- il y a 2 ans
France Info Les informés du matin du mercredi 15 mai 2024
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Et c'est toujours un plaisir de vous retrouver pour les informer, l'émission de décryptage de l'actualité de France Info avec Renaud Delis.
00:15Bonjour Renaud.
00:15Bonjour, salut.
00:16Et ce matin autour de la table nous avions Victoria Koussa, journaliste au service politique de France Info. Bonjour Victoria.
00:21Et Emmanuel Kessler, éditorialiste politique. Bonjour Emmanuel.
00:25Bonjour.
00:25Renaud Delis, on commence évidemment par évoquer la situation en Nouvelle-Calédonie.
00:29Oui, avec des émeutes de nouveau cette nuit, des violences extrêmement graves et deux morts.
00:33Deux personnes qui ont été tuées par balles, donc dans l'archipel, dans cet archipel du Pacifique Sud.
00:39Des centaines de blessés également, dont une centaine de policiers et gendarmes, selon le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.
00:43Des maisons incendiées, des magasins à pieds.
00:45Une situation donc de fait insurrectionnelle en Nouvelle-Calédonie.
00:50Une situation qui d'ailleurs affole évidemment le haut commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.
00:55C'est le représentant de l'État dans l'archipel, Louis Lefranc, qui a tenu une conférence de presse ce matin.
01:01C'est la raison pour laquelle j'ai prolongé le couvre-feu.
01:04Pour permettre aux forces de l'ordre de traiter ceux qui sont dans une posture d'agression.
01:11J'ai interdit l'activité aérienne, l'aéroport de la Tontouta.
01:15Il n'y a plus d'avions qui atterrissent ou qui décollent.
01:17Les morts, compte tenu de ce qui s'est passé, je me demande comment il n'y en a pas plus.
01:23Mais c'est sûr que ce soir, cette nuit, si cet appel au calme n'est pas entendu,
01:30c'est par un mort qu'il va y avoir.
01:33Ça va être bien plus que ça.
01:35On sent la grande crainte du haut commissaire de la République, Louis Lefranc,
01:39le haut commissaire de la République, le représentant de l'État en Nouvelle-Calédonie,
01:41où la situation devient extrêmement grave avec le décalage horaire évidemment.
01:46Va-t-on assister à une troisième nuit consécutive de violence
01:50et penser éventuellement à de nouveaux morts comme le redoute Louis Lefranc ?
01:54Le couvre-feu est donc prolongé.
01:57Un dispositif de force de l'ordre exceptionnel est déployé.
01:59Mais beaucoup de voix commencent à réclamer l'état d'urgence en Nouvelle-Calédonie.
02:04Rappelons qu'à l'origine de cette crise, il y a une réforme constitutionnelle
02:09qui a été votée par le Sénat en avril et par les députés à Paris la nuit dernière.
02:15Une réforme constitutionnelle qui vise à élargir le corps électoral de la Nouvelle-Calédonie
02:20en y intégrant à peu près 25 000 résidents qui vivent en Nouvelle-Calédonie depuis au moins 10 ans.
02:29Cette modification constitutionnelle a déclenché en particulier la colère sur le plan politique
02:35des indépendantistes et on est donc basculé d'un blocage politique à une situation quasi insurrectionnelle.
02:41D'abord sur la situation sur place, Emmanuel Kessler,
02:45quand on entend le haut commissaire de la République s'exprimer ainsi,
02:48il a l'air dépassé, quel message ça envoie déjà à l'opinion publique sur place et aux Français en métropole ?
02:56Sur place je pense que ça envoie le message qu'on retrouve des heures tendues en Nouvelle-Calédonie
03:01qui ne sont pas sans rappeler ce qu'on a connu dans les années 80.
03:04La question c'est est-ce qu'on peut en venir à une situation de quasi-guerre civile ?
03:11Certains prononcent le mot, on n'en est pas là.
03:15Mais c'est vrai qu'on a vécu pendant 40 années sous le régime de ces fameux accords Matignon
03:21qui avaient été signés, souvenez-vous, après une période qui s'était soldée par un événement dramatique
03:29qui était entre les deux tours de la présidentielle, l'assaut de la grotte d'Ouvéa.
03:33Il y a eu ces accords Matignon négociés par Michel Rocard avec les partis,
03:37ce qui prouve d'ailleurs que c'est bien le Premier ministre qui doit s'engager sur ces questions,
03:40c'est peut-être un thème qu'on abordera.
