00:00C'est la tarte à la crème de l'automne.
00:11Du fait des inégalités salariales persistantes, les femmes travailleraient gratuitement depuis
00:17début novembre.
00:18Pire encore, depuis octobre, si l'analyse porte uniquement sur les entreprises privées.
00:23C'est l'introduction en nombre de jours de l'écart de 24% de revenus entre les
00:29Et complément d'information, si les femmes sont en moyenne moins bien payées, c'est
00:33notamment parce que les postes les plus rémunérateurs le sont fermés.
00:37Surreprésentées en bas de l'échelle des rémunérations, elles ne forment en effet
00:41qu'à peine plus du tiers des effectifs percevant un salaire au niveau du neuvième
00:45décile et 18% seulement au niveau du dernier centime.
00:50Mais expliquer la différence de rémunération homme-femme par le sexisme régné en entreprise
00:55est non seulement réducteur, mais c'est idiot, car cela évite de regarder là où
00:59le bas blesse.
01:00Il faut revenir sur le chiffre de départ et le décortiquer.
01:03D'abord, le temps de travail n'est pas le même selon le sexe.
01:07Même si c'est un chiffre en recul, les hommes travaillent environ 16% de plus que
01:12les femmes parce qu'ils font plus d'heures supplémentaires et se retrouvent moins souvent
01:15en temps partiel.
01:16Redressé du temps de travail, l'écart homme-femme descend à 15% et l'entreprise
01:22n'en est aucunement responsable.
01:24Cette différence a une cause principale, voire unique, la maternité, dont les effets
01:29en cascade sont quasiment systématiquement supportés par les mères.
01:33L'évolution du temps partiel l'illustre parfaitement.
01:35Son recours augmente pour les femmes avec le nombre d'enfants à charge, pas pour
01:40les hommes.
01:41Au contraire, tout se passe comme si pour préserver le revenu familial, ils travaillaient
01:45davantage.
01:46Et il est plus que probable que les demandes de changement de poste, bien compris comme
01:50une demande de moindre responsabilité compte tenu de la charge familiale et domestique,
01:55se multiplient elles aussi.
01:56Bref, les retraits temporaires d'activité ou le temps partiel lié aux enfants, c'est
02:01pour les mères, pas pour les pères.
02:03Cette supposée vocation parentale des femmes, qu'elle soit choisie ou liée là aussi
02:07à des stéréotypes intériorisés, a des conséquences directes sur leur rémunération.
02:12A l'instant T, mais aussi tout au long de la carrière.
02:15L'expérience accumulée est ainsi beaucoup plus rapide côté masculin.
02:19Or, c'est un élément clé pour accéder au poste de direction, c'est-à-dire là
02:23où se situent les plus hauts salaires.
02:25Il faut ensuite intégrer la ségrégation professionnelle, c'est-à-dire prendre en
02:30compte la différence entre les métiers exercés, les secteurs d'activité, la taille des
02:34entreprises, les catégories socioprofessionnelles.
02:37Or, toutes les données montrent une surreprésentation des femmes dans les métiers et les secteurs
02:43structurellement les moins rémunérateurs, et une surreprésentation historique dans
02:48les postes d'ingénieur, d'encadrement ou de direction.
02:50A profession comparable, pour un même temps de travail, l'écart tombe alors à 4%.
02:55Pour autant, il ne peut pas s'interpréter comme une mesure de la discrimination salariale
03:00dans les entreprises, car il n'est pas corrigé de l'expérience, de l'ancienneté dans
03:04l'entreprise ou du diplôme qui le ferait à coup sûr quasiment disparaître.
03:07Il faut revenir aux racines de cette ségrégation professionnelle.
03:12Excepté dans le médical, les femmes restent minoritaires dans les cursus à la fois scientifiques
03:18et sélectifs qui débouchent sur les professions les mieux rémunérées.
03:21Ces différences traduisent bien la persistance de stéréotypes intériorisés sur les présumés
03:27domaines de compétences, respectifs entre filles et garçons.
03:30La première discrimination est là, et ce ne sont pas les entreprises qui la portent,
03:35mais les parents et le système éducatif.
03:37Stigmatiser les entreprises pour expliquer les écarts de salaire homme-femme, c'est
03:42commode, mais c'est oublier de se poser les bonnes questions.
03:48C'est ce qu'il faut faire.
03:49C'est ce qu'il faut faire.
03:50C'est ce qu'il faut faire.
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