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Face à la confirmation d'un premier cas d'hantavirus en France, le gouvernement accélère la coordination sanitaire. Suite à l'évacuation partielle du navire MV Hondius, Sébastien Lecornu a réuni des épidémiologistes à Matignon pour évaluer la situation.
Le Pr Christophe Rapp, infectiologue à l'Hôpital Américain de Paris à Neuilly et Stéphanie Benz, Rédactrice en chef adjointe Sciences et Santé à L'Express, sont les invités de Thomas Sotto.
Regardez C'est notre époque avec Thomas Sotto du 12 mai 2026.

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Transcription
00:04Il est 9h13, c'est notre époque, une époque qui nous inquiète par ces virus et en particulier l'antavirus.
00:10Alors on va continuer à répondre aux questions que vous vous posez, qu'on se pose tous en ayant bien
00:13conscience que l'on n'a pas encore toutes les réponses.
00:16Deux experts avec nous pour en parler, le professeur Christophe Rapp, bonjour.
00:19Bonjour.
00:20Infectiologue à l'hôpital américain de Paris à Neuilly.
00:22Et Stéphanie Benz, bonjour.
00:24Bonjour.
00:24Rédactrice en chef adjointe du service Science et Santé de l'Express.
00:27Déjà pour commencer, c'est quoi exactement cet antavirus, professeur ?
00:32Alors ce antavirus, c'est un virus qui vient du Nouveau Monde, des Amériques.
00:40C'est un virus qui est inféundé, un réservoir qui est constitué par des rongeurs.
00:46Et ce virus va se transmettre par aérosolisation à partir des excréments, des urines ou de la salive de rongeurs
00:55quand les gens vont être exposés le plus souvent dans une habitation ou dans une zone rurale.
01:00Ça veut dire que c'est un virus que l'on connaît.
01:02On en connaît de l'origine, contrairement au Covid où on avait accusé le pangolin et tant d'autres choses.
01:06Là, on sait d'où ça vient.
01:08C'est pas un saut dans l'inconnu.
01:09Non, non, on connaît ce virus depuis une cinquantaine d'années.
01:12Et là, la souche qui a été identifiée, qui est le virus des Andes, qui est la seule souche qui
01:16peut se transmettre entre les hommes,
01:19est connue avec des épidémies répertoriées, documentées, dont les dernières étaient en 2019 en Argentine.
01:29Et on a environ, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, 200 cas par an.
01:34Stéphanie Bens, est-ce que vous avez l'impression que politiquement, on est en train de plonger dans une crise
01:37sanitaire ?
01:38On sait qu'il y a deux réunions publiques, réunions, pardon, ministérielles, interministérielles, même, qui auront lieu chaque jour.
01:45Le gouvernement a communiqué.
01:46Hier, on avait l'impression qu'il manquait juste Édouard Philippe ou Jean Castex devant le tableau pour nous raconter
01:51ce qui allait se passer.
01:51Est-ce que ça, ça participe d'une espèce de psychose ou pas, à votre avis ?
01:55Ou est-ce que c'est la bonne réponse ?
01:56Oui, on a l'impression que la psychose, comme vous dites, est partie assez rapidement, alors qu'effectivement, on n
02:03'est pas du tout dans la situation du Covid.
02:05En tout cas, ce que nous disent les experts, c'est que ce virus n'a vraiment rien à voir,
02:10même si le démarrage peut faire penser à la pandémie avec ce bateau, etc.
02:16Mais on sait maintenant, on sait que le virus est très différent, il est à la fois beaucoup moins transmissible
02:21et beaucoup plus létal, et il donne beaucoup de symptômes très rapidement.
02:26Donc, en tout cas, il paraît plus difficile, plus facile, pardon, à contrôler que l'était le coronavirus, effectivement.
02:33Je voudrais votre regard de médecin, Professeur Rapp. On est dans le post-traumatique, post-Covid, dans notre façon de
02:37réagir.
02:38Les politiques, y compris nous, les médias, vous, le médecin, est-ce que ce matin, vous êtes levé en vous
02:42disant, waouh, on a l'antavirus, ça va être super compliqué ?
02:45Non, mais disons que là, maintenant, on est dans un monde connecté, qui va très vite, et on est dans
02:50la réaction à l'alerte sanitaire, ce qui est plutôt une bonne chose.
02:52Et en fait, c'est une répétition générale à ce qui va se passer dans l'avenir, entre le réchauffement
02:58climatique, l'environnement et l'interconnexion.
03:01Et donc là, il y a une riposte très rapide de l'OMS, et une riposte très rapide des différents
03:05pays concernés.
03:06C'est plutôt bien, ça.
03:06Et donc ça, c'est une bonne chose. Après, chaque pays a son degré de médiatisation et son degré d
03:10'implication.
03:11Là, le gouvernement est extrêmement proactif.
03:14Il faut effectivement trouver un juste équilibre pour ne pas que ça devienne anxiogène non plus pour la population.