03:42Et bono malo, on a vécu là-dessus.
03:44Ces accords ont permis de gagner du temps.
03:46Il y a eu ensuite les accords qui ont été signés sous Lionel Jospin
03:51qui ont justement figé score électoral.
03:53On a essayé de trouver un développement économique, on y reviendra peut-être
03:56parce qu'on est sur fond d'une crise économique grave en Nouvelle-Calédonie.
04:00Et là, effectivement, si l'État ne parvient pas à reprendre la main,
04:04on peut penser que la situation va continuer de dégénérer.
04:07Est-ce que l'État est en train de perdre le contrôle en Nouvelle-Calédonie ?
04:10C'est la question qu'on se pose ce matin dans Les Informés.
04:12On en parle juste après le fil info de 9h10, Mathilde Romagnon.
04:16Et les émeutes en Nouvelle-Calédonie ont fait deux morts.
04:18Nouveau bilan ce matin donné par le représentant de l'État sur place
04:21qui appelle au calme des affrontements liés à une réforme constitutionnelle
04:25adoptée hier à Paris à l'Assemblée nationale.
04:28Plusieurs élus demandent ce matin l'instauration de l'état d'urgence dans l'archipel,
04:32dont Bruno Retailleau, le président du groupe LR au Sénat.
04:36Il était l'invité du 8.30 France Info.
04:38Une opération de blocage des prisons,
04:40aujourd'hui à l'appel des syndicats de l'administration pénitentiaire.
04:43Au lendemain de la mort de deux agents dans l'attaque d'un fourgon dans l'heure,
04:47le prisonnier qu'il transportait s'est évadé.
04:49Il est toujours recherché.
04:51L'armée ukrainienne a dû se replier la nuit dernière de certaines zones du front nord,
04:57dans la région de Kharkiv.
04:58L'armée russe avance après avoir lancé une nouvelle offensive.
05:02En conséquence, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annulé sa visite
05:06prévue aujourd'hui à Madrid, en Espagne.
05:09Deux matchs en retard de Ligue 1 de football, ce soir à 21h,
05:13Nice affronte le Paris Saint-Germain.
05:15Et Marseille se déplace à Reims pour les Aiglons.
05:18Et pour l'OM, c'est une place en championnat européen qui est en jeu.
05:23France Info
05:28Les informés, Renaud Dely, Saliha Drakia
05:34Les informés continuent avec Renaud Dely, avec Emmanuel Kessler, éditorialiste politique,
05:39et Victoria Koussa, journaliste au service politique de France Info.
05:42Deux morts en Nouvelle-Calédonie, tués par balles pendant les émeutes
05:46alors qu'il y a un couvre-feu.
05:48La nuit tombe en ce moment en Nouvelle-Calédonie.
05:51Plusieurs voix s'élèvent, des parlementaires demandent l'état d'urgence.
05:54Ça a été le cas de Bruno Rotaille, au président du groupe LR au Sénat pendant le 8-30.
05:58Ils demandent l'instauration de l'état d'urgence. Est-ce que c'est la solution ?
06:01C'est ce que demandent des élus, notamment Sonia Baques,
06:06ancienne secrétaire d'État chargée de la Citoyenneté,
06:08qui est à la tête de la province sud de l'archipel
06:12et qui fait cette demande ce matin.
06:15Simplement, c'est un exercice périlleux pour le gouvernement
06:18puisqu'il faut à la fois faire revenir l'ordre en Nouvelle-Calédonie
06:23mais il faut à la fois trouver un compromis avec les indépendantistes.
06:28Politique.
06:29Politique, pour débloquer la situation,
06:31pour qu'il puisse y avoir justement ce retour au calme,
06:35donc exercice périlleux.
06:37Emmanuel le disait, certains poussent pour que Gabriel Attal, le Premier ministre,
06:40s'empare du dossier puisqu'il est entre les mains,
06:44depuis le départ d'Edouard Philippe,
06:45il est entre les mains de Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur,
06:48qui a fait pourtant plein d'allers-retours en Nouvelle-Calédonie,
06:51sept en tout depuis 2020.
06:53Donc, ils poussent pour que ce soit Gabriel Attal,
06:55pour que le sujet monte et qu'il soit entre les mains de Matignon.
06:59Simplement, Gabriel Attal, à la fois, on sait que son mantra, c'est l'autorité,
07:04tu casses, tu répares, etc.
