00:00Calvi et Agnès Bonfillon, RTL Soir.
00:03Il est 18h43, bonsoir Xavier Iacovelli.
00:06Bonsoir.
00:07Merci de nous rejoindre sur RTL.
00:08Vous êtes sénateur Renaissance des Hauts-de-Seine, le parti du président Macron.
00:13Le Sénat doit voter dans les heures qui viennent un texte d'augmentation de la taxe sur les boissons les plus sucrées.
00:19Le prix des sodas et des jus de fruits pourrait ainsi augmenter de 15 à 18 centimes d'après les industriels.
00:24L'objectif est de détourner les consommateurs des boissons sucrées.
00:28Vous défendez ce projet, vous n'avez pas peur de vous mettre à dos la moitié des familles françaises ?
00:33Alors moi je défends déjà plus largement le fait que l'agroalimentaire et donc en l'occurrence également les producteurs de sodas en France
00:42puissent réduire le taux de sucre.
00:44Parce qu'en fin de compte, et c'est ce que je reproche un petit peu à ce texte aujourd'hui,
00:48c'est qu'on concentre en fait nos actions et nos contraintes sur les boissons sucrées et notamment les sodas,
00:54alors que les sodas c'est 4% seulement de la consommation de sucre en France.
00:58Et en fait le plus gros du problème de cette surconsommation de sucre qui provoque de l'obésité et du surpoids,
01:04et notamment chez les plus jeunes,
01:06en fait c'est dans l'agroalimentaire et dans les produits transformés et ultra transformés.
01:10Et c'est pour ça que moi je proposerais, j'ai des amendements qui va dans ce sens là,
01:15c'est à dire qu'aujourd'hui par exemple vous achetez un haché parmentier en supermarché,
01:19et bien ce haché parmentier vous ne savez pas que vous mangez trois morceaux de sucre minimum à l'intérieur de ce haché parmentier.
01:24Ça c'est du sucre caché et c'est aujourd'hui les industriels de l'agroalimentaire
01:28qui empoisonnent clairement nos enfants et les français en général
01:33avec ce sucre qui provoque des maladies cardiovasculaires, du surpoids et de l'obésité.
01:38Donc on ne parle pas uniquement des boissons sucrées, nous sommes d'accord ?
01:41Non, on ne parle pas seulement des boissons sucrées et d'ailleurs moi qui ai porté des amendements l'année dernière
01:45pour accentuer cet axe sur les boissons sucrées,
01:50j'estime que cette année le travail a été fait en partie par les boissons sucrées
01:55où ils ont effectivement changé progressivement leur formule pour permettre de réduire petit à petit
02:00leur composition et leur formulation pour baisser le taux de sucre.
02:04Je ne dis pas qu'il y a encore beaucoup d'efforts à faire,
02:08mais je pense que le gros du problème c'est avant tout l'industrie agroalimentaire
02:12qui aujourd'hui fait peser et notamment chez les plus faibles et les plus fragiles.
02:17Juste pour un exemple, il y a trois fois plus d'obésité et de surpoids
02:22chez les enfants d'ouvriers plutôt que chez les enfants de cadres.
02:27Donc c'est aussi une question sociale.
02:29Xavier Iacovelli, est-ce que c'est le seul moyen de contraindre les industriels
02:33à baisser les quantités de sucre, d'augmenter les taxes ?
02:38Vous savez, je crois qu'au bout d'un moment, c'est bien les tables rondes,
02:43c'est bien le fait d'inciter, mais il n'y a aucune politique de risque
02:47qui a été réduite au XXe siècle sans la contrainte.
02:50Je prends juste l'exemple de la sécurité routière.
02:52En 1960, il y avait 15 000 morts sur la route.
02:55Ça a été des grandes causes nationales, mesures contraignantes, la ceinture, le radar,
03:00la limitation de vitesse, les amendes, le permis à point.
03:03On est passé à 3 000 morts sur les routes.
03:05Ça veut dire qu'aujourd'hui, il y a aussi, par la contrainte,
03:07la possibilité d'avoir des vraies politiques de santé et de protection des Français.
03:14Je prends juste un autre exemple.
03:15Nous avons mis en place, il y a quelques années, le Nutri-Score.
03:18Le Nutri-Score, qui je vous rappelle, n'est pas obligatoire en France.
03:21Il y a à peu près 1 400 entreprises, sur les 20 000 entreprises de l'agroalimentaire,
03:26qui se sont engagées dans le Nutri-Score.
