00:00Vous écoutez Culture Média sur...
00:02Je ne suis pas absolument d'accord...
00:04Hier je m'en suis plié à la première...
00:06On est à l'antenne...
00:08Excusez-moi...
00:10J'étais en train de terminer...
00:12On parlait de l'affiche du film
00:14L'art d'être heureux, qui est superbe.
00:16Vous me disiez, toute jaune comme ça, c'est même aussi.
00:18Magnifique, tous les tons que j'adore !
00:20Les auditeurs vont vous dire
00:22il est complètement fou ce type-là.
00:24Vous écoutez Culture Média 9h30-11h
00:26et vous avez certainement reconnu la voix
00:28de Benoît Poulevard qui joue dans
00:30L'art d'être heureux qui sort demain au cinéma
00:32et accompagné du réalisateur du film Stéphane Liberski.
00:34Et on va dresser maintenant votre portrait sonore
00:36des petits sons pour mieux vous connaître.
00:38Voici le premier.
00:40Regarde, qu'est-ce qui te saute la première fois que tu vois ça ?
00:42La première chose qui te saute aux yeux ?
00:44Les briques ? C'est les briques rouges ?
00:46Et le rouge c'est la couleur de quoi ?
00:48Le rouge c'est la couleur du sang ?
00:50Le rouge c'est la couleur des indiens ?
00:52C'est la couleur de la violence ?
00:54Alors que le fléau de notre société
00:56et tout le monde s'accorde à le dire
00:58et la violence, ils vont te foutre des briques rouges.
01:00Mais le rouge c'est aussi la couleur du vin mon vieux.
01:02Vin qui dit vin dit pot de vin.
01:04Parce que tout ça c'est magouille et compagnie,
01:06c'est politico, je ne sais pas tout quoi
01:08mais tu vois c'est des histoires de fric.
01:10Ça me désole.
01:12Tu m'as n'importe où avec ta caméra.
01:14Ça vous fait encore marrer.
01:16C'est arrivé près de chez vous.
01:181992.
01:20J'ai entendu un jour
01:22dans la bouche d'un homme politique,
01:24qui a fait comme moi
01:26la liaison, mais tout ça c'est
01:28magouille et compagnie.
01:30Je me dis,
01:32c'est certainement un homme politique qui a dû faire sa jeunesse
01:34avec cet arrivé près de chez vous.
01:36C'est revenu dans magouille maintenant,
01:38il y a virgule et compagnie.
01:40Bien sûr, bien sûr.
01:42J'étais déjà un bavard.
01:44C'était un film d'études de votre ami Rémi Bellevaux.
01:46Vous avez complété ensuite pour une sortie au cinéma
01:48qui a été un carton en salle.
01:50Ça a fait 500 000 entrées en salle.
01:52Je vous parle d'un temps
01:54où j'étais encore un peu connu.
01:56C'était un énorme succès.
01:58Au départ, je crois que vous vous êtes basé sur une BD.
02:00Pas du tout.
02:02Au départ, nous étions assez prétentieux.
02:04Nous voulions faire un adapté.
02:06Vous avez raison, c'était une bande dessinée
02:08qui s'appelait Tuer ses vivres.
02:10C'était un dessinateur espagnol.
02:12On ne doutait de rien. On dirait qu'on prendra Nicolas Cage.
02:14Je n'avais pas l'intention d'être acteur.
02:16On va l'adapter, on appelle Nicolas Cage.
02:18Ça va se faire très vite. À l'époque, il n'y a pas encore les portables.
02:20Du moment qu'il n'y a personne à la cabine,
02:22on y va, on l'adapte.
02:24C'est juste qu'on tourne bien la phrase en anglais.
02:26Nicolas, tiens, je t'envoie le bazar,
02:28je t'envoie un petit script.
02:30On s'est rendu compte que c'était peut-être un peu perdu.
02:32On s'est dit, si on veut faire la même chose, on va le faire en documentaire.
02:34D'où l'idée de Rémi Bellevaux,
02:36qui est devenu C'est arrivé près de chez vous.