07:06Mais à la fois, il ne se prononce pas vraiment sur le fond du dossier
07:09puisqu'il sait qu'il va falloir trouver un compromis
07:11et qu'il va falloir renouer le dialogue
07:13qui est aujourd'hui totalement rompu avec les indépendantistes.
07:16– Parce qu'il faut expliquer ce qui se passe justement,
07:18la colère, elle vient d'une réforme constitutionnelle
07:20qui a été votée par les deux assemblées, Renaud.
07:22– Voilà, et ce qui montre la situation,
07:25le blocage dans lequel se retrouve l'exécutif,
07:27c'est d'ailleurs que cette réforme constitutionnelle
07:29a été votée par les deux assemblées,
07:31au Sénat en avril et à l'Assemblée nationale la nuit dernière,
07:34dans les mêmes termes, ce qui ouvre donc de fait la voie du Congrès,
07:37c'est-à-dire la réunion du Parlement au Congrès
07:39pour faire valider cette réforme constitutionnelle.
07:41Mais Emmanuel Macron a fait savoir
07:43qu'il ne le ferait pas avant le 30 juin
07:46parce qu'il souhaite que d'ici là,
07:48les indépendantistes d'une part et les loyalistes d'autre part s'entendent,
07:51donc il veut rouvrir un cycle de concertation,
07:53y compris d'ailleurs en les invitant à Paris.
07:55Ça démontre bien que le simple point de vue juridique et législatif
07:59visiblement ne suffit pas à résoudre cette crise,
08:01c'est-à-dire que la logique institutionnelle serait maintenant
08:03de convoquer le Congrès, le chef de l'État a bien compris
08:05que c'était impossible au vu de cette situation.
08:07Ce qui a déclenché cette crise, c'est effectivement
08:09cette réforme constitutionnelle
08:11qui vise à élargir le corps électoral,
08:15parce qu'il faut bien comprendre qu'aujourd'hui,
08:17à la suite des accords Matignon de 1988
08:19et surtout des accords de Nouméa de 1998,
08:21il y a eu un gel du corps électoral en Nouvelle-Calédonie
08:25qui fait qu'aujourd'hui, de fait,
08:27près d'un électeur sur cinq vivant dans l'archipel
08:30peut voter à l'élection présidentielle,
08:33mais ne peut pas voter lors des élections provinciales
08:35ou lors des référendums.
08:37Et donc, le gouvernement a avancé cette réforme constitutionnelle
08:41qui vise à autoriser les résidents installés
08:45depuis au moins dix ans dans l'île
08:47à pouvoir voter lors des élections provinciales
08:49ou des référendums.
08:50Ça concerne un peu plus de 20 000,
08:52près de 25 000 résidents en Nouvelle-Calédonie.
08:55Et ce que redoutent les indépendantistes,
08:57c'est que leur poids démographique soit un peu plus dilué
09:00au sein de ce corps électoral.
09:02Et il faut rappeler qu'Emmanuel Rappelet a raison
09:05sur le passé, les années 80,
09:07qui évidemment nous reviennent en mémoire,
09:09le drame de la grotte d'Ouvéa,
09:1019 indépendantistes et deux gendarmes tués
09:12à cette occasion, au moment de cet assaut
09:15qui visait à libérer des gendarmes
09:17qui étaient détenus par des indépendantistes.
09:19Mais plus près de nous,
09:20il y a eu trois référendums
09:21qui justement étaient issus de ce processus
09:24de Matignon puis de Nouméa,
09:25trois référendums d'autodétermination
09:272018, 2020, 2021,
09:29lors desquels l'indépendance a été rejetée,
09:31mais avec une marge assez étroite
09:33lors des deux premiers.
09:34Les indépendantistes ont obtenu 43% des voix,
09:36puis 47% des voix en 2018, puis en 2020,
09:39avant de boycotter le référendum
09:41en décembre 2021.
09:42Et donc, ils ont le sentiment
09:43qu'on change les règles du jeu
09:44alors qu'ils s'approchent peut-être
09:45de leur quête historique.
09:46Et rappelons que ce qui a aussi alimenté
09:48la tension, c'est le maintien du référendum
09:50en décembre 2021, boycotté
09:52par les indépendantistes au motif,
09:54selon eux, des conséquences du Covid.
09:56Emmanuel ?
