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00:04 Les ventes du mois de mai ont été suivies avec attention et nous faisons le bilan avec Cécile Colville, directrice des acquisitions de Matisse,
00:12 une plateforme d'investissement et d'acquisition d'oeuvres d'art. Merci beaucoup d'être avec nous.
00:16 Alors est-ce que vous pouvez nous dire quels sont les enseignements de ces résultats de vente du mois de mai des trois grandes maisons de vente aux enchères ?
00:25 Bonjour Sybille, merci beaucoup pour cette invitation. Effectivement, les ventes qui se sont déroulées en mai à New York sont une partie du marché
00:34 puisqu'il s'agit d'un cycle de ventes aux enchères qui commence à partir de mai et se termine fin juin et qui parcourt le monde entre New York, Hong Kong, Paris et Londres.
00:45 Les ventes d'art contemporain, de manière générale, regroupent quelques catégories du marché de l'art, celle de l'art impressionniste, moderne, après-guerre et contemporain
00:58 et pourtant elles représentent et ont un impact très important sur le marché de l'art de manière générale.
01:02 En 2023, dans le rapport d'UBS Art Basel, on voyait qu'elles représentaient 91% de la valeur du marché et 92% du volume.
01:12 Effectivement, les ventes de New York donnent le coup de ce premier semestre 2024.
01:20 On a vu des résultats plutôt mitigés avec des résultats qui ne sont pas exceptionnels comme on pouvait avoir connu en 2021 et 2022,
01:31 mais des résultats qui se maintiennent plutôt vers l'estimation basse des lots avec des résultats tout de même et des œuvres historiques,
01:40 notamment on peut citer l'œuvre et le portrait de Georges Dyer de Francis Bacon qui a atteint tout de même les 30 millions chez Sotheby's en vente du soir
01:52 et une œuvre exceptionnelle de Jean-Michel Basquiat qui a été vendue chez Philips pour 46,5 millions de dollars.
02:00 Ces ventes étaient en majorité garanties par un acteur tiers. Est-ce que ça change la dynamique des ventes, ces garanties ?
02:12 Le mécanisme des garanties est un mécanisme extrêmement intéressant. Il a été mis en place depuis quelques années par ces maisons de vente aux enchères
02:20 et permettent de rajouter de la fluidité et d'enlever un risque intéressant pour le vendeur des œuvres d'art.
02:28 En effet, il s'agit d'un mécanisme, si je peux le préciser, mettant en place un contrat tripartite entre un garantisseur qui amène un prix minimum
02:42 auquel il est d'accord d'acheter le lot proposé et également un vendeur qui accepte de partager la marge réalisée au-delà du prix garanti avec ce garantisseur.
02:55 Si je donne un exemple extrêmement simple, un lot qui serait estimé entre 100 et 150, le garantisseur pourrait faire une proposition à 120 en prix garanti.
03:07 Si le lot est vendu à 100, le garantisseur s'est tout de même engagé à payer 120. Et si le lot est vendu à 150 à une tierce personne,
03:18 ça veut dire que le vendeur a accepté de partager sa marge entre les 120 et les 150 le prix garanti et le résultat de la vente aux enchères.
03:27 Ce mécanisme est extrêmement utilisé, surtout sur les lots qui sont proposés à des montants élevés, surtout en vente du soir,
03:36 effectivement dans les ventes aux enchères, et permet de fluidifier le marché. On en a notamment vu la pratique « chycristise ».
03:46 Vous avez sûrement dû voir la cyberattaque qu'il y a eu quelques jours avant les ventes « chrystise » et qui n'a pas permis d'utiliser le site Internet
03:56 pendant plusieurs jours juste avant la vente. Pour rassurer les vendeurs et pour permettre que la vente ait un résultat intéressant pour le vendeur et pour les acheteurs,
04:05 les garanties ont joué un rôle important, comme vous le disiez. Ça représente environ entre 40 et 45 % des lots proposés lors de ces ventes du soir.
04:15 Merci beaucoup, Cécile Colville. Je rappelle que vous êtes directrice des acquisitions de Matisse, une plateforme d'investissement et d'acquisition d'œuvres d'art.
04:22 Et tout de suite, on passe à l'interview de la semaine.
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