics.
00:29Elle a déjà formulé de nombreuses propositions pour changer radicalement d'approche.
00:34L'association des maires de France a donc boycotté cette conférence sur le budget de François Bayrou.
00:39L'AMF indique ne pas vouloir jouer les figurants d'une énième séquence de communication.
00:45Et elle a réclamé en vain cet ordre du jour détaillé qu'elle n'a visiblement jamais reçu.
00:49Alors parlons, est-ce que le lien est rompu entre les maires et l'exécutif ?
00:54Et à cette question, les maires ont-ils eu raison de boycotter la conférence sur les finances publiques de François Bayrou ?
00:59Vous dites où est à 95% ?
01:01Vous voulez réagir ? Aude et les vrais voix attendent vos appels au 0826 300 300.
01:06Muriel Fabre est avec nous, secrétaire général de l'Association des maires de France et maire de l'Amper Time dans le barin.
01:11Merci Madame la secrétaire générale d'avoir accepté notre invitation.
01:15Philippe Bilger.
01:16D'abord, bonheur de revoir Madame la secrétaire générale.
01:20Ensuite, j'ai assisté à l'essentiel de la conférence de François Bayrou et j'avoue que j'ai toujours eu un faible pour lui.
01:30J'ai beaucoup aimé les modalités elles-mêmes du débat et la manière dont il a impliqué les ministres qui étaient avec lui dans cette discussion.
01:39D'autre part, il a répondu à cette abstention de l'AMF qu'il y avait des maires présents dans la salle et autour de lui et lui-même l'étaient.
01:49Mais une fois que j'ai dit cela et que je peux donner l'impression de désapprouver l'AMF, je voudrais dire très rapidement deux points sur lesquels je trouve que François Bayrou a peut-être tort.
02:05D'abord, je l'ai dit tout à l'heure, connaître la vérité, faire le diagnostic ne permet pas d'agir.
02:13Il y a un saut entre la connaissance, la lucidité et la capacité d'action.
02:20L'action, ça vient après et il faut l'avoir, l'énergie de l'action.
02:25Deuxième élément, dernier élément, je suis frappé de voir à quel point François Bayrou adore les actes préparatoires,
02:34l'alerte, le diagnostic, mais j'avais envie de lui dire en toute pundestie,
02:39mais pourquoi vous nous faites attendre juillet pour nous donner les solutions au sujet desquelles vous avez déjà réfléchi ?
02:47Excusez-moi, c'est du teasing.
02:48Quatre mois, ça permet aux gens vraiment de la pression de monter.
02:53Loïc Lefloc-Prigent.
02:54Moi, je suis en désaccord profond avec la façon de faire.
03:01Aujourd'hui, il est temps d'agir.
03:02Nous sommes dans une situation dramatique.
03:04Ce n'est pas la peine de dire, nous sommes dans une situation dramatique, mais on va attendre quatre mois.
03:08On sait ce qu'il faut faire.
03:10Il faut arrêter de dire aux Français, on va réfléchir, on va réfléchir.
03:14On savait bien que sur les retraites, c'était impossible de revenir en arrière.
03:18Bon, on leur a dit, maintenant, on va faire un conclave et on va voir si c'est possible.
03:25On sait bien que ce n'est pas possible.
03:27Là, on est au pied du mur.
03:29Est-ce que vous voulez sauver les entreprises françaises ou non ?
03:33C'est ça le sujet.
03:34Et les entreprises françaises sont en train de crever.
03:38Alors, est-ce que vous voulez les sauver ou pas ?
03:40Et le nombre d'entreprises, c'est quand même nombreux.
03:43C'est 2,5 millions au moins.
03:45C'est de tous ordres, depuis la CPME, les grandes entreprises et toutes les autres.
03:53Nous sommes en état de difficultés énormes.
03:57Il faut agir.
03:58Et agir, pour nous, c'est permettre d'avoir la possibilité de travailler.
04:05Et je répète, si jamais nous continuons à avoir ce nombre de personnes et cette bureaucratie qui nous empêche de travailler,
04:13nous avons des fers au pied.
04:14Nous ne pouvons rien faire.
04:16Et c'est ça qui est en train de se passer aujourd'hui.
04:18Jean Dorideau.
04:18Oui, alors moi j'aurais une question pour madame la secrétaire générale.