09:57Oui, il y a un point qui, à mon avis,
09:58aggrave encore la situation
10:00et fait qu'on est vraiment sur une poudrière,
10:02si je puis dire,
10:03ou en tout cas que ça va être difficile
10:04d'en sortir, c'est le fond de crise économique,
10:07puisque la ressource principale
10:09de l'île, c'est le nickel.
10:11En théorie, c'est une richesse,
10:1315% des réserves mondiales,
10:14et on sait à quel point
10:15on va en avoir besoin
10:16pour développer les batteries électriques,
10:18les téléphones portables,
10:19les voitures, etc.
10:21Mais il se trouve que le nickel
10:22produit en Nouvelle-Calédonie
10:23n'est pas compétitif,
10:25à cause du prix de l'énergie
10:26pour la produire,
10:27à cause des coûts de main-d'oeuvre,
10:29et du coup, les usines de nickel,
10:30il y en a trois grandes,
10:31une dans le nord, une à Nouméa,
10:32une dans le sud.
10:33Elles sont en grande difficulté,
10:34et celle du nord,
10:35là où il y a d'ailleurs
10:36la plupart des indépendantistes,
10:38est en arrêt actuellement.
10:40Et donc, ces 25%
10:42avec les emplois directs
10:44et indirects,
10:45c'est 25% de l'emploi privé
10:46en Nouvelle-Calédonie.
10:47Par ailleurs, le système
10:50de protection sociale,
10:51du coup, se trouve
10:52en très très grand déficit.
10:53Donc on a vraiment
10:54une crise économique grave,
10:56une jeunesse qui est désoeuvrée,
10:58quelque chose qui est plus
10:59interpénétré entre, à l'époque,
11:01dans les années 80,
11:02on avait la Brousse,
11:03Cana, qui est la ville,
11:04Nouméa, Caldoche.
11:06Aujourd'hui, c'est beaucoup
11:07plus interpénétré.
11:09Et par ailleurs,
11:10j'ajoute un dernier point
11:11qui est nouveau aussi,
11:13c'est les interférences étrangères.
11:15Vous en avez parlé
11:16sur France Info
11:17il n'y a pas très longtemps
11:18avec une enquête assez approfondie.
11:19Azerbaïdjan, Russie et Chine
11:22qui regardent, j'allais dire,
11:24et qui influencent
11:25sur ce qui se passe
11:26et qui peuvent être aussi manipulés
11:29à travers les réseaux sociaux,
11:31un certain nombre
11:32de mouvements d'opinion
11:33qui peuvent même échapper
11:34aux mouvements indépendantistes,
11:35je dirais classiques,
11:36ou dont certaines branches
11:37sont relativement modérées.
11:38Donc une crise économique,
11:39une ingérence étrangère
11:41et puis un problème de méthode.
11:43De méthode qui nourrit
11:44le sentiment d'humiliation
11:45aussi au niveau local.
11:46Et ça, c'est à prendre en compte,
11:49ça s'ajoute à cette crise économique,
11:51à la crise politique
11:52que vivent les Calédoniens.
11:54Mais ce sentiment d'humiliation,
11:56ce sentiment d'avoir
11:58comme si le gouvernement
12:00tordait le bras aux indépendantistes
12:02en faisant passer un texte
12:03avant même d'avoir trouvé un compromis.
12:05Là, en plus, Emmanuel Macron,
12:06dans une lettre
12:07qu'il a adressée ce matin
12:09aux élus de l'archipel,
12:11il dit, bah voilà,
12:12écoutez maintenant,
12:13c'est entre vos mains,
12:14il faut qu'on trouve un accord,
12:16sinon c'est congrès.
12:17Donc il les appelle
12:18à venir dialoguer à Paris ?
12:19À venir dialoguer,
12:20mais on voit clairement
12:21que la balle est dans leur camp
12:23et que c'est l'État
12:24qui a la main
12:25en l'état actuel des choses,
12:27puisque la dernière étape,
12:28c'est le congrès,
12:29sachant que le texte
12:30vient d'être adopté
12:31dans les mêmes termes
12:32à l'Assemblée.
12:33Il n'y a plus qu'à activer
12:34le congrès
12:35et le texte
12:36de révision constitutionnelle
12:38devrait passer à ce moment-là.
12:40Mais évidemment,
12:41il faut retrouver le calme
12:42d'ici là
12:43et c'est aussi
12:44ce qui peut faire pencher la balance.
12:45La main étendue,
12:46c'est ce que disait hier
12:47Gabriel Attal
12:48à l'Assemblée nationale.
