00:00Vous écoutez Culture Média sur Europe 1 9h30 11h avec Thomas Hill et ce matin, ce lundi 11 novembre en direct sur Europe 1,
00:07Thomas, vous recevez Gérard Juniau pour le film On aurait dû aller en Grèce qui sort mercredi.
00:12On ne vous a pas remercié d'ailleurs de venir un jour férié, Gérard Juniau quand même, merci beaucoup.
00:16Oui, c'est vrai, c'est quand même, j'accepte de remercier, moi je suis en retraite.
00:23Ah vous êtes en retraite, vous tournez tout le temps ?
00:25Oui tout le temps, je n'ai jamais travaillé autant.
00:27C'est une retraite active quand même.
00:30Vous savez, dans notre métier, la retraite c'est très signifié, c'est très proche de la retraite de Russie, de la débarque.
00:36Ah c'est ça, d'accord, d'accord.
00:38Non, je suis ravi de faire plein de trucs, donc voilà, je n'ai pas d'horaire.
00:44On est très heureux de vous avoir ce matin avec nous et on va pouvoir revenir sur quelques souvenirs,
00:49dresser votre portrait sonore, voici le premier petit son.
00:52Remets ta moustache !
00:59Moustache de Philippe Catherine, parce qu'il paraît que même enfant, Gérard Juniau, vous portiez la moustache.
01:05En tout cas, dans les spectacles d'école, vous mettiez toujours une fausse moustache.
01:11Oui, c'est vrai, j'ai débuté en faisant un ministre, j'avais 10 ans, j'avais une fausse moustache.
01:19Mais bon, je l'ai coupée, enfin pas assez vite, mais quand je revois ça, je trouve ça assez absurde d'avoir une moustache.
01:28Je ne sais pas pourquoi j'ai gardé cette moustache ridicule aussi longtemps,
01:31mais au départ, c'était pour me vieillir un peu et travailler plus vite.
01:36Je me souviens avoir fait une pub, je devais avoir 25 ans, le type me dit,
01:42voilà, je vous présente vos enfants, ils avaient 12 ans,
01:45et donc, aux 15 ans, même, je faisais un peu plus vieux, ça m'a permis de travailler plus vite.
01:51Il y a un film où on vous a vu totalement rasé, je ne sais pas s'il y en a d'autres,
01:54mais je pense à Tandem de Patrice Lecomte, je pense que c'est le seul où vous êtes complètement...
01:58Ah non, il y en a d'autres, il y en a d'autres.
02:00Il y en a d'autres, il y en a d'autres.
02:00Il y en a d'autres, il y en a d'autres.
02:01Il y en a d'autres, il y en a d'autres.
02:01Il y en a d'autres, il y en a d'autres.
02:02Il y en a d'autres, il y en a d'autres.
02:03Et puis après, il y a eu Fantôme avec Chauffeur,
02:06et non, il y a eu beaucoup de films où j'étais glabre,
02:09et puis après, il zabarbe pour cacher un peu les...
02:11les...
02:14Les signes du temps.
02:15Oui, c'est ça.
02:17C'est vrai que quand votre mère a vu Tandem,
02:18elle vous a demandé si vous aviez changé de coiffure.
02:20Oui, j'avais une perruque.
02:23Et je lui ai dit, mais oh, je suis chaud.
02:26Je trouve ça génial.
02:27Allez, un autre petit son, écoutez ça.
02:30Votre responsable sera Jean-Baptiste Foucret.
02:33Oui !
02:34C'est parti pour Mickey !
02:36C'est vous dire qu'avec un chef tel que Jean-Baptiste,
02:38les plus pures traditions du scoutisme seront respectées à la lettre.
02:42Scout toujours ?
02:43Oui !
02:44Très !
02:45Quel film formidable !
02:46Scout toujours.
02:47Votre deuxième film comme réalisateur, Gérard Juniau.
02:50Et c'est...
02:52Parce que c'est un peu chez les scouts aussi
02:54qu'on a commencé à déceler vos talents de comédien,
02:56si j'ai bien compris.
02:57Oui, je faisais des petits sketchs pour les veillers.
03:01Et puis j'ai fait un de mes premiers films en double 8 mm,
03:05chez les scouts.
03:06Oui, non, c'est...
03:07Il y avait surtout un chef scout formidable
03:09qui m'a fait découvrir le cinéma.
03:14C'était une troupe catholique,
03:16mais très très modeste et très modérée.
03:18Et donc on passait beaucoup de temps au cinoche,
03:20on allait à la cinémathèque,
03:22j'ai découvert plein de films grâce à ce type
03:26qui est un type formidable.
03:28Et vous en avez fait des pastiches d'ailleurs.
03:31J'ai vu, vous avez fait...
03:32Alors, Les 400 coups, c'est devenu Les 400 coups.
03:35Voilà, vous tourniez ça au Super 8.
03:37Oui !
03:38Ça je...
03:39C'est pas votre meilleur film !
