00:00RTL Soir. Yves Calvi et Agnès Bonfillon.
00:03Il est 18h20, bonsoir Eric Coquerel.
00:06Bonsoir.
00:07Bienvenue sur RTL, vous êtes député France Insoumise de Seine-Saint-Denis
00:10et vous présidez par ailleurs la commission des finances de l'Assemblée Nationale.
00:13Vous voulez faire tomber le gouvernement main dans la main avec le Rassemblement National ?
00:17Non, nous on veut faire tomber le gouvernement sur nos bases.
00:20On a déjà montré qu'on était capable de transformer le budget de ce que j'ai appelé NFP compatible,
00:26c'est-à-dire chercher les recettes du côté des ultra-riches et des grandes entreprises.
00:29Et après c'est le Rassemblement National qui est libre de savoir s'il veut continuer à être la béquille de ce gouvernement
00:35comme il l'a été depuis quelques semaines ou s'il entend le faire tomber en votant pour notre motion de censure.
00:41Mais si tel était le cas, ça ne vous gêne pas de mener cette opération politique avec Marine Le Pen ?
00:46Ecoutez, je ne pense pas que ça gêne aujourd'hui le clan gouvernemental de refuser la suppression de l'ISF
00:53avec les voix du Rassemblement National ou la suppression de la flat tax.
00:57Donc ce n'est pas comme ça que se discute un débat parlementaire.
01:01On fait des propositions sur nos bases, c'est important à savoir, et après les députés choisissent.
01:06Moi ce qui me gênerait c'est que ce budget soit adopté parce que je pense qu'il est très mauvais pour le pays,
01:13il ne règle aucune situation et donc ça veut dire qu'il faut faire tomber le gouvernement.
01:17C'est ça mon objectif, mon objectif n'est pas politicien avant tout.
01:21Faire tomber le gouvernement, on a envie de vous dire très bien, c'est la démocratie qui s'exprime.
01:25Mais pourquoi faire ?
01:27Pour proposer par exemple la politique que nous avons réussi à faire adopter dans le budget par voie d'amendement.
01:35D'ailleurs ça a été finalement rejeté pour l'instant par une coalition au moment où on se part entre le clan gouvernemental
01:41et le Rassemblement National et non l'inverse.
01:44C'est-à-dire à trouver des recettes dont le pays a besoin.
01:47On avait trouvé 75 milliards d'euros de recettes en ne touchant qu'aux ultra riches et très grandes entreprises
01:53et pour réduire les déficits et permettre par exemple de budgéter la bifurcation écologique,
01:58les besoins sociaux en matière d'éducation, de santé, etc.
02:02Donc c'est une toute autre politique que celle qui nous est proposée depuis des années
02:06et dont on voit qu'elle échoue, elle échoue même devant le suffrage universel.
02:09On ne veut pas dire que le pays se porte très bien en ce moment.
02:12Tout ce que vous venez de nous dire était parfaitement, on peut l'entendre,
02:16mais on a l'impression que vous êtes prêts à provoquer un chaos démocratique
02:20et est-ce que la situation du pays n'est pas assez compliquée comme ça ?
02:23Écoutez, celui qui a provoqué un chaos démocratique, il habite l'Elysée.
02:26Il ne faut pas se tromper de scénario.
02:30C'est lui qui a choisi de dissoudre.
02:32Il a choisi ensuite, parce que le résultat des élections ne le satisfaisait pas,
02:35de nommer un gouvernement qui n'a même aucune majorité.
02:38Enfin, c'est même pire que ça.
02:39C'est-à-dire que les députés qui aujourd'hui soutiennent M. Barnier,
02:42il faut que vos éditeurs le sachent, c'est une armée en déroute.
02:44Elle est divisée, elle n'est pas mobilisée.
02:47Elle tire à Hue et à Dia.
02:48Donc, c'est lui qui a fait ce choix-là.
02:50Donc, il a un autre choix possible.
02:52C'est de nommer un gouvernement nouveau front populaire.
02:54Et dans ces cas-là, nous ferons la démonstration que nous venons de faire en première lecture.
02:58C'est que nous sommes capables de faire adopter le projet,
03:01le programme qui est arrivé en tête, d'ailleurs législative.
03:04Je pense qu'au niveau démocratique, ça sera un peu meilleur que ce qui se passe aujourd'hui.
03:08Alors, abrogation de la réforme des retraites.
03:10Vous voulez même supprimer la réforme Touraine.
03:12Ça ne va pas plaire à vos amis socialistes.
03:14Écoutez, ils ont quand même voté l'article qui le proposait.
03:16Donc, je constate que...
03:20Et l'article, ils ont voté ce matin en commission la proposition de loi.
03:24Donc, ça ne doit pas les gêner tant que ça.
03:26Peut-être que c'est parce que c'est l'héritage aussi d'un parti socialiste d'antan,
03:30celui de M. Hollande, qui nous a donné M. Macron.
03:33Et non pas peut-être le parti socialiste tel qu'il est aujourd'hui.
03:35Moi, je dis tant mieux.
03:37Si le parti socialiste depuis, notamment le nouveau front populaire,
03:40renoue avec des valeurs de gauche, moi, ça me va très bien.