12:49Est-ce qu'elle va être...
12:50Avec, de fait,
12:51une contradiction,
12:52c'est-à-dire que la main
12:53étendue, c'est vrai,
12:54elle appelle à une nouvelle
12:55révision, à un accord
12:56d'ici le 30 juin, etc.,
12:57de la part de l'exécutif.
12:58Et en même temps,
12:59la contradiction,
13:00c'est que le texte
13:01est voté, déjà.
13:02Enfin, pas voté définitivement,
13:03puisque le congrès
13:04n'a pas été réuni.
13:05Mais ça donne l'impression
13:06que l'accord,
13:07il doit porter
13:08en quelque sorte
13:09sur les moyens
13:10de ramener le calme,
13:11mais que la réforme institutionnelle,
13:12elle, ne bougera pas.
13:13Donc, on voit que là,
13:14il y a une contradiction
13:15de fait,
13:16et c'est lié aussi
13:17à ce calendrier
13:18qu'il y a
13:19à l'Assemblée nationale.
13:20C'est-à-dire qu'il y a
13:21une contradiction
13:22de fait,
13:23et c'est lié aussi
13:24à ce calendrier,
13:25effectivement,
13:26qui est peut-être
13:27à remettre en cause.
13:28Ensuite,
13:29je pense que
13:30parmi le sentiment
13:31d'humiliation vécue,
13:32en tout cas ressenti
13:33par une frange
13:34des indépendantistes,
13:35je pense qu'il y a
13:36le fait que,
13:37jusqu'à présent,
13:38effectivement,
13:39le Premier ministre
13:40ne s'est absolument
13:41pas préoccupé,
13:42en tout cas,
13:43n'est pas monté
13:44en première ligne
13:45de ce dossier,
13:46n'est pas apparu
13:47en première ligne.
13:48Et le fait que,
13:49jusqu'à tout récemment,
13:50donc ces dernières heures,
13:51que cette situation
13:52insurrectionnelle
13:53est extrêmement grave,
13:54nécessite,
13:55sans aucun doute,
13:56que le couple exécutif
13:57et d'abord,
13:58sûrement,
13:59le Premier ministre
14:00s'en empare.
14:01– Il y avait un petit élément
14:02qui avait été mal vécu aussi,
14:03c'était la participation
14:04au gouvernement
14:05sous Elisabeth Borne,
14:06de Sonia Baquette.
14:07– Qui était secrétaire
14:08d'État à la CNT.
14:09– Pour les indépendantistes,
14:10on avait le sentiment
14:11qu'il y avait une sorte
14:12d'équilibre ou de neutralité
14:13de position d'observateur
14:14de ces discussions
14:15qui avaient été rompues
14:16par la nomination
14:17de quelqu'un
14:18qui défendait,
14:19évidemment,
14:21j'ajoute juste aussi
14:22que le rapporteur du texte
14:23qui a été adopté
14:24à l'Assemblée,
14:25c'est aussi un élu loyaliste,
14:27c'est Nicolas Metzdorf,
14:29donc là encore,
14:30ça a limité
14:31ce sentiment de déséquilibre.
14:33– On s'arrête une petite minute
14:34le temps du Fil info
14:35de Mathilde Romagnan
14:36et on revient après.
14:38– Le représentant de l'État
14:40en Nouvelle-Calédonie
14:41annonce ce matin
14:42la mort d'une deuxième personne
14:43dans les émeutes.
14:44Plusieurs élus appellent
14:45à l'instauration
14:46de l'état d'urgence
14:47dans l'archipel.
14:48Une centaine de policiers
14:49et gendarmes
14:50ont été blessés.
14:51Le couvre-feu
14:52est toujours en cours
14:53à Nouméa.
14:54Une minute de silence
14:55prévue à 11h ce matin
14:56dans les prisons
14:57au lendemain de la mort
14:58de deux agents pénitentiaires
14:59dans l'attaque d'un fourgon
15:00dans le département de l'Eure.
15:02Les syndicats appellent
15:03au blocage
15:04des maisons d'arrêt
15:05et des centres pénitentiaires.
15:06Aujourd'hui,
15:07ils doivent rencontrer
15:08le ministre de la Justice
15:09cet après-midi.
15:10Les maladies cardiovasculaires
15:11sont à l'origine
15:12de 4 décès sur 10 en Europe
15:14selon l'Organisation mondiale
15:16de la santé.