03:41J'avais 12 ans !
03:43Oui, c'est ça.
03:44Et puis déjà quand même à 14 ans,
03:46devant votre objectif,
03:47il y avait votre grande amie.
03:49Tu dînes avec nous ce soir ?
03:50Non, je peux pas, j'ai un rendez-vous.
03:52Avec qui ?
03:53Avec la patronne de l'hôtel.
03:55Je peux pas lui poser un lapin,
03:56ça serait dur, elle a tellement insisté.
03:58Et puis en plus, je sens que ce soir,
04:02je vais conclure.
04:03Tu m'aides pas là ?
04:04Non, pas là.
04:06Vous êtes le premier à l'avoir filmé en fait,
04:08avec finalement Michel Blanc, Gérard Geniaux.
04:10Oui, mais il y avait aussi Thierry, je crois,
04:12et Christian dans un autre film.
04:14Dans le même film d'ailleurs,
04:16ça s'appelait Dagraou.
04:18Mais on faisait beaucoup de choses au lycée.
04:20C'est là qu'on s'est rencontrés,
04:22donc c'est vrai que ça date.
04:24Et vous avez vécu des années fantastiques
04:26avec lui, avec la Troupe du Splendide,
04:28vous nous le disiez, qui ont marqué les Français.
04:30Vous étiez un petit peu éloignés
04:32ces dernières années ?
04:34Oui, chacun...
04:36On a dit « nous » pendant 15-20 ans,
04:38et après on disait « je ».
04:40Donc on se retrouvait, et à chaque fois qu'on se retrouvait,
04:42on rigolait comme des cons.
04:44La dernière fois, c'était pour la Couve de Paris Match ?
04:46Oui.
04:48On a beaucoup, beaucoup, beaucoup ri.
04:50Et Michel était arrivé, comme d'habitude,
04:52en ronchonnant, il s'était foulé
04:54le doigt de pied, je sais pas quoi.
04:56Casse-couille, comme toujours.
04:58Il était très, très...
05:00Il y a toujours un truc.
05:02Mais puis après, ça s'arrangeait,
05:04et puis on riait.
05:06C'était un formidable dialoguiste,
05:08il avait le sens de la formule.
05:10C'était la vraie...
05:12C'est vraiment un grand auteur,
05:14et c'est vrai que ça nous a un peu surpris.
05:16Ça nous a foutu un petit coup
05:18de l'air.
05:20C'est arrivé très tôt, surtout.
05:22Et puis surtout, d'une manière tellement soudaine,
05:24et un peu bizarre,
05:26une espèce de choc anaphylactique,
05:28à cause d'un antibiotique.
05:30C'est vraiment un truc très bête.
05:33Pour finir, on va se faire un petit plaisir.
05:35Quelques secondes de pur talent, écoutez ça.
05:37Chouchou, je te préviens, la prochaine, c'est pour toi.
05:39Si tu me suis pas, je te tue.
05:40Je préfère mourir de suite que de repartir avec toi, gros !
05:42Ne rigole pas, Josette ! Je vais te tirer dans la grosse !
05:44Ça va pas bien ! Mais qu'est-ce que j'ai fait,
05:46au bon Dieu, pour tomber dans cette maison de fous ?
05:48Pourquoi vous vous butez sur cette femme ? Il y en a d'autres !
05:50Je parle pas pour moi, mais tenez, prenez Thérèse, par exemple !
05:52Non, c'est Chouchou que je veux, pas la moche !
05:54Je vous en prie !
05:56Figurez-vous que Thérèse n'est pas moche,
05:58c'est différent.
06:00Le père de Val est une ordure.
06:02C'est pas très woke.
06:04C'est pas 2024 !
06:06C'est vrai que vos copains voulaient vous faire jouer,
06:08Katia d'ailleurs, le rôle de la travestie,
06:10jouée par Clavier, au départ.
06:12Oui, mais justement, à cause de cette moustache...
06:14Vous vouliez pas quitter la moustache ?
06:16Non, et surtout, ça me saoulait de me maquiller tous les jours.
06:18C'est fatiguant.
06:20Il faut se démaquiller,
06:22le rouge à lèvres, le truc...
06:24C'est marrant, parce qu'on a du mal à imaginer les rôles inverses,
06:26on s'est tellement identifiés.
06:28Oui, mais on changeait beaucoup.
06:30Moi, j'ai joué Mortez un moment en tournée,
06:32Michel a fait le Père Noël une fois ou deux,
06:34Josiane a fait Josette,
06:36Zézette, plutôt.
06:38C'était une période où on se remplaçait,
06:40on était assez insouciants,
06:42on pensait un peu n'importe quoi,
06:44et ce n'importe quoi était quand même
06:46très travaillé.
06:48Gérard Junio qui est avec nous jusqu'à 11h,
06:50et puis dans un instant, on va parler livres
06:52avec Nicolas Caro.
06:54On se retrouve tout de suite sur Europe 1.