03:42Et ce matin, c'est ce qui s'est passé.
03:44Donc, c'est un fait important.
03:46Rendez-vous compte que, pour la première fois,
03:48nous avons voté l'abrogation de la réforme des retraites.
03:50Et qu'à partir de maintenant, elle est en sursis.
03:52Mais vous nous dites, ce soir, nous sommes prêts
03:54et nous avons un programme pour prendre le pouvoir dans notre pays.
03:57Bien sûr.
03:58D'ailleurs, encore une fois, nous l'avons montré.
04:00Vraiment, j'insiste.
04:01C'est qu'à la fin de la première lecture du budget,
04:04tous les amendements que nous avons votés,
04:06toutes les recettes, figurez-vous,
04:08et ça, le gouvernement a été obligé d'en convenir.
04:10Dans son article dit d'équilibre, celui qui donne les chiffres,
04:12on a amené le déficit en dessous de 3%.
04:15C'est-à-dire qu'on a fait mieux qu'eux en termes de déficit.
04:18Et on a libéré des marges pour justement investir,
04:20notamment dans les plusieurs questions écologiques.
04:22Donc, si ce n'est pas être capable de gouverner le pays,
04:24qu'est-ce que c'est ?
04:25Par contre, on a en face de nous des gens
04:27qui ont augmenté le déficit,
04:28qui augmentent à nouveau le chômage,
04:30on voit qu'il y a des plans de licenciement à peu près partout,
04:33et qui n'ont rien pu faire en matière de transition écologique.
04:36Je pense que nous avons un programme plus réaliste que le leur.
04:38L'un de vos députés, Thomas Porte,
04:40vient d'être sanctionné par le bureau de l'Assemblée nationale
04:42pour des propos menaçants et insultants tenus dans l'hémicycle.
04:45Un rappel à l'ordre avec inscription au procès-verbal.
04:47C'est mérité ?
04:49Ecoutez, moi je ne sais pas.
04:51Est-ce qu'il faut qu'il apprenne à se tenir ?
04:53C'est ça la question.
04:54Il faudrait peut-être que d'abord apprennent à se tenir
04:56ceux qui, ce jour-là, l'ont provoqué, nous ont provoqué,
04:59en nous traitant d'islamistes, de partisans des terroristes, etc.
05:03C'est-à-dire de leur Assemblée nationale.
05:05Tout ça, c'est rarement entendu dans l'Assemblée nationale
05:07et vous conviendrez que c'est insultant.
05:09On a le droit de ne pas vouloir être calomnié, insulté,
05:12en permanence, de ce point de vue-là.
05:14Il a réagi à sa manière.
05:16C'est une sanction qui est, somme toute, pour l'instant minime.
05:23Et heureusement.
05:24Mais j'aimerais que ceux qui l'ont provoqué
05:26et ceux qui nous agonisent de calomnie
05:28soient tout autant sanctionnés.
05:33La création d'un groupe d'amitié France-Palestine
05:35a donc été actée aujourd'hui à l'Assemblée nationale.
05:37Pourquoi faire ?
05:39Eh bien, j'allais dire pour déjà réparer une injustice,
05:43parce que vous savez que le Sénat l'avait fait depuis maintenant plus de 20 ans
05:46et qu'on voit bien que, comme par exemple le Québec,
05:49il y a un groupe d'amitié France-Québec à l'Assemblée nationale,
05:52la Palestine, en termes de reconnaissance de l'ONU,
05:55en termes d'État que l'ONU souhaite voir naître,
06:00avait toutes les caractéristiques pour qu'il y ait un groupe d'amitié à l'Assemblée.
06:04Donc on répare une injustice.
06:05Mais surtout, je trouve que dans la période très sombre,
06:07absolument abominable que vit aujourd'hui le peuple palestinien,
06:10c'est un rayon d'espoir, un rayon de lumière.
06:13Et que ça pourrait préfigurer par la suite
06:15le fait que la France reconnaisse l'État de Palestine de manière unilatérale.
06:19Donc vous nous dites que c'est une main tendue vers la Palestine ?
06:21Clairement, c'est une main tendue vers la Palestine,
06:24un soutien dans la situation qu'ils vivent et qu'ils subissent aujourd'hui
06:29de la part du gouvernement de M. Netanyahou.
06:31Et surtout, je vous dis, c'est un pas de plus, une pression
06:33pour que la France, maintenant, reconnaisse la Palestine
06:36comme l'ont fait plusieurs États dans le monde.
06:38Merci Éric Coquerel, député France Insoumise de Seine-Saint-Denis
06:41et président de la Commission des Finances de l'Assemblée,
06:43d'avoir pris la parole en direct sur RTL.
06:45Dans un instant, le journal de 18h30, bien entendu.
06:48Puis nous nous demanderons ce qui se passe dans les mers du nord de l'Europe.
06:51Câbles sectionnés, sous-marins étranges,
06:54suspicions de sabotage et l'ombre de la Russie qui plane.
06:57Le spécialiste Guillaume Laganne sera avec nous pour tout nous expliquer.
07:00A tout de suite !
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