15:17Cela représente
15:1810 000 décès par jour,
15:194 millions par an.
15:20L'OMS appelle
15:21les Européens
15:22à manger moins salé.
15:23Le sel augmente
15:24la pression artérielle
15:25et c'est l'un
15:26des principaux facteurs
15:27de risque
15:28de maladies cardiovasculaires.
15:30La 77e édition
15:31du Festival de Cannes
15:32se poursuit
15:33avec deux événements
15:34sur la croisette aujourd'hui.
15:35La projection
15:36du court-métrage
15:37de Judith Godrej
15:38sur les violences sexuelles
15:39et celle de Furiosa,
15:40le nouvel épisode
15:41de la saga Mad Max
15:42présentée hors compétition.
15:45France Info
15:50Les informés
15:51Renaud Dely
15:52Saliha Brakia
15:56De retour sur le plateau
15:57des informés
15:58avec Victoria Coussa
15:59journaliste politique
16:00chez France Info
16:01avec Emmanuel Kessler
16:02éditorialiste politique
16:03et Renaud,
16:04l'intersyndical
16:05appelle aujourd'hui
16:06au blocage
16:07dans les prisons
16:08après le drame
16:09survenu hier dans l'heure.
16:10Après effectivement
16:11cette évasion meurtrière
16:12un fourgon pénitentiaire
16:13qui a été attaqué hier
16:14dans l'heure
16:15sur l'autoroute
16:16au péage d'un Caraville.
16:17Deux agents pénitentiaires
16:18ont été tués.
16:19Trois autres grièvement blessés
16:20lorsqu'un commando
16:21les a proprement abattus
16:23pour libérer
16:24leur comparse
16:25un détenu
16:26Mohamed Amara
16:27trafiquant drogue
16:28multi-condamné
16:29qui était de retour
16:30d'une audition
16:31au tribunal judiciaire
16:32de Rouen
16:33et qui devait regagner
16:34la maison d'arrêt d'Evreux
16:35après avoir été entendu
16:36par un juge d'instruction.
16:37Donc une évasion
16:39meurtrière
16:40extrêmement spectaculaire
16:42qui interroge
16:43sur les conditions
16:44de sécurité
16:45justement
16:46du transfert
16:47de ce détenu.
16:48Des interrogations
16:49des questions
16:50dont Éric Pérez
16:51s'est fait l'écho
16:52ce matin
16:53sur l'antenne
16:54de France Info.
16:55Éric Pérez
16:56est un ancien
16:57agent pénitentiaire
16:58qui a travaillé
16:59pendant 30 ans
17:00dans cette administration
17:01et qui était
17:02l'invité de France Info
17:03ce matin.
17:04Le détenu est au courant
17:05comme quoi il avait
17:06une situation judiciaire
17:07il est au courant
17:08de quelle façon
17:09par intermédiaire
17:10de son avocat.
17:11Vous savez que
17:12c'est très facile
17:13de faire entrer
17:14des portables
17:15et puis
17:16donc il peut très bien
17:17communiquer avec l'extérieur
17:18avec les portables
17:19avec les comparses.
17:20Mais moi
17:21ce qui m'interpelle
17:22c'est qu'il n'y avait pas
17:23de FSI
17:24c'est-à-dire
17:25des forces de sécurité intérieure
17:26la police
17:27ou la gendarmerie
17:28pour sécuriser le convoi
17:29ou des hérisses.
17:30Pour tous les escorts
17:31ils pourraient très bien
17:32prendre un canon blindé.
17:33Alors des hérisses
17:34ce sont là aussi
17:35des forces spéciales
17:36pour encadrer
17:37les transferts de détenus
17:38particulièrement surveillés
17:39particulièrement dangereux
17:40il y a aussi la question
17:41du blindage
17:42en l'occurrence
17:43la camionnette
17:44dans laquelle ce détenu
17:45était transféré
17:46n'était pas blindé
17:47et puis le fait que
17:48les agents pénitentiaires
17:49ne disposaient que
17:50d'armes de poing
17:51face on l'a vu
17:52à un commando
17:53qui lui était
17:54lourdement armé.
17:55Les syndicats
17:56ont donc appelé aujourd'hui
17:57à une journée de blocage
17:58des établissements pénitentiaires.
