00:009h30-11h, Culture Média, Thomas Hill.
00:03Merci beaucoup d'être avec nous pour la suite de Culture Média.
00:06Nous a rejoint dans ce studio Sébastien Bordenave qui nous emmène à Angoulême ce matin.
00:10Oui, exact, vraiment, pas rien de caché.
00:12Et Olivier Benkemoun qui nous emmène au Cinoche.
00:14Salut à tous.
00:16On ne va pas être déçus.
00:18Il n'a pas aimé.
00:20Et alors j'ai la chance de recevoir ce matin le voisin du dessus.
00:22Il vient de descendre l'escalier pour venir nous voir.
00:25Ça a été très dur.
00:27Alors de trois heures d'antenne en direct sur Europe 2, c'est Benjamin Castaldi.
00:31Salut collègue.
00:33Ça va, ça va mon petit Thomas ?
00:35Bienvenue, ça fait plaisir de vous voir à ce micro d'Europe 1, ça fait quelques années.
00:37J'étais sur Europe 1 de 1997 à 2001 je crois.
00:41Comment ça s'est passé cette émission ce matin ?
00:43C'est trois heures d'antenne.
00:45Pas mal.
00:47C'était mignonné, c'était cracouné, ça se mangeait sans fin.
00:49Vous avez bien réveillé la France.
00:51J'ai très bien Castaldi réveillé la France.
00:53C'est Casta, c'est Castaldi.
00:56Ouais c'est mieux.
00:58Parce que Casta, on pensait à Laetitia.
01:00Ah oui, ça pouvait prendre.
01:02Déjà t'es déçu.
01:04Alors vous venez nous présenter votre nouveau livre,
01:07Et si tu devais ne plus m'aimer.
01:09Mais avant d'en parler, on va adresser votre portrait sonore.
01:11C'est la tradition ici, des petits sons pour mieux vous connaître.
01:13Voici le premier.
01:21Je ne sais pas si vous reconnaissez le générique télé.
01:23Bah ça doit être...
01:25Bah si, c'est le cinéma de minuit ça.
01:27Non, c'était un peu plus tôt.
01:29C'était Apostrophe.
01:31Il était 20h30.
01:33Vous savez que c'était l'émission que ma grand-mère me faisait regarder
01:35toutes les semaines.
01:37Vous imaginez un enfant
01:39de 7, 8, 9, 10 ans
01:41quand sa grand-mère lui dit
01:43ce soir on va regarder Apostrophe.
01:45C'était un grand moment de déprime pour moi, je t'avoue.
01:47Mais c'est bien, elle vous encourageait à lire.
01:49Elle m'encourageait, c'est vrai qu'elle m'encourageait à lire.
01:51En plus à la campagne, il y avait tous les classiques.
01:53J'étais obligé de lire.
01:55Je suis content maintenant de les avoir lus, mais à l'époque,
01:57c'était vraiment un pinceau.
01:59Vous étiez très proche d'elle, mais vous dites que c'est le jour de sa mort
02:01que vous avez vraiment réalisé ce que représentait
02:03Simone Signoret et son parcours incroyable.
02:05En fait, c'est toujours comme ça.
02:07Quand on est dans une famille, on ne s'intéresse jamais à ce qu'on a
02:09en face de soi et on pense toujours à autre chose.
02:11Et c'est vrai que moi, quand elle est morte,
02:13j'avais 15 ans, donc je pensais plus
02:15aux filles et au tennis.
02:17Et pas tellement à son parcours absolument incroyable.
02:20Je me suis rendu compte, quand j'ai fait le trajet
02:22qui m'amenait de Paris à la maison de campagne,
02:24à Auteuil, donc il y avait une heure et demie de voiture,
02:26et il y avait toutes les radios européennes qui parlaient
02:28de sa carrière, je me suis dit, bon Dieu,
02:30mais t'es passé complètement à côté, mec.
02:32En fait, j'avais presque pas vu de films
02:34avec elle, à la différence de ceux
02:36que j'avais vus avec mon temps.