04:23C'est de mieux comprendre en réalité la raison de ce boycott
04:28et de mieux comprendre quelle est la demande de cette association des maires de France au Premier ministre.
04:34C'est vrai que j'entends la question.
04:35Est-ce qu'il y a une rupture entre l'exécutif et les maires de France ?
04:39Et si c'était le cas, c'est vrai que pour un citoyen lambda, c'est quand même angoissant parce que l'exécutif c'est hyper important.
04:46Et le maire aussi, c'est quand même le premier élu que le fameux élu de proximité précisément.
04:5335 000 communes en France et j'aimerais mieux comprendre qu'est-ce qui est reproché à l'exécutif
05:00et peut-être même ce qui est demandé.
05:02Je sais que les collectivités territoriales ont de plus en plus de frais à assumer
05:05et j'aimerais y voir plus clair.
05:06On va lui poser la question, Muriel Fab, qui est avec nous secrétaire générale de l'Association des maires de France
05:10et maire de l'Ampertime dans le Barin.
05:14Alors quel est le problème aujourd'hui ?
05:16En fait, ce n'est pas une rupture parce que l'Association des maires de France, elle a toujours été très claire à ce sujet.
05:23Elle souhaite toujours avoir un dialogue avec l'État qui soit permanent et qui soit franc et surtout qu'on soit écouté.
05:29Aujourd'hui, effectivement, les conditions dans lesquelles nous pouvions nous inscrire dans cette réunion n'étaient pas réunies.
05:34On souhaitait avoir un ordre du jour.
05:36On souhaitait pouvoir travailler concrètement aux propositions qui pouvaient émaner du gouvernement.
05:41On voulait avoir un état des lieux qui soit pertinent et précis, ce qui n'était pas tout à fait le cas non plus.
05:47Et on voulait une vraie concertation et ne pas être dans une espèce de grand messe comme on a pu en avoir depuis quelques temps.
05:53On a assisté à un nombre de réunions depuis deux ou trois ans sur les finances locales.
05:58Et fort, c'est de constater qu'aujourd'hui, il n'y a toujours pas eu de résultats concrets
06:00ou en tout cas pas d'évaluation des éléments qui ont été pris lors de ces réunions.
06:05Donc aujourd'hui, pour l'Association des maires de France,
06:07on souhaitait vraiment qu'on soit présent pour être utile en fait.
06:12Parce que lorsqu'on parle aujourd'hui de redressement des comptes publics de l'État,
06:15c'est vrai que le gouvernement a souvent fait preuve d'éléments très pertinents dans ce qu'il pouvait mettre en place,
06:22mais aussi d'éléments qui étaient, je dirais, des ponctions aujourd'hui sur les collectivités.
06:27On a eu pour 2025 près de 7 milliards d'efforts qui ont été demandés aux collectivités.
06:32On sait qu'il y a eu énormément de sollicitations de la part des collectivités pour diverses raisons,
06:37alors qu'on l'a toujours dit, qu'on l'a toujours rappelé,
06:40que les collectivités n'étaient pas la cause aujourd'hui de la dette de l'État et des dépenses publiques.
06:46Donc on ne peut pas juste être présent et ensuite assister à des petits patches
06:51ou des petits pansements de mesurettes proposés par le gouvernement,
06:54alors que derrière, l'Association des maires de France a fait des propositions,
06:57continue de faire des propositions et qu'elle n'est toujours pas entendue.
07:00Ce n'est pas un coup de force, c'est juste à un moment donné de se dire qu'on veut réellement être entendus
07:05et ce n'était pas une vraie réunion de travail, preuve en est d'ailleurs des conférences de presse qui en suivent.
07:09Est-ce que vous avez écouté le discours du Premier ministre ?
07:13Est-ce qu'il y a des choses avec lesquelles vous êtes d'accord, en tout cas sur ce constat ?
07:17Sur le constat d'un point de vue général, bien évidemment.
07:21Sur le fait qu'aujourd'hui, il ne faut pas redresser les comptes de l'État avec une augmentation de la fiscalité, bien évidemment.
07:27Mais le point dur aujourd'hui, c'est bien la réduction des dépenses publiques.
07:32Et la réduction des dépenses publiques ne doit pas forcément passer par une réduction drastique des dépenses publiques des collectivités.
07:37Je pense que c'est là aujourd'hui où l'équilibre ne se fait pas.
