00:006h13 sur RTL, c'est l'heure de votre rendez-vous au plus près de l'info et au plus près,
00:09ce matin, de cette question que vous êtes nombreux à vous poser.
00:12Qui va payer ? Michel Barnier tente de boucler son gouvernement.
00:16Dans quelques jours, il faudra présenter un budget et la petite musique d'une hausse
00:19des impôts est dans l'air.
00:20Je rappelle ce chiffre, 3 milliards, c'est le montant colossal de notre dette, détenue
00:25d'ailleurs pour une bonne moitié, je le rappelle au passage, par des investisseurs
00:27étrangers qu'il va donc bien falloir rembourser.
00:29Alors, où trouver les sous ? Bonjour Mathieu Plana, vous êtes économiste, directeur adjoint
00:35de l'OFCE qui publie d'ailleurs aux éditions La Découverte son ouvrage de référence
00:39« L'économie française 2025 », tout un programme.
00:42Alors, il y a ceux qui disent pour faire entrer les sous, il faudra forcément augmenter
00:46les impôts et les autres qui disent il suffit de baisser les dépenses.
00:50Alors, qui a raison ? Au regard de l'ampleur du redressement
00:57des comptes publics, alors la dette c'est plus de 3 000 milliards, c'est quand même
01:00colossal.
01:01Au regard du redressement des comptes publics, si on veut revenir, alors il y a le déficit
01:06public, on parle aussi du déficit, en dessous des 3 %, alors même si l'horizon est à
01:112029 et pas 2027, c'est plus de 100 milliards d'euros qu'il va falloir certainement
01:16trouver, en plusieurs fois certainement, mais il est difficile d'écarter les deux pistes
01:21et ça ne passera pas où mais plutôt et à mon avis.
01:24Donc, ça veut dire qu'il y aura certainement des mesures sur la dépense publique qui sont
01:28déjà annoncées d'ailleurs, plus ou moins, mais aussi, et ça c'est un dogme qui tombe
01:33quelque part, quelque chose de nouveau, certainement des hausses d'impôts parce que les seules
01:37baisses de dépenses publiques ne suffiront pas.
01:38Alors, on dit hausses d'impôts des plus riches, mais c'est qui les plus riches ?
01:41Bon, ben justement, c'est important de le définir et c'est pour ça qu'on a besoin
01:46d'un budget et d'un ministre de l'économie pour nous éclairer un peu là-dessus.
01:50Ce qui circule en réalité, c'est qu'il y a des pistes autour d'une augmentation de
01:57la fiscalité du capital, par exemple.
01:59La fiscalité du capital a été baissée pendant le quinquennat précédent, ce qu'on appelle
02:04la flat tax, c'est-à-dire que les revenus du capital sont moins taxés que les revenus
02:07du travail.
02:08Donc, il pourrait y avoir un ajustement de ce côté-là.
02:10Il y a la question...
02:12Par exemple, on avait un boulanger tout à l'heure à l'antenne qui nous disait « je
02:15ne veux pas payer plus d'impôts », lui, a priori, il n'est pas concerné.
02:18Sauf s'il a un gros patrimoine financier, mais ce n'est pas le cas, non.
02:22À mon avis, l'idée, c'est quand même...
02:25J'imagine, dans un premier temps, c'est d'écarter des hausses d'impôts qui toucheraient la
02:29classe moyenne.
02:30C'est pour ça que le Premier ministre a parlé de justice fiscale et donc ça soutend
02:35en tout cas l'idée que ce seraient plutôt les plus hauts patrimoines ou les plus riches
02:40ou peut-être les plus grosses entreprises qui, dans un premier temps, mettraient le
02:43plus la main à la patte du redressement fiscal.
02:47Donc ça, augmentation des impôts, des plus aisés, on comprend, ce sera incontournable.
02:51Tailler dans les dépenses, où est-ce qu'on taille ? Parce que, vous avez eu raison de
02:56m'en prendre, j'ai dit 3 milliards de dettes, c'est effectivement 3 000 milliards, mais
03:00c'est tellement énorme.
03:01Où est-ce qu'on taille dans les dépenses ? Parce que forcément, tout le monde va défendre
03:06son petit précaré, là.
03:08Bien sûr.
