00:00Autre question, on revient sur le dossier des retraites, une question pour le MEDEF de Xavier Orant.
00:07Je m'attendais à cette question pour la fin évidemment.
00:11J'ai gardé cette question pour la fin.
00:13Bonjour Monsieur Xavier Orant, délégué général de Mobiliance.
00:17Il y a eu un peu de teasing tout à l'heure et je pense qu'il n'y a pas de politique publique efficace
00:23sans une profonde adhésion, une puissante adhésion de l'écosystème entrepreneurial et des salariés.
00:30Et dans l'équation un peu impossible qui est devenue notre contrat social aujourd'hui, il y a effectivement la question des retraites.
00:37Et en vous écoutant tout à l'heure, vous avez parlé d'un discours de vérité, vous êtes tous les deux devant nous aujourd'hui.
00:43C'est excellent parce que c'est un temps de clarification.
00:47Et je vous avoue ma perplexité. Quelle est votre ligne politique entre 60 ans, 62 ans, 64 ans, 67 ans ?
00:56Je suis un peu perdu alors que vous savez que l'ensemble des pays occidentaux, si ce n'est la totalité, ont reculé l'âge de départ légal à la retraite.
01:08Et il me semble, mais vous êtes là pour y répondre, que votre programme semble contradictoire avec les réalités démographiques et économiques
01:16ainsi qu'avec les indications qui ont été publiées il y a encore quelques jours par le corps. Merci pour votre clarification.
01:23Conseil d'orientation des retraites.
01:26Je savais que vous alliez me poser la question, naturellement.
01:31Je ne vais pas vous faire de la langue de bois non plus sur ce que je pense, je ne décalerai pas l'âge de départ à la retraite
01:40parce que je pense que la réforme qui a été mise en oeuvre par Emmanuel Macron est une réforme qui est injuste socialement,
01:47qui a mis des millions de Français dans les rues du pays et qui est très coûteuse sur le plan économique.
01:53Pour une raison très simple, c'est que nous avons aujourd'hui en France 2 tiers des actifs de plus de 60 ans qui sont sans emploi.
02:00Par conséquent, ces personnes-là qui sont aujourd'hui au chômage, en invalidité ou évidemment au RSA,
02:09reporter l'âge de départ légal à la retraite de manière supplémentaire, c'est évidemment augmenter les dépenses sociales de l'Etat.
02:17Donc cette réforme qui a été mise en oeuvre par Emmanuel Macron, elle a aussi un coût caché.
02:22Moi j'ai un impératif, qui est un impératif de justice sociale que je crois nous partageons, qui est celui des carrières longues.
02:29Aujourd'hui, il y a des millions de Français qui font des métiers très difficiles, qui n'ont pas la chance que nous avons de pouvoir travailler dans des bureaux
02:36qui sont chauffés pendant l'hiver et qui ont la climatisation pendant l'été, qui font des métiers de force, qui font des métiers difficiles
02:41et qui aimeraient pouvoir arriver à la retraite sans avoir le dos cassé et pouvoir profiter un temps soit peu de la vie en bonne santé.
02:47Or aujourd'hui, l'espérance de vie en bonne santé dans notre société, elle stague notamment chez les femmes et chez les plus précaires.
02:54Donc moi je souhaite que ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans puissent partir à 60 ans avec 40 annuités.
03:04Au delà, il y a une progressivité et c'est normal qu'il y ait une progressivité.
03:08Et cette progressivité, elle sera aussi déterminée par les marges budgétaires qui me seront données par l'audit.
03:13Mais je veux donner la priorité aux carrières longues et c'est la raison pour laquelle j'étais opposé à cette réforme Macron.
03:20Parce que aussi, je crois qu'il y a deux leviers pour la croissance. Il y a la productivité et il y a le taux d'activité.
03:28Or je veux permettre aussi aux jeunes, revalorisés dans les métiers manuels, d'être poussés très tôt sur le marché du travail.
03:35Et je veux aussi, pour répondre à ce besoin de main d'oeuvre, un système de retraite, d'où ma mesure sur les carrières longues,
03:41qui doit permettre aux jeunes d'entrer très tôt sur le marché du travail pour pouvoir aussi venir alimenter l'économie réelle.
03:48Donc voilà, encore une fois, mon impératif, c'est la croissance. Pour la croissance, il y a deux leviers.
03:52La productivité, le taux d'activité et un système de retraite qui est juste.
03:56C'est aussi un système de retraite qui correspond aux besoins du marché du travail et qui pousse aussi les jeunes très tôt sur le marché du travail
04:03avec une revalorisation des métiers manuels et des filières professionnelles.
04:06Et donc, je l'ai dit, dans le temps des réformes que je mettrai en oeuvre dans la deuxième partie de mon action, c'est-à-dire à compter de l'automne,
04:13je veux permettre à ceux qui ont commencé à travailler très tôt de pouvoir partir plus tôt à la retraite,
04:18parce que je crois que c'est un impératif social que nous avons à l'égard de millions de Français.
04:23Pour être sûr d'avoir bien compris, vous ne touchez pas à la réforme des retraites telle qu'elle existe aujourd'hui, 64 ans, sauf pour les carrières longues.
04:32Si, de facto, j'y touche. De facto, on abroge la réforme dans son système actuel.
04:38Oui, mais alors le taux général, le nombre d'annuités et l'âge de départ à la retraite, il sera de combien ?
04:44Je vous ai répondu pour la première partie. Dans la deuxième partie, nous avions fixé la progressivité à 62 ans dans le projet présidentiel de Marine Le Pen,
04:56qui prenait en compte aussi un État financier du pays qui avait 300 milliards d'euros de dettes en moins.
05:03Donc, au-delà, il y a une progressivité. Nous visons 62 ans. C'était le projet présidentiel de Marine Le Pen.
05:09Mais je veux, et c'est ma priorité, que la France du travail et la France des classes populaires puissent pouvoir partir plus tôt à la retraite.
05:15Et je ne reculerai pas sur ce point.
05:17D'accord. Mais donc, l'âge de 64 ans restera à l'âge officiel ?
05:21Non.
05:23Si, parce que vous dites progressivement, mais progressivement.
05:27Oui, mais comprenez bien qu'avant de vous donner un calendrier, je veux d'abord avoir connaissance des marges budgétaires qui seront en ma possession.
05:37Donc, je ne vais pas vous vendre des choses que je ne pourrais pas faire.
05:40En revanche, faire partir avant 20 ans des gens qui ont commencé à travailler très tôt, c'est 1,6 milliard d'euros et c'est peu ou prou le coût aujourd'hui que représente l'aide médicale d'État.
05:49Donc, je ferai ce choix budgétaire.
Commentaires