02:38Ça tombait pile au moment où Striptease
02:40commençait à déborder sur des sujets
02:42où on se disait, est-ce que Striptease, c'est vraiment...
02:44Il y a 10 émissions qui étaient diffusées en Belgique et en France.
02:46On a pu sortir là-dessus et ça tapait pile au moment.
02:48C'était exactement dans le style.
02:50On faisait beaucoup de docu, de trucs sur les plus.
02:52Vous disiez que vous n'aviez pas forcément
02:54envie d'être acteur à ce moment-là.
02:56Il parait que vous vous êtes mis au théâtre
02:58pour plaire à une fille, c'est vrai ça ?
03:00C'est absolument vrai.
03:02J'étais très intéressé
03:04par une jeune fille qui s'appelait Laurence,
03:06que j'appelais Lorca.
03:08Elle s'en reconnaîtra, d'ailleurs elle dessine aussi.
03:10Et...
03:12Je l'ai venue proposer dans ma classe.
03:14Je parle dans les petites classes.
03:18Elle faisait une pièce de théâtre amateur
03:20et il fallait quelqu'un pour faire l'affiche gratos.
03:22Alors j'ai proposé d'aller
03:24voir la pièce et de faire l'affiche gratos
03:26de manière à me rapprocher de cette jeune fille.
03:28Ça a fonctionné ou pas ?
03:30J'ai vu la pièce, le spectacle.
03:32C'est un peu long ce que je raconte, mais vous avez le temps de parler.
03:34Mais vous me le dites.
03:36Et...
03:38Ensuite, j'ai été voir le spectacle.
03:40Enfin, qu'ils écrivaient, parce que c'était des amateurs.
03:44Et un des acteurs s'est écrasé contre un bus.
03:46Il a perdu...
03:48Ne vous inquiétez pas, il est resté vivant.
03:50Il a gardé la vie.
03:52Comme moi, j'avais vu le spectacle.
03:54On a proposé
03:56Est-ce que tu veux pas le faire, parce que tu connais le spectacle ?
03:58Il avait quatre phrases à dire
04:00dans une cabine téléphonique, d'ailleurs.
04:02Je l'ai fait pour me rapprocher.
04:04Vous allez me demander, est-ce que vous l'avez...
04:06J'aimerais bien savoir, oui.
04:08Ah, quand même.
04:10D'accord, d'accord.
04:12Et alors, la même année, en 1992,
04:14il y avait ça à la télé belge.
04:16Allô, les amateurs !
04:18Ça, j'ai laissé c'qu'il y avait.
04:20J'ai même avec mon poisson !
04:24J'ai un petit sanglier !
04:28Avec un robinet qui fouille !
04:30Fouille, fouille !
04:32Here we go !
04:34Thank you, guys !
04:36Welcome to the America !
04:40Les snuls, allô les américains,
04:42parce que Canal+, France avait les nuls,
04:44Canal+, Belgique avait les snuls,
04:46et Stéphane Liberski, vous étiez auteur
04:48et réalisateur, et c'était vraiment les nuls,
04:50version belge, et puis Benoît avait fait une apparition.
04:52Faut voir le costume, hein.
04:54On se connaissait déjà.
04:56Et donc, oui, je remarque en écoutant
04:58la chanson que ça n'a pas tellement changé.
05:00Allô, les américains !
05:02On appelle toujours les américains.
05:04Le gendarme du monde, oui, voilà.
05:06Et après, vous avez fait un film, c'est ça ?
05:08Un film belge.
05:10L'idée, c'était des émissions, comme les nuls,
05:12et puis on a
05:14élaboré les émissions, de sorte que
05:16avec les émissions à l'écoupement,
05:18de manière très subtile, on ait pu faire
05:20un long métrage.
05:22Le long métrage s'appelle Film Belge,
05:24et ce sont tous des extraits des émissions
05:26qui sont venues
05:28hebdomadairement, quoi.
05:30C'est très culte
05:32chez nous, hein, les nuls.
05:34Je peux vous donner mille exemples.
