00:00La France se vante d'une production électrique parmi les plus décarbonées au monde, mais
00:13qu'en est-il vraiment de son industrie manufacturière ? Est-elle aussi verte qu'elle le prétend ?
00:19La réponse n'est pas aussi tranchée qu'il n'y paraît.
00:22Finalement, que ce soit l'État français, par le tribunal de Paris, ou l'Allemagne,
00:26ou par la Cour constitutionnelle de Kachtrom, les tribunaux ont jugé en 2021 comme insuffisante
00:31l'action climatique des deux pays.
00:33L'industrie française stricto sensu serait toutefois plus carbonée que celle de son
00:38voisin allemand.
00:39C'est étonnant, mais c'est de prime abord le constat de l'étude de David Lolo,
00:43l'industrie est-elle plus verte ailleurs ? La France, face à l'Allemagne, publiée
00:47par la Fabrique de l'Industrie.
00:49L'ouvrage révèle qu'en 2021, l'industrie manufacturière française a émis environ
00:54un tiers de plus de gaz à effet de serre, les fameux GES, que son homologue allemand.
00:59Ce constat brut est néanmoins nuancé par l'auteur.
01:02Avant d'aller plus loin, il est utile d'apporter des précisions sur le vocabulaire utilisé
01:07dans l'étude.
01:08Il est fait notamment référence au GAG protocole, que l'on peut traduire en français par
01:15« protocole des gaz à effet de serre ». Ce protocole international vise à établir
01:19un cadre réglementaire pour mieux définir les émissions de gaz à effet de serre.
01:23En particulier celles issues de l'industrie.
01:26Seconde notion, le SCOP.
01:28Derrière ce mot énigmatique se cache une classification utilisée pour évaluer les
01:33émissions des gaz à effet de serre dans le cadre d'un bilan carbone.
01:36Encadré par le GAG protocole, les SCOP sont des outils qui permettent d'évaluer et
01:42de catégoriser les GES émis.
01:45On retrouve trois niveaux de SCOP dont deux sont repris par l'auteur.
01:49SCOP 1.
01:50Il correspond aux émissions de gaz à effet de serre directement émises par les activités
01:54industrielles.
01:55Le SCOP 2 couvre, lui, les émissions de GES indirectes résultantes de la production d'énergie
02:01achetée et consommée par les industriels, notamment l'électricité.
02:06Les industriels allemands sont globalement plus verts au niveau du SCOP 1.
02:12Ils sont plus vertueux mais finalement pas tant que ça.
02:15Deux éléments sont à prendre en compte.
02:17Le premier, les effets de structure.
02:20Un tissu industriel dont les activités intensives en carbone sont surreprésentées affiche,
02:26toute chose égale par ailleurs, un plus mauvais bilan carbone.
02:29C'est le cas de la France.
02:31Le second, le niveau de gamme.
02:33Une industrie mieux positionnée sur le haut de gamme dégage plus de valeurs à ajouter
02:37sans forcément produire plus de CO2, ce qui fait baisser son intensité carbone.
02:42C'est le cas de l'Allemagne.
02:43Ainsi redressée, l'écart entre les deux pays apparaît comme beaucoup plus mince qu'initialement.
02:48Au niveau du SCOP 2, les industriels français bénéficient d'un énorme privilège,
02:53celui du mix énergétique de la France, beaucoup moins carboné que celui de l'Allemagne
02:58dont la production d'électricité dépend notamment encore pour beaucoup du charbon.
03:03L'intégration du SCOP 2 dans le bilan carbone annule l'écart originellement observé,
03:08voire à l'inverse entre les deux pays.
03:11Et l'auteur de préciser que la France peut jouir encore pour quelques années de son électricité décarbonée,
03:17comme d'un avantage comparatif.
03:19Cela n'absout pas pour autant les industriels de faire des efforts en matière de décarbonation.
03:24L'horizon 2045 avec pour objectif la neutralité carbone n'est pas une simple ambition,
03:30mais une nécessité vitale pour maintenir la compétitivité de l'industrie française
03:35tout en répondant aux exigences écologiques de notre époque.
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