03:09Alors, il faut savoir que, justement, ça va être les arbitrages qu'on attend et qu'on
03:13regarde, de savoir où ces économies peuvent être faites.
03:17Pour le moment, on parle surtout des dépenses de l'État.
03:22Donc, dans les dépenses de l'État, par exemple, vous avez des dépenses assez importantes
03:26en ce moment sur l'apprentissage.
03:27Donc, ça peut être une réduction des dépenses de la prime, par exemple, sur l'apprentissage.
03:31Mais donc, ça veut dire aussi que les entreprises seront moins aidées pour prendre des apprentis.
03:35Donc, potentiellement, ça veut dire aussi moins d'emplois créés chez les jeunes, typiquement.
03:40Vous avez peut-être certains crédits d'impôts qui vont être passés à la moulinette.
03:45On parle, par exemple, du crédit d'impôt recherche pour les entreprises.
03:49Et puis après, vous avez certainement des revalorisations de salaire du côté des fonctionnaires
03:54qui seront moindres ou des embauches qui seront moindres, si vous êtes plus contraints
03:58sur votre dépense publique.
03:59Et puis après, vous avez toute la sphère sociale.
04:01En réalité, ça, on n'a pas les éléments encore qui sont très importants en France.
04:05C'est pratiquement 50% des dépenses publiques.
04:07Et c'est savoir, est-ce que, par exemple, il y aura des coupes dans certaines prestations sociales ?
04:11Est-ce que ça peut concerner, à terme, les retraités ?
04:14Est-ce que ça peut concerner des remboursements de santé ?
04:16Par exemple, les indemnités, aujourd'hui, journalières de santé, peuvent être aussi réduites.
04:20C'est-à-dire que, par exemple, il faudra une durée de carence pour les arrêts maladies qui soient supérieurs.
04:24Donc, vous voyez, on aura certainement une palette assez large de mesures qui pourraient être prises.
04:29Mathieu Plane, 3 000 milliards d'euros de dettes.
04:32Concrètement, est-ce que la France est dans la situation de la Grèce en 2008 ?
04:36Non. Alors, je rassure quand même nos auditeurs, on n'est pas dans la situation de la Grèce.
04:40Mais on est dans une mauvaise situation.
04:42On n'est pas dans la situation de la Grèce.
04:43La Grèce avait une situation qui était catastrophique, avec des fragilités économiques aussi très fortes.
04:49Donc, nous, ce n'est pas catastrophique ?
04:51On n'est pas la Grèce. On ne fera pas défaut.
04:53On ne fera pas défaut, comme ce qui s'est passé en Grèce.
04:55Et par contre, on va certainement devoir redresser la barre très vite, et plus vite que ce qu'on a pu connaître.
05:01On va certainement aussi avoir ce qu'on appelle une priorité de risque.
05:04On la voit déjà aussi aujourd'hui, c'est-à-dire que quand l'État se refinance,
05:08parce que ça va lui coûter certainement un peu plus cher que ce qu'il payait avant.
05:12Et donc, ça, on va payer certainement, on va avoir des taux d'intérêt un peu supérieurs.
05:15Mais pour faire défaut, il ne faut plus être capable du tout de lever de financement.
05:19Et donc, à un moment donné, vous faites défaut.
05:21Aujourd'hui, voilà, la France reste quand même une économie solide.
05:25Les agents de notations l'ont dégradée.
05:26Mais si on doit mettre une note, on a encore 17 sur 20.
05:28Donc, on a un peu de marge de manœuvre.
05:30Oui, 17 sur 20.
05:31Mais ça veut dire qu'il va falloir... On peut être encore dégradé.
05:34Ça veut dire qu'il va falloir faire des efforts.
05:36Le problème aujourd'hui, c'est à la fois cette dette, mais c'est surtout la crise politique et qu'on n'a aucune vision.
05:41Quand vous me demandez où est-ce qu'on va faire des économies, où vont être augmentées les impôts,
05:44le problème, c'est qu'on n'en sait rien.
05:45Pour l'instant, on n'en sait rien. Merci beaucoup, Mathieu Plan.
05:48Donc, oui, 3 000 milliards de dettes, c'est énorme.
05:51Et il va falloir agir tout de suite.
05:52Mais ce n'est pas la Grèce. On ne risque pas de faire des faux comme la Grèce en 2008.
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