03:18On a une question qui revient beaucoup chez les auditeurs au 74 900, et je vous la pose Stéphanie.
03:22Est-ce qu'on a suffisamment de masques en France ?
03:24Là encore, on est dans le post-traumatique du Covid, parce qu'on se souvient qu'à l'époque, on
03:27n'avait pas de masques,
03:28on avait récupéré des masques qui étaient périmés, etc.
03:30Est-ce qu'aujourd'hui, les stocks sont suffisants ?
03:32Alors, la ministre de la Santé, en tout cas, assure que oui.
03:35Elle a dit hier matin qu'on avait effectivement des stocks de 1,35 milliard de masques, dont 1 milliard
03:46de masques chirurgicaux et près de 350 millions de masques FFP2.
03:53Donc, a priori, les stocks sont là, oui.
03:55Sauf que, professeur Rapp, est-ce qu'il faut porter le masque aujourd'hui ?
03:58Non, mais bien entendu que non.
04:00Voilà, il ne faut pas porter de masque.
04:01Bien entendu que non, ça c'est clair.
04:02Bien entendu que non, le risque de diffusion de cette pathologie dans la population générale est très faible.
04:07C'est une épidémie circonscrite, et dans une épidémie, c'est comme au théâtre, il y a une unité de
04:12temps et de lieu.
04:13Tous les cas confirmés, suspects ou contacts ont un rapport avec le navire ou un des deux vols aériens.
04:19Donc, on est sur une grappe de cas, sur une grappe de suspects.
04:22Oui, mais pardon, je vous interromps, mais imaginez, vous, vous avez un patient qui arrive à l'hôpital américain, qui
04:27était sur ce navire.
04:28Vous allez, peut-être pas lui serrer la main, mais vous êtes dans la même pièce que lui.
04:31Vous devenez cas contact.
04:32Bien sûr.
04:33Vous venez ce matin ici, je suis cas contact.
04:35Et puis moi, je vais discuter avec la rédaction tout à l'heure.
04:37Ils vont tous être cas contact.
04:38Et là, on se rend compte que c'est la boule de neige.
04:40C'est bien pour ça qu'on a décidé de les confiner, de les isoler de façon plus stricte que
04:45certains protocoles d'autres pays,
04:48pour éviter, pour ce qu'on appelle briser la chaîne de transmission,
04:50et éviter une diffusion sur le territoire national qui signerait là réellement une véritable épidémie.
04:56D'accord.
04:57Mais on n'en est pas là.
04:57On n'en est pas là, c'est toujours.
04:59Question de Simon, tu es encore sur les masques.
05:01Est-ce que mes masques qui datent du Covid sont toujours efficaces aujourd'hui ?
05:04Alors, il faut regarder les dates, parce qu'effectivement, il y a des dates, il existe des dates de péremption
05:10pour les masques.
05:11Donc, il faut juste regarder sur les emballages quelle est la date de péremption pour avoir la réponse.
05:15Et un masque qui a passé la date limite, il ne vaut vraiment plus rien ?
05:17Non, non, il ne faut pas l'utiliser.
05:19Donc là, Covid, ça fait loin, probablement plus fonctionnel.
05:23On a beaucoup de questions sur les cas contacts.
05:26C'est quoi exactement un cas contact, vous demande Raoul ?
05:29Alors, un cas contact, c'est une personne qui a été exposée avec un des cas index ou cas confirmé
05:36par un test biologique sur le navire ou sur un bateau.
05:42Et ça peut être aussi un personnel soignant qui a eu une rupture de mesure barrière comme ça s'est
05:46produit hier en Hollande.
05:48Et donc, de ce fait, ils deviennent cas contact.
05:51Mais par exemple, là, Stéphanie et moi, on est à 1m50, 2m de vous, on ne s'est pas serré
05:55la main, on ne s'est pas fait de bisous.
05:57Est-ce que si vous étiez porteur du virus, on ne serait qu'à contact ou pas ?
06:01Oui, parce que la distance d'1m50, 2m dans une pièce close comme celle d'aujourd'hui sans ventilation particulière
06:08génère un risque.
06:10Et on est d'ailleurs, on peut faire un parallèle avec le navire où justement la promiscuité et la forte
06:15densité de personnes expliquent la diffusion rapide du virus dans cette situation de confinement.
06:22C'est ça qui est probablement à l'origine le plus spectaculaire.
06:25Et la deuxième chose, il y a probablement, dans le cas index décédé et son épouse décédée en Afrique du
06:31Sud, des personnes hyper contagieuses qu'on appelle des super spreaders, des super transmetteurs.
06:36Ils avaient sans doute beaucoup de virus et donc, ils ont généré forcément un nombre de cas non négligeables au
06:43sein du bateau.
06:44Donc là, on a plein d'ingrédients très particuliers qui expliquent la situation exceptionnelle.
06:48Anne-Cécile, question pour vos 74 900.
06:50De quoi se parlent-ils pendant ces interminables réunions interministérielles ?