17:59Le garde des Sceaux
18:00Eric Dupond-Moretti
18:01rencontrera
18:02l'intersyndical
18:03à 14h
18:04et puis déjà
18:05une polémique politique
18:06l'opposition
18:07accusant l'État
18:08et le gouvernement
18:09d'avoir failli
18:10François-Xavier Bellamy
18:11tête de liste à l'ère
18:12aux européennes
18:13s'est rendu d'ailleurs
18:14ce matin
18:15à la prison de Frennes
18:16pour soutenir
18:17les surveillants pénitentiaires.
18:18Emmanuel Kessler ?
18:19Écoutez
18:20je pense que
18:21vous voyez là
18:22pour ceux qui ont la télévision
18:23les images
18:24je pense qu'il y a
18:25ce qui a frappé l'opinion
18:26c'est de voir
18:27ce braquage
18:28en quasi réel
18:29la violence des faits
18:30sur une autoroute
18:31tout le monde passe
18:32à des péages
18:33et là
18:34ce sont des images
18:35quand même
18:36il y a eu dans le passé
18:37des braquages
18:38d'une telle violence
18:39et c'est vrai
18:40qu'aujourd'hui
18:41on les a
18:42qu'on n'est pas habitué
18:43en France
18:44donc là
18:45il y a un véritable
18:46problème
18:47ça tombait en plus
18:48le jour
18:49de la publication
18:50du rapport du Sénat
18:51que vous avez évoqué
18:52il y a quelques instants
18:53avec Bruno Retailleau
18:54sur le narcotrafic
18:55et donc
18:56ça met l'accent
18:57sur
18:58ce qui n'est plus
18:59une économie parallèle
19:00ce qui est
19:01ce qui n'est plus
19:02une économie souterraine
19:03pardon
19:04ce qui est une économie parallèle
19:05Alors lui il n'est pas
19:06un trafiquant de drogue
19:08Il y a plusieurs sujets
19:09Oui il y a
19:10plusieurs sujets
19:11mais on est quand même
19:12dans cet univers-là
19:13clairement
19:14on peut faire un lien
19:15avec le narcotrafic
19:16et là
19:17je pense que
19:18les images
19:19la violence des faits
19:20la question
19:21est-ce que
19:22le convoi a été suffisamment
19:23sécurisé ou pas
19:24il semblerait
19:25par rapport
19:26à ce type
19:27de procédure
19:28on était à peu près
19:29dans les clous
19:30de ce qui se fait
19:31habituellement
19:32bien sûr
19:33il y aura sans doute
19:34des mesures
19:35pour aller plus loin
19:36mais le sujet de fond
19:37c'est un sujet
19:38de menace
19:39sur l'État
19:40c'est un sujet
19:41de risque
19:42de guerre perdue
19:43dit le rapport
19:44du Sénat
19:45ce matin
19:46il y a
19:47le procureur général
19:48de Versailles
19:49qui s'exprime dans
19:50Le Figaro
19:51qui dit
19:52transformation du narcotrafic
19:53en phénomène de société
19:54qui dit une violence extrême
19:55qui menace
19:56l'État de droit
19:57si on y ajoute aussi
19:58des phénomènes de corruption
19:59de fonctionnaires
20:00qui ont toujours existé
20:01qui sont très minoritaires
20:02mais qui quand même
20:03prennent de l'ampleur
20:04il y a là
20:05je pense une vraie inquiétude
20:06et bien évidemment
20:07ce sujet
20:08strictement régalien
20:09comme l'est d'ailleurs
20:10d'une certaine façon
20:11de la Nouvelle-Calédonie
20:12va s'inviter
20:13dans la campagne
20:14des européennes
20:15Il y a un problème
20:16de moyens
20:17comme le disent
20:18les syndicats ?
