00:00Comment maintenir son autorité quand on a commis une erreur stratégique ?
00:03Voilà une question épineuse et vous voyez peut-être où je veux en venir.
00:06C'est l'histoire d'un homme puissant qui aime décider seul ou en très petit comité
00:09et qui a décidé de prendre une décision importante, dissoudre l'Assemblée nationale.
00:13Cet homme décide de mettre en scène sa décision en demandant à une photographe
00:18d'immortaliser les visages de ceux qui découvrent en live, en direct, la nouvelle.
00:23Un PDG peut aussi choisir de faire pivoter son entreprise
00:26en prenant tout le monde de court.
00:27C'est plus compliqué en entreprise parce qu'il y a un conseil d'administration et des garde-fous.
00:31Mais cela reste possible qu'un homme d'affaires, un décideur, un capitaine,
00:36décide de faire pivoter son entreprise en lui faisant peut-être prendre le mauvais chemin.
00:40En politique, en revanche, il est possible de renverser la table
00:42en une décision aussi grave que celle de dissoudre.
00:45Peut-être était-il nécessaire de se poser quelques questions au préalable
00:47avant de prendre une décision aussi grave.
00:49Le président s'est-il posé ces questions ?
00:51Est-ce que cette décision, aussi bonne soit-elle,
00:54est-elle placée au bon moment dans le calendrier ?
00:56Est-il judicieux dans cette temporalité de prendre une décision
00:59qui allait décaler, déstabiliser l'ensemble du corps électoral et des citoyens ?
01:04La décision, encore une fois, aussi juste soit-elle,
01:07ne risque-t-elle pas de provoquer plus de dégâts que de bienfaits ?
01:10Enfin, lorsque la décision est prise et qu'elle suscite de l'émoi, des angoisses,
01:14au-delà de ce qu'on avait pu imaginer,
01:15faut-il garder le cap ou au contraire faire amende honorable ?
01:18Le président, lui, dans les rues du Touquet, vous l'avez probablement entendu, a gardé le cap.
01:22Vous n'avez jamais regretté depuis le 9 juin ?
01:24À aucun moment ?
01:25Quelques jours à peine après ce choix,
01:27le président était déjà désavoué par ses alliés, ses amis d'hier,
01:31estimant qu'il avait dissout la démocratie.
01:34Et ainsi, il lui indiquait qu'il n'avait plus sa place et que son choix le mettait hors-jeu.
01:38Affaire terminée, pas si simple.
01:40Est-ce que ce type d'attitude, qui pourrait être considérée comme de l'arrogance,
01:43est une attitude positive ?
01:45Regardez, c'est vrai en politique, mais c'est vrai aussi dans le sport,
01:48des coachs sportifs, je pense à Raymond Domemecq, à Mourinho,
01:51toujours dans le football, ils étaient provocateurs, arrogants en conférence de presse.
01:54Ils agaçaient aussi, mais ils avaient des résultats.
01:56Mais le jour où la mécanique s'est grippée, c'était la Lali.
01:59On se souvient de l'Afrique du Sud, de ces joueurs ne voulant pas
02:03descendre du bus, des joueurs de l'équipe de France,
02:06où Mourinho, bien qu'il a justement doucement été mis sur le banc de touche,
02:10et c'est le cas de le dire, on les avait encensés, admirés,
02:13on les jetait aux orties.
02:14Et les journalistes, d'ailleurs, de rappeler cet adage,
02:17ces trois ailes, vous les connaissez,
02:20je lèche, je lâche, je lynche.
02:23À méditer.
02:23À très très bientôt, évidemment, pour un prochain Un coup de chardon.
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