03:27D'ailleurs, je note que Danone vient de se retirer du Nutri-Score,
03:30ce qui prouve quand même qu'il y a un vrai sujet sur la composition de leurs produits.
03:34Mais lorsque le Nutri-Score a été créé, moi j'ai des enfants, je leur achetais des Chocapics.
03:39Ils étaient à l'époque à 40 grammes de sucre pour 100 grammes de produits.
03:43Ils étaient classés D.
03:44Avec le Nutri-Score, ils ont baissé progressivement leur formule.
03:48Alors, ça s'est fait progressivement.
03:49Ils sont passés de D à C, progressivement, 40 à 33 grammes, de 33 à 28 grammes.
03:55Et là, maintenant, ils sont à 22 grammes, c'est-à-dire qu'ils sont classés en A.
03:58Donc, bien sûr, 22 grammes, c'est la partie haute du A.
04:02Mais ça veut dire que c'est possible, quand les industriels veulent,
04:06et quand on les incite à baisser par des taxes supplémentaires
04:10ou par une incitation marketing, en fait.
04:12C'est aussi un argument marketing de réduire la consommation de sucre,
04:15et notamment sur des produits pour les enfants.
04:17En fait, c'est possible.
04:18Donc, si Chocapic a réussi à le faire, je pense que d'autres industriels seront capables de le faire.
04:23En tout cas, c'est très fort de vous entendre faire un parallèle entre le sucre et la sécurité routière,
04:28ou plutôt l'insécurité routière.
04:30Mais moi, je pense que c'est un vrai sujet,
04:32et notamment quand on parle de finances publiques et de dépenses publiques.
04:36Vous savez qu'aujourd'hui, l'obésité, le surpoids, les maladies cardiovasculaires,
04:40c'est 17 milliards dans la sécurité sociale,
04:44et c'est 53 milliards si on prend en compte la baisse de productivité
04:47dû à ces maladies cardiovasculaires.
04:48Donc, c'est un vrai sujet financier.
04:50Bien sûr, un sujet de santé publique,
04:53parce que c'est plusieurs morts, milliers de morts chaque année.
04:58Et puis, je rappelle aussi qu'il y avait 40% pendant la Covid,
05:01c'est 40% des 200 000 décès qui ont été dus à cette obésité,
05:09à ce surpoids et à ces maladies cardiovasculaires.
05:12Donc, on voit bien que c'est un impact réel sur la santé
05:15et sur la préservation de la santé des Français.
05:17En quelques mots, s'il vous plaît.
05:18Moi, quand je vous écoute, j'en conclue qu'il faut absolument rendre obligatoire le Nutri-Score.
05:23Ah, mais moi, je suis entièrement favorable à le rendre obligatoire.
05:27Le problème, c'est que c'est à l'échelle européenne qu'il faut le rendre obligatoire
05:30et qu'aujourd'hui, nous n'avons pas encore eu cette possibilité de pousser à l'échelle européenne.
05:37Et moi, j'invite le Premier ministre à le faire,
05:39puisque c'est un Européen convaincu et qui a cette expérience européenne,
05:42à pouvoir porter ce combat.
05:44Mais pour pouvoir le porter à l'échelle européenne,
05:46il faut déjà qu'on soit exemplaire à l'échelle française
05:50et notamment sur la révision du Nutri-Score au niveau de l'algorithme.
05:54Vous savez, le Nutri-Score vient de changer.
05:56On est d'accord sur ce changement d'algorithme,
05:59sauf qu'on n'a toujours pas publié cette modification.
06:01On n'a toujours pas fait la signature, vous savez, pour modifier ce Nutri-Score.
06:04Et donc, soyons exemplaires déjà à l'échelle de la France.
06:07Allons ensuite négocier à l'échelle européenne
06:10pour imposer le Nutri-Score à l'ensemble de nos industries de l'agroalimentaire.
06:14Un oui, un non et on se sépare.
06:15Le sucre est une drogue ?
06:17Oui, bien sûr.
06:18Le sucre, c'est aussi addictif que la cocaïne,
06:21voire plus addictif selon certains spécialistes.
06:23Donc oui, c'est une drogue.
06:25Merci infiniment, Xavier Iacovelli,
06:27sénateur Renaissance des Hauts-de-Seine,
06:29qui veut bannir le sucre de nos soldats et de nos plats préparés.
06:32Dans un instant, un homme peu sucré et donc très bon pour la santé,
06:35Marc-Antoine Lebray, c'est le Breaking News.
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