20:19C'est ce que
20:20effectivement disent
20:21les syndicats
20:22Eric Dupond-Moretti
20:23le garde des Sceaux
20:24les reçoit
20:25a reçu l'intersyndical
20:26aujourd'hui
20:27très vite hier
20:28il a dit
20:29je comprends
20:30j'écoute
20:31je suis ouvert
20:32à ce que vous demandez
20:33c'est à dire
20:34on voit aussi
20:35que parmi
20:36ces demandes
20:37des syndicats
20:38il y a tout simplement
20:39élargir la visioconférence
20:40qui aurait pu éviter
20:41ce drame d'hier
20:42c'est à dire
20:43éviter les déplacements
20:44éviter les convois
20:45qui sont très risqués
20:46de fait
20:47même si
20:48le dispositif
20:49était élevé
20:50on était au niveau
20:51escorte 3 sur 4
20:52même si
20:53ce matin
20:54Gérald Darmanin
20:55le ministre de l'Intérieur
20:56rappelle
20:57que ce détenu
20:58qui s'est évadé
20:59n'était pas l'ennemi
21:00public numéro 1
21:01et ne nécessitait pas
21:02autant de force de l'ordre
21:03que les syndicats
21:04mais oui
21:05là c'est la question
21:06qui se pose
21:07la question de l'appréciation
21:08du profil
21:09de Mohamed Amra
21:10là effectivement
21:11c'était un niveau 3 sur 4
21:12c'est quand même un niveau
21:13très élevé
21:14il avait aussi
21:15tenté de scier
21:16ses barreaux
21:17il y a 2 jours
21:18donc ça avait été encore
21:19et c'est ce qui explique
21:20d'ailleurs qu'il n'était pas
21:21que 3 autour de lui
21:22mais 5 en tout
21:235 agents
21:24ces agents là
21:25donc oui
21:26manque de moyens
21:27et malaise
21:28qui s'accentue au sein
21:29des agents
21:30pénitentiaires
21:31qui sont en première ligne
21:33c'est pour ça que la réponse
21:34purement administrative
21:35de dire ce détenu
21:36ne relevait pas du niveau 4
21:37mais du niveau 3
21:38elle est inaudible
21:39de fait
21:40elle est inaudible
21:41parce qu'effectivement
21:42on apprend tous les jours
21:43et encore une fois
21:44cette probable tentative
21:45d'évasion il y a 48 heures
21:46que ce détenu
21:47était visiblement
21:48et en tout cas
21:49il est devenu
21:50l'ennemi public numéro 1
21:51ça c'est très clair ce matin
21:52et puis ce qui est frappant
21:53dans cette attaque
21:54le caractère extrêmement
21:55spectaculaire
21:56qu'ont montré les images
21:57et que rappelait Emmanuel Kessler
21:58tout à l'heure
21:59c'est la disproportion
22:00c'est-à-dire qu'on a l'impression
22:01d'être dans un véhicule
22:02j'allais dire banal
22:03avec des armes de poing
22:04face à un commando militaire
22:05quasiment
22:06certains parlent
22:07d'une forme de mexicanisation
22:08de ce type d'opération
22:09puisqu'on sait
22:10que c'est au Mexique
22:11que ce type justement
22:12de tuerie
22:13organisée par des narcotrafiquants
22:14est assez
22:15se produit
22:16beaucoup plus fréquemment
22:17il faut rappeler
22:18qu'il n'y avait pas eu
22:19un agent pénitentiaire
22:20tué en France
22:21depuis 1992
22:22lors d'une tentative
22:23d'évasion à la prison de Clairvaux
22:24me semble-t-il
22:25donc c'est un événement
22:26extrêmement agressif
22:27et c'est un événement
22:28extrêmement agressif
22:29donc c'est un événement
22:30extrêmement important
22:31et qui pointe
22:32précisément
22:33effectivement
22:34la question de l'autorité
22:35et des moyens
22:36que l'Etat se donne
22:37et donne à ses personnels
22:38pour la faire respecter
22:39alors on va évidemment
22:40suivre la rencontre
22:41entre les syndicats
22:42et le garde des Sceaux
22:43Eric Dupond-Moretti
22:44à 14h
22:45sur France Info
22:46merci à tous les trois
22:47Victoria Coussat
22:48journaliste au service politique
22:49de France Info
22:50Emmanuel Kessler
22:51éditorialiste politique
22:52merci à tous les deux
22:53d'être passés
22:54Renaud, à demain
22:55merci, salut, à demain
22:56et les informations de retour
22:57ce soir à 20h
22:58sur France Info
22:59à 21h
23:00sur France Info
23:01à 21h
23:02sur France Info
23:03à 21h
23:04sur France Info
23:05à 21h
23:06sur France Info
23:07à 21h
23:08sur France Info
23:09à 21h
23:10sur France Info
23:11à 21h
23:12sur France Info
23:13à 21h
23:14sur France Info
23:15à 21h
23:16sur France Info
23:17à 21h
23:18sur France Info
23:19à 21h
23:20sur France Info
23:21à 21h
23:22sur France Info
23:23à 21h
23:24sur France Info
23:25à 21h
23:26sur France Info
Commentaires