07:40On a besoin aujourd'hui, et on l'a dit, de moins de normes.
07:44L'excès de normes aujourd'hui nous étouffe et est extrêmement coûteuse.
07:48Le CNL l'a encore rappelé, les normes qui ont été produites en 2024, c'est 1,6 milliard de coûts pour les collectivités en plus.
07:56Donc il faut un véritable moratoire dans ce cadre-là.
07:59Et on ne l'a pas suffisamment entendu, me semble-t-il, dans les propos du Premier ministre.
08:04Ensuite, là où il me semble, et je crois que c'est d'ailleurs la ministre de l'Économie qui l'a rappelé,
08:09la question aujourd'hui des organismes qui sont coûteux, inutiles, là aussi c'est un vrai sujet.
08:15Et l'Association des maires de France est aussi en phase avec cette proposition.
08:19Mais par contre, la question aujourd'hui des ponctions, de la recentralisation des finances des collectivités locales vers l'État,
08:24on a vu que ça ne sert à rien.
08:26On le voit typiquement, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, nous, on continue à contribuer au redressement des comptes publics
08:32et le déficit de l'État continue de s'accélérer.
08:34Muriel Fabre, vous êtes élue à l'Amper Time, donc dans le Grand Est,
08:37et ça rue dans les brancards, dans le Grand Est.
08:40Là, ce n'est pas les maires, c'est les présidents de conseils départementaux
08:42qui ne veulent pas que l'État leur impose de nouvelles dépenses sociales.
08:46Est-ce qu'il n'y a pas une branca de nombre d'élus locaux aujourd'hui ?
08:49Je pense que la branca, elle ne date pas d'aujourd'hui.
08:52Elle avait déjà commencé en 2023, elle avait continué en 2024,
08:56notamment lorsque les premiers prémices sur la loi de finances initiales faisaient montre
09:01d'une volonté de récupérer de l'argent sur les collectivités.
09:04Et puis, c'était toutes ces maladresses, vous savez, cette vision des collectivités
09:07qui sont assises sur un tas d'or, qui dépensent très mal, qui font trop de repoints, de caricatures.
09:12Mais on n'en est pas loin aujourd'hui.
09:14Alors qu'on le sait, la dette des collectivités n'a pas augmenté depuis 30 ans.
09:18Elles sont soumises à la règle d'or qui veut un équilibre entre leurs recettes et leurs dépenses.
09:24Ce n'est absolument pas le cas de l'État.
09:26Elles ne peuvent s'endetter que pour l'investissement et non pas pour le fonctionnement,
09:31ce qui n'est pas le cas de l'État.
09:32Et en parallèle de ça, on nous demande de réduire nos dépenses.
09:36Et l'État continue de faire en sorte qu'elles augmentent.
09:38Un sujet qui a été, je dirais aussi, un sujet d'injustice profond pour les mères,
09:43c'est la question de la CNR à sel, la cotisation retraite pour nos agents,
09:46qui se voit augmenter de 3 points cette année jusqu'à une trajectoire de près de 12 points,
09:51qui est une décision totalement inique et qui ne sert aujourd'hui qu'à alimenter un puissant fond.
09:55Donc on continue en fait à vouloir faire en sorte que les collectivités participent à ce redressement,
10:01ce qu'elles veulent bien faire, mais dans une vision très, avec un modèle totalement différent,
10:07c'est-à-dire avoir une revue des dépenses et une revue des recettes,
10:10et savoir si effectivement aujourd'hui, la totalité des contributions des collectivités territoriales sert à quelque chose.
10:16Et ça n'en a pas la moindre preuve à ce moment-là.
10:19– Merci beaucoup Muriel Fabre d'avoir accepté cette invitation à secrétaire général de l'Association des maires de France
10:24et maire de l'Ampertime dans le Barin.
10:27Merci beaucoup, merci Philippe Bilger, merci Jean Dorido, merci beaucoup Loïc Lefloc Préjean.
10:32Vous restez avec nous, dans un instant on va parler d'emplois,
10:35avec les emplois saisonniers et mes invités dans quelques instants.
10:40Et vous retrouvez Philippe David à partir de 20h pour le football.
10:43– Ah oui, et puis là ce sera très chaud, une heure du coup d'envoi de Aston Villa Paris Saint-Germain.
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