00:00J'ai la chance de recevoir le comédien Bernard Campant et le producteur devenu réalisateur Takis Kordilis.
00:07Bonjour à tous les deux, vous venez nous présenter le film L'Enfant qui mesurait le monde.
00:12Avant de partir en Grèce avec vous et de parler de ce film, on va dresser votre portrait sonore.
00:17Des petits sons pour mieux vous connaître, voici le premier.
00:19Didier, Bernard, Pascal, c'est moi, les inconnus sur Europe 8 !
00:26C'est une époque !
00:28Les inconnus de l'après-midi !
00:3087-88 sur Europe 1, de 15h30 à 17h.
00:34Vous étiez vraiment pratiquement inconnus à l'époque.
00:38Quels souvenirs vous en gardez ? En réécoutant vos émissions, je me suis dit que ça a dû être un boulot de dingue.
00:46Je pense à Philippe Pénaud qui était aux manettes.
00:52Philippe Pénaud que je salue parce que je sais qu'il écoute encore, toujours, Europe 1.
00:56On n'arrêtait pas, on commençait le matin à 9h et le soir même après l'émission qui devait être vers 16h ou 17h, on recherchait encore des idées.
01:06C'était toute la journée en fait.
01:08Et vous étiez encore 4 à l'époque ?
01:10Après le départ de Smaïne et avant le départ de Seymour Bruxelles, c'est ça ?
01:14Pourquoi ils sont partis d'ailleurs tous les deux ?
01:16Je ne sais pas, il faut leur demander.
01:18Smaïne n'était pas fait pour le groupe, c'est un one man showman, il n'était pas à l'aise.
01:24Il a profité de notre départ de chez Bouvard.
01:28J'ai appris que Bouvard prenait sa retraite à 95 ans, je vous l'ai écouté.
01:32Il a quitté le groupe comme ça et après Seymour, c'était une mésentente plutôt avec Lederman.
01:38Allez, extrait sur, écoutez.
01:44Une musique que vous connaissez bien, Olivier Benkemun.
01:48La musique du Festival de Cannes.
01:50Parce que Takis Kandilis, vous produisez et réalisez votre premier long métrage en 1982.
01:56Ça s'appelait Transit avec Richard Bouranger, c'est ça ?
02:00Ça a été présenté au Festival de Cannes dans la sélection Perspective.
02:04Et puis ensuite, plus rien.
02:06J'ai quand même fait quelque chose.
02:08Bien sûr, on va en parler.
02:10Plus rien en tant que réalisateur, c'est ce que je voulais dire.
02:12Est-ce que vous avez été traumatisé par cette première expérience ?
02:16Tout à fait.
02:18C'est clair.
02:20Parce qu'un film, c'est...
02:22En l'occurrence celui-là, j'ai travaillé nuit et jour, mais vraiment comme un dingue.
02:26Et la copie a été prête la veille de la présentation à Cannes.
02:32Je n'avais pas vu le film fini, vraiment.
02:34Les bobines sont arrivées avec un assistant à la gare de Cannes.
02:38Et le soir, à 20h, au Star, c'était là où était la quinzaine et Perspective,
02:42on présente le film, et moi je regarde le film et je me dis
02:46« mais merde, je suis complètement passé à côté ».
02:48Et donc j'ai été traumatisé.
02:50Ce n'est pas du tout ça ce que je voulais faire, c'est ce que vous vous êtes dit en fait.
02:52Oui, oui, vraiment.
02:54Donc, tact.
02:56Et je me suis dit, il faut que je change.
02:58Et voilà, c'est ce que j'ai fait.
03:00Il faut que je change de métier.
03:02En tout cas, peut-être, je me pensais à Orson Welles à 23 ans
03:06qui fait Citizen Kane.
03:08Je me suis dit, c'est peut-être ça.
03:10Et ben, tout à fait.
03:12Pourtant, la fiction, ça vous a poursuivi quand même.
03:14Toujours, oui.
03:16J'ai toujours raconté des histoires.
03:18Alors, je ne suis pas parti loin.
03:20Je suis allé à la télévision, où j'ai passé 42 ans.
03:22Et pour les plus jeunes qui nous écoutent,
03:24des bobines, c'était à l'époque
03:26que le cinéma était sur des films.
03:28Et il arrivait à la gare de Cannes comme ça.
03:32C'est fou, ouais.
03:34C'était des grosses caisses comme ça,
03:36cadenassées et tout.
03:38Elle est très souveraine.
03:40On connaît tout.
03:42Depuis la découverte du feu, jusqu'au produit light,
03:44les invasions, les guerres, la poésie,
03:46les souffrances, la famine, l'amour,
03:48j'ai envie de t'embrasser, les inventions, tout.
03:50Quoi ?
03:52Comment ?
03:54Qu'est-ce que vous avez dit ?
03:56La famine, tout.
03:58J'allais dire tout ce qui fait l'homme.
04:00Non, avant, vous avez dit quoi ?
04:02Je ne me souviens plus.
04:04Pardon, j'ai...
04:06J'ai cru...
04:08Je me suis trompée.
04:10C'est pas grave.
04:12Donc le bébé, c'est tout.
04:14J'ai très envie de t'embrasser.
04:16Non.
04:18Vous l'avez redit, là.
04:20Vous avez...
04:22Envie de t'embrasser ?
04:24Très envie, oui.
04:26C'est magnifique, ce souvenir des belles choses.
04:28Votre carrière a pris un nouveau tournant.
04:30J'ai laissé ce rôle un peu cueilli
04:32en l'écoutant, parce que la force
04:34du son sans l'image,
04:36c'est pas le cinéma, c'est juste le son,
04:38mais ça prend une force aussi étonnante.
04:40Et c'était un sacré pari pour Zabou Bretman
04:42de vous confier ce rôle à cette époque ?
04:44Oui. Elle cherchait quelqu'un
04:46qui soit à la fois pas trop usé
04:48à l'image, mais un peu connu aussi
04:50pour porter le film.
04:52J'étais un peu le garçon
04:54à l'époque idéal.
04:56Et elle a su déceler chez vous
04:58un don pour le drame,
05:00le pouvoir de jouer des choses graves.
05:02Est-ce que c'est ça aussi ce qui vous a donné...
05:04Est-ce que c'est ce film en particulier,
05:06Takis Kandili, ce qui vous a donné envie de travailler avec Bernard Cantan ?
05:08C'est celui-là, c'est le suivant
05:10qu'ils ont fait ensemble.
05:12Avec Isabelle Carré.
05:14Et puis surtout, c'est
05:16Presque,
05:18le film qu'a réalisé et écrit Bernard.
05:20Avec Alexandre Joliot.
05:22Et que j'ai trouvé super.
05:24Formidable d'émotions,
05:26de sensibilité et de justesse.
05:28Et je me suis dit,
05:30je cherchais aussi quelqu'un qui n'était pas connu.
05:36Evidemment, je cherchais
05:38un acteur.
05:40Mais ce n'est pas évident, parce qu'il fallait
05:42un acteur qui puisse incarner quelqu'un
05:44qui est grec d'une deuxième génération.
05:46Donc il faut quand même
05:48un passif et un vécu derrière.
05:50Et on va en parler dans un instant de ce film
05:52L'enfant qui mesurait le monde.
05:54C'est en salles ce mercredi.
05:56A tout de suite sur Orphe.
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