06:54Je ne sais pas si elles sont interminables, mais de quoi ils se parlent ? C'est quoi le sujet
06:57en fait ?
06:57C'est pour rassurer le chaland ?
07:00En tout cas, l'objectif de ces réunions et de leur médiatisation, c'est effectivement visiblement de rassurer la population
07:05et de montrer qu'on prend la crise au sérieux.
07:07Mais peut-être que c'est un peu contre-productif, effectivement, de médiatiser autant ces réunions bicotidiennes, etc.
07:16Peut-être que ça entretient aussi un peu l'inquiétude de la population autour de ce virus.
07:20Évidemment. Professeur Rapp, concernant l'isolement des cas contacts ou des malades, est-ce qu'il faut vraiment les couper
07:27du reste du monde pendant six semaines ?
07:29Est-ce qu'on a entendu dire ? Ou est-ce que c'est 72 heures ? Est-ce que
07:31chacun fait comme il veut ? Ou est-ce qu'on n'en sait rien ?
07:33Alors, ce qui a été proposé hier par le gouvernement, c'est maintenant une quarantaine renforcée en milieu hospitalier pour
07:38les cas contacts, dont la durée théorique devrait être de 6 ans.
07:43C'est-à-dire que si demain, on se dit qu'il y a 2 500 ou 5 000 ou
07:4610 000 ou 100 000 cas contacts, il faudra aller mettre les 100 000 à l'hôpital ?
07:50On n'en est pas là, on est d'accord.
07:52C'est peu probable, disons. La mesure a été prise parce que numériquement, c'est faisable. Il y a 22
07:59-23 cas contacts en France.
08:01On a la possibilité de les accueillir dans différents hôpitaux de France et notamment, il y a des centres de
08:05référence dans chaque région.
08:06Et donc, c'est la mesure la plus drastique.
08:11Et on applique le principe de précaution parce que c'est plus facile de les avoir sous la main que
08:15de faire de l'auto-isolement,
08:17qui est une technique qui sera peut-être utilisée par d'autres pays.
08:19Mais les deux possibilités existent en termes de tracing de contacts.
08:23Et là, c'est un choix à la fois stratégique et politique pour vraiment montrer qu'on est très actif
08:29pour briser la chaîne de transmission,
08:30pour tout faire pour éviter la diffusion de la maladie.
08:33Est-ce que vous nous dites ce matin, il faut reprendre les gestes barrières, le gel hydroalcoolique et tout ça
08:37ou pas, professeur ?
08:38Pas en rapport avec le antivirus.
08:39Mais de toute façon, la population générale gagnerait dans les transports, en saison hivernale,
08:45à appliquer plus de mesures de barrières.
08:48L'avage des mains a été abandonné depuis le Covid.
08:50Le port de masque a été délaissé.
08:52Oui, alors ça marche pour la grippe, ça marche pour le...
08:53Voilà, exactement.
08:54Donc à chaque fois, il y a des principes d'hygiène que la population générale peut retenir.
08:58Est-ce que vous avez l'impression, et ce sera ma dernière question Stéphanie,
09:00qu'on a quand même appris en termes de protocoles et de prise en charge de tout ça, du Covid
09:04?
09:04Même si ce ne sont pas de...
09:06On peut parler d'épidémie d'ailleurs, de l'antavirus ou pas ?
09:09On peut parler d'épidémie ?
09:09Oui, bien sûr, par définition.
09:10Par définition.
09:11Est-ce qu'on a appris de tout ça ?
09:12Est-ce que vous trouvez que dans les premières mesures qui sont prises, on a tiré des enchaînements positifs ?
09:16Oui, bien sûr, on a vu que la réaction avait été très rapide des pouvoirs publics,
09:22mais aussi, on sent bien l'attention de la population à la question.
09:26Donc effectivement, oui, on a encore la crise sanitaire bien à l'esprit,
09:31et je pense qu'on en a tiré pas mal de leçons, effectivement.
09:33On reste calme, serein, on ne s'affole pas, c'est ça l'idée ?
09:35Oui, normalement, ça devrait être contrôlé en quelques semaines.
09:37C'est votre normalement qui m'inquiète.
09:40Oui, parce qu'on ne peut jamais...
09:41Il y a toujours différents scénarios en épidémiologie,
09:43mais de ce qu'on sait du virus, qui est d'ailleurs un virus...
09:46Ce n'est pas un virus respiratoire, il y a une confusion,
09:48parce que ça donne des signes respiratoires,
09:50mais ça ne donne pas de pneumonie.
09:51Les signes respiratoires sont liés à un œdème cardiopulmonaire,
09:54et donc on n'est pas comme le Covid.
09:55Le Covid, ça donnait des pneumonies, et donc c'est beaucoup plus transmissible.
09:58Et donc là, la probabilité qu'on ait une épidémie généralisée,
10:01elle est proche de zéro.
10:03Il faudrait vraiment qu'on fasse n'importe quoi.
10:05Le virus existe depuis des années.
10:07Exactement, exactement.
10:09Merci beaucoup à vous, professeur.
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