05:36Ça, c'est vraiment belge, encore une fois.
05:38Mais il y en a tant, tant, tant
05:40à raconter sur les nuls.
05:42Il y a autre chose qui est absolument culte
05:44en France, ce sont les carnets
05:46de M. Manhattan.
05:48Le diagnostic était sans appel.
05:52Syndrome de botte.
05:57Là, il avait une tête
05:59en forme de godasse.
06:01Ça fait rire, mais ça va.
06:03Mais j'ai eu du mal à m'en remettre.
06:05Les carnets de M. Manhattan,
06:07c'est absolument génial.
06:09Il faut préciser, à l'image, c'est un enfant avec une tête
06:11à la place de la tête, il a une botte.
06:15Peut-être certains médecins nous écoutent,
06:17le syndrome de botte existe vraiment, je me rappelle plus du tout de quoi c'est,
06:19mais ça nous faisait hurler de rire,
06:21l'enfant qui vient avec une botte à la place de la tête.
06:23Et vous vous autorisiez tout, là-dedans,
06:25c'est ça qui était génial.
06:27À la grande époque de Canal,
06:29on pouvait faire vraiment, on avait même exigé,
06:31enfin exigé, c'est un mot fascinant,
06:33on avait demandé de pouvoir le faire
06:35en pellicule pour que ça reste des petits films
06:37qu'on ait vraiment le vernis
06:39du 16 mm.
06:41On nous avait laissé faire, et en plus,
06:43on n'a jamais eu la moindre
06:45censure, une seule fois
06:47sur les Césars.
06:49On m'avait demandé de faire un...
06:51C'est d'ailleurs comme ça que j'explique
06:53aussi, j'ai jamais de César,
06:55mais pourtant il en a disparu, monsieur.
06:57Et on avait fait un où je me moquais de
06:59M. Craven, et c'était peut-être maladroit,
07:01mais celui-là, on nous l'a censuré.
07:03Celui-là, il est à Thaïlande.
07:05Vous avez travaillé dessus aussi, Stéphane Liberti,
07:07sur ses disquettes ?
07:09Oui, il y en a un où je fais un professeur de philosophie
07:11versé dans l'Allemagne.
07:13Oui, il le fait très bien,
07:15les profs du NIF, il le fait super bien.
07:17Et alors j'ai réfléchi à un truc,
07:19parce qu'à un moment, il termine toujours en disant
07:21« Et je suis au CNRS ». Vous avez remarqué ?
07:23Quand les gens rejoignent, il y a toujours « Et je suis chercheur au CNRS ».
07:25Et je me suis dit un truc,
07:27par exemple, le CNRS,
07:29vous pouvez dire que...
07:31C'est toujours des noms...
07:33L'ARCOM, prenez l'ARCOM par exemple.
07:35Moi, si je devais ouvrir un café,
07:37un bistrot,
07:39je le baptiserais ou le CNRS,
07:41ou l'ARCOM !
07:43Chaque fois qu'on vous demande...
07:45Et quand ta femme te demande « Mais tu viens d'où ? T'étais où ? »
07:47Tu lui dis « Excuse-moi, j'étais à l'ARCOM ! »
07:49« Bah oui, j'étais à l'ARCOM,
07:51il fallait t'y attendre ! »
07:53« Mais en fait, tu passes tes soirées ? »
07:55« Bah oui ! »
07:57Et après, je suis passé au CNRS, et c'est 3 mois que ça a bardé !
07:59Je trouve que tous les noms
08:01qui sont de discipline,
08:03tu peux en faire un nom de café.
08:05Réfléchissez bien autour de vous,
08:07cherchez les noms de discipline.
08:09Ça en fait un bistrot, ça marche un mois.
08:11Et puis après, on se rend compte que l'ARCOM...
08:13Il y a pas mal de mecs qui sont à l'ARCOM.
08:15« Je suis à l'ARCOM ! »
08:17On va parler d'une autre de vos passions,
08:19la bande dessinée avec Sébastien Bordenave.
08:21On revient tout de suite.