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00:09 C'est un marronnier de l'automne.
00:11 Du fait des inégalités salariales persistantes, les femmes travaillent gratuitement à partir du mois de novembre.
00:18 Dit autrement, elles gagnent 16% de moins environ que les hommes.
00:22 Pire encore, si l'analyse se resserre sur le seul secteur privé, c'est 24%.
00:27 Les femmes seraient moins payées à travail égal et bloquées dans leur accession aux postes les plus rémunérateurs.
00:33 Il est vrai qu'elles ne forment qu'un tiers des effectifs percevants en salaire au niveau du neuvième décile et 17% au niveau du dernier centile.
00:43 Mais expliquer les différences de rémunération hommes-femmes par le sexisme ambiant en entreprise,
00:49 c'est non seulement faux mais idiot car cela évite de regarder là où le bas blesse.
00:54 Différences de formation, de choix de carrière, de choix de vie, qu'ils soient imposés par les normes sociales ou questions taboues,
01:01 par le particularisme entre masculin et féminin, sont les racines de cette sous-représentation en haut de l'échelle salariale
01:08 et engagent un enchevêtrement de conditionnements de discrimination qui vont bien au-delà du périmètre de l'entreprise.
01:15 L'éducation-formation en premier lieu.
01:18 Meilleurs élèves que les garçons, les filles les surpassent dans la filière générale du bac, la plus électiste.
01:24 De fait, parmi les générations des 25-34 ans, la part des jeunes femmes détenant un diplôme supérieur à bac +2 dépasse 41%,
01:33 un niveau nettement plus élevé que celui des garçons.
01:36 Mais excepté dans le médical, les femmes restent minoritaires dans les cursus à la fois scientifiques et sélectifs,
01:44 qui débouchent sur les professions les mieux rémunérées.
01:47 Ces différences traduisent bien la persistance de stéréotypes intériorisés sur les présumés domaines de compétences respectifs entre filles et garçons.
01:56 La première discrimination est là, et ce ne sont pas les entreprises qui l'apportent, mais les parents et le système éducatif.
02:04 Second élément central, le temps de travail.
02:06 Il est plus important côté masculin d'environ 16%, un écart relativement stable dans le temps.
02:12 Cette différence a une cause principale, voire unique, la maternité, dont les effets en cascade sont quasiment systématiquement supportés par les mères.
02:21 L'évolution du temps partiel l'illustre parfaitement.
02:24 Son recours augmente pour les femmes avec le nombre d'enfants à charge, pas pour les hommes.
02:30 Au contraire, tout se passe comme si pour préserver le revenu familial, ils travaillaient davantage.
02:35 Et même si des données n'existent pas, il est probable que les demandes de changement de poste,
02:40 bien compris comme une demande de moindre responsabilité compte tenu de la charge familiale, se multiplient elles aussi.
02:46 Bref, les retraits temporaires d'activité ou le temps partiel liés aux enfants, c'est pour les mères, pas pour les pères.
02:53 Cette supposée vocation parentale des femmes, qu'elle soit choisie au lieu là aussi à des stéréotypes intériorisés, a des conséquences directes sur leur rémunération.
03:02 À l'instant T, mais aussi tout au long de la carrière.
03:05 L'expérience accumulée est ainsi beaucoup plus rapide côté masculin.
03:09 Or, c'est un élément clé pour accéder au poste de direction, c'est-à-dire là où se situent les plus hauts salaires.
03:15 Mais ce n'est pas tout.
03:16 Après la naissance des enfants, les mères travaillent de plus en plus souvent à proximité de leur domicile pour concilier vie professionnelle et vie familiale.
03:25 Car ce sont encore elles qui consacrent le plus de temps aux travaux domestiques et aux activités parentales,
03:30 au prix le plus souvent d'une dégradation du contenu de leur poste, donc de leur rémunération.
03:36 Fustiger les entreprises pour expliquer les écarts de salaires hommes-femmes, c'est politiquement très correct.
03:42 Mais c'est oublier de se poser des bonnes questions en amont concernant 1) la valeur des politiques de parité si les femmes sont absentes de certaines formations,
03:51 et 2) la persistance de stéréotypes sur la prétendue vocation parentale des femmes.
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