02:38Alors que j'étais passionné de cinéma, mais pas forcément
02:40ceux de ma grand-mère.
02:42Et je me suis dit, il va falloir que tu rattrapes tout ce temps perdu.
02:44Et je pense que je l'ai largement rattrapé,
02:46mais sur le moment, c'était assez abyssal comme sentiment.
02:48Alors, passionné de cinéma,
02:50Benjamin Castaldi, puis vous avez entamé des études
02:52de sciences éco, je t'ai dit, j'ai bien dit,
02:54entamé...
02:56J'ai commencé à bosser chez l'ancêtre
02:58d'Uber Eats ou Deliveroo.
03:00C'est Fringal.
03:02Ça a été un carnage,
03:04Fringal.
03:06J'ai enchaîné quelques beaux succès dans ma vie,
03:08dont celui-là.
03:10Et puis un jour, on vous a découvert à 19h sur France 2.
03:18Studio Gabriel, avec Michel Drucker.
03:20C'était il y a 30 ans,
03:22Benjamin Castaldi, vos premiers pas à la télé.
03:24Quasiment jour pour jour. J'ai commencé le 23 août 1994.
03:26Chroniqueur cinéma.
03:28Chroniqueur cinéma, absolument.
03:30Je crois qu'à la base, c'est votre mère
03:32qui vous a envoyé chez Drucker pour porter les cafés.
03:34En fait, ma mère, parce que j'avais encore gêné
03:36beaucoup de succès dans ma vie,
03:38j'étais donc à la campagne
03:40et je devais rien faire, comme d'habitude, à cette époque-là.
03:42Elle me dit, combien de temps tu vas continuer à ne rien faire ?
03:44Je lui dis, écoute, je ne sais pas.
03:46J'étais parti produire une chanteuse
03:48à Los Angeles.
03:50Une chanteuse qui s'appelle...
03:52Rien que de le dire, j'ai envie de dire.
03:54J'étais donc parti produire Esther Gallier à Los Angeles.
03:56Très bonne chanteuse israélienne,
03:58mais qui avait connu un succès dans les années 70.
04:00Et à l'époque, il n'y avait pas les réseaux
04:02sous soutien. Donc quand j'ai essayé de la reprendre en main,
04:04du temps avait passé et de l'eau avait coulé sous les ponts.
04:06Et surtout dans mon portefeuille.
04:08C'était pas un succès ?
04:10C'était pas un énorme succès.
04:12Et elle m'a dit, mais c'est pas possible que tu ne fasses rien.
04:15Je suis quand même producteur.
04:17Producteur de quoi ?
04:19D'idées.
04:21J'avais beaucoup d'idées.
04:23T'as qu'à appeler Drucker.
04:25Il lance une émission. Il a forcément besoin de stagiaires
04:27pour porter des cafés.
04:29Ce qui se faisait beaucoup à l'époque.
04:31Autant vous dire que moi, porter des cafés, revenant de Los Angeles,
04:33producteur, je trouvais ça un petit peu dur.
04:35J'ai été voir Drucker,
04:37qui très gentiment m'a reçu.
04:39Je lui ai raconté mon parcours,
04:41qui était assez chaotique, mais néanmoins assez drôle.
04:43Il m'a dit, écoute, t'as une bonne bouille.
04:45On cherche des chroniqueurs, on veut lancer des petits jeunes.
04:47Viens faire des essais.
04:49Donc j'ai fait des essais.
04:51A l'époque, j'avais fait une chronique de télévision d'ailleurs, pas de cinéma.
04:53Je pense que ça ne s'est pas trop mal passé.
04:55Il m'a pris pour parler cinéma.
04:57Ça a été le début de mon aventure.
04:59Avec Gaël Le Forestier.
05:01Olivier Ménard qui m'appelait sur l'équipe TV.
05:03Gaël qui maintenant est réalisateur de cinéma.
05:05Il y avait Laurent Gérard qui commençait.
05:07Virginie Lemoyne.
05:09Il y avait Laurence Ferrari qui était avec moi également.
05:11Tous ces noms qui sont passés entre les mains de Michel.
05:13Il est très fort.
05:15Il nous écoute tous les jours.
05:17En avril 2001, M6 vous appelle
05:19pour lancer une petite révolution.
05:27Love Story.
05:29C'est un peu la chance de votre vie.
05:31C'est comme si j'avais gagné à l'euro-million.
05:33Ils ont tous refusé
05:35cette adaptation française de Big Brother.
05:37Est-ce que certains vous ont dit
05:40qu'ils avaient regretté de ne pas avoir accepté ?
05:42Je n'ai jamais eu la liste complète
05:44de ceux qui avaient refusé.
05:46J'ai découvert qu'il y avait deux chavannes
05:48qui avaient refusé.
05:50Je ne savais pas qu'il y avait deux chavannes.
05:52Je crois qu'ils ont vraiment fait le tour de tout Paris.
05:54Je crois que Sabati avait refusé également.
05:56Je l'ai déjà répété
05:58mais je vais le redire.
06:00Comme il n'y avait pas les réseaux
06:02et qu'on n'était pas sur-informés,
06:04je n'étais pas forcément obnubilé
06:06par ce qui se passait à la télé à l'étranger.
06:08Quand Thomas Valentin,
06:10qui était à l'époque le patron d'M6, m'a appelé,
06:12il m'a dit qu'on avait un projet.
06:14Il me raconte cette histoire
06:16d'émission sociétale très sérieuse.
06:18On ne va pas du tout présenter ça comme un show.
06:20C'était un truc ultra intello
06:22avec deux psys sur le plateau.
06:24Pour moi, j'étais en compétition
06:26pour le prix Albert Londres.
06:28Ah oui !
06:30On ne m'a pas du tout...
06:32On m'a vraiment vendu ça comme étant un truc ultra chic.
06:34A quel moment vous avez déchanté ?
06:37C'est le 2-3ème jour dans la piscine.
06:39Ça a été assez clair
06:41que je n'aurais jamais le prix Albert Londres.
06:43Je ne savais pas du tout
06:45ce que j'allais animer.
06:47J'ai vu Thomas Valentin
06:49qui m'a dit qu'on avait une émission.
06:51J'ai dit que je voulais bien faire l'émission
06:53mais surtout un contrat pour la rentrée.
06:55Je voulais faire autre chose.
06:57Je voulais parler cinéma,
06:59faire des interviews d'acteurs.
07:01Il m'a dit qu'on ferait ça plus tard
07:03mais d'abord tu fais cette émission.
07:05C'est vrai que j'ai accepté,
07:07j'ai signé et je suis allé au festival.
07:09Je ne sais pas s'il y a toujours le festival de la télévision à Monaco.
07:11Oui bien sûr.
07:13Quand j'arrive là-bas,
07:15je découvre pour la première fois
07:17les images de Big Brother
07:19où je vois des mecs bodybuildés avec des meufs
07:21bien équipés comme il faut
07:23en train de se masser et de dire des choses totalement inutiles
07:25et sans saveur.
07:27Là dessus des manches, j'ai encore fait le bon choix.
07:29Je vais enchaîner la suite de mes échecs
07:31multiples et variés.
07:33Il parait que vous avez passé un coup de fil à Michel Drucker
07:35et qu'il vous a dit « je fais ça mais juste un an »
07:37et après tu fais autre chose.
07:39J'avais également son frère qui était patron à l'époque
07:41à Jean Drucker,
07:43un grand patron de chaîne de télé.
07:45J'ai eu Jean qui m'a dit « fonce,
07:47dans tous les pays où on l'a fait,
07:49c'est un carton absolument incroyable,
07:51tu ne prends absolument aucun risque ».
07:53C'est vrai que Michel m'a dit « fais-le un an »,
07:55je l'ai fait dix ans.
07:57C'est ça la boulette.
07:59Dans un instant, on va découvrir
08:02toute autre facette de vous,
08:04Benjamin Castaldi, le romancier.
08:06J'ai lu votre livre « Samedi soir »
08:08et dans une minute, je vais vous dire si j'ai passé
